Les jardins paysagers des seigneurs domaniaux de l'époque d'Edo et les manuels relatifs à la composition des jardins

Seconde partie : L'apparition de la figure de l'architecte-paysagiste et la transmission du savoir à travers les manuels imprimés

Landscape gardens of the state lords in the Edo period, and handbooks concerning gardens' composition

Second Part : The emergence of the landscape-architect figure, and the conveying of knowledge through printed handbooks
15/07/2012

Résumé

La période prémoderne (1573-1867) inaugure un nouveau développement des jardins dans bien des domaines et les seigneurs domaniaux, nouvelles élites issues de la classe des guerriers, aiment se faire bâtir de vastes parcs paysagers dépassant souvent une dizaine d'hectares, ce qui est un phénomène nouveau. Vivant loin de Kyunicode2utf8(0x014D)to, qui jusqu'alors avait été le berceau de l'art des jardins, ces seigneurs font appel à des spécialistes chargés de la conception des parcs paysagers et de leur architecture : la figure de l'architecte-paysagiste naît ainsi au Japon au début du XVIIe siècle. Dans le même temps, la diffusion des pratiques sur l'ensemble du territoire donne lieu à la rédaction de plusieurs manuels de paysagisme ou d'horticulture qui sont imprimés, et qui deviennent des succès d'édition en raison de la banalisation progressive du jardin dans l'habitat de toutes les classes de la société.
The pre-modern period (1573-1867) marks the start of a new development of gardens in many areas, and the state lords à the new elite coming from the warriors class à enjoy having vast landscape parks built; these parks often spread over ten hectares, which is a new phenomenon. Living far from Kyôto, which had been the cradle of gardening art until then, these lords call upon specialists who are in charge of the conception of landscape parks and their architectures: thus, the figure of the landscape-architect was born in Japan at the beginning of the 17th century. At the same time, the spreading of these activities over the whole territory has lead to the writing of several handbooks on landscape architecture or horticulture, which are printed, and which have become successful because of the progressive spread of the garden in the housing of every class of the society.

Texte

Des paysagistes professionnels, rémunérés pour le travail de conception des jardins

À l'époque d'Edo (1603-1867), la plupart des seigneurs domaniaux habitaient les provinces, parfois bien loin de Kyunicode2utf8(0x014D)to, et les shunicode2utf8(0x014D)guns Tokugawa résidaient à Edo, soit à environ 400 kilomètres de la capitale. L'établissement du système de sankin kunicode2utf8(0x014D)tai unicode2utf8(0x53C2)unicode2utf8(0x52E4)unicode2utf8(0x4EA4)unicode2utf8(0x4EE3), par lequel le personnel de toutes les maisons avait ainsi l'occasion de vivre à Edo et donc de ne pas réduire son champ de vision aux limites étroites de sa province d'origine, a été l'un des vecteurs les plus efficaces de la diffusion des arts et des connaissances dans tous les domaines du savoir. L'époque d'Edo fut ainsi celle d'une ample circulation des hommes et, pour le sujet qui nous intéresse, des techniques et des savoirs relatifs à l'art des jardins et à l'architecture. Un mouvement qui se faisait dans un premier temps de Kyunicode2utf8(0x014D)to vers le reste du territoire, mais aussi, dès la fin du XVIIe siècle, des lointaines provinces vers Edo et, par contrecoup, d'Edo vers Kyunicode2utf8(0x014D)to. Bien que l'archipel ait été une longue terre de 1 800 kilomètres, la distance, tant physique que temporelle, ne semble pas avoir été un obstacle à la diffusion des motifs fondamentaux du jardin et de l'habitat des élites. Si différences stylistiques il y avait, celles-ci n'étaient guère le fruit d'un régionalisme, mais plutôt la conséquence des changements de mode d'une époque.

Kobori Enshunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5800)unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x5DDE) (1579-1647)1

On sait que certains daimyunicode2utf8(0x014D) sont montés à la ville shunicode2utf8(0x014D)gunale accompagnés de conducteurs de travaux, de jardiniers et d'horticulteurs venus de leur province, afin que ces derniers réalisent les jardins de leurs nouveaux palais. Un homme comme Kobori Masakazu unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5800)unicode2utf8(0x653F)unicode2utf8(0x4E00) (1579-1647), resté célèbre sous le nom de Kobori Enshunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x5DDE), a été sollicité tout au long de sa vie par de puissants seigneurs, afin qu'il leur fît bénéficier de ses talents et de son goût, si reconnaissables dans la conception de ses jardins. C'est ainsi que Mori Nagatsugu unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x9577)unicode2utf8(0x7D99) (1610-1698), le 2e seigneur du fief de Tsuyama unicode2utf8(0x6D25)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x85E9), dans la province de Mimasaka unicode2utf8(0x7F8E)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x56FD), lui a peut-être demandé de participer à la conception de son jardin de plaisance, ce qu'aucune source n'atteste avec certitude, bien que le jardin s'inspire de celui du palais impérial de Kyunicode2utf8(0x014D)to qu'avait conçu Enshunicode2utf8(0x016B) et que la tradition locale considère Enshunicode2utf8(0x016B) l'auteur de ce jardin. Le Shunicode2utf8(0x016B)raku-en unicode2utf8(0x8846)unicode2utf8(0x697D)unicode2utf8(0x5712) de Tsuyama est une demeure secondaire qui atteignait jadis 7,4 hectares, dont il subsiste encore la partie orientale, composée de 2,8 hectares de jardins paysagers disposés autour d'un étang et de pavillons de plaisance au toit de chaume (figure 1).

Figure 1. Jardin Shunicode2utf8(0x016B)raku-en unicode2utf8(0x8846)unicode2utf8(0x697D)unicode2utf8(0x5712) (2,8 hect.), XVIIe siècle, commencé sous Mori Nagatsugu (1610-1698), 2e seigneur du fief de Tsuyama.
© Nicolas Fiévé


Kobori Masakazu unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5800)unicode2utf8(0x653F)unicode2utf8(0x4E00) est né en 1579 dans la province d'unicode2utf8(0x014C)mi unicode2utf8(0x8FD1)unicode2utf8(0x6C5F)unicode2utf8(0x56FD), fils du seigneur du fief de Komuro unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5BA4)unicode2utf8(0x85E9), un petit domaine d'un revenu de 14 460 koku de riz. Il épouse à dix-neuf ans la fille aînée du guerrier Tunicode2utf8(0x014D)dunicode2utf8(0x014D) Takatora unicode2utf8(0x85E4)unicode2utf8(0x5802)unicode2utf8(0x9AD8)unicode2utf8(0x864E) (1556-1630), encore modeste vassal de Toyotomi Hideyoshi unicode2utf8(0x8C4A)unicode2utf8(0x81E3)unicode2utf8(0x79C0)unicode2utf8(0x5409) (1537 ?-1598). En 1604, à la mort de son père, le domaine est partagé avec son cadet : fils aîné, il hérite à vingt-six ans d'un revenu de 12 000 koku pour le fief de Komuro, alors que son frère reçoit une terre d'une valeur de 2 000 koku, ainsi que de la charge d'administrateur qu'occupait son père au château de Matsuyama unicode2utf8(0x677E)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x57CE), dans la province de Bichunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x5FAE)unicode2utf8(0x8877)unicode2utf8(0x56FD) (où se trouve l'actuel château d'Okayama). Lui échoit alors la responsabilité de la restauration du château.

Figure 2. Jardin du palais Sentunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x4ED9)unicode2utf8(0x6D1E)unicode2utf8(0x5FA1)unicode2utf8(0x6240), palais de l'empereur retiré à Kyunicode2utf8(0x014D)to, 1606 (Keichunicode2utf8(0x014D) 11).
© Nicolas Fiévé


Ses qualités en matière d'architecture semblent vite reconnues. Sans doute aidé par son beau-père devenu dans le même temps un fidèle vassal des Tokugawa, il est nommé en 1606 (Keichunicode2utf8(0x014D) 11) préfet des travaux, sakuji bugyunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x4E8B)unicode2utf8(0x5949)unicode2utf8(0x884C), du palais de l'empereur retiré, le palais Sentunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x4ED9)unicode2utf8(0x6D1E)unicode2utf8(0x5FA1)unicode2utf8(0x6240), à Kyunicode2utf8(0x014D)to2 (figure 2), et, deux ans plus tard, responsable des travaux du château de Sunpu unicode2utf8(0x99FF)unicode2utf8(0x5E9C)unicode2utf8(0x57CE), où demeure alors Tokugawa Ieyasu unicode2utf8(0x5FB3)unicode2utf8(0x5DDD)unicode2utf8(0x5BB6)unicode2utf8(0x5EB7) (1543-1616). Enshunicode2utf8(0x016B) n'a alors que vingt-neuf ans. Cette tâche semble couronnée de succès, puisqu'il est alors promu au titre de gouverneur de la province de Tunicode2utf8(0x014D)tunicode2utf8(0x014D)mi  unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x6C5F)unicode2utf8(0x56FD), aussi appelée Enshunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x5DDE). C'est à partir de cette période que Masukaza prend le nom d'Enshunicode2utf8(0x016B) ; il vient tout juste de fêter ses trente ans.
La proximité de Takatora avec Tokugawa Ieyasu a incontestablement bénéficié à la carrière d'Enshunicode2utf8(0x016B). Comme son beau-père, il obtient la charge d'administrateur des travaux de plusieurs places fortes, dont les plus importantes en termes de stratégie militaire, puisqu'il s'agissait des forteresses qui contrôlaient l'approvisionnement maritime et fluvial de la capitale Kyunicode2utf8(0x014D)to et les principales voies de communication entre le Kantunicode2utf8(0x014D) et le Kansai. Enshunicode2utf8(0x016B) est successivement nommé préfet de la construction, fushin bugyunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x666E)unicode2utf8(0x8ACB)unicode2utf8(0x5949)unicode2utf8(0x884C), du donjon du château de Nagoya, Nagoya-junicode2utf8(0x014D) tenshukaku unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x5929)unicode2utf8(0x5B88)unicode2utf8(0x95A3) (le château de la branche Tokugawa du fief d'Owari unicode2utf8(0x5C3E)unicode2utf8(0x5F35)unicode2utf8(0x85E9)), du shoin de l'enceinte centrale du château de Fushimi, Fushimi-junicode2utf8(0x014D) honmaru shoin unicode2utf8(0x4F0F)unicode2utf8(0x898B)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x4E38)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x9662), des édifices de l'enceinte centrale du château d'unicode2utf8(0x014C)saka, unicode2utf8(0x014C)sakajunicode2utf8(0x014D) honmaru unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x962A)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x4E38), des bâtiments de la seconde enceinte du château de Nijunicode2utf8(0x014D), Nijunicode2utf8(0x014D)-junicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x4E8C)unicode2utf8(0x6761)unicode2utf8(0x57CE), de la construction d'un pavillon de thé et de son jardin dans l'enceinte ouest du château d'Edo, Edo-junicode2utf8(0x014D) Nishinomaru unicode2utf8(0x6C5F)unicode2utf8(0x6238)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x897F)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4E38)3.
Lors de ces travaux, Enshunicode2utf8(0x016B) faisait office à la fois d'administrateur financier et d'architecte. S'il administrait les chantiers, il en était aussi un véritable concepteur, dessinant dans le même temps les jardins de ces palais, comme ce fut le cas au château de Nijunicode2utf8(0x014D) ou à Nagoya. En 1623, il est nommé préfet de Fushimi, Fushimi bugyunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x4F0F)unicode2utf8(0x898B)unicode2utf8(0x5949)unicode2utf8(0x884C), sa plus haute charge, qu'il occupe jusqu'à son décès en 1647.
Au cours de ces années, alors qu'il a désormais une position solidement établie, Enshunicode2utf8(0x016B) est devenu un proche du maître de thé Furuta Oribe unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x7E54)unicode2utf8(0x90E8) (1544-1615), dont il était le disciple. Oribe était alors l'un des hommes les plus influents de son temps dans le monde des hommes de thé, chajin unicode2utf8(0x8336) unicode2utf8(0x4EBA). Guerrier de rang modeste, qui avait servi les chefs militaires Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi, Oribe avait lui-même été le disciple, une dizaine d'années durant, de Sen no Rikyunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x5343)unicode2utf8(0x5229)unicode2utf8(0x4F11) (1522-1591), le maître fondateur de la cérémonie du thé, dont il est un des sept disciples directs. Selon le Tennunicode2utf8(0x014D)jiya kaiki unicode2utf8(0x5929)unicode2utf8(0x738B)unicode2utf8(0x5BFA)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x4F1A)unicode2utf8(0x8A18) (Réunions [de thé] de la maison de Tennunicode2utf8(0x014D)ji) et l'Imai Sunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x016B) chanoyu nikki kakinuki unicode2utf8(0x4ECA)unicode2utf8(0x4E95)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x4E45)unicode2utf8(0x8336)unicode2utf8(0x6E6F)unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x8A18)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x629C) (Extraits du journal des cérémonies du thé d'Imai Sunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x016B)), Oribe avait été invité par Toyotomi Hideyoshi à plusieurs rencontres de thé au château d'unicode2utf8(0x014C)saka, en présence des maîtres les plus importants de son temps : Rikyunicode2utf8(0x016B), Imai Sunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x016B)unicode2utf8(0x3000)unicode2utf8(0x4ECA)unicode2utf8(0x4E95)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x4E45) (1520-1593), Yamanoue Sunicode2utf8(0x014D)ji unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x4E8C) (1544-1590).
L'enseignement de Furuta Oribe a fait d'Enshunicode2utf8(0x016B) un homme de thé accompli, tout en le rapprochant des lettrés, des moines et des artistes de Kyunicode2utf8(0x014D)to, qu'il côtoyait sans relâche. Son nom est associé aux personnages illustres de l'élite artistique de son temps : le prince Hachijunicode2utf8(0x014D) no miya Toshihito unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x6761)unicode2utf8(0x5BAE)unicode2utf8(0x667A)unicode2utf8(0x4EC1) (1579-1629), Konoe Enzan unicode2utf8(0x8FD1)unicode2utf8(0x885B)unicode2utf8(0x5FDC)unicode2utf8(0x5C71) (1599-1649), quatrième fils de l'empereur Goyunicode2utf8(0x014D)zei et disciple d'Oribe, le maître de thé Hosokawa Sansai unicode2utf8(0x7D30)unicode2utf8(0x5DDD)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x658E) (1563-1646) ou le calligraphe Hon.ami Kunicode2utf8(0x014D)etsu unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x963F)unicode2utf8(0x5F25)unicode2utf8(0x5149)unicode2utf8(0x60A6) (1558-1637). Au milieu de ce foyer artistique, Enshunicode2utf8(0x016B) poursuit ses fonctions de préfet tout en s'adonnant aux arts : art du thé, poésie, calligraphie, céramique, création de jardins et de pavillons de thé. Il conçoit alors plusieurs jardins de temples de Kyunicode2utf8(0x014D)to, comme celui du Konchi-in unicode2utf8(0x91D1)unicode2utf8(0x5730)unicode2utf8(0x9662), remarquable pour sa composition de pierres sèches du couple de l'île-grue et de l'île-tortue (figure 3). Il devient aussi l'instructeur en matière de cérémonie du thé du 3e shunicode2utf8(0x014D)gun Tokugawa Iemitsu unicode2utf8(0x5FB3)unicode2utf8(0x5DDD)unicode2utf8(0x5BB6)unicode2utf8(0x5149) (shunicode2utf8(0x014D)gun de 1623-1651).

Figure 3. Jardin du temple Konchi-in unicode2utf8(0x91D1)unicode2utf8(0x5730)unicode2utf8(0x9662), œuvre de Kobori Enshunicode2utf8(0x016B), première moitié du XVIIe siècle. À gauche une île-tortue, à droite une île-grue.
© Nicolas Fiévé


Le milieu artistique du Kyunicode2utf8(0x014D)to de la première moitié du XVIIe siècle, auquel Enshunicode2utf8(0x016B) appartient, est caractérisé par une étroite association des élites aristocratiques et militaires. En tant que maître de thé et concepteur de jardins, Enshunicode2utf8(0x016B) demeure probablement celui qui fut le plus à la croisée de ces influences, dont il sait faire la synthèse : esthétique raffinée de la Cour, comme au jardin du palais impérial ou à la villa détachée de Katsura4, influence de l'ascétisme zen, comme au pavillon de thé Hassunicode2utf8(0x014D) no seki unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x7A93)unicode2utf8(0x5E2D) (le siège des Huit consciences [du bouddhisme]) du temple Konchi-in5, inspiration de la peinture de paysage chinoise et des maîtres zen de Kyunicode2utf8(0x014D)to, comme aux jardins du château de Nijunicode2utf8(0x014D) (figure 4) et du temple Konchi-in (figure 3). De ce point de vue, et s'il est bien l'auteur des œuvres qui lui sont attribuées, Enshunicode2utf8(0x016B) demeure sans aucun doute l'architecte-paysagiste qui a le plus profondément marqué l'évolution de l'art des jardins du début de l'époque d'Edo.
Au château de Nijunicode2utf8(0x014D), Nijunicode2utf8(0x014D)-junicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x4E8C)unicode2utf8(0x6761)unicode2utf8(0x57CE), Enshunicode2utf8(0x016B) ne conçoit pas entièrement le jardin, mais il a la charge de son remaniement, comme de la construction de l'aile qui a accueilli l'empereur Gomizunoo unicode2utf8(0x5F8C)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x5C3E)unicode2utf8(0x5929)unicode2utf8(0x7687) (r. 1611-1629). L'ancien jardin n'était visible que de la partie des édifices aujourd'hui encore existants. Les appartements de l'empereur étant bâtis de l'autre côté de la pièce d'eau, Enshunicode2utf8(0x016B) a fait remodeler le jardin afin qu'il puisse être contemplé de part et d'autre, déplaçant et ajoutant de nombreux blocs de pierre (figure 4).

Figure 4. Assemblages de pierres et chute d'eau du jardin Ni no maru teien unicode2utf8(0x4E8C)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4E38)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712) (1624-1626) du château de Nijunicode2utf8(0x014D). En 1624 (Kan.ei 1), le 3e shunicode2utf8(0x014D)gun Iemitsu (1604-1651) et son prédécesseur, le shunicode2utf8(0x014D)gun retiré Hidetada, se lancèrent dans de grands travaux de réfection du château, afin d'y recevoir l'empereur Gomizunoo. Les travaux de réfection débutèrent en 1624 pour s'achever en 1626 (Kan.ei 3).
© Nicolas Fiévé


Le jardin actuel couvre une superficie de 1 350 tsubo unicode2utf8(0x576A) (4 455 m2), sur laquelle l'étang représente 480 tsubo (1 594 m2), soit un tiers environ. Il est de style chisen kaiyunicode2utf8(0x016B) shiki unicode2utf8(0x6C60) unicode2utf8(0x6CC9)unicode2utf8(0x5EFB)unicode2utf8(0x904A)unicode2utf8(0x5F0F), c'est-à-dire un « jardin promenade organisé autour d'un étang et d'une source ». La très grande majorité des pierres sont des roches de montagne, adjointes de pierres bleues provenant de l'île de Shikoku. Rares sont les galets de torrents. On trouve relativement peu d'essences végétales dans le jardin actuel : des pins unicode2utf8(0x677E), des cerisiers du Japon, sakura unicode2utf8(0x685C), des cycas du Japon, sotetsu6 unicode2utf8(0x8607)unicode2utf8(0x9244) (cycas revoluta).

Figure 5. Plan du château de Nijunicode2utf8(0x014D).
© Nicolas Fiévé


Les ponts du jardin sont faits d'une seule pierre, longue et légèrement galbée (figure 6), une technique de taille inaugurée à l'époque de ce jardin (les pierres semblables du pavillon d'Argent remontent des restaurations de l'époque d'Edo) et qui sera reprise avec brio dans les travaux d'agrandissement du jardin de la villa Katsura, vers les années 1640-1650.

Figure 6. Pont de pierre dans le jardin Ni no maru teien unicode2utf8(0x4E8C)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4E38)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712) (1624-1626) du château de Nijunicode2utf8(0x014D).
© Nicolas Fiévé


Si les jardins des temples de l'époque Muromachi (1333-1573) s'inspiraient très directement des peintures de paysage chinoises, le jardin du château de Nijunicode2utf8(0x014D), comme les peintures des portes coulissantes, fusuma unicode2utf8(0x8956), inaugure un style de jardin dit de « paysage à la japonaise », wayunicode2utf8(0x014D) sansui unicode2utf8(0x548C)unicode2utf8(0x6D0B)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34). Certes, le paysage du jardin fait partie de la tradition des jardins montrant les îles des Immortels, Hunicode2utf8(0x014D)rai yunicode2utf8(0x014D)shiki unicode2utf8(0x84EC)unicode2utf8(0x83B1)unicode2utf8(0x69D8)unicode2utf8(0x5F0F), mais ici l'île centrale surmontée d'un grand pin rouge et associée à Penglai unicode2utf8(0x84EC)unicode2utf8(0x83B1)unicode2utf8(0x5C71) devient le centre unique des points de vue du jardin, ce qui est assez nouveau.
Des sources de l'époque d'Edo associent le jardin et l'île Penglai au motif chinois de « Grand général », daishunicode2utf8(0x014D)gun unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x5C06). Les « Huit campements », hachijin unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x9663), représentés dans ce diagramme selon la rose des vents (figure 7), sont à l'origine une formation militaire appréciée dans la Chine antique, notamment par Zhuge Liang unicode2utf8(0x8AF8)unicode2utf8(0x845B)unicode2utf8(0x4EAE) (181-234), un stratège allié à Liu Bei unicode2utf8(0x5289)unicode2utf8(0x5099) (r. 221-223), le fondateur du royaume de Shu unicode2utf8(0x8700), à l'époque des Trois royaumes. Ce stratège était aussi considéré comme un devin hors pair, et de nombreuses techniques de divination militaire lui ont été attribuées. Selon le diagramme, Penglai, l'île des Immortels située au centre de l'étang et du jardin, est associée au Grand général, c'est-à-dire le shunicode2utf8(0x014D)gun Tokugawa, lui-même, protégé dans les directions cardinales par : l'Oiseau, au sud, associé dans le jardin à l'île-grue ; le Serpent au nord, associé dans le jardin à l'île-tortue ; le Dragon à l'est, associé dans le jardin à la presqu'île, dejima unicode2utf8(0x51FA)unicode2utf8(0x5D8B) , qui adopte la forme d'un dragon ; le Tigre, à l'ouest, associé dans le jardin au pont de pierre. Aucun document ancien n'atteste cependant que ce motif faisait partie du dispositif qui avait prévalu à la conception du jardin. Par ailleurs, dans la configuration actuelle, il semble que l'île-tortue soit au sud et l'île-grue au nord7.

Figure 7. Le motif du Grand général, daishunicode2utf8(0x014D)gun unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x5C06)unicode2utf8(0x8ECD).

Pour Shigemori Mirei, le style de disposition des pierres pourrait évoquer d'autres jardins réalisés par le jardinier Kentei unicode2utf8(0x8CE2)unicode2utf8(0x5EAD) (dates inconnues, époque Momoyama, début Edo) avec lequel Kobori Enshunicode2utf8(0x016B) a travaillé, mais il ne cite aucune source qui confirmerait cette hypothèse. Kentei avait été le jardinier des jardins des temples Entoku-in unicode2utf8(0x5713)unicode2utf8(0x5FB3)unicode2utf8(0x9662), Kunicode2utf8(0x014D)dai-ji unicode2utf8(0x9AD8)unicode2utf8(0x53F0)unicode2utf8(0x5BFA) et Sanbunicode2utf8(0x014D)-in unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x5B9D)unicode2utf8(0x9662) du Daigo-ji unicode2utf8(0x918D)unicode2utf8(0x9190)unicode2utf8(0x5BFA), à Kyunicode2utf8(0x014D)to8.

Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x7B87) (1563-1650)

Un homme comme Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x7B87) (1563-1650), Kamemaru unicode2utf8(0x4E80)unicode2utf8(0x4E38) de son prénom de naissance, fut également sollicité par de grands daimyunicode2utf8(0x014D) pour la conception de leurs jardins. Ce guerrier, qui avait servi Toyotomi Hideyoshi unicode2utf8(0x8C4A)unicode2utf8(0x81E3)unicode2utf8(0x79C0)unicode2utf8(0x5409) (1537-1598) avant la bataille de Sekigahara et qui est entré par la suite au service du clan Asano unicode2utf8(0x6D45)unicode2utf8(0x91CE)unicode2utf8(0x6C0F), avait étudié le thé, comme son condisciple Kobori Enshunicode2utf8(0x016B), avec les maîtres les plus renommés de son temps : Sen no Rikyunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x5343)unicode2utf8(0x5229)unicode2utf8(0x4F11) (1522-1591), puis Furuta Oribe unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x7E54)unicode2utf8(0x90E8) (1544-1615).

Figure 8. Jardin du Ni no maru goten unicode2utf8(0x4E8C)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4E38)unicode2utf8(0x5FA1)unicode2utf8(0x6BBF) du château de Nagoya unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x57CE), œuvre d'Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x7B87) (1563-1650), début XVIIe siècle.
© Nicolas Fiévé


Sunicode2utf8(0x014D)ko a conçu, au cours des années Genwa (1615-1623), le jardin du Ni no maru goten unicode2utf8(0x4E8C)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4E38)unicode2utf8(0x5FA1)unicode2utf8(0x6BBF) (Palais de la deuxième enceinte) du château de Nagoya unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x57CE)9 (3 500 m2) (figure 8), celui du Ni no maru goten du château de Wakayama unicode2utf8(0x548C)unicode2utf8(0x6B4C)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x57CE) (8 500 m2) (figure 10) et le jardin du château de Tokushima unicode2utf8(0x5FB3)unicode2utf8(0x5CF6)unicode2utf8(0x57CE) (5 025 m2) (figure 9). Des compositions réalisées toutes les trois dans le style original de l'école Kyokukan, Kyokukan-ryunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x7389)unicode2utf8(0x6F97)unicode2utf8(0x6D41), une tradition paysagère qui tire son nom du peintre chinois Ruofen (jap. Jakubun) unicode2utf8(0x82E5)unicode2utf8(0x82AC) (1127-1279), dit Yujian unicode2utf8(0x7389)unicode2utf8(0x6F97) (Kyokukan en japonais). Moine et peintre de la fin de la dynastie des Song du Sud et du début de celle des Yuan, Yujian avait créé un style de montagnes et de roches particulièrement escarpées qu'Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko aimait représenter dans ses jardins. Yujian reste célèbre au Japon notamment pour une vue du Mont Lu unicode2utf8(0x5EEC)unicode2utf8(0x5C71), exécutée d'après un poème de Li Bai unicode2utf8(0x674E)unicode2utf8(0x767D) (701-762) et intitulée Lushan guanbao (jap. Runicode2utf8(0x014D)zan kanbaku) unicode2utf8(0x5EEC)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x89B3)unicode2utf8(0x7011) (La chute d'eau vue du Mont Lu). Dans le jardin du Ni no maru goten du château de Nagoya, Sunicode2utf8(0x014D)ko symbolise à l'aide de roches de grande dimension une gorge escarpée, coincée entre deux montagnes et que traverse un haut pont de pierre, dont l'effet pictural est des plus saisissants malgré un dispositif qui ne dépasse guère trois mètres de hauteur (figure 8).

Figure 9. Jardin du château de Tokushima unicode2utf8(0x5FB3)unicode2utf8(0x5CF6)unicode2utf8(0x57CE), œuvre d'Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x7B87) (1563-1650), début XVIIe siècle.
© Nicolas Fiévé


À l'époque de cette réalisation audacieuse, le daimyunicode2utf8(0x014D) Asano Nagaakira unicode2utf8(0x6D45)unicode2utf8(0x91CE)unicode2utf8(0x9577)unicode2utf8(0x665F) (1586-1632) dirigeait le fief de Wakayama, avant qu'il ne reçût en 1619 (Genwa 5) celui de Hiroshima unicode2utf8(0x5E83)unicode2utf8(0x5CF6)unicode2utf8(0x85E9). Le fief de Kishunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x7D00)unicode2utf8(0x5DDE)unicode2utf8(0x85E9) (Wakayama), qui comprenait la province de Kii unicode2utf8(0x7D00)unicode2utf8(0x4F0A)unicode2utf8(0x56FD) et la moitié sud de la province d'Ise unicode2utf8(0x4F0A)unicode2utf8(0x52E2)unicode2utf8(0x56FD), un ensemble d'un revenu annuel de 540 000 koku, est alors revenu à Tokugawa Yorinobu unicode2utf8(0x5FB3)unicode2utf8(0x5DDD)unicode2utf8(0x983C)unicode2utf8(0x5BA3) (1602-1671) et le jardin du Nishi no maru (enceinte de l'Ouest) fut entièrement remanié cette année-là sous la direction d'Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko. Pour réaliser ce jardin, Sunicode2utf8(0x014D)ko utilisa la dénivellation naturelle du terrain d'une vingtaine de mètres, qu'il accentua en faisant creuser le site, afin de réaliser une gorge profonde, au fond de laquelle se jette un cours d'eau, tel un torrent de montagne. Un cheminement escarpé permet au visiteur de descendre le long de la montagne, de franchir un pont au-dessus d'une ravine, d'enjamber l'écoulement d'une chute d'eau, avant d'arriver au fond d'une combe encaissée entre les escarpements rocheux et là, debout sur des pierres plates placées au milieu d'un lac, de pouvoir contempler la verticalité grandiose de ce paysage imaginaire qui rappelle la Chine et les peintures de paysage de l'époque de Song. Jamais un jardin aristocratique de Kyunicode2utf8(0x014D)to n'avait eu recours à des dénivellations aussi abruptes sur une telle échelle (figure 10).

Figure 10. Jardin du Nishi no maru unicode2utf8(0x897F)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4E38)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712) (8 200 m2), 1619 (Genwa 5),
château de Wakayama unicode2utf8(0x548C)unicode2utf8(0x6B4C)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x57CE), Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x7B87) (1563-1650).
© Nicolas Fiévé


Après avoir reçu le fief de Hiroshima, un fief d'un revenu de 426 000 koku qui couvre la province d'Akiunicode2utf8(0x5B89)unicode2utf8(0x82B8)unicode2utf8(0x56FD) et la moitié de celle de Bingo unicode2utf8(0x5099)unicode2utf8(0x5F8C)unicode2utf8(0x56FD), le seigneur Asano Nagaakira demande à Sunicode2utf8(0x014D)ko de réaliser le parc de sa nouvelle résidence secondaire, située à 400 mètres environ du château de Hiroshima, en bordure de la rivière Kyunicode2utf8(0x014D)bashi. Là, à partir de 1620 (Genwa 6), Sunicode2utf8(0x014D)ko dirige les travaux du Shukkei-en unicode2utf8(0x7E2E)unicode2utf8(0x666F)unicode2utf8(0x5712), un vaste jardin de quatre hectares, organisé autour d'un étang et pour lequel il conçoit aussi les pavillons de thé (figure 11). Ce parc paysager est remanié, au cours des années 1783 (Tenmei 3) et 1788 (Tenmei 8), par Shimizu Shichirunicode2utf8(0x014D).uemon unicode2utf8(0x6E05)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x4E03)unicode2utf8(0x90CE)unicode2utf8(0x53F3)unicode2utf8(0x885B)unicode2utf8(0x9580), un jardinier invité de la capitale, soit située à plus de 350 kilomètres de route, qu'un homme du peuple comme Shichirunicode2utf8(0x014D).uemon parcourait vraisemblablement à pied. Brûlés par la bombe en 1945, les pavillons de thé y furent reconstruits et la flore replantée depuis. C'est ce jardin conçu par Sunicode2utf8(0x014D)ko que l'on peut encore contempler, avec son célèbre paysage évoquant le pont de pierre du Grand lac de l'Ouest à Hangzhouunicode2utf8(0x676D)unicode2utf8(0x5DDE), au milieu d'un lac parsemé de plusieurs îles-tortue et qu'enserrent trois collines artificielles boisées surmontées de kiosques10.

Figure 11. Jardin Shukkei-en unicode2utf8(0x7E2E)unicode2utf8(0x666F)unicode2utf8(0x5712) (4 hectares), du 1er seigneur Asano Nagaakira (1586-1632) du fief de Hiroshima, conçu en 1620 (Genwa 6) par Ueda Sôko unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5B97)unicode2utf8(0x7B87) (1563-1650) et remanié entre 1783 (Tenmei 3) et 1788 (Tenmei 8) par le maître jardinier Shimizu Shichirunicode2utf8(0x014D).uemon unicode2utf8(0x6E05)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x4E03)unicode2utf8(0x90CE)unicode2utf8(0x53F3)unicode2utf8(0x885B)unicode2utf8(0x9580).
© Nicolas Fiévé


Les exemples d'Enshunicode2utf8(0x016B) et de Sunicode2utf8(0x014D)ko illustrent bien des aspects de l'évolution des pratiques en matière de conception de jardin survenue au début de l'époque d'Edo. Tous deux sont des hommes issus des régions centrales du Japon et des guerriers de rang modeste. Proche des milieux lettrés et artistiques de Kyunicode2utf8(0x014D)to, ils deviennent maîtres de thé, après avoir reçu l'enseignement des plus grands maîtres de leur temps. Tous deux furent au demeurant les fondateurs de leur propre tradition de l'art du thé : Enshunicode2utf8(0x016B)-ryunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x5DDE)unicode2utf8(0x6D41) et Ueda-ryunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x4E0A)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x6D41), école Enshunicode2utf8(0x016B) et école Ueda, deux lignées réservées aux guerriers qui fleurirent jusqu'à la période moderne, jusqu'en 1955 pour l'école Ueda qui s'est éteinte avec le décès du 17e maître de thé Kake Junicode2utf8(0x014D)dunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x52A0)unicode2utf8(0x8A08)unicode2utf8(0x9759)unicode2utf8(0x5802), et toujours vivace pour la très réputée école Enshunicode2utf8(0x016B). Tout au long de leur vie, ces deux hommes, qui se rencontrèrent à de nombreuses reprises, furent invités ici et là à réaliser de grands jardins, pour lesquels ils assuraient aussi la conception des pavillons et autres kiosque et belvédères : sukiya, chaya, chashitsu, azumaya, etc. Rétribués pour ces commandes, ce fut bien l'originalité de leurs créations qui les rendit célèbres aux quatre coins de l'archipel, participant ainsi à une nouvelle redistribution des savoirs de l'ancienne capitale impériale.

Les manuels d'horticulture et de l'art des jardins

Nonobstant, ce que pouvaient financer les hommes les plus influents de leur temps n'était pas à la portée de seigneurs ou de guerriers de rang plus modeste. En période de développement urbain et de circulation des hommes, l'écrit, sous la forme de manuel imprimé de composition des jardins, devient un vecteur non négligeable de la diffusion des connaissances en matière de paysage et d'horticulture. Les quelques manuscrits antérieurs à l'époque d'Edo mentionnés en début de la première partie de cet article étaient des pièces uniques, demeurées longtemps dans les mains d'un même propriétaire, c'est-à-dire des œuvres qui, malgré quelques copies, avaient fait l'objet d'une diffusion restreinte et réservée aux élites aristocratiques de Kyunicode2utf8(0x014D)to. Les livres imprimés, en revanche, de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l'on avance dans l'époque d'Edo, ont été largement vulgarisés dans l'ensemble du pays et ont été le plus souvent rédigés ou compilés par des hommes de condition modeste : de simples guerriers, des fils de commerçants, voire quelques artistes issus des couches les plus basses de la société.
Dans le même temps, plusieurs livres chinois sur les jardins furent apportés au Japon et parfois imprimés et diffusés. Parmi les plus célèbres, le Michuan huajing unicode2utf8(0x79D8)unicode2utf8(0x50B3)unicode2utf8(0x82B1)unicode2utf8(0x93E1), (jap. Hiden kakyunicode2utf8(0x014D)), ou Transmission secrète du miroir des fleurs (1688), de Chen Haozi unicode2utf8(0x9673)unicode2utf8(0x6DCF)unicode2utf8(0x5B50) (dates inconnues, XVIIe siècle), connu au Japon grâce à l'édition de Hiraga Gennai unicode2utf8(0x5E73)unicode2utf8(0x8CC0)unicode2utf8(0x6E90)unicode2utf8(0x5185) (1728-1779), et que notre collègue Georges Métaillié a récemment réédité, rendant une part non négligeable de ce texte accessible au lecteur français11.
Un ouvrage de botanique comme le Sunicode2utf8(0x014D)moku sodate-gusa unicode2utf8(0x8349)unicode2utf8(0x6728)unicode2utf8(0x80B2)unicode2utf8(0x7A2E) (La Reproduction des plantes), publié en 1818 (Bunka 15) par Abe Rekisai unicode2utf8(0x963F)unicode2utf8(0x90E8)unicode2utf8(0x6ADF)unicode2utf8(0x9F4B) (Abe Yoshitada unicode2utf8(0x559C)unicode2utf8(0x4EFB), 1805-1870), un disciple du botaniste et spécialiste d'histoire naturelle Iwasaki Kan.en unicode2utf8(0x5CA9)unicode2utf8(0x5D0E)unicode2utf8(0x704C)unicode2utf8(0x5712) (1786-1842)12, n'aurait pu être rédigé sans une bonne connaissance du Michuan huajing, auquel il fait souvent des emprunts. Le Sunicode2utf8(0x014D)moku sodate-gusa évoque tour à tour la culture et les techniques de reproduction des plantes en pot, les méthodes de taille et de ligature des bonsai unicode2utf8(0x76C6)unicode2utf8(0x683D), la taille et le façonnage de la forme des pins, les sites d'entrepôt et le calendrier pour l'entretien des plantes et les outils du jardinier. Il se termine par un index par ordre syllabique (unicode2utf8(0x3044) unicode2utf8(0x308D) unicode2utf8(0x306F)) de 157 plantes, que Rekisai décrit et classe par famille, sur 42 feuillets (84 pages).
Le grand traité de Ji Chengunicode2utf8(0x8A08)unicode2utf8(0x6210), le Yuanye unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x51B6) (Mise en forme des jardins, jap. En.ya), préfacé en 1631 par l'auteur et publié en Chine probablement en 1634, a été importé au Japon au XVIIIe siècle. Il est inventorié dans les réserves des shunicode2utf8(0x014D)guns Tokugawa, le Momiji-yama bunko unicode2utf8(0x7D05)unicode2utf8(0x8449)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6587)unicode2utf8(0x5EAB) ou Bibliothèque de la montagne des érables rouges, suite à l'importation en 1701 de trois fascicules, en 1712 de quatre autres fascicules, et en 1735 de l'intégralité du livre13. Mais en période de fermeture du pays aux influences étrangères, cet ouvrage chinois fut classé « livre interdit », kinsho unicode2utf8(0x7981)unicode2utf8(0x66F8) ! Il ne fut donc l'objet d'aucune diffusion grand public jusqu'à l'ère Taishunicode2utf8(0x014D) (1912-1926), ce qui n'exclut pas la connaissance de son contenu dans l'entourage du shunicode2utf8(0x014D)gun14.
Parmi les ouvrages japonais publiés à l'époque d'Edo, j'ai recensé une vingtaine de titres principaux, le plus souvent des livres illustrés. Restituant l'image des paysages artificiels, des arrangements de pierres et de collines, de l'implantation et de la forme des arbres, l'iconographie présente dans ces livres fut un vecteur de diffusion de formes stéréotypées du paysage, comme ce fut le cas dès le début du XVIIe siècle avec la publication du Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les styles de jardins en montagnes artificielles), un ouvrage majeur pour l'histoire des jardins d'Edo, rédigé en 1735 (Kyunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) 20) par Kitamura Enkinsai unicode2utf8(0x5317)unicode2utf8(0x6751)unicode2utf8(0x63F4)unicode2utf8(0x7434)unicode2utf8(0x9F4B) (dates inconnues)15.

Figure 12. Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les styles de jardins en montagnes artificielles), 1735 (Kyunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) 20), de Kitamura Enkinsai unicode2utf8(0x5317)unicode2utf8(0x6751)unicode2utf8(0x63F4)unicode2utf8(0x7434)unicode2utf8(0x9F4B) (dates inconnues).
Règles de jardins : Paysage emprunté de type profond. Ici, le paysage est commun, mais l'arrière-plan est particulièrement profond.
© Nicolas Fiévé

Ce manuel emprunte l'essentiel de son texte à des textes plus anciens, comme le Saga-ryunicode2utf8(0x016B) niwa kohunicode2utf8(0x014D) hiden no sho (Livre des traditions secrètes de l'école Saga sur les anciennes techniques de composition des jardins, 1395), cité plus haut, ou le Tsukiyama sansui-den unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les paysages de montagnes artificielles), un livre publié quelques années plus tôt, en 1723 (Kyunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) 8)16. S'il n'innove pas, la large diffusion dont il est l'objet a eu un impact sur les pratiques, notamment dans les provinces éloignées de la capitale (figure 12). De même, la version complétée de ce livre qu'édite en 1828 (Bunsei 11) Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato unicode2utf8(0x96E2)unicode2utf8(0x5CF6)unicode2utf8(0x8ED2)unicode2utf8(0x79CB)unicode2utf8(0x91CC) (?-vers 1830 ?), adjointe d'une seconde partie rédigée de la main de ce dernier17, demeure sans aucun doute le plus célèbre des ouvrages sur les jardins de la fin de la période, tant par l'ampleur de sa diffusion, que par l'originalité de son contenu. On ne connaît à peu près rien de son auteur, ni de la formation qu'il aurait pu recevoir. Pourtant, la présentation qu'il donne des paysages a façonné durablement l'art des jardins modernes du Japon. L'ouvrage innove par rapport à ses prédécesseurs par sa présentation des styles shintai unicode2utf8(0x771E)unicode2utf8(0x9AD4), gyunicode2utf8(0x014D)tai unicode2utf8(0x884C)unicode2utf8(0x9AD4) et sunicode2utf8(0x014D)tai unicode2utf8(0x8349)unicode2utf8(0x9AD4), dont le vocable est hérité de la calligraphie chinoise - style régulier, zhen, intermédiaire, xing, cursif, cao - des différentes catégories de paysages en collines artificielles (tsukiyama sansui unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)). Il présente en outre les typologies des jardins de courettes intérieures (tsubo-niwa unicode2utf8(0x576A)unicode2utf8(0x5EAD)) et des jardins de thé (chatei unicode2utf8(0x8336)unicode2utf8(0x5EAD)), comme celles d'éléments de mobilier de jardin : vasques à eau, dites « bols pour se rincer les mains » (chunicode2utf8(0x014D)zu-bachi unicode2utf8(0x624B)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x9262)) et lanternes de pierre (seki tunicode2utf8(0x014D)runicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x77F3)unicode2utf8(0x71C8)unicode2utf8(0x7C60)). Une présentation de plusieurs jardins renommés de Kyunicode2utf8(0x014D)to, dont les exemples n'avaient pas été inclus dans le Miyako rinsen meishunicode2utf8(0x014D)-zue unicode2utf8(0x90FD)unicode2utf8(0x6797)unicode2utf8(0x6CC9)unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x52DD)unicode2utf8(0x56F3)unicode2utf8(0x4F1A) (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799), un autre ouvrage d'Akisato qui fut un succès d'édition, complète cette présentation singulière des jardins de la période.
Publié en 1799 (Kansei 11) par Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato, en cinq fascicules, le Miyako rinsen meishunicode2utf8(0x014D)-zue a inventorié une centaine de temples et de jardins de Kyunicode2utf8(0x014D)to, dont ceux de célèbres maisons de thé, dont il donne une description, adjointe parfois d'une illustration. Comme les autres ouvrages de Ritunicode2utf8(0x014D)ken, le Miyako rinsen meishunicode2utf8(0x014D)-zue a été un succès d'édition dès sa publication et l'objet d'une large diffusion, comme en atteste le grand nombre de copies et de rééditions qui circulent encore de nos jours ici et là chez les bouquinistes. Le livre doit sa célébrité à la qualité et au détail des gravures sur bois, à une époque où les jardins renommés de Kyunicode2utf8(0x014D)to servent d'exemple pour la conception des jardins d'Edo et des autres villes du Japon. Sa large diffusion montre combien la connaissance des jardins de Kyunicode2utf8(0x014D)to faisait l'objet d'un engouement dans le Japon d'Edo18.
Il faut ici souligner qu'en dépit d'un assez grand nombre de titres nouveaux, rares sont les textes vraiment originaux. Un examen attentif des sources révèle une majorité de copies partielles ou intégrales des ouvrages les plus anciens -  et cela qu'il s'agisse de manuscrits ou de livres imprimés. Que des textes vieux, parfois de plusieurs siècles, aient été remaniés, édités et présentés comme des nouveautés est un phénomène qui, dans une certaine mesure, a également contribué à la relative homogénéité des pratiques.
Il n'est pas fortuit que les deux plus anciens manuscrits connus sur l'art des jardins présentés dans la première partie de cet article, le Sakutei-ki et le Senzui narabi ni yagyunicode2utf8(0x014D) no zu, soient passés des mains de nobles de Cour résidant à Kyunicode2utf8(0x014D)to, à celle de la puissante maison Maeda du fief de Kaga, sans doute à l'époque où, vers 1676 (Enpunicode2utf8(0x014D) 4), le 5e daimyunicode2utf8(0x014D) Maeda Tsunanori unicode2utf8(0x524D)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x7DB1)unicode2utf8(0x7D00) (1643-1724) entreprend les travaux de la partie basse des jardins de l'enceinte extérieure du château de Kanazawa, au cours desquels il fait creuser l'étang Renchi-tei unicode2utf8(0x84EE)unicode2utf8(0x6C60)unicode2utf8(0x5EAD) et installer la grande chute d'eau que l'on peut aujourd'hui encore y admirer (figure 13). Le jardin a été agrandi tout au long de l'époque d'Edo, jusqu'à devenir à la fin de la période le très renommé Kenroku-en unicode2utf8(0x517C)unicode2utf8(0x516D)unicode2utf8(0x5712), un parc de dix hectares désigné depuis lors comme l'un des trois plus renommés du Japon, Nihon sanmeien unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x5712)19.

Figure 13. Grande chute d'eau, dite Midori-taki unicode2utf8(0x7FE0)unicode2utf8(0x7027), du jardin Renchi-tei unicode2utf8(0x84EE)unicode2utf8(0x6C60)unicode2utf8(0x5EAD) (milieu du XVIIe siècle), conçu pour le cinquième seigneur du fief de Kaga, Maeda Tsunanori (1623-1724). Parc Kenroku-en unicode2utf8(0x517C)unicode2utf8(0x516D)unicode2utf8(0x5712) (Kanazawa).
© Nicolas Fiévé


Cette copie du Sakutei-ki était restée la propriété des Fujiwara durant le Moyen Âge (une des plus importantes familles de la noblesse japonaise), mais elle est transmise à la maison Maeda à l'époque de Tsunanori, alors qu'il entre en possession dans le même temps du plus ancien manuscrit connu du Senzui narabi ni yagyunicode2utf8(0x014D) no zu, la copie de 1466, qui est demeurée la propriété des Maeda jusqu'à nos jours20. Le transfert d'œuvres d'une telle valeur pour l'histoire des jardins, produites à l'origine par des nobles et réservées à leur propre usage, s'il révèle l'hégémonie économique et politique des daimyunicode2utf8(0x014D) sur les nobles de Cour, il témoigne aussi du vif intérêt que ces grands seigneurs portaient aux anciens savoir-faire de la noblesse de Kyunicode2utf8(0x014D)to en matière de paysage.
Au cours de l'époque d'Edo, le Sakutei-ki et le Senzui narabi ni yagyunicode2utf8(0x014D) no zu n'ont pas donné lieu à une riche filiation, ce qu'expliquent sans doute les changements de modes de vie. Le Sansui-shunicode2utf8(0x014D) en était, au XIIIe siècle, une émanation directe ; des œuvres tardives, comme le Dunicode2utf8(0x014D)ji kuden-sho unicode2utf8(0x7AE5)unicode2utf8(0x5B50)unicode2utf8(0x53E3)unicode2utf8(0x50B3)unicode2utf8(0x66F8) (Écrits sur les traditions orales rapportées par les disciples), dont on possède une copie datée de 1742 (Kanpunicode2utf8(0x014D) 2), et le Musunicode2utf8(0x014D)-ryunicode2utf8(0x016B) chitei unicode2utf8(0x7121)unicode2utf8(0x7A93)unicode2utf8(0x6D41)unicode2utf8(0x6CBB)unicode2utf8(0x5EAD) (Aménagement des jardins de l'école Musunicode2utf8(0x014D))21, publié en 1799 (Kansei 11)22, s'en inspirent aussi dans une certaine mesure, certainement en raison d'un regain du désir de connaissance, à cette période, de l'ancienne culture aristocratique de Kyunicode2utf8(0x014D)to.
Il en va autrement pour le Saga-ryunicode2utf8(0x016B) niwa kohunicode2utf8(0x014D) hiden no sho, manuscrit de la fin du XIVe siècle qui dépeint des savoir-faire développés dans les milieux bouddhiques, à une époque où les shunicode2utf8(0x014D)gun Ashikaga sont au fait de leur pouvoir. La réalisation de la copie de 1395 est contemporaine de l'enfance de Zen.ami unicode2utf8(0x5584)unicode2utf8(0x963F)unicode2utf8(0x5F25) (1386 ?-1482 ?), le maître jardinier qui a réalisé plusieurs jardins majeurs de la période, comme celui de l'Inryunicode2utf8(0x014D)ken unicode2utf8(0x852D)unicode2utf8(0x6DBC)unicode2utf8(0x8ED2) (pavillon de la Fraîcheur), celui du temple Shunicode2utf8(0x014D)kokuji ou de l'Izumi-dono unicode2utf8(0x6CC9)unicode2utf8(0x6BBF) (pavillon de la Source) du palais shunicode2utf8(0x014D)gunal, deux célèbres jardins depuis longtemps disparus. Témoin d'un âge d'or des jardins de Kyunicode2utf8(0x014D)to, le Saga-ryunicode2utf8(0x016B) niwa kohunicode2utf8(0x014D) hiden no sho a donné lieu à une riche filiation qui ne s'est jamais, depuis lors, épuisée, une filiation d'œuvres qui furent le plus souvent à la source d'une large diffusion de l'art des jardins au cours de l'époque d'Edo, tant géographique que dans l'ensemble des couches sociales de la société. On trouve dans cette riche généalogie les titres suivants : Sunicode2utf8(0x014D)ami Tsukiyama sansui-den unicode2utf8(0x76F8)unicode2utf8(0x963F)unicode2utf8(0x5F25)unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission de Sunicode2utf8(0x014D)ami sur les paysages de montagnes artificielles) [date et auteur inconnus]23 ; Tsukiyama sansui-den unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les paysages de montagnes artificielles), livre imprimé de 1723 (Kyunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) 8)24 ; Teihei tsukigata-den unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x576A)unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5F62)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les formes artificielles des jardins), publié en 1737 (Genbun 2) ; Teizunicode2utf8(0x014D) shodan no den unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x521D)unicode2utf8(0x6BB5)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x50B3) (Fondements de la composition des jardins), copie de 1792 (Kansei 4) ; Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den de Kitamura Enkinsai et Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den kunicode2utf8(0x014D)hen de Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato déjà cités plus haut, dont les multiples éditions au cours de l'époque d'Edo et à l'ère Meiji ont assuré une large diffusion. Il serait souhaitable enfin de mentionner une dernière œuvre signée Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato, l'Iwagumi sono.u yaegaki-den unicode2utf8(0x77F3)unicode2utf8(0x7D44)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x751F)unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x57A3)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les assemblages de pierres, les jardins et les huit épaisseurs de haies)25, publié en 1827 (Bunsei 10), qui présente un catalogue illustré des différentes haies, barrières et autres éléments de séparations (kaki unicode2utf8(0x57A3)) du jardin, des ponts (hashi unicode2utf8(0x6A4B)), des portes en bois (kido unicode2utf8(0x6728)unicode2utf8(0x6238)), des puits (ido unicode2utf8(0x4E95)unicode2utf8(0x6238)), des pierres ornementales (ishi unicode2utf8(0x77F3)), des assemblages de pierres (ishi-gumi unicode2utf8(0x77F3)unicode2utf8(0x7D44)), des pavements de pierres (tobi ishi unicode2utf8(0x98DB)unicode2utf8(0x77F3)), des lanternes (seki tunicode2utf8(0x014D)runicode2utf8(0x014D)) ou des vasques à eau (chunicode2utf8(0x014D)zu-bachi), que l'on peut placer ou reproduire dans son jardin (figure 14)26.

Figure 14. Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato unicode2utf8(0x96E2)unicode2utf8(0x5CF6)unicode2utf8(0x8ED2)unicode2utf8(0x79CB)unicode2utf8(0x91CC), Iwagumi sono.u yaegaki-den unicode2utf8(0x77F3)unicode2utf8(0x7D44)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x751F)unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x57A3)unicode2utf8(0x50B3)
(Transmission sur les assemblages de pierres, les jardins et les huit épaisseurs de haies), 1827.
© Nicolas Fiévé

Contrairement aux manuels du début de l'époque d'Edo qui restent souvent des ouvrages théoriques utiles à la conception d'un vaste ensemble de jardins destinés aux élites, les ouvrages d'Akisato sont des catalogues de formes de paysages et d'éléments de jardins destinés à un public plus modeste, sans doute des populations citadines nouvellement enrichies qui souhaitaient avoir un jardin autour leur maison de ville. Les ouvrages présentent ainsi des dispositifs paysagers de taille relativement réduite, ce qui explique leur succès auprès du public : à l'époque de l'industrialisation du Japon, ces ouvrages servent de modèle pour concevoir les jardins des habitations de la nouvelle classe moyenne, dite des « cols blancs », qui se forme à la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le Zukai Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x5716)unicode2utf8(0x89E3)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x6CD5) (Techniques de composition des jardins, livre illustré), publié en 1890 par Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE) (1850-1921), atteste de cette vogue des manuels de paysagisme auprès des classes moyennes (figure 15)27.

Figure 15. Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE) (1850-1921), Zukai Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x5716)unicode2utf8(0x89E3)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x6CD5)
(Techniques de composition des jardins, livre illustré), 1890.

À l'époque où il rédige ce livre, Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) n'avait pas reçu de formation d'historien ni d'horticulteur, encore moins de jardinier. S'il était certes un peintre de paysage, il avait été formé à l'école occidentale, yunicode2utf8(0x014D)ga unicode2utf8(0x6D0B)unicode2utf8(0x753B), et avait déjà publié quelques manuels sur la peinture européenne, notamment des recueils de modèles de dessins28. En d'autres termes, l'auteur du Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) n'était pas un spécialiste des jardins, sans doute, tout au plus, un amateur éclairé. Il a quarante ans lorsqu'il publie le Zukai Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D), son premier livre sur les jardins, dont l'aspect le plus novateur ne se trouve pas dans le texte, mais dans les quarante dessins couleur de jardins ou d'éléments de jardins qu'il a réalisés en perspective, à la manière occidentale, un procédé qu'il adopte dans tous ses ouvrages (figures 15 et 16). Les perspectives du Zukai Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) copient fidèlement les gravures du Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den, l'ouvrage publié soixante-deux années plus tôt par Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato, illustrations auxquelles Honda a ajouté six planches originales de porches d'entrée avec un accès pour les voitures, où se mêlent des motifs paysagers japonais et occidentaux. Le texte du Zukai Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) résume d'importants passages des deux volumes du Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den de Ritunicode2utf8(0x014D)ken Akisato. Après une introduction d'une dizaine de pages, l'auteur reprend, image par image, le commentaire des illustrations du manuel de l'époque d'Edo : Shintai kazan zenzu unicode2utf8(0x771E)unicode2utf8(0x9AD4)unicode2utf8(0x5047)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5168)unicode2utf8(0x5716) (Illustration des jardins en montagne artificielle de forme shin), Gyunicode2utf8(0x014D)tai kazan zenzu unicode2utf8(0x884C)unicode2utf8(0x9AD4)unicode2utf8(0x5047)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5168)unicode2utf8(0x5716) (Illustration des jardins en montagne artificielle de forme gyunicode2utf8(0x014D)), Sunicode2utf8(0x014D)tai kazan zenzu unicode2utf8(0x8349)unicode2utf8(0x9AD4)unicode2utf8(0x5047)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5168)unicode2utf8(0x5716) (Illustration des jardins en montagne artificielle de forme sunicode2utf8(0x014D)). Il définit ensuite les trois mêmes catégories, shin, gyunicode2utf8(0x014D) et sunicode2utf8(0x014D), mais pour les « jardins sans relief » (hiraniwa unicode2utf8(0x5E73)unicode2utf8(0x5EAD)), c'est-à-dire sur terrain plat, avant de donner un ensemble assez varié de vues de jardins, que complète un catalogue des éléments qui les composent : les haies, les ponts, les lanternes et les vasques en pierre.

Figure 16. Jardin du Seiju-in unicode2utf8(0x6210)unicode2utf8(0x5C31)unicode2utf8(0x9662) du temple Kiyomizu-dera unicode2utf8(0x6E05)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x5BFA), estampe d'après un dessin de en perspective, à la manière occidentale réalisée par Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE) (1850-1921), illustration tirée du Nihon meien zufu unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x555A)unicode2utf8(0x8B5C) (Recueil illustré des jardins renommés du Japon), 1911.

Le Zukai Teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) se présente ainsi comme un manuel grand public destiné à aider les classes moyennes de l'ère Meiji (1868-1912) à concevoir le jardin qu'elles aimeraient se faire construire dans leur habitation banlieusarde. Une large part du succès du livre, publié dans un contexte de modernisation de l'habitat, mais à une époque où l'art du jardin occidental demeurait le plus souvent inconnu, doit être attribuée à la modernité des illustrations et à la clarté du propos de l'auteur.
Si l'on ajoute, à l'ensemble des titres mentionnés dans cet article, une dizaine de traités rédigés au cours de l'époque d'Edo sur les jardins de thé roji unicode2utf8(0x9732)unicode2utf8(0x5730), - des manuels qui forment une filiation indépendante des autres ouvrages -, une liste de plus de quarante titres dessine trois grandes familles thématiques de manuels : une première composée de textes sur l'ordonnancement des jardins de plaisance de l'ancienne aristocratie, une deuxième dans laquelle une large place est accordée à la composition plastique des paysages artificiels des jardins médiévaux et prémodernes, une troisième, enfin, sur le jardin de thé, le modeste « chemin » qui mène au pavillon de thé, un lieu de repos et de méditation dont chaque élément est choisi selon les besoins de l'austère pratique de la cérémonie du thé.

Vers une approche moderne et scientifique du jardin

À la fin du XIXe siècle, la création de parcs publics dans les villes nouvellement industrialisées avait placé le gouvernement de Meiji devant la nécessité de former rapidement des ingénieurs modernes, maîtrisant les techniques occidentales du paysagisme et de l'horticulture. L'École d'agriculture et des forêts de Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D) (Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D) nunicode2utf8(0x014D)rin gakkunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x6771)unicode2utf8(0x4EB0)unicode2utf8(0x4EAC)unicode2utf8(0x8FB2)unicode2utf8(0x6797)unicode2utf8(0x5B78)unicode2utf8(0x6821)), ancêtre de la faculté d'agronomie de l'université de Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), ouvre ses portes en 1886. En 1908, c'est au tour de l'École d'horticulture de la préfecture de Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D) (Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D) funicode2utf8(0x016B)ritsu engei gakkunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x6771)unicode2utf8(0x4EAC)unicode2utf8(0x5E9C)unicode2utf8(0x7ACB)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x85DD)unicode2utf8(0x5B78)unicode2utf8(0x6821)), ancêtre de l'actuelle École supérieure d'horticulture de la préfecture de Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), bientôt suivie par d'autres universités de province, à Nara, à unicode2utf8(0x014C)saka et à Kyunicode2utf8(0x014D)to. Ces départements, où l'on enseignait les techniques agricoles et la gestion des forêts, dispensaient, pour la première fois au Japon, des enseignements sur les parcs et les jardins, qu'ils fussent japonais ou d'Occident, sur leurs techniques, leur mise en œuvre et leur histoire. Ces nouveaux enseignements bouleversèrent les anciennes pratiques relatives au paysage. De même que les architectes formés dans les facultés d'ingénierie remplaçaient à cette époque les maîtres d'œuvre qu'avaient été depuis des siècles les charpentiers, des ingénieurs des parcs et des jardins (zunicode2utf8(0x014D)en gakusha unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x5B66)unicode2utf8(0x8005)), diplômés des facultés d'agronomie, supplantaient les anciens maîtres jardiniers, niwa-shi unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5E2B), opérant ainsi une profonde mutation de l'art du paysage japonais29.
Après les lettrés nobles de Kyunicode2utf8(0x014D)to qui jadis concevaient eux-mêmes les jardins de leur habitation, les seigneurs domaniaux de l'époque d'Edo ont sollicité, dès le XVIIe siècle, des paysagistes issus des milieux de guerriers modestes pour assurer les conceptions de leurs jardins. Quant au Japon moderne de l'ère Meiji, il forme des ingénieurs paysagistes pour la conception des parcs publics. Alors que les lettrés de l'ancienne Kyunicode2utf8(0x014D)to avaient rédigé pour leur propre compte des notes manuscrites sur l'art du paysage, des professionnels ont édité à l'époque d'Edo des catalogues et autres manuels sur l'art des jardins que l'on diffusait le plus largement possible pour les nouvelles classes moyennes de la société urbaine. Le début du XXe siècle voit la publication des premiers ouvrages scientifiques qui rassemblent les connaissances occidentales en matière d'agronomie. Il voit naître dans le même temps les premiers historiens modernes de l'art des jardins, qui étudient scientifiquement les jardins à partir de la philologie des textes anciens, de l'archéologie des sites historiques, de l'étude spatiale des dispositifs paysagers et de la classification des espèces végétales et des essences minérales qui les composent. Des travaux qui sont à la source des politiques et des techniques de conservation et de restauration des jardins historiques, et qui furent mis en place à partir des années 1930.

Mots-clés

Kobori Enshunicode2utf8(0x016B), Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko, assemblage de pierres, paysage miniature, montagne artificielle
Kobori Enshunicode2utf8(0x016B), Ueda Sunicode2utf8(0x014D)ko, stones assembling, miniature landscape, artificial mountain

Bibliographie

Liste des manuscrits et livres anciens cités dans l'article

Dunicode2utf8(0x014D)ji kuden-sho unicode2utf8(0x7AE5)unicode2utf8(0x5B50)unicode2utf8(0x53E3)unicode2utf8(0x50B3)unicode2utf8(0x66F8) (Écrits sur les traditions orales rapportées par les disciples), copie de 1742 (Kanpunicode2utf8(0x014D) 2).

Iwagumi sono.u yaegaki-den unicode2utf8(0x77F3)unicode2utf8(0x7D44)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x751F)unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x57A3)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les assemblages de pierres, les jardins et les huit épaisseurs de haies), 1827 (Bunsei 10).

Michuan huajing (jap. Hiden kakyunicode2utf8(0x014D)) unicode2utf8(0x79D8)unicode2utf8(0x50B3)unicode2utf8(0x82B1)unicode2utf8(0x93E1) (Transmission secrète du miroir des fleurs), 1688.

Miyako rinsen meishunicode2utf8(0x014D)-zue unicode2utf8(0x90FD)unicode2utf8(0x6797)unicode2utf8(0x6CC9)unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x52DD)unicode2utf8(0x56F3)unicode2utf8(0x4F1A) (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale), 1799 (Kansei 11).

Musunicode2utf8(0x014D)-ryunicode2utf8(0x016B) chitei unicode2utf8(0x7121)unicode2utf8(0x7A93)unicode2utf8(0x6D41)unicode2utf8(0x6CBB)unicode2utf8(0x5EAD) (Aménagement des jardins de l'école Musunicode2utf8(0x014D)), 1799 (Kansei 11).

Saga-ryunicode2utf8(0x016B) niwa kohunicode2utf8(0x014D) hiden no sho unicode2utf8(0x5D6F)unicode2utf8(0x5CE8)unicode2utf8(0x6D41)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x6CD5)unicode2utf8(0x79D8)unicode2utf8(0x50B3)unicode2utf8(0x4E4B)unicode2utf8(0x66F8) (Livre des traditions secrètes de l'école Saga sur les anciennes techniques de composition des jardins), XIVe siècle (?).

Sakutei-ki unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x8A18) (Notes sur la composition des jardins), copie de 1289 (Shunicode2utf8(0x014D)unicode2utf8(0x014D) 2).

Sansui-shunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x6284) (Notes sur les paysages), non daté.

Senzui narabi ni yagyunicode2utf8(0x014D) no zu unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x5E77)unicode2utf8(0x91CE)unicode2utf8(0x5F62)unicode2utf8(0x555A) (Illustrations des paysages et des formes de plaines), colophon de 1654 (Junicode2utf8(0x014D)unicode2utf8(0x014D) 3).

Sunicode2utf8(0x014D)ami Tsukiyama sansui-den unicode2utf8(0x76F8)unicode2utf8(0x963F)unicode2utf8(0x5F25)unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission de Sunicode2utf8(0x014D)ami sur les paysages de montagnes artificielles) [non daté].

Sunicode2utf8(0x014D)moku sodate-gusa unicode2utf8(0x8349)unicode2utf8(0x6728)unicode2utf8(0x80B2)unicode2utf8(0x7A2E) (La reproduction des plantes), 1818 (Bunka 15).

Teihei tsukigata-den unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x576A)unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5F62)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les formes artificielles des jardins), 1737 (Genbun 2).

Teizunicode2utf8(0x014D) shodan no den unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x521D)unicode2utf8(0x6BB5)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x50B3) (Fondements de la composition des jardins), copie de 1792 (Kansei 4).

Tsukiyama sansui-den unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x6C34)unicode2utf8(0x50B3) (Transmission sur les paysages de montagnes artificielles), 1723 (Kyunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) 8).

Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x4F1D) (Transmission sur les styles de jardins en montagnes artificielles), 1735 (Kyunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) 20).

Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den kunicode2utf8(0x014D)hen unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x4F1D)unicode2utf8(0x5F8C)unicode2utf8(0x7DE8), 1828 (Bunsei 11).

Ouvrages

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Fiévé, Nicolas, « Les pavillons du thé : philosophie et fonctionnalisme d'une architecture », dans Christine Shimizu (sous la dir. de), Les Arts de la cérémonie du thé, Dijon, Éditions Faton, 1996, p. 48-85.

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Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE), Teishi - gagaku kyunicode2utf8(0x014D)ju-hunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x68AF)unicode2utf8(0x6C0F)unicode2utf8(0x756B)unicode2utf8(0x5B78)unicode2utf8(0x6559)unicode2utf8(0x6388)unicode2utf8(0x6CD5) (Méthode d'enseignement de la peinture de Monsieur Tei [Thomas Tate]), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Monbushunicode2utf8(0x014D), 1879.

Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE), Zukai teizunicode2utf8(0x014D)-hunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x5716)unicode2utf8(0x89E3)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x6CD5) (Méthode illustrée de composition des jardins), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Dandansha, 1890.

Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE), Shunicode2utf8(0x014D)gakuga tehon unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5B78)unicode2utf8(0x756B)unicode2utf8(0x624B)unicode2utf8(0x672C) (Modèles pour l'apprentissage du dessin), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Dandansha shoten, 12 fascicules publiés à partir de 1890.

Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9326)unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x90CE), Nihon meien zufu unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x555A)unicode2utf8(0x8B5C) (Recueil illustré des jardins renommés du Japon), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Shunicode2utf8(0x014D)saiei, 1911.

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Sawada Tenzui unicode2utf8(0x6CA2)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5929)unicode2utf8(0x745E), Nagoyajunicode2utf8(0x014D) no teien unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712) (Les jardins du château de Nagoya), Nagoya, Nagoyajunicode2utf8(0x014D) shinkyunicode2utf8(0x014D)kai, 1967.

Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Nihon teien-shi taikei unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x7CFB)9 (Grande compilation sur l'histoire des jardin japonais, vol. IX), Momoyama no niwa unicode2utf8(0x6843)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x5EAD)2 (Jardins de l'époque Momoyama, volume II), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Shakai shisunicode2utf8(0x014D)-sha, 1972.

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Auteur

Nicolas Fiévé

Directeur d'études à l'École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques.
Chaire d'histoire de l'architecture et des jardins du Japon.
Courriel : nfieve@gmail.com

Pour référencer cet article

Nicolas Fiévé
Les jardins paysagers des seigneurs domaniaux de l'époque d'Edo et les manuels relatifs à la composition des jardins
publié dans Projets de paysage le 15/07/2012

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/les_jardins_paysagers_des_seigneurs_domaniaux_de_l_epoque_d_edo_et_les_manuels_relatifs_a_la_composition_des_jardins_1

  1. Voir dans ce même dossier les article détaillé que consacrent Yama.uchi Tomoki et Emmanuel Marès à Kobori Enshunicode2utf8(0x016B).
  2. Mori, Osamu, Kobori Enshunicode2utf8(0x016B) no sakuji  unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5800)unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x5DDE)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x4E8B) (Les Réalisations de Kobori Enshunicode2utf8(0x016B)), Nara, Bunkazai hogo iinkai, 1966, p. 67-70.
  3. Ibid., p. 33-38 et p. 45-47 ; Mori, Osamu, Kobori Enshunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5800)unicode2utf8(0x9060)unicode2utf8(0x5DDE), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Yoshikawa kunicode2utf8(0x014D)bunkan, 1987, p. 133-139.
  4. Enshunicode2utf8(0x016B) a été chargé de remanier le jardin du palais impérial de Kyunicode2utf8(0x014D)to, mais aucune source ne démontre avec certitude qu'il a pu s'occuper du jardin de Katsura, contrairement à ce que la tradition a rapporté.
  5. Fiévé, Nicolas, « Structure de l'espace des pavillons de thé. Développement des arts et de la pensée à la fin du Moyen Âge », mémoire de maîtrise de japonais classique sous la direction de Jacqueline Pigeot, Paris, Uuniversité de Paris VII, 1989 (260 p.), p. 75.
  6. Le sotetsu unicode2utf8(0x8607)unicode2utf8(0x9244) est une plante à graines spermatophyte, qui n'appartient ni à la famille des fougères, ni à celle des palmiers, bien qu'elle y ressemble. Originaire des îles Ryunicode2utf8(0x016B)kyunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x7409)unicode2utf8(0x7403), elle fut introduite à Kyunicode2utf8(0x016B)shunicode2utf8(0x016B) unicode2utf8(0x4E5D)unicode2utf8(0x5DDE), dans les fiefs en commerce avec les îles du Sud. Les plantations actuelles sont antérieures à la fondation du jardin de Nijunicode2utf8(0x014D).
  7. Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Nihon teien-shi taikei unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x7CFB)9, (Grande compilation sur l'histoire des jardin japonais, vol. 9), Momoyama no niwa unicode2utf8(0x6843)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x5EAD)2 (Jardins de l'époque Momoyama, vol. 2), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Shakai shisunicode2utf8(0x014D)-sha, 1972, p. 35-46.
  8. Shigemori Mirei, ibid., p. 35-46.
  9. Sawada Tenzui unicode2utf8(0x6CA2)unicode2utf8(0x7530)unicode2utf8(0x5929)unicode2utf8(0x745E), Nagoya-junicode2utf8(0x014D) no teien unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712) (Les Jardins du château de Nagoya), Nagoya, Nagoya-junicode2utf8(0x014D) shinkyunicode2utf8(0x014D)kai, 1967, p. 79-120.
  10. Shigemori Mirei unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x68EE)unicode2utf8(0x4E09)unicode2utf8(0x73B2), Nihon teien-shi taikei  unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2)unicode2utf8(0x5927)unicode2utf8(0x7CFB)9 (Grande compilation sur l'histoire des jardin japonais, vol. 9), op. cit., p. 89-102 ; Hiroshima-ken Kyunicode2utf8(0x014D)ikuiin-kai (ed.), Shukkeien-shi unicode2utf8(0x7E2E)unicode2utf8(0x666F)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x53F2) (Histoire du Shunicode2utf8(0x016B)kkei-en), Hiroshima, Hiroshima-ken bunkasai kyunicode2utf8(0x014D)kai, 1984, 202 p.
  11. Une partie du livre a été traduite par J. Halphen et publiée chez Plon en 1900. Voir la réédition de cette traduction, préparée et présentée par Métaillié, Georges, Miroir des fleurs. Guide pratique du jardinier amateur dans la Chine au XVIIe siècle, Arles, Actes Sud, 2006, 312 p.
  12. J'ai utilisé l'édition de 1818, publiée à Edo chez Yamashiroya Sabei unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x57CE)unicode2utf8(0x5C4B)unicode2utf8(0x4F50)unicode2utf8(0x5175)unicode2utf8(0x885B), conservée à la bibliothèque du département d'économie de l'université de Kyunicode2utf8(0x014D)to.
  13. Dates établies d'après les recueils des importations par bateau. Voir l'article de Yang Fuhei unicode2utf8(0x694A)unicode2utf8(0x99A5)unicode2utf8(0x5983), « Chunicode2utf8(0x016B)goku to nihon teien hikaku kenkyunicode2utf8(0x016B) : « Yuanye » to « Sakuteiki » to no hikaku wo kaishite unicode2utf8(0x4E2D)unicode2utf8(0x56FD)unicode2utf8(0x3068)unicode2utf8(0x65E5)unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x6BD4)unicode2utf8(0x8F03)unicode2utf8(0x7814)unicode2utf8(0x7A76) :unicode2utf8(0x300E)unicode2utf8(0x5712)unicode2utf8(0x51B6)unicode2utf8(0x300F)unicode2utf8(0x3068)unicode2utf8(0x300E)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x8A18)unicode2utf8(0x300F)unicode2utf8(0x3068)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x6BD4)unicode2utf8(0x8F03)unicode2utf8(0x3092)unicode2utf8(0x4ECB)unicode2utf8(0x3057)unicode2utf8(0x3066) » (« Étude comparative sur les jardins chinois et japonais : à partir d'une comparaison entre le Yuanye et le Sakuteiki), Nihon kenchiku gakkai kantunicode2utf8(0x014D) shibu hunicode2utf8(0x014D)kokusho 9034, Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Nihon kenchiku gakkai, 2001, p. 593.
  14. On se référera en français à la traduction de notre ami Che Bing Chiu, Ji Cheng, Yuanye. Le traité du jardin (1634), Besançon, Les Éditions de l'imprimeur, coll. « Jardins et Paysages », 1997, 316 p.
  15. Réédition dans Uehara Keiji (éd.), Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den (zenpen) kaisetsu unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x4F1D)(unicode2utf8(0x524D)unicode2utf8(0x7DE8))unicode2utf8(0x89E3)unicode2utf8(0x8AAC), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Kajima shoten,  coll. « Zunicode2utf8(0x014D)en kosho sunicode2utf8(0x014D)sho », 1965, vol. 1, 110 p.
  16. Cette diffusion de formes stéréotypées fut elle-même véhiculée en Occident (en particulier au États-Unis) au XIXe siècle et au début du XXe siècle, grâce aux premiers ouvrages publiés en anglais sur les jardins. Voir Fiévé, Nicolas, « Les sources japonaises, médiévales et pré-modernes, des premiers ouvrages publiés en Europe et aux États-Unis sur les jardins japonais - Landscape Gardening in Japan (1893), de Josiah Conder ; The Gardens of Japan (1928), de Harada Jirunicode2utf8(0x014D) ; Art of the Landscape Gardens in Japan (1935), de Tamura Tsuyoshi », dans Fiévé, Nicolas et Jacquet, Benoît (sous la dir. de), La réception de l'architecture et des jardins japonais en occident, de la fin du XIXe siècle à 1945, Paris, EFEO, coll. « Études thématiques », à paraître en 2012.
  17. Réédition dans Uehara Keiji (ed.), Tsukiyama teizunicode2utf8(0x014D)-den (kunicode2utf8(0x014D)hen) kaisetsu unicode2utf8(0x7BC9)unicode2utf8(0x5C71)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x4F1D)(unicode2utf8(0x5F8C)unicode2utf8(0x7DE8))unicode2utf8(0x89E3)unicode2utf8(0x8AAC), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Kajima shoten, coll. « Zunicode2utf8(0x014D)en kosho sunicode2utf8(0x014D)sho », 1965, vol. 2, 100 p.
  18. Parmi les nombreuses éditions modernes de l'ouvrage, je conseillerais celle dirigée par Noma Kunicode2utf8(0x014D)shin unicode2utf8(0x91CE)unicode2utf8(0x9593)unicode2utf8(0x5149)unicode2utf8(0x8FB0), Miyako rinsen meishunicode2utf8(0x014D)-zue unicode2utf8(0x90FD)unicode2utf8(0x6797)unicode2utf8(0x6CC9)unicode2utf8(0x540D)unicode2utf8(0x52DD)unicode2utf8(0x5716)unicode2utf8(0x4F1A) (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale), Kyunicode2utf8(0x014D)to, Rinsen shotenunicode2utf8(0x81E8)unicode2utf8(0x5DDD)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x5E97), coll. « Shinshunicode2utf8(0x016B) Kyunicode2utf8(0x014D)to sunicode2utf8(0x014D)sho unicode2utf8(0x65B0)unicode2utf8(0x4FEE)unicode2utf8(0x4EB0)unicode2utf8(0x90FD)unicode2utf8(0x85C2)unicode2utf8(0x66F8) », 1994, vol. 9, 569  p. Sur les recueils de lieux célèbres de Kyunicode2utf8(0x014D)to, voir Fiévé, Nicolas, « Le récit sur les hauts lieux de la capitale. Essai sur le rôle du meisho dans la constitution d'une ville-mémoire », Japon pluriel. Actes du premier colloque de la Société française des études japonaises, Arles, Éditions Philippe Picquier, 1995, p. 305-318, un texte repris en anglais dans « Kyoto's famous places: collective memory and monuments in the Tokugawa period », dans Nicolas Fiévé and Paul Waley (eds.), Japanese Capitals in Historical Perspective: Power, Memory and Place in Kyunicode2utf8(0x014D)to, Edo and Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), London, Routledge-Curzon Press, 2003, p. 153-171.
  19. Il s'agit des trois parcs Kenrokuen de Kanazawa, Kunicode2utf8(0x014D)rakuen d'Okayama et Kairakuen de Mito (voir la première partie de l'article, figures 5 et 9). L'origine de cette dénomination n'est pas claire, mais il semblerait qu'elle se propage à la fin de l'époque d'Edo, alors que les seigneurs de ces fiefs ouvraient ces jardins au public à certaines occasions.
  20. Cette copie est conservée au Sonkei-kaku bunko unicode2utf8(0x5C0A)unicode2utf8(0x7D4C)unicode2utf8(0x95A3)unicode2utf8(0x6587)unicode2utf8(0x5EAB), les archives qui rassemblent à Kanazawa les fonds des anciennes bibliothèques de la maison Maeda.
  21. Je reprends ici la lecture donnée par Uehara Keiji ; Uehara Keiji (ed.), Yokei-zukuri niwa no zu. Hoka san-kosho, op. cit., 1972, p. 51.
  22. Réédition dans Uehara Keiji, ibid., 1972, p. 89-93.
  23. Réédition dans Yoshimura Iwao unicode2utf8(0x5409)unicode2utf8(0x6751)unicode2utf8(0x5DCC) (éd.), Teizunicode2utf8(0x014D) kosho shunicode2utf8(0x016B)roku unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x96C6)unicode2utf8(0x9332) (Recueil des manuels anciens sur les jardins), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Yunicode2utf8(0x016B)mei shobunicode2utf8(0x014D), 1970, p. 16-18.
  24. Réédition dans Uehara Keiji, ibid., p. 69-77.
  25. Les « huit épaisseurs de haies », mentionnées dans le titre proviennent d'un passage de la mythologie rapportée dans le Kojiki unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x4E8B)unicode2utf8(0x8A18) (712), alors que Susanoo no mikoto est à la recherche d'un emplacement idéal pour bâtir une « auguste maison », miya unicode2utf8(0x5BAE), et y vivre avec son épouse. Il compose le poème suivant : « Huit nuages s'amoncellent/huit épaisseurs de haies d'Izumo/pour m'y réfugier avec mon épouse/j'ai bâti huit épaisseurs de haies/ces huit épaisseurs de haies ! unicode2utf8(0x591C)unicode2utf8(0x4E45)unicode2utf8(0x6BDB)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x90FD) / unicode2utf8(0x4F0A)unicode2utf8(0x8C46)unicode2utf8(0x6BDB)unicode2utf8(0x591C)unicode2utf8(0x5F0A)unicode2utf8(0x8CC0)unicode2utf8(0x5C90) / unicode2utf8(0x90FD)unicode2utf8(0x9EBB)unicode2utf8(0x7881)unicode2utf8(0x5FAE)unicode2utf8(0x723E) / unicode2utf8(0x591C)unicode2utf8(0x5F0A)unicode2utf8(0x8CC0)unicode2utf8(0x5C90)unicode2utf8(0x90FD)unicode2utf8(0x4E45)unicode2utf8(0x6D41) /unicode2utf8(0x66FE)unicode2utf8(0x80FD)unicode2utf8(0x591C)unicode2utf8(0x5F0A)unicode2utf8(0x8CC0)unicode2utf8(0x5C90)unicode2utf8(0x8881) (Yakumo tatsu unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x96F2)unicode2utf8(0x7ACB)unicode2utf8(0x3064)/Izumo yaegaki unicode2utf8(0x51FA)unicode2utf8(0x96F2)unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x57A3)/tsuma gomi ni unicode2utf8(0x59BB)unicode2utf8(0x7C60)unicode2utf8(0x307F)unicode2utf8(0x306B)/yaegaki tsukuru unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x57A3)unicode2utf8(0x4F5C)unicode2utf8(0x308B)/sono yaegaki wounicode2utf8(0x305D)unicode2utf8(0x306E)unicode2utf8(0x516B)unicode2utf8(0x91CD)unicode2utf8(0x57A3)unicode2utf8(0x3092)) », Kojiki unicode2utf8(0x53E4)unicode2utf8(0x4E8B)unicode2utf8(0x8A18) (Récit des choses anciennes), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Shunicode2utf8(0x014D)gakukan, coll. « Nihon koten bungaku zenshû »,1973, vol. 1, p. 90-91.
  26. J'ai utilisé pour cette étude une édition trouvée l'an dernier chez un bouquiniste de Kyunicode2utf8(0x014D)to, datée de Meiji 27 (1894) et publiée à unicode2utf8(0x014C)saka par la maison Kashiwara Keibundunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x67CF)unicode2utf8(0x539F)unicode2utf8(0x594E)unicode2utf8(0x6587)unicode2utf8(0x5802) (wahon en 4 fascicules).
  27. Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D), Zukai teizunicode2utf8(0x014D)hunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x5716)unicode2utf8(0x89E3)unicode2utf8(0x5EAD)unicode2utf8(0x9020)unicode2utf8(0x6CD5) (Méthode illustrée de composition des jardins), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Dandansha unicode2utf8(0x5718)unicode2utf8(0x3005)unicode2utf8(0x793E), 1890, 13 p., 26 pl. et 39 illustr.
  28. Honda Kinkichirunicode2utf8(0x014D), Shunicode2utf8(0x014D)gakuga tehon unicode2utf8(0x5C0F)unicode2utf8(0x5B78)unicode2utf8(0x756B)unicode2utf8(0x624B)unicode2utf8(0x672C) (Modèles pour l'apprentissage du dessin), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Dandansha shotenunicode2utf8(0x5718)unicode2utf8(0x3005)unicode2utf8(0x793E)unicode2utf8(0x66F8)unicode2utf8(0x5E97), 12 fascicules publiés à partir de 1890 ; Teishi - gagaku kyunicode2utf8(0x014D)ju-hunicode2utf8(0x014D) unicode2utf8(0x68AF)unicode2utf8(0x6C0F)unicode2utf8(0x756B)unicode2utf8(0x5B78)unicode2utf8(0x6559)unicode2utf8(0x6388)unicode2utf8(0x6CD5) (Méthode d'enseignement de la peinture de Monsieur Tei [Thomas Tate]), Tunicode2utf8(0x014D)kyunicode2utf8(0x014D), Monbushunicode2utf8(0x014D), 1879, 3, 78, 20 p.
  29. Voir dans ce même dossier l'article que Sylvie Brosseau consacre à l'une des figures majeures de cette génération, le paysagiste Honda Seiroku unicode2utf8(0x672C)unicode2utf8(0x591A)unicode2utf8(0x9759)unicode2utf8(0x516D) (1868-1952).

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