Shigemori Mirei : un regard créatif sur l'art des jardins

Shigemori Mirei: a creative Reinterpretation of the Art of Gardening

08/07/2012

Résumé

Shigemori Mirei (1896-1975) créateur, paysagiste et historien de l'art des jardins joue un rôle déterminant dans la création et la réinvention des jardins japonais à l'orée du XXe siècle. Shigemori effectue une vaste campagne de relevés sur l'ensemble de l'archipel nippon à un moment où certains de ces jardins, aujourd'hui considérés comme « patrimoines nationaux », tombent à l'abandon. Ces relevés, ainsi que tout son travail de restauration et de création, vont grandement contribuer à la valorisation de tout ce patrimoine fragile et éphémère que constitue l'art des jardins. Or, parallèlement à l'élaboration de cette gigantesque encyclopédie, Shigemori Mirei a incontestablement été un créateur : son apport créatif s'appuie sur une profonde connaissance du passé pour aboutir à une création résolument novatrice.
As a landscape designer as well as a garden historian, Shigemori Mirei (1896-1975) played a major part in the new creation and reinvention of the Japanese gardens design, at the dawn of the twentieth century. Shigemori supervised an extensive survey throughout the whole Japanese archipelago at a time during which some of these gardens were falling into disrepair, or even disappear, whereas they are now considered as "National Treasures". These surveys, and especially the huge work of restoration and creation of new gardens conducted by Shigemori, greatly contributed to the enhancement and renewal of this very fragile and ephemeral heritage of garden design. Furthermore, in parallel with the development of this gigantic encyclopaedia focused on gardens, Shigemori Mirei has also been a famous garden designer whose work relies on a deep knowledge of the past to achieve a highly innovative creation.

Texte

À la fois créateur, paysagiste et historien de l'art des jardins, Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2) (1896-1975) joue incontestablement un rôle déterminant dans la réinvention du paysage et des jardins japonais à l'orée du XXe siècle. Ce double aspect de son approche à la fois basée sur l'histoire et sur la conception de jardins qui sont autant de créations autonomes, tout autant représentatives d'un « style japonais » que d'une création « moderne », donne à ce personnage un caractère exceptionnel. Tout autant que ses contemporains, tels que l'architecte et créateur de jardins Horiguchi Sutemi (unicode2utf8(0x5800)unicode2utf8(0x53E3)unicode2utf8(0x6368)unicode2utf8(0x5DF1) 1895-1984), ou le designer japono-américain, Noguchi Isamu (unicode2utf8(0x91CE)unicode2utf8(0x53E3)unicode2utf8(0x52C7) 1904-1988), Shigemori a fondamentalement transformé le paysage et la création des jardins japonais imprimant une marque indélébile à l'émergence de la modernité, non seulement au Japon, mais aussi à une échelle internationale.

Le parcours de ce personnage singulier, qualifié de « rebelle » dans l'ouvrage de Christian Tschumi1 est particulièrement remarquable. Shigemori a consacré sa vie entière à l'art des jardins avec une œuvre incontestablement abondante et novatrice : près de 200 créations de jardins, 81 ouvrages dont la monumentale Encyclopédie historique des jardins japonais (Nihon teienshi zukan unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x56F3)unicode2utf8(0x9451)) publiée en 26 volumes2. Le travail de réinterprétation des classiques auquel se livre Shigemori est étayé par ses connaissances sur l'histoire de la création des jardins ; la publication de cette monumentale encyclopédie est accompagnée du relevé systématique de tous les jardins du Japon : une véritable analyse de terrain accompagnée de plans, de dessins, et de photographies à l'aide de plaques photographiques et d'étude systématique des sources anciennes3. Shigemori effectue cette vaste campagne de relevés systématiques sur l'ensemble de l'archipel nippon à un moment où certains de ces jardins - aujourd'hui considérés comme de véritables « patrimoines nationaux » - tombent à l'abandon. Ces relevés, puis surtout tout son travail de restauration et de création, vont grandement contribuer à la valorisation de tout ce patrimoine fragile et éphémère que constitue l'art des jardins. Or, parallèlement à l'élaboration de cette gigantesque encyclopédie et à son travail de rénovation et de préservation des jardins historiques, Shigemori Mirei a aussi été incontestablement un créateur de jardins : il s'appuie sur la connaissance du passé pour aboutir à une création résolument novatrice. Ainsi, à sa manière, Shigemori suit le chemin tracé par l'injonction du proverbe chinois : « Partir de la connaissance du passé pour reconstruire le nouveau » (unicode2utf8(0x6E29)unicode2utf8(0x6545)unicode2utf8(0x77E5)unicode2utf8(0x65B0) ch. wen gu zhi xin, en jp. onko-chishin). Or, cette notion d'une renaissance créatrice construite de manière consciente sur une réinterprétation des sources du passé apparaît comme une constante de l'esthétique japonaise4, basée sur le respect non seulement des sources mais aussi des maîtres du passé, comme dans toute la tradition confucéenne, bouddhique et taoïste, d'une manière générale.

