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Voyage en terres urbaines cultivées

Au Reyerhof, à Stuttgart-Möhringen

Landwirtschaft auf stadtnahen Flächen

Erkundungen auf dem Reyerhof in Stuttgart-Möhringen

Ins Deutsche übertragen von Daniela Weber
12/01/2018

Résumé

« L'agriculture dans la ville, pour la ville » est le slogan adopté par le Reyerhof, une ferme en polyculture-élevage biodynamique. Ce slogan traduit certes un argument commercial mais aussi un état de fait. Les parcelles que celle-ci travaille s'inscrivent en effet dans le territoire urbanisé de Stuttgart. Elles occupent la lisière des quartiers ou alors s'intercalent entre eux. L'auteur, qui est paysagiste et dessinateur, convie à un voyage en terres urbaines cultivées à la rencontre des paysages agricoles et de ceux qui les cultivent. Saisir, décrire et représenter les paysages de cette exploitation agricole métropolitaine est le sens donné à cette contribution en rassemblant un peu de matières premières à ce qui pourrait potentiellement devenir un travail plus large de recherche et de projet.
ā€˛Landwirtschaft in der Stadt für die Stadt": so lautet der Werbespruch, den der Reyerhof, ein biologisch-dynamischer Gemischtbetrieb, gewählt hat. Dieser Spruch dient der Werbung und drückt zugleich einen tatsächlichen Sachverhalt aus. Denn die vom Reyerhof bewirtschafteten Parzellen liegen inmitten des Stuttgarter Stadtgebiets. Sie grenzen direkt an die bebaute Fläche an oder fügen sich dazwischen ein. Der Autor - Landschaftsarchitekt und Zeichner à lädt zu einer Erkundung der landwirtschaftlich genutzten Flächen im Stadtgebiet ein, um die Agrarlandschaften und diejenigen, die diese Flächen bewirtschaften, kennenzulernen. In diesem Beitrag soll es darum gehen, einige landschaftliche Gegebenheiten dieses Landwirtschaftsbetriebs in der Grossstadt zu erfassen, zu beschreiben und darzustellen. Das hier zusammengetragene Material könnte Ausgangspunkt für eine breiter angelegte Untersuchung sein.

Texte

« L'agriculture dans la ville, pour la ville »

La ville et l'agriculture ont, toutes deux, besoin d'espace. C'est un fait. L'étendue est au cœur de leur déploiement. Seulement, le foncier à bâtir de l'une est le sol à cultiver pour l'autre. C'est un autre fait, l'expansion continue des villes procède donc par soustraction des terrains à l'agriculture (et à la forêt). Ainsi les villes enflent, s'étendent, s'élargissent mais aussi parfois entourent, enserrent, englobent les terres agricoles. Car l'urbanisation, en dehors de la ville dense des centres anciens, n'est pas une nappe continue et homogène - de constructions et d'infrastructures. C'est bien plutôt, généralement, un phénomène spatial à maille lâche, particulièrement dispendieux en terrain et générant des paysages que l'on peine souvent à décrire - parfois à apprécier - avec nos grilles de lecture habituelles reposant encore largement sur l'idée d'un grand partage entre ce qui serait d'un côté la ville compacte et de l'autre la campagne agricole. Il en résulte un dessin toujours complexe de ces extensions urbaines dont les formes sont parfois décrites comme tentaculaires, comme les pièces d'un puzzle mal ajustées, comme un nuage de confettis, ou encore comme une surface lacunaire laissant subsister des « enclaves agricoles » (Janin, 2009).
Cette « extension du domaine de l'urbanisme » (Masboungi, 2014) tend à créer une grande variété de contacts, de rapprochements, de voisinages nouveaux, négociés ou non entre la ville et son entour agricole. La plupart du temps, contraints, les agriculteurs sont obligés de céder la place, de reculer, sinon de s'adapter. Mais on voit aussi apparaître des initiatives, publiques et privées, qui cherchent à négocier, à anticiper et à stabiliser le partage de l'espace. C'est le cas, par exemple, de métropoles qui prennent en charge le ménagement des terres agricoles à travers les concepts de parc agricole en Toscane (Bernetti et al., 2008), de « champs urbains » à Rennes (Boutleux, 2013), ou d'associations tel le Triangle vert1 issu du regroupement des villes maraîchères du Hurepoix (Laverne, 2011). Moins connus que les projets des collectivités, on trouve aussi les cas d'agriculteurs qui cherchent à s'adapter, à tenter de faire front et d'affirmer leur nécessité. Leurs démarches consistent à tirer profit de leur situation urbaine et à élaborer un ensemble de rapprochements avec la ville. Résultant d'une histoire toujours singulière, leurs démarches, parsemées dans les territoires métropolitains, demanderaient à être identifiées et analysées, les paysages agricoles étudiés, et les agriculteurs comme les consommateurs concernés écoutés. Il s'agirait de mener une investigation sur le terrain des paysages et de mieux saisir cette notion de rapprochements qui semble éclore entre agriculteurs et villes. Sans doute serions-nous alors en mesure d'alimenter l'ambition d'un projet agricole pour la ville - tel que le formule Rémi Janin dans son stimulant essai (Janin, 2017). Et cela pourrait former un horizon à de futures recherches paysagères, quand bien même des travaux abordent déjà en partie ce champ (Toublanc et Poulot, 20172 par exemple).