Traditionnel et résolument moderne

Alliant une œuvre de terrain et une pratique extrêmement érudite, Shigemori réinterprète le style caractéristique du jardin japonais, notamment celui du jardin zen ou jardin sec (karesansui unicode2utf8(0x67AF)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)), sur lequel il nous livre une des études les plus innovantes5. Shigemori allie une connaissance profonde et érudite de la tradition japonaise, avec une volonté d'entrer dans la modernité la plus radicale : en combinant notamment les pierres et graviers avec des formes curvilignes dans un matériau nouveau qu'était le béton. Ce qui était fondamental pour lui, c'était une forme de création résolument ancrée dans le présent.
Dès le début de sa carrière, son œuvre est marquée par la volonté de dépasser les frontières entre les arts : peinture (nihon-ga unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x753B)), arrangement de fleur (ikebana unicode2utf8(0x751F)unicode2utf8(0x82B1)), cérémonie du thé (chadunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x8336)unicode2utf8(0x9053)), calligraphie (shodunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x9053)), mais également histoire de l'art, esthétique et philosophie6. Shigemori publie de nombreux essais sur la spécificité des arts japonais qui, fondamentalement, sont basés sur l'apprentissage de la « voie » ou du « chemin » (dunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x9053)). Imprégnés par ces ars du faire (geidunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x82B8)unicode2utf8(0x9053)) et par la connaissance de gestes artisanaux, Shigemori œuvre pour un profond renouvellement du vocabulaire de l'art des jardins basé sur la modernité7.

Shin-Sakuteiki

Or, à la fin de sa vie, Shigemori nous livre en partie les clés de son art. Dans un court essai intitulé Shin-Sakuteiki (unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x8A18))8, publié entre 1973 et 1974, Shigemori s'exerce à un jeu jusqu'alors inédit : une réinterprétation du plus ancien manuel sur l'art de la composition des jardins nommé le Sakuteiki (unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x8A18))9 compilé par Tachibana Toshitsuna unicode2utf8(0x6A58)unicode2utf8(0x4FCA)unicode2utf8(0x7DB1) (1028-94)10. Le titre de Shin-Sakuteiki - ou « nouveau traité sur l'art de la composition des jardins » - fait directement écho au fameux traité sur l'art des jardins, le Sakuteiki. Or, selon l'adage d'origine chinoise que j'ai cité en introduction11, il était fondamental de s'appuyer sur la tradition (la connaissance des choses anciennes ko unicode2utf8(0x6545)) puis de s'en détacher pour pouvoir créer la modernité (ou la nouveauté shin unicode2utf8(0x65B0)). Fonder un nouveau traité des jardins, basé sur le modèle du Sakutei-ki, requiert une double strate d'écriture et d'interprétation : la première strate est basée sur une connaissance intime du texte original et la deuxième - écriture palimpseste - résolument inscrite d'un point de vue sociologique, artistique et historique répond au contexte de son époque.

Réduction et citation de paysages célèbres

Shigemori développe les concepts clés de « réduction du paysage » (shukukei unicode2utf8(0x5BBF)unicode2utf8(0x666F)) - transposition de paysages célèbres à l'échelle réduite à d'« emprunt de paysage » (shakkei unicode2utf8(0x501F)unicode2utf8(0x666F)). Cette abstraction de la nature se retrouve dans le jardin zen (karesansui unicode2utf8(0x67AF)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)), mais aussi l'idée de représentation de la grande Nature (daishizen unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x81EA)unicode2utf8(0x7136)). Cette reproduction de la nature ne doit jamais se faire de manière directe mais il s'agit toujours d'un transfert : ainsi pour reproduire la nature à l'intérieur des jardins, il faut savoir lui redonner « vie » (seikatsu unicode2utf8(0x751F)unicode2utf8(0x6D3B)). Néanmoins, « il [serait] inutile d'oser imiter la nature ; l'imitation ne serait de toute façon qu'artificielle12 ».
Pourquoi alors avoir voulu créer cette entité autonome qu'est le jardin ? Pourquoi l'homme ne s'est-il pas contenté de la nature telle qu'elle existait, déjà, dans sa présence essentielle ? Or, selon Shigemori, dans le Shin-Sakuteiki - que je paraphrase ici - la nécessité primordiale de la création du jardin ne pouvait apparaître qu'au moment où l'homme commence « à se séparer en partie de la nature ».

Le jeu (asobi unicode2utf8(0x904A)unicode2utf8(0x3073))

Dès la 1re section, Shigemori explore les origines de la création des jardins issue d'un désir de création d'entités autonomes. Le jeu asobi (unicode2utf8(0x904A)unicode2utf8(0x3073)) lui apparaît comme un élément essentiel :
« Du jeu (asobi unicode2utf8(0x904A)unicode2utf8(0x3073)) se dégage d'abord la lettre a unicode2utf8(0x30A2) qui signifie étymologiquement la hauteur. Dans tous les mots tels que ama (le ciel unicode2utf8(0x5929)), ame (la pluie unicode2utf8(0x96E8)), atama (la tête unicode2utf8(0x982D)), aki (l'automne unicode2utf8(0x79CB)), dont la lettre initiale se prononce a, la connotation se rapporte à un lieu élevé ou à quelque chose d'élevé. Puis vient le so unicode2utf8(0x30BD), de so.u (accompagner, assister unicode2utf8(0x526F)), soeru (joindre unicode2utf8(0x6DFB)), soru (se courber unicode2utf8(0x53CD)unicode2utf8(0x308B)), sode (manche unicode2utf8(0x8896)), soto (dehors unicode2utf8(0x5916)), sonemu (jalouser, envier unicode2utf8(0x59AC)), et ainsi de suite... qui signifie accompagner une substance. Le sens originel du jeu signifie donc « accompagner quelque chose d'élevé ». Le jeu, d'abord instinct primaire, est, en conséquence, un désir élevé. C'est l'acte qui s'exerce en vue d'accéder au plaisir du degré le plus élevé. Et par ailleurs, le jeu signifie le fait d'aller à l'extérieur. Plus nous vivons à l'intérieur de l'habitation plus, par contraste, nous désirons quelque chose d'extérieur : c'est le jeu13. »

Autrement dit, dans l'esprit de Shigemori, la fonction élevée du jeu prédispose l'être humain à rechercher la beauté sublime de la nature (sunicode2utf8(0x016B)kunicode2utf8(0x014D)na shizen unicode2utf8(0x5D07)unicode2utf8(0x9AD8)unicode2utf8(0x306A)unicode2utf8(0x81EA)unicode2utf8(0x7136))14 et à s'installer à l'extérieur de la maison : c'est ce qui va conditionner la naissance de la création du jardin comme source de plaisir. Shigemori n'évoque pas ici, en tant que telle, la notion de plaisir esthétique, ni même la notion de distanciation, mais, plus prosaïquement, il parle de rechercher l'esprit du « jeu » comme source et moteur de la création.


Figures 1 et 2.  Jardin du temple Tunicode2utf8(0x014D)fuku-ji unicode2utf8(0x6771)unicode2utf8(0x798F)unicode2utf8(0x5BFA) conçu en 1939 par Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2) (1896-1975).
© Tunicode2utf8(0x014D)fuku-ji Temple


Recyclage, transformation et transposition

Le très célèbre jardin du Tunicode2utf8(0x014D)fuku-ji unicode2utf8(0x6771)unicode2utf8(0x798F)unicode2utf8(0x5BFA), conçu par Shigemori en 1939, une de ses premières créations, recevra presque immédiatement une réception internationale15. Le jardin est empreint des préceptes de la philosophie zen. Le moine qui dirige le temple, commanditaire du projet, laisse alors à Shigemori une entière liberté avec pour unique contrainte de réutiliser les anciens pavements. En effet, toute la philosophie zen est empreinte de réduction et de minimalisme. Le recyclage consistera à détourner cette contrainte dans une approche créative : avec une grille où sont disséminés d'une manière aléatoire les anciens pavements, créant une structure à la fois rigide et souple qui alterne les pavés (les restes de l'ancien temple) et la mousse. L'image de ce nouveau jardin de mousse - un fragment moderne de damier végétal - deviendra presque une « icône » : un classique de l'histoire des jardins.

Figure 3. Jardin nord du temple Tunicode2utf8(0x014D)fuku-ji unicode2utf8(0x6771)unicode2utf8(0x798F)unicode2utf8(0x5BFA). Dialogue entre les formes géométriques.
©Tunicode2utf8(0x014D)fuku-ji Temple


Enfin, dans sa dernière œuvre en 1975, le jardin attenant au sanctuaire shintunicode2utf8(0x014D) de Matsuo taisha unicode2utf8(0x677E)unicode2utf8(0x5C3E)unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x793E), situé au sud-ouest de Kyunicode2utf8(0x014D)to16, Shigemori fait preuve d'une virtuosité exemplaire dans l'art de dresser les pierres. La force de la composition est telle qu'on a, littéralement, l'impression que les pierres vont se mettre à bouger. Elles semblent prêtes à tomber ou à se poursuivre entre elles. La création s'articule entre, d'un côté, les éléments traditionnels - réduction des paysages célèbres (shukukei unicode2utf8(0x5BBF)unicode2utf8(0x666F)) ou emprunt de paysage (shakkei unicode2utf8(0x501F)unicode2utf8(0x666F)) - et, de l'autre, les éléments modernes : ajouts de formes géométriques pures, lignes de béton rectilignes ou curvilignes, ou jeux graphiques en utilisant différentes couleurs de sable. En une formule parfaitement concise dont il a le secret, Günter Nitschke qualifie l'œuvre de Shigemori de « mindscapes17 » : « paysages mentaux ».

Distance critique et jeu des allers-retours entre Orient et Occident

Shigemori a été l'initiateur d'un renouvellement de l'art des jardins, son œuvre a eu une grande influence non seulement au Japon mais aussi dans toute la filiation de ces jardins, dénommés « jardins japonais18 », archétypiques aussi bien en Europe qu'aux États-Unis. Dans ce jeu des échanges en miroir entre l'Est et l'Ouest, la rencontre de Shigemori avec Noguchi Isamu unicode2utf8(0x91CE)unicode2utf8(0x53E3)unicode2utf8(0x52C7) (1904-1988)19 a également été décisive. Tous deux ont très fortement marqué toute une génération, et ont servi incontestablement de modèle pour les générations postérieures.
Se pose alors la question du « regard de l'autre », de la distance et des influences qui s'exercent de part et d'autre dans l'histoire de la réception. Sans jamais avoir quitté le Japon, Shigemori avait acquis une connaissance très approfondie de la peinture et de la littérature occidentales. Ses lectures se retrouvent dans les prénoms aux étranges sonorités de ses cinq enfants : Kant, Cohen, Hugo, Goethe et Byron - Kantunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x5B8C)unicode2utf8(0x9014) (1923-1992), son fils aîné, collaborant en partie avec son père pour la rédaction de ses derniers ouvrages, sera à son tour paysagiste et historien des jardins ; Kunicode2utf8(0x014D)en unicode2utf8(0x5F18)unicode2utf8(0x6DF9) (1926-1992), photographe ; Yunicode2utf8(0x016B)go unicode2utf8(0x7531)unicode2utf8(0x90F7) (1930- ), danseuse et fondatrice de l'école « Shigemori » ; Geite unicode2utf8(0x57F6)unicode2utf8(0x6C10) (1935-2010), directeur d'un centre d'art et Bairon unicode2utf8(0x8C9D)unicode2utf8(0x5D19) (1938- ), cinéaste.
Fondamentalement, à regarder de l'autre côté du monde et, en même temps, à se plonger au plus profond de ses propres racines, il y avait beaucoup d'expériences et d'originalité à en tirer : l'œuvre de Shigemori en est la démonstration vivante. Avec la redécouverte des jardins - et la délicate question de leur conservation - Shigemori apparaît donc comme une figure majeure dans la transmission et la transposition d'un savoir culturel. Laissant une œuvre singulière, alliant le coté académique et la création : avec d'un côté, une connaissance profonde de l'histoire des jardins et, en même temps, d'un autre côté, Shigemori a définitivement été un homme de terrain avec les relevés et la conservation de sites historiques, ainsi que la création autonome de jardins ancrés dans leur temps et leur époque. Le caractère singulier et innovant (voire, protéiforme !) de son œuvre est indéniable. Il y a des époques où ce caractère « touche-à-tout » a été apprécié et valorisé tandis qu'à d'autres périodes - au Japon aussi le savoir est parfois segmenté - Shigemori a été quelque peu marginalisé par rapport au monde académique. En suivant sa filiation, ses enfants et petits-enfants reprennent tous une fibre paysagère ou artistique ; enfin l'un de ses petits-fils Shigemori Matsuaki unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x660E), qui a réussi à préserver les archives de son grand-père, ainsi que sa demeure avec son jardin attenant, est aujourd'hui le président de la Fondation Shigemori, à Kyunicode2utf8(0x014D)to20. Certaines époques, plus que d'autres, sont propices aux expérimentations et aux « passeurs de frontières », aux différentes formes de transgressions et de réflexions au-delà des limites et des différences entre les arts : Shigemori Mirei, incontestablement, a fait partie de ces passeurs entre les arts, entre le dedans et le dehors, et surtout entre l'Orient et l'Occident.
Si l'importance de son œuvre a bien naturellement été très largement reconnue au Japon, la republication récente de certains de ses ouvrages montre un intérêt renouvelé pour ses écrits. En Occident, également, son œuvre mériterait d'être à nouveau analysée et commentée. Porteuse d'un fort potentiel de créativité, elle est représentative du sentiment de la nature, tel qu'il a été développé, senti et chanté, non seulement dans les jardins mais aussi dans la poésie, la peinture et dans une architecture sensible aux passages des saisons. C'est vers cette essence des choses, et cette imbrication entre « nature et architecture21 » que nous devrions fondamentalement nous pencher à nouveau.

Mots-clés

Paysage, jardins, Japon, Kyunicode2utf8(0x014D)to, conservation, création de jardins modernes
Landscape, gardens, Japan, Kyunicode2utf8(0x014D)to, conservation, creation of modern gardens

Bibliographie

Berque,  Augustin, Le Sauvage et l'Artifice. Les japonais devant la nature, Paris, Gallimard, 1986.

Hladik, Murielle, Traces et fragments dans l'esthétique japonaise, Wavres, Mardaga, 2008.

Hladik, Murielle, « Isamu Noguchi. Sculptural design », L'Architecture d'aujourd'hui, n  342, sept.-oct. 2002, p. 16.

Masuda, Tomoya unicode2utf8(0x5897)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x53CB)unicode2utf8(0x4E5F), « Saihunicode2utf8(0x014D)-ji Shunicode2utf8(0x014D)nan-tei unicode2utf8(0x897F)unicode2utf8(0x82B3)unicode2utf8(0x5BFA)unicode2utf8(0x6E58)unicode2utf8(0x5357)unicode2utf8(0x4EAD) » (Le pavillon Shunicode2utf8(0x014D)nan-tei du jardin Saihô-ji), Shinkenchiku unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x5EFA)unicode2utf8(0x7BC9), février 1957 ; réimprimé dans Masuda Tomoya, Masuda Tomoya chosakushunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x5897)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x53CB)unicode2utf8(0x4E5F)unicode2utf8(0x8457)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x96C6) (Œuvres complètes), Maekawa K. unicode2utf8(0x524D)unicode2utf8(0x5DDD)unicode2utf8(0x9053)unicode2utf8(0x90CE)unicode2utf8(0x7DE8) (ed.), Kyunicode2utf8(0x014D)to, Ed. Nakanishiya unicode2utf8(0x30CA)unicode2utf8(0x30AB)unicode2utf8(0x30CB)unicode2utf8(0x30B7)unicode2utf8(0x30E4)unicode2utf8(0x51FA)unicode2utf8(0x7248), 1999, p. 89- 98.

Masuda, Tomoya unicode2utf8(0x5897)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x53CB)unicode2utf8(0x4E5F), « Sansui to kasansui unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x3068)unicode2utf8(0x4EEE)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34) (Paysages et paysages éphémères ) », dans Junicode2utf8(0x016B)taku-teien, chatei. Kunicode2utf8(0x016B)kan to dezain unicode2utf8(0x4F4F)unicode2utf8(0x5B85)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x30FB)unicode2utf8(0x8336)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x2015)unicode2utf8(0x7A7A)unicode2utf8(0x9593)unicode2utf8(0x3068)unicode2utf8(0x30C7)unicode2utf8(0x30B6)unicode2utf8(0x30A4)unicode2utf8(0x30F3) (Habitation-jardin, jardin de thé - Espace et design, Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Seibundunicode2utf8(0x014D) shinkunicode2utf8(0x014D)sha unicode2utf8(0x8AA0)unicode2utf8(0x6587)unicode2utf8(0x5802)unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x5149)unicode2utf8(0x793E), 1970 ; réimprimé dans Masuda Tomoya. Œuvres complètes, op.cit., p. 184- 201.

Nitschke, Günter, Jardins japonais (1991), traduit du français par Wolf Fruhtrunk, Köln, Taschen, 2007.

Ono, Masaaki unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x57DC) unicode2utf8(0x96C5)unicode2utf8(0x7AE0), Teishi ga yomitoku Sakutei-ki unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5E2B)unicode2utf8(0x304C)unicode2utf8(0x8AAD)unicode2utf8(0x307F)unicode2utf8(0x3068)unicode2utf8(0x304F)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5E95)unicode2utf8(0x8A18) (Lire le Sakutei-ki pour les paysagistes), Kyunicode2utf8(0x014D)to, Gakugei unicode2utf8(0x5B66)unicode2utf8(0x82B8), 2008.

Rambach, Pierre et Suzanne, Jardins de longévité. Chine, Japon : l'art des dresseurs de pierres, Genève, Skira, 1987.

Shigemori, Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Nihon teienshi zukan unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x56F3)unicode2utf8(0x9451) unicode2utf8(0x5168)26unicode2utf8(0x5DFB) (Encyclopédie historique des jardins japonais), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Yunicode2utf8(0x016B)kunicode2utf8(0x014D)sha unicode2utf8(0x6709)unicode2utf8(0x5149)unicode2utf8(0x793E), publiée en 26 volumes de 1936 à 1939. Également disponible sous forme de cédérom, 1998. Voir : http://www.hayasoft.com/ystec/hps/shakaishisou/cat/ISBN4-390-50200-X.htm.

Shigemori, Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Karesansui unicode2utf8(0x67AF)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34), Kyunicode2utf8(0x014D)to, Kawarashunicode2utf8(0x014D)ten unicode2utf8(0x6CB3)unicode2utf8(0x539F)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x5E97), 1965 ; Reprint : Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Chuunicode2utf8(0x014D) kunicode2utf8(0x014D)ron unicode2utf8(0x4E2D)unicode2utf8(0x592E)unicode2utf8(0x516C)unicode2utf8(0x8AD6),  2008.

Shigemori, Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Shin-sakuteiki unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5E95)unicode2utf8(0x8A18), publication mensuelle dans le Nihon teienshi taikei unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x4F53)unicode2utf8(0x7CFB) (Panorama sur l'histoire des jardins japonais), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Shakai-shisunicode2utf8(0x014D)-sha unicode2utf8(0x793E)unicode2utf8(0x4F1A)unicode2utf8(0x601D)unicode2utf8(0x60F3)unicode2utf8(0x793E), publié de mai 1973 à septembre 1974 ; réédition complétée du Nihon teienshi zukan unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x56F3)unicode2utf8(0x9451) unicode2utf8(0x5168)26unicode2utf8(0x5DFB) (Encyclopédie historique des jardins japonais), op. cit.

Tschumi, Christian, Mirei Shigemori, Rebel in the Garden. Modern Japanese Landscape Architecture (photographies Christian Lichtenberg), Basel-Boston-Berlin, Birkhäuser, 2007.

Tschumi, Christian, « Studies of Mirei Shigemori's Approach to the Renewal of the Japanese Garden Culture » (unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2)unicode2utf8(0x306B)unicode2utf8(0x3088)unicode2utf8(0x308B)unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x6587)unicode2utf8(0x5316)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x9769)unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x3078)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x30A2)unicode2utf8(0x30D7)unicode2utf8(0x30ED)unicode2utf8(0x30FC)unicode2utf8(0x30C1)unicode2utf8(0x306B)unicode2utf8(0x95A2)unicode2utf8(0x3059)unicode2utf8(0x308B)unicode2utf8(0x7814)unicode2utf8(0x7A76)), Kyunicode2utf8(0x014D)to University, Laboratory of Landscape Architecture, mars 2004. Voir en particulier sa traduction en anglais très documentée du Shinsakuteiki : «  Shinsakuteiki - An Annotated Translation of the Essay by Shigemori Mirei », chapter 3, p. 30-81).

unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5E95)unicode2utf8(0x8A18)/Traductions

De la création des jardins. Traduction du Sakutei-ki (1997), texte présenté, traduit et annoté par Michel Vieillard-Baron, Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Maison franco-japonaise, 2003 (seconde édition révisée).

Sakutei-ki. La composition des jardins japonais, traduction et notes par M. Haussy et M. Arisawa, Osaka, Ichiyosha, 1980 (texte ronéotypé).

Auteur

Murielle Hladik

Architecte DPLG et docteur en philosophie, elle est actuellement chercheur associée à la Maison des sciences de l'homme Paris Nord et membre du réseau Japarchi.
Email : murielle.hladik@gmail.com

Pour référencer cet article

Murielle Hladik
Shigemori Mirei : un regard créatif sur l'art des jardins
publié dans Projets de paysage le 08/07/2012

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/shigemori_mirei_un_regard_creatif_sur_l_art_des_jardins

  1. Tschumi, Christian, Mirei Shigemori, Rebel in the Garden. Modern Japanese Landscape Architecture (photographies C. Lichtenberg), Basel-Boston-Berlin, Birkhäuser, 2007.
  2. Shigemori, Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Nihon teienshi zukan unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x56F3)unicode2utf8(0x9451) unicode2utf8(0x5168)26unicode2utf8(0x5DFB) (Encyclopédie historique des jardins japonais), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Yunicode2utf8(0x016B)kunicode2utf8(0x014D)sha unicode2utf8(0x6709)unicode2utf8(0x5149)unicode2utf8(0x793E), publiée en 26 vol. de 1936 à 1939.
  3. Shigemori, littéralement consumé par le travail, parcourt toutes les provinces du Japon, photographie, fait des relevés, puis restant enfermé dans son studio encombré de livres - une pièce de 4 tatamis, soit environ les dimensions d'un pavillon de thé - de l'aube jusqu'au soir, il met à plat de manière systématique tous ces relevés et dessine au crayon tous les plans de ces jardins historiques. Les 26 volumes seront publiés en l'espace d'à peine 4 années.
  4. Voir Murielle  Hladik, Traces et Fragments dans l'esthétique japonaise, Wavres, Mardaga, 2008.
  5. Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Karesansui unicode2utf8(0x67AF)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34), Kyunicode2utf8(0x014D)tunicode2utf8(0x014D), Kawarashunicode2utf8(0x014D)ten unicode2utf8(0x6CB3)unicode2utf8(0x539F)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x5E97), 1965 ; reprint : Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Ed. Chunicode2utf8(0x016B)unicode2utf8(0x014D) kunicode2utf8(0x014D)ron unicode2utf8(0x4E2D)unicode2utf8(0x592E)unicode2utf8(0x516C)unicode2utf8(0x8AD6), 2008.
  6. Ce désir d'une formation plurielle ira même jusqu'à déboucher sur le projet d'une université de tous les arts : l'université de la Culture (Bunka daigaku unicode2utf8(0x6587)unicode2utf8(0x5316)unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x5B66)). Ce vaste projet est déjà presque sur le point de se réaliser - Shigemori est alors seulement âgé de 26 ans - mais ne pourra finalement pas aboutir en raison du grand tremblement de terre du Kantunicode2utf8(0x014D) en 1923.
  7. J'emploie à dessein la terminologie latine, « ars », pour indiquer cette spécificité des arts japonais, qui sont restés beaucoup plus proches de la haute technicité et de l'artisanat. Pour simplifier, on peut dire qu'à la différence de l'Occident, le Japon (comme toute la sphère d'influence orientale) n'a pas connu le même développement des notions d'« art » ou de « génie ». Les ars restant plus proche de l'artisanat (savoir-faire, gestes et apprentissage), la brutale confrontation avec la modernité naissante oblige à un repositionnement par rapport aux divisions classiques entre « art » et « artisanat ». Distinction importante également dans le monde anglo-saxon avec une revalorisation de l'artisanat et de l'artisan (Craft/Craftsmen).
  8. Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2) Shin-Sakuteiki unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5E95)unicode2utf8(0x8A18), publication mensuelle dans la revue Nihon teienshi taikei unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x4F53)unicode2utf8(0x7CFB) (Panorama sur l'histoire des jardins japonais), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Shakai-shisunicode2utf8(0x014D)-sha unicode2utf8(0x793E)unicode2utf8(0x4F1A)unicode2utf8(0x601D)unicode2utf8(0x60F3)unicode2utf8(0x793E), publié de mai 1973 à septembre 1974. Je remercie ici Philippe Nys, qui m'a fait part de ce texte très particulier et central pour une compréhension d'un regard renouvelé et innovant, celui de Shigemori, sur la tradition de l'art des jardins au Japon.
  9. Il existe plusieurs traductions françaises du Sakutei-ki unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5E95)unicode2utf8(0x8A18) :
    - De la création des jardins. Traduction du Sakutei-ki (1997), texte présenté, traduit et annoté par Michel Vieillard-Baron. Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Maison franco-japonaise, 2003 (seconde édition révisée). Il s'agit de la traduction la plus philologique.
    Sakutei-ki. La composition des jardins japonais, traduction et notes par M. Haussy et M. Arisawa, Osaka, Ichiyosha, 1980 (texte ronéotypé).
    Rambach, Pierre et Suzanne, Jardins de longévité. Chine, Japon : l'art des dresseurs de pierres, Genève, Skira, 1987 (en partie d'après la traduction et les commentaires de Masuda Tomoya unicode2utf8(0x5897)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x53CB)unicode2utf8(0x4E5F) (1914-1981).
  10. Cette attribution à Tachibana Toshitsuna unicode2utf8(0x6A58)unicode2utf8(0x4FCA)unicode2utf8(0x7DB1) (1028-1094) reste toutefois sujette à caution. C'est en tout cas la théorie la plus communément admise. Tachibana Toshitsuna unicode2utf8(0x6A58)unicode2utf8(0x4FCA)unicode2utf8(0x7DB1) (1028-94) serait le fils naturel du régent Fujiwara no Yorimichi unicode2utf8(0x85E4)unicode2utf8(0x539F)unicode2utf8(0x983C)unicode2utf8(0x901A) (992-1074). Tachibana Toshitsuna, directeur de la maintenance et de la conservation des palais, aurait été célèbre pour la beauté de son jardin à Fushimi au sud de Kyunicode2utf8(0x014D)tunicode2utf8(0x014D), et serait aussi connu sous l'appellation de « Fushimi no Toshitsuna ».
  11. « Partir de la connaissance du passé pour reconstruire le nouveau » (unicode2utf8(0x6E29)unicode2utf8(0x6545)unicode2utf8(0x77E5)unicode2utf8(0x65B0)). Ce thème de la transposition et de la réinterprétation apparaît de manière récurrente dans toute l'histoire de l'esthétique japonaise. Hladik, Murielle, Traces et Fragments dans l'esthétique japonaise, op. cit., p. 13.
  12. Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Shin-Sakuteiki unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5E95)unicode2utf8(0x8A18), 1re section, mai 1973, p. 7. (unicode2utf8(0x4E0D)unicode2utf8(0x81EA)unicode2utf8(0x7136) fushizen, « artificiel », serait l'opposé de la nature : tout ce qui est factice, affecté, forcé, en un mot, le non-naturel).
  13. Ibid., 1re section, mai 1973, p. 7, traduction du japonais par Murielle Hladik et Shigematsu Takehito, texte non publié.
  14. Ibid., 2e section, juin 1973, p. 5.
  15. Le projet est immédiatement reconnu avec une audience internationale et publié, à l'époque, notamment dans les pages de L'Architecture d'aujourd'hui.
  16. Une grande majorité des temples bouddhiques et des sanctuaires shintunicode2utf8(0x014D) est située à la périphérie de l'ancienne capitale impériale, au pied des montagnes environnantes qui encadrent le bassin de Kyunicode2utf8(0x014D)to ; cette localisation très spécifique leur confère une vertu : celle de lieux de « passage » ou lieux intermédiaires, faisant la médiation entre l'espace civilisé (la ville, le construit) et la nature considérée comme « sauvage » (et le plus souvent associée aux monde des dieux). Plus fondamentalement les temples et sanctuaires, positionnés en fonction des règles anciennes de la géomancie, ont pour fonction de protéger les humains.
  17. Dans Tschumi, Christian, Mirei Shigemori, Rebel in the Garden. Modern Japanese Landscape Architecture, op. cit., préface de Günter Nitschke.
  18. Voir colloque « Les jardins japonais d'Europe », organisé par Philippe Nys, musée départemental Albert Kahn, Boulogne/Collège international de philosophie, Paris, Octobre 1997 (actes non publiés).
  19. La création des jardins de l'Unesco sera, dans les années 1960, l'occasion d'une rencontre à Kyunicode2utf8(0x014D)to entre le maître jardinier Shigemori Mirei et le sculpteur paysagiste Noguchi Isamu. Shigemori le conduisit ensuite sur l'île de Shikoku pour choisir les pierres nommées « les pierres bleues d'Iyo » (iyo ao ishi unicode2utf8(0x4F0A)unicode2utf8(0x4E88)unicode2utf8(0x9752)unicode2utf8(0x77F3)) ; c'est sur cette île que Noguchi établira ensuite son atelier, transformé aujourd'hui en musée, http://www.noguchi.org/museum/japan
  20. unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x7F8E)unicode2utf8(0x8853)unicode2utf8(0x9928)unicode2utf8(0x9928)unicode2utf8(0x9577) http://www.est.hi-ho.ne.jp/shigemori/association-jp.html
  21. C'était là le sens du colloque que j'ai coorganisé récemment sur le thème « Architecture et Nature : renaissance » (avril 2012, Institut franco-japonais) ; organisation scientifique : Murielle Hladik, en collaboration avec Benoit Jacquet (EFEO) et Oussouby Sacko (université de Seika). Shigemori Mitsuaki est également intervenu lors de ce symposium. Voir, http://www.latitudefrance.org/Architecture-et-Nature-Renaissance-a-Kyoto.html.

Warning: include(umaservices/umadiaporama/diapo_include.php): failed to open stream: No such file or directory in /var/www/vhosts/projetsdepaysage.fr/httpdocs/umaservices/umacontrol/class/control.class.php on line 220

Warning: include(umaservices/umadiaporama/diapo_include.php): failed to open stream: No such file or directory in /var/www/vhosts/projetsdepaysage.fr/httpdocs/umaservices/umacontrol/class/control.class.php on line 220

Warning: include(): Failed opening 'umaservices/umadiaporama/diapo_include.php' for inclusion (include_path='.:/opt/plesk/php/7.3/share/pear') in /var/www/vhosts/projetsdepaysage.fr/httpdocs/umaservices/umacontrol/class/control.class.php on line 220