L'objet de cette contribution est, plus modestement, de porter un regard sur les paysages agricoles fabriqués par une exploitation agricole au contact étroit d'une agglomération comme Stuttgart. Il s'agit du Reyerhof3, une ferme en polyculture-élevage biodynamique, dans laquelle j'ai régulièrement l'occasion de séjourner et de faire mes courses dans son magasin. C'est son slogan « L'agriculture dans la ville, pour la ville4 » qui m'a donné envie d'effectuer le voyage en (ses) terres urbaines cultivées, et d'en livrer ici un récit. Ce slogan, que l'on retrouve estampillé sur le fourgon de livraison et les publicités, traduit autant un argument commercial qu'un état de fait. Les parcelles travaillées par la ferme s'inscrivent en effet dans le territoire urbanisé de Stuttgart, elles occupent la lisière des quartiers et s'intercalent plus spécifiquement entre Möhringen et les autres communes qui organisent la partie sud de cette agglomération. Habitant occasionnel de la ferme et consommateur de ses produits, l'envie m'est donc venue de connaître les lieux qui la composent et desquels proviennent les légumes dont je suis amateur.
L'idée du voyage5 ici développée exprime celle de vouloir faire la rencontre6, à travers un cheminement pédestre, des paysages agricoles et de ceux qui les cultivent. Il s'agit de Lukas, agriculteur et maraîcher, cogestionnaire du Reyerhof avec qui je me suis entretenu, et de Alina d'abord architecte puis agricultrice, salariée depuis peu par la ferme après y avoir effectué un apprentissage, et membre fondatrice de la SoLaWi de Stuttgart7. Par commodité, cette dernière m'a livré un texte en réponse à mes questions. Les citations que j'en tire participent du récit et apportent le double point de vue, de l'architecte et de l'agricultrice, à la description paysagère. Enfin, parce que ma pratique de la marche s'assortit de celle du dessin, qui est un acte individuel et plutôt solitaire, je me dois de préciser que les deux formes de rencontres (paysagère d'un côté et des agriculteurs de l'autre) se sont organisées en deux temps distincts mais reliés entre eux par des documents (cartes et dessins), supports d'entretiens.
Saisir, décrire et représenter les paysages de cette exploitation agricole métropolitaine est le sens que j'ai voulu donner à ce voyage et à cette contribution en rassemblant un peu de matières premières à ce qui pourrait potentiellement devenir un travail plus large de recherche et de projet.

L'arrivée au Reyerhof, premiers contacts avec les paysages

À deux pas du centre-ville de Stuttgart

Depuis Schlossplatz - une des places du centre-ville de Stuttgart - la ligne 5 du Stadtbahn8 ne met pas plus de quinze minutes pour gagner Rohrer Weg l'arrêt le plus proche de la ferme. Quittant le fond du thalweg occupé par le centre-ville de Stuttgart (Stuttgart-Mitte), celle-ci gravit la pente escarpée du coteau avant d'atteindre le plateau où se trouve Möhringen. La commune est en effet installée en tête du bassin-versant du Körsch, à l'endroit où le plateau qui domine la rive gauche de la vallée du Neckar se creuse et où différents cours d'eau confluent pour donner naissance à la vallée du Körsch (Körschtal). À une altitude voisinant les 400 m, le terroir, faiblement vallonné, est décrit par André Birre en 1969 comme « un sol de limon de 8 m d'épaisseur, frais et fertile, convenant bien pour la culture des choux à choucroute qui font la renommée du pays ». La culture des choux est aujourd'hui toujours bien présente et, à la belle saison, on peut en apprécier l'étendue bleutée aux abords de Möhringen.

À l'approche de l'arrêt Rohrer Weg, le Stadtbahn ralentit sa progression. C'est à ce moment-là que je les aperçois, depuis les vitres du wagon. D'abord une ribambelle de vélos en bout de champ, des caisses en plastique déposées dans l'herbe derrière le fourgon estampillé du « Landwirtschaft in der Stadt für die Stadt », puis elles : cinq à six personnes, les pieds dans la paille, courbées, accroupies, à cheval dans les fraisiers. J'apprendrai par la suite que c'est jour de récolte. Salariés, gestionnaires et apprentis de la ferme s'activent à déposer les précieux fruits rouges dans des barquettes en carton recyclé. En cette veille de week-end, il s'agit de faire provision de fraises pour fournir le magasin de la ferme, tandis que le reste de l'abondante fructification sera transformé en coulis pour parfumer glaces et yaourts de la ferme.

« Arrêt Rohrer Weg »


Figure 1. Rohrer Weg, un espace agricole en vue, traversé par le Stadtbahn en lisière de Stuttgart-Möhringen - © Dominique Henry, 2017.

La particularité de la station, où je descends, est d'être littéralement aux champs. Il s'agit, ni plus ni moins, d'un quai au milieu d'un espace agricole suffisamment étendu pour offrir des vues larges paysagères et un recul sur les différents quartiers ouest de Möhringen. L'observation à la ronde donne à voir, à l'est, un horizon encadré par les toitures du centre-bourg de Möhringen (Möhringen-Orstemitte), et dominé par la skyline des tours de logements de Fasanenhof, tandis qu'émergent des frondaisons, côté ouest, les bâtiments de la zone d'activités tertiaires de Wallgraben.
En passe d'arriver au Reyerhof, me voici immergé dans les paysages que cette ferme participe à fabriquer au sud de Stuttgart ; ils se caractérisent par un espace agricole où alternent cultures sarclées, céréales et herbages dans les vergers de vieux pommiers. Ces paysages, résultat du contact rapproché de réalités habituellement si différentes - une diversité de cultures, des travailleurs au champ sur fond de scène urbain -, m'étonnent, m'enchantent. Ce type de foisonnement et de rapport d'échelle lié à une agriculture « paysanne » et maraîchère existe peu dans et aux abords des villes françaises comme Bordeaux, Strasbourg, Lille, ou Niort par exemple, davantage dominés par une agriculture de plus grandes surfaces. Le fait n'est pas si commun pour retenir mon attention et motiver mon voyage dans les terres cultivées par la ferme, dont la distribution spatiale m'engage à effectuer un tour de ville de Möhringen.
Cette idée du tour de ville n'est d'ailleurs pas pour me déplaire. En effet, elle se présente à moi comme une adaptation à la pratique du « tour de pays9 », chère à l'agriculteur, à l'agronome (Deffontaines, 1998) et à certains paysagistes (Ambroise et al., 2000 ; Henry, 2004), pour s'informer de l'état des cultures ou du paysage, et décider des pratiques ou des projets à mettre en œuvre.


Tour de ville à Möhringen


Figure 2. Un voyage en terres urbaines cultivées par le Reyerhof, autour de Möhringen - © Dominique Henry, 2017.

En prenant de la hauteur, on comprend l'imbrication des champs et du bâti qui conditionne cette agriculture dans la ville. L'espace agricole y apparaît circonscrit, enserré au cœur d'un ensemble urbain au dessin complexe fait de divers infrastructures de transport, types et densités de constructions. Au nord, au sud comme à l'ouest, les terres agricoles sont en contact avec des fronts bâtis bien différents en hauteur, implantation, fonction et ambiance. C'est la volonté de saisir les contrastes du paysage urbain lui-même, dans ses relations quasi immédiates et frontales avec l'organisation des cultures, elles-mêmes également différenciées, qui a décidé du tour qu'allait prendre mon voyage. Il s'organise par la visite successive de quatre quartiers - Roher Weg, Vaihinger Strasse, Im Ried, Fasanenhof à avant de se terminer dans la cour de la ferme.

Rohrer Weg

Outre le fait d'être traversé par le Stadtbahn, ce quartier a la particularité d'être longé, côté sud et ouest, par la Nord-Süd-Strasse (grande route connectée à l'autoroute A8), et d'être délimité, côté est et nord, par un tissu d'habitat résidentiel composé de maisons individuelles et de petits immeubles collectifs. Quadrillé de chemins agricoles (ouverts au public), c'est non seulement un espace agricole très en vue, mais aussi très fréquenté, tant pour les loisirs qu'à travers la mobilité quotidienne. Le morcellement parcellaire y est important. Il participe de la juxtaposition des cultures (céréales, fraisiers, pommes de terre, fleurs à couper et légumes), qui avec les structures linéaires des vergers de vieux pommiers composent un paysage particulièrement attractif. Alina témoigne en ce sens : « Quand je travaille dans cette lisière de ville et de campagne, je suis à chaque fois fascinée par cette organisation spatiale. Je me demande ce que pensent les gens, dans le Stadtbahn, quand ils nous voient là-bas dans les cultures. Arrivent-ils à voir ce que nous récoltons ? Sont-ils capables d'établir une relation entre notre travail et leur nourriture ? Est-ce qu'ils nous envient notre travail ou sont-ils au contraire heureux de ne pas devoir le faire ? Ce qui me plaît dans cette parcelle, c'est que les gens passent par là et peuvent voir cette agriculture «animée» par les gens qui travaillent la terre. »

Figure 3. Rohrer Weg, la diversité paysagère des parcelles maraîchères du Reyerhof au contact du quartier résidentiel - © Dominique Henry, 2017.

Le Reyerhof participe de cette polyculture en lisière des quartiers résidentiels, en cultivant, dans  le prolongement des  600  m2 de serres froides  (tunnels bâchés),
les légumes (Feingemüse) qui requièrent le plus de soins quotidiens (arrosage, récolte ajustée, etc.) tels que salades, tomates courgettes, etc. Cet ensemble de champs est celui qui est en lien fonctionnel le plus direct avec les bâtiments du siège d'exploitation : il est le plus proche, dispose d'un point d'eau pour l'arrosage et est structuré par un hangar de stockage des machines (Maschinenhalle).

Vaihinger Strasse


Figure 4. Vaihinger Strasse. Saisissants contrastes des étendues de choux et de céréales traversées de chemins cyclables, avec cette lisière de ville - © Dominique Henry, 2017.

À peu de distance, le quartier agricole de Vaihinger Strasse offre un tout autre paysage. Cela autant pour les cultures qui s'organisent ici en plus grandes parcelles géométriques, que pour le front urbain qui le domine. Au sud, le long de l'avenue, s'organise un ensemble de bâtiments d'activités tertiaires, de 6 à 10 étages, d'où émerge l'étonnante architecture de Gottfried Böhm10. Côté est, le front urbain de ce quartier agricole est marqué quant à lui par une récente opération d'habitats collectifs, dont le plan en peigne ouvre de longues perspectives sur le paysage agricole. Seul un chemin de desserte en enrobé opère la transition entre les cultures et les pieds d'immeubles. Il est très fréquenté certes par les engins agricoles, mais surtout par les piétons et les cyclistes, qui forment, à certaines « heures de pointe », un trafic non négligeable.
Entre l'alignement de pruniers et Vaihinger Strasse, le Reyerhof y cultive ici, selon les rotations, choux, blé, carottes, pommes de terre et oignons. Interrogés sur ce que représente pour eux une telle proximité urbaine, les agriculteurs reconnaissent des côtés positifs comme des désagréments. Traverser des routes fréquentées avec des engins agricoles n'est pas toujours facile. De même, il n'est parfois pas aisé de concilier exigence agricole et vie urbaine, quand la préférence est par exemple donnée à une récolte en sol sec. Alina se souvient encore du nuage de limon soulevé par la trieuse de pommes de terre à l'automne 2016 et rejeté par le vent sur les véhicules empruntant Vaihinger Strasse. Lukas témoigne aussi de récoltes sauvages parfois pratiquées sur quelques rangs. Mais la proximité urbaine peut aussi avoir des effets positifs, notamment sur la population qui peut s'étonner de ce que représente le travail agricole quand il est en vue, sur le devant de la scène pourrais-je aussi dire. Une employée relate cette anecdote d'un chantier de récolte de carottes organisé un jour férié pour parer aux pluies annoncées : « Beaucoup de promeneurs s'arrêtent pour observer le travail de la machine qui sort les carottes, pour regarder le tracteur avec la remorque et ce grand groupe que nous formons dans le champ : employés, stagiaires, membres de la SoLaWi. Un couple âgé s'arrête et s'étonne de "tous ces jeunes gens" qui participent au chantier. »

Im Ried


Figure 5. Im Ried, la diversité des cultures du Reyerhof associée au morcellement des parcelles crée un paysage à échelle humaine en lisière de Möhringen, petite ville de 31 000 habitants - © Dominique Henry, 2017.

Les terres cultivées au nord de la commune sont celles qui expriment le mieux l'idée de plateau agricole. Sans relief perceptible, le paysage est ici animé par la silhouette villageoise de quartiers d'habitats pavillonnaires, au nord comme au sud, où abondent des jardins et leur végétation variée. Cette dernière fait en partie écho aux pépinières d'arbres et d'arbustes de pleine terre qui parsèment l'ensemble de champs entrecoupés de quelques alignements relictuels de pommiers. Au sein des surfaces emblavées, les parcelles de la ferme se remarquent par les rangs d'oignons, de betteraves, de carottes et de pommes de terre qui apportent rythmes et diversité. Les agriculteurs du Reyerhof ont conscience de ce qu'implique, en termes de paysage, ce mode de culture biodynamique, basé sur l'interaction et la diversité interspécifique. « Selon la rotation des cultures sur huit ans, chaque année, une culture différente est cultivée sur cette même parcelle. Cela garantit non seulement un sol sain et moins de parasites, mais aussi chaque année une nouvelle apparence dans la structure du paysage », souligne Lukas. Faisant part de son expérience paysagère, Alina témoigne en ce sens : « Je me rends compte, en particulier lors de voyages ferroviaires à travers le pays, combien les agriculteurs façonnent les paysages. Les déserts agricoles, ailleurs, me font prendre conscience de ce qu'apporte et fabrique le Reyerhof en tant que ferme en polyculture-élevage produisant des cultures diversifiées sur des petites parcelles. »

Fasanenhof


Figure 6. Fasanenhof, un vallon herbager où la ferme fauche les prés entre quartier d'affaires (à gauche) et grand ensemble d'habitat (à droite) - © Dominique Henry, 2017.

Au sud, le quartier de Fasanenhof, offre à mon tour de ville un tout autre paysage. Il est marqué par le relief plus accentué de la vallée du Körsch, barré du pont routier de la B27 (une pénétrante donnant accès direct au centre de Stuttgart) et hérissé, à l'horizon, de tours. Ce sont, sur la rive gauche, des bâtiments de bureaux, tandis qu'en rive droite, Fasanenhof correspond à un grand ensemble, composé de barres et de tours de logements, organisé selon les principes de l'urbanisme moderne. À son pied, en bas-versant et fond de vallon, s'étirent des prés de fauche en partie exploités par le Reyerhof. Le foin qui y est récolté participe à constituer la réserve de fourrage nécessaire à l'alimentation hivernale des vaches laitières de la ferme.
Il est étonnant de constater ici combien la présence des terrains agricoles est intégrée à la composition d'ensemble du quartier, dont les façades s'ouvrent largement sur le vallon. De fortes continuités d'espaces et de circulations ont été pensées et aménagées de sorte que les allées et pelouses des pieds d'immeubles rejoignent chemins et herbages de l'espace agricole.

Côté ferme, une cour animée


Figure 7. Au cœur de l'ancien noyau villageois de Möhringen, la cour du Reyerhof est insolite et animée - © Dominique Henry, 2017.


Dans cette rue de village d'où pointe le clocher et où les maisons basses se mêlent à de petits immeubles d'habitation de deux à trois étages, rien n'annonce particulièrement les bâtiments de la ferme, avant que le dégagement de la cour en forme de U ne s'ouvre perpendiculairement à la voie. Et là : surprise ! C'est l'agitation d'une petite place de village. Des clients entrent et sortent du Hofladen11, repartent ou rejoignent d'autres personnes installées à la terrasse du Bistrot12, qui commercialisent tous deux les produits de la ferme, le tout devant une dizaine de paires d'yeux qui, de la stabulation au fond de la cour, ruminent tranquillement. Suivant les heures de la journée, il faut ajouter à cela le passage du tracteur et du fourgon ainsi que les allées et venues des employés et apprentis qui, entre deux départs aux champs à vélo, prennent leur repas - et pour certains habitent - dans l'aile gauche de cet ensemble architectural agricole complexe. Celui-ci abrite en outre bureau, cuisine, salle à manger13 et, en sous-sol, la salle de traite et les locaux-laboratoires de la transformation laitière.
Il est de moins en moins courant de voir des bâtiments agricoles en fonctionnement imbriqués dans un ancien noyau villageois. Cela représente pour cette ferme un avantage commercial indéniable. Les vaches constituent une attraction appréciée de toute la population enfantine (mais pas que) des environs. Leur rendre visite est aussi souvent l'occasion de déguster une glace fabriquée avec leur lait. Mais cela demande aussi à l'agriculteur d'adapter ses pratiques (horaires, propreté de la chaussée) au voisinage urbain, et de développer une certaine dextérité pour manœuvrer tracteur et remorque dans une étroite rue encombrée de véhicules en stationnement.

Diversités

Je reviens surpris de ce tour de ville par tant de diversité. Elle est celle des paysages agricoles et urbains qui sont bien différents d'un quartier à l'autre. Elle est celle aussi des cultures et des modes de commercialisation au sein de cette ferme, qui semblent avoir tiré parti de sa situation urbaine. Le Reyerhof rassemble en effet des productions maraîchère (4 ha), céréalière et de champs (15 ha) et fourragère (17 ha dont 8 ha de vergers) pour un total de 36 ha, associées à un élevage de 10 vaches laitières, mobilisant le travail de 7 personnes. La production est entièrement vendue en direct (après transformation d'une partie du lait en fromage frais, yaourts et glaces) au magasin de la ferme et au Bistrot qui comptent 10 employés (5 équivalents temps plein) et à travers la fourniture hebdomadaire de 280 paniers à la SoLaWi de Stuttgart. La commercialisation des produits mise donc sur l'important vivier de consommateurs potentiels proches14 ainsi que sur une démarche de qualité qui se retrouve à de multiples niveaux : qualité de la production alimentaire qui répond au cahier des charges de l'agriculture biodynamique (label Demeter) depuis 195715, qualité et soin apportés à l'architecture agricole et à ses abords, et enfin qualité et diversités des paysages au voisinage étroit des quartiers d'affaires et d'habitations. Le dispositif est riche, complexe. Il est celui d'une exploitation agricole devenue de plus en plus urbaine de part son interaction avec les espaces de la ville et avec les citadins et plus particulièrement les adhérents de la SoLaWi.

L'investigation demanderait bien évidemment à être poursuivie pour apporter des réponses aux questions que fait naître ce récit. Comment, par exemple, cette promiscuité agri-urbaine influe (ou non) sur les pratiques des agriculteurs du Reyerhof et sur les modes de culture ? Qu'est-ce que cela implique en matière d'organisation du travail agricole ? Cette visibilité paysagère des terres cultivées, à l'égal d'un espace public inséré dans le tissu urbain, influence-t-elle l'agriculteur dans ses choix techniques, dans sa conscience paysagère ? En retour, les membres de la SoLaWi ont-ils conscience de cette étonnante imbrication du Reyerhof avec Suttgart-Möhringen ? Quelles sont leurs motivations dans le soutien à cette agriculture et à cette ferme ?
Il s'agirait, en outre, d'élargir la réflexion et de tenter la comparaison avec d'autres exploitations agricoles et d'autres situations métropolitaines.


Métropole cherche rapprochements agricoles - et inversement si affinités

Au terme de ce voyage en terres urbaines cultivées, il me semble nécessaire de formuler quelques réflexions à titre de conclusion provisoire.

Quand la ville se rapproche... mais de quelle dynamique urbaine parlons-nous ?

Est-il nécessaire de revenir sur le glissement opéré par la ferme et son espace de production, d'un fonctionnement familial en lien avec les terres au pourtour d'un village, Möhringen, vers une agriculture enserrée dans l'espace urbain de Stuttgart-Möhringen, conduite par une petite entreprise agricole qui produit, transforme et vend une alimentation en direct et pour partie en mode solidaire. Cette agriculture est ainsi devenue urbaine par rapprochement de la ville. Mais il y a différentes manières de voir celui-ci. Il y a le rapprochement spatial, subi quand l'urbanisation empiète, soustrait des terrains ; et il y a le rapprochement social qui, lui, ouvre de nouveaux horizons de collaborations et d'échanges.
La première dynamique urbaine, est celle, connue, qui phagocyte les terrains, ou qui poursuit d'autres projets, parfois environnementaux, sans que l'agriculture soit pour autant une préoccupation. Ce qui s'est produit avec les terres du Rohrer Weg est en cela éclairant. L'histoire débute en mars 2002 lorsque des élus (de droite) de Möhringen demandent au conseil municipal de modifier le plan d'urbanisme pour accroître la partie constructible au Rohrer Weg. Le 26 juin, le conseil municipal valide le projet de construction contre les voix des élus écologistes et de gauche. Le lendemain, 27 juin, est créée sans attendre l'association Sauvez les champs et les vergers au Rohrer Weg16. Elle sera à l'origine d'une pétition, d'un rassemblement citoyen, et de la visite des vergers par quelques grands hommes politiques. Après diverses péripéties politiques, toute la surface est sortie des enjeux de l'urbanisation en août 2005 par son classement en zone naturelle. L'argument principal avancé est celui... de la protection des oiseaux et du climat17. La sauvegarde du potentiel productif des champs et des vergers ne semble pas avoir été la motivation première, même si, d'une certaine manière, la revendication et la réglementation écologique auront permis le maintien de l'espace agricole.
La seconde dynamique est celle qui a conduit un groupe de citadins à se rapprocher de la ferme. Et non l'inverse. C'est en effet d'abord des consommateurs engagés et porteurs d'une éthique pour leur alimentation qui se sont mis en recherche d'une exploitation agricole « en ville », prête à s'engager avec eux dans une démarche solidaire. En effet, pour Alina, qui a participé à l'aventure depuis son début, « la production devait être transparente pour nous et de proximité par conviction écologique. De plus, il y avait un fort désir d'avoir un contact personnel avec la ferme et de pouvoir participer au travail. Un échange continu entre le producteur et les consommateurs devait permettre le développement conjoint du projet. Donc, notre objectif était de trouver une ferme bio proche de la ville. » Et de poursuivre sur ce qui a conduit les consommateurs au Reyerhof : « Il y avait trois fermes potentielles, dont l'une fut en fait rapidement éliminée en raison de la distance (30 km). Les deux autres étaient de la même manière proche de la ville et c'est le Reyerhof qui, la première, s'est finalement aventurée dans l'expérience avec nous. Le fait que la ferme soit en ville et accessible par les transports publics a rendu beaucoup plus simples les rencontres pour faire connaissance et pour élaborer ensemble le projet. »

Figure 8. Paysage de la proximité alimentaire à Stuttgart-Möhringen - © Dominique Henry, 2017.

Le rapprochement initial des citadins vers le Reyerhof s'est alors transformé en engagement réciproque. Il s'est traduit au sein de la ferme par un ajustement de ses productions maraîchères par exemple. En effet, pour composer les paniers hebdomadaires, la ferme s'est rapprochée des désirs exprimés par les consommateurs, en diversifiant par exemple la gamme des légumes, et en garantissant encore plus l'origine des produits : c'est par exemple le cas pour la farine, estampillée Reyerhof, exclusivement issue du blé produit par la ferme, avec laquelle un boulanger local produit une fournée spécifique de Hofbrote (pains de la ferme) qui garnissent le magasin et les paniers tous les jeudis. Dans cette même idée, Lukas étudie par ailleurs la possibilité de produire du seigle pour compléter l'offre en pain.
L'économie solidaire qui est à la base de la SoLaWi garantit à l'exploitant agricole de vendre sa production, qu'elle soit prolifique ou moins, à un prix équitable, décidé à l'avance lors d'une réunion annuelle des adhérents durant laquelle est voté le budget. À deux reprises, les membres de la SoLaWi, ayant à cette occasion accès aux comptes, ont exprimé le souhait de voir augmenter le tarif horaire des salariés de la ferme. Par vote, le groupe a décidé d'en supporter le coût à travers l'augmentation du prix du panier.
Au final, la proximité géographique avec la ville qui, à certains égards, est contraignante peut être aussi un avantage. À condition toutefois de savoir en tirer profit.

Un projet agricole biodynamique

Revenons enfin sur un dernier point, crucial en agriculture, et plus encore pour celle qui est urbaine, celui du foncier. « L'espace est une denrée rare et un grand nombre d'acteurs est intéressé par les terres, construites ou non construites et, par conséquent, le foncier est cher », comme le souligne Alina.
La réponse adoptée par la ferme en matière de foncier mérite d'être observée avec attention. Son assise foncière est de 36 ha qui, en dehors d'un seul hectare, correspondent à des locations. Elle était de 20 ha en 1969 et de 29 ha en 1998. L'augmentation est constante mais mesurée. Elle reste en deçà de la superficie moyenne, toutes exploitations confondues, qui est de l'ordre de 61 ha18 en France comme en Allemagne. Elle est aussi bien loin de l'agrandissement à outrance promu par certains systèmes de production qui y recherchent la rentabilité économique. La logique adoptée ici est celle de l'optimisation des terrains disponibles : la faible augmentation des surfaces cultivées y est modulée par une forte augmentation de la valeur ajoutée sur la production agricole. Mais cette logique n'est pas que foncière. Elle renvoie, en définitive, à la capacité du projet agricole d'être - et de rester - vivant et dynamique - une autre manière peut-être de définir une agriculture biodynamique - c'est-à-dire en mesure de s'adapter, entre contraintes et avantages, et de tirer profit, à tous niveaux, de son insertion urbaine.
Le projet agricole biodynamique du Reyerhof, visible dans les paysages agricoles et urbains de Möhringen, ouvre sans doute quelques sillons fertiles.


Remerciements
Je tiens à adresser mes chaleureux remerciements à Alina, dont le texte écrit m'a été d'une grande utilité, à Lukas pour ses réponses concrètes et pratiques, à Katrin pour sa précieuse aide à la traduction, ainsi qu'à tous les êtres vivants du Reyerhof qui m'offrent, régulièrement, de quoi me régaler.


Texte en allemand


ā€˛Landwirtschaft in der Stadt für die Stadt"

Stadt und Landwirtschaft, beide benötigen Raum. Das ist eine Tatsache. Für beide gilt: um zu wachsen, müssen sie sich ausdehnen. Nur: Was für die Stadt Bauland darstellt, ist für die Landwirtschaft der zu bewirtschaftende Boden. Auch das ist somit eine Tatsache: für die beständige Ausbreitung der Städte werden der Landwirtschaft (und dem Wald) Flächen entzogen. So schwellen die Städte an, dehnen sich aus und wachsen, aber manchmal umkreisen sie auch die landwirtschaftlichen Flächen, umfangen sie und schliessen sie ein. Denn die Urbanisierung ist, abgesehen von der dichten Bebauung der alten Stadtkerne, kein kontinuierliches und homogenes Gewebe aus Gebäuden und Infrastrukturen. Eher handelt es sich zumeist um ein lockermaschiges räumliches Phänomen, das einen ausgesprochen hohen Bedarf an Boden hat und Landschaften hervorbringt, die wir oft nur schwer beschreiben können - und manchmal wenig schätzen. Dies kommt daher, dass wir unsere gewohnten Analyseraster zugrunde legen, welche noch immer weitgehend auf der Vorstellung einer klaren Aufteilung zwischen der kompakten Stadt einerseits und den landwirtschaftlich geprägten ländlichen Gegenden andererseits beruhen. Die Stadterweiterungen haben stets ein komplexes Erscheinungsbild. Ihre Formen werden bisweilen als tentakelartig beschrieben, als falsch zusammengesetzte Puzzleteile, als eine Wolke Konfetti oder als eine lückenhafte Fläche, in der ā€˛landwirtschaftliche Enklaven" fortbestehen (ā€˛enclaves agricoles", Janin, 2009).
Diese Erweiterung des Bereichs Städtebau (ā€˛extension du domaine de l'urbanisme", Masboungi, 2014) erzeugt eine grosse Vielfalt an Kontakten, Annäherungen, neuen Nachbarschaftsbeziehungen - ausgehandelt oder nicht - zwischen der Stadt und ihrer landwirtschaftlich geprägten Umgebung. Zumeist geben die Landwirte dem Druck nach und sehen sich gezwungen, das Feld zu räumen und zurückzuweichen oder andernfalls sich anzupassen. Aber zugleich entstehen auch Initiativen - ob öffentlicher oder privater Natur -, die versuchen, die Aufteilung des Raums auszuhandeln, vorauszuplanen und zu festigen. Dies ist beispielsweise der Fall in Grossstädten, die Rücksicht auf die landwirtschaftlichen Flächen nehmen durch Konzepte wie den Agrarpark in der Toskana (Bernetti et al., 2008) und die ā€˛Champs urbains" (ā€˛urbane Felder") im französischen Rennes (Boutleux, 2013) oder durch Vereine wie ā€˛Triangle vert" (ā€˛Grünes Dreieck")19, hervorgegangen aus dem Zusammenschluss von gemüsebaulich geprägten Städten der Landschaft Hurepoix im Ballungsraum Paris (Laverne, 2011). Daneben - jedoch weniger bekannt als solche öffentlichen Projekte - gibt es auch Landwirte, die versuchen, sich anzupassen, der Entwicklung entgegenzutreten und ihre wichtige eigene Rolle, ja die Notwendigkeit ihrer Existenz zu bekräftigen. Jene Landwirte ziehen Nutzen aus ihrer urbanen Lage und entwickeln verschiedene Annäherungen an die Stadt. Da jeder landwirtschaftliche Betrieb in Grossstadtnähe seine eigene Geschichte hat, wäre es interessant, die jeweiligen Ansätze und Strategien herauszuarbeiten, die zugehörigen Agrarlandschaften zu untersuchen sowie die Landwirte und betroffenen Verbraucher zu befragen. Dabei ginge es darum, die Landschaften vor Ort zu erforschen und dieses Konzept der Annäherungen, die zwischen Landwirten und Städten zu entstehen scheinen, besser zu erfassen. Damit liesse sich gewiss etwas beitragen zum von Rémi Janin angestrebten Landwirtschaftsprojekt für die Stadt; er hat hierzu ein anregendes Essay formuliert (Janin, 2017). Dieser Aspekt könnte eine interessante Perspektive für zukünftige Landschaftsforschungen bilden. In manchen Arbeiten kommt dieses Themenfeld bereits zur Sprache (Toublanc und Poulot, 201720 beispielsweise).

Gegenstand des vorliegenden Beitrags ist es, in bescheidenerem Masse den Blick auf die Agrarlandschaften zu richten, die durch einen Landwirtschaftsbetrieb im engen Kontakt mit einem Ballungsraum wie Stuttgart erzeugt wurden. Es handelt sich um den Reyerhof21, einen biologisch-dynamischen Gemischtbetrieb, auf dem ich mich regelmässig aufhalte und in dessen Laden ich einkaufe. Der Slogan des Reyerhofs ā€˛Landwirtschaft in der Stadt für die Stadt« hat in mir das Interesse geweckt, seine landwirtschaftlich genutzten stadtnahen Flächen zu erkunden und an dieser Stelle davon zu berichten. Dieser Werbespruch, der auf dem Lieferwagen und den Werbungen steht, bringt sowohl ein Verkaufsargument zum Ausdruck als auch einen tatsächlichen Sachverhalt. Denn die vom Reyerhof bewirtschafteten Parzellen fügen sich in das verstädterte Gebiet von Stuttgart ein, sie befinden sich am Rand der Stadtviertel, genauer gesagt zwischen Möhringen und den anderen Gemeinden, die den südlichen Teil dieses Ballungsraums bilden. Als gelegentlicher Bewohner des Hofes und Verbraucher seiner Produkte ist in mir das Interesse erwacht, die Landschaften und Flächen kennenzulernen, die zum Hof gehören und von denen das Gemüse kommt, das ich gern esse.
Der hier ausgeführte Gedanke der Erkundung22 drückt den Wunsch aus, durch eine Fusswanderung die Begegnung23 mit den Agrarlandschaften und mit denjenigen, die sie bewirtschaften, zu suchen. Dabei handelt es sich um Lukas, Landwirt und Gemüsebauer, Komplementär der Reyerhof KG, mit dem ich gesprochen habe, und um Alina, die zunächst ein Architekturstudium abgeschlossen und dann (unter anderem auf dem Reyerhof) eine landwirtschaftliche Lehre absolviert hat. Als Landwirtin ist sie seit kurzem Angestellte auf dem Hof. Sie ist Gründungsmitglied der SoLaWi Stuttgart24. Aus praktischen Gründen hat Letztere mir einen Text übermittelt, in dem sie meine Fragen beantwortet hat. Die daraus zitierten Passagen sind Teil des Berichts und bringen zweierlei Sichtweisen - der Architektin und der Landwirtin - auf die Beschreibung der Landschaften zum Ausdruck. Schliesslich, weil ich bei meinen Wanderungen zugleich zeichne, was eine individuelle, eher allein ausgeübte Aktivität ist, muss ich dazu sagen, dass die beiden Formen der Begegnung (mit den Landschaften einerseits und mit den Landwirten andererseits) getrennt voneinander stattgefunden haben, wobei jedoch unter ihnen eine Verbindung durch Dokumente bestand (Landkarten und Zeichnungen), die als Grundlage der Gespräche gedient haben.
Die Landschaften dieses grossstädtischen Landwirtschaftsbetriebs zu erfassen, zu beschreiben und darzustellen, darin bestand für mich das Ziel dieser Erkundung und dieses Beitrags, in welchem Material zusammengetragen wird, aus dem potenziell eine breiter angelegte Forschungs- und Projektarbeit hervorgehen könnte.

Ankunft auf dem Reyerhof, erste Kontakte mit den Landschaften

Ganz in der Nähe des Stadtzentrums von Stuttgart

Vom Schlossplatz aus - einem der Plätze im Stadtzentrum von Stuttgart - fährt man mit der Stadtbahnlinie U525 nicht mehr als eine Viertelstunde bis Rohrer Weg, der vom Bauernhof aus nächstgelegenen Haltestelle. Aus dem Kessel, in dem sich das Stadtzentrum von Stuttgart befindet, erklimmt die Stadtbahn den steilen Hang und gelangt dann zu der Hochebene, auf der Möhringen liegt. Denn die Gemeinde befindet sich ganz oben im Einzugsgebiet der Körsch, dort wo die Ebene, die sich über die linke Seite des Neckartals erhebt, ausgehöhlt ist und verschiedene Wasserläufe zusammenfliessen, um dann das Körschtal zu bilden. Die auf einer Höhe von etwa 400 Metern liegende, leicht hügelige Landschaft beschrieb André Birre 1969 folgendermassen: ā€˛ein 8 Meter dicker lehmiger Boden, frisch und fruchtbar, gut geeignet für den Anbau von Kohl für Sauerkraut, für welches das Land berühmt ist". Auch heute wird hier noch viel Kohl angebaut, und im Sommer kann man am Rande von Möhringen die weiten, bläulich gefärbten Felder überblicken.

Kurz vor der Haltestelle Rohrer Weg fährt die Stadtbahn langsamer. Da bemerke ich sie, durch die Fenster des U-Bahn-Wagens. Zuerst sehe ich jede Menge Fahrräder am Feldrand, Plastikkisten im Gras hinter dem Lieferwagen mit der Aufschrift ā€˛Landwirtschaft in der Stadt für die Stadt", und dann sie: fünf bis sechs Personen, die Füsse im Stroh, gebeugt oder in der Hocke zwischen den Erdbeerreihen. Später werde ich erfahren, dass Erntetag ist. Angestellte, Betriebsleiter und Lehrlinge des Hofes sind eifrig dabei, die wertvollen roten Früchte in Schalen aus recycelter Pappe zu legen. Das Wochenende steht vor der Tür, und der Erdbeervorrat für den Hofladen muss aufgestockt werden, während der Rest der reichen Ernte zu Erdbeerpüree zur Aromatisierung von auf dem Hof hergestelltem Eis und Joghurt verarbeitet wird.

ā€˛Haltestelle Rohrer Weg"


Abbildung 1. Rohrer Weg, ein landwirtschaftlicher Raum im Blickfeld, durch den die Stadtbahn am Rand von Stuttgart-Möhringen fährt - Dominique Henry, 2017 ©.

Die Besonderheit der Haltestelle, an der ich aussteige, besteht darin, dass sie buchstäblich inmitten von Feldern liegt. Es handelt sich schlicht und ergreifend um einen Bahnsteig mitten in einem landwirtschaftlich genutzten Gebiet, welches so ausgedehnt ist, dass man von hier aus weit in die Landschaft blicken und in gewisser Entfernung die verschiedenen Viertel im Westen von Möhringen sehen kann. Ein Rundumblick zeigt im Osten einen Horizont, der von den Dächern des Ortskerns von Möhringen begrenzt und von der Skyline der Wohnblocks von Fasanenhof überragt wird, während sich auf der Westseite über dem Laubwerk die Gebäude des Dienstleistungsstandortes Wallgraben erheben.
Kurz vor meiner Ankunft auf dem Reyerhof befinde ich mich hier im Herzen der Landschaften, die von diesem Betrieb im Süden Stuttgarts miterzeugt werden; sie sind gekennzeichnet durch einen landwirtschaftlichen Raum, in dem sich Hackfruchtkulturen, Getreidefelder und Weiden zwischen Obstwiesen mit alten Apfelbäumen abwechseln. Diese Landschaften, die das Ergebnis eines direkten Kontakts zwischen gewöhnlich so unterschiedlichen Wirklichkeiten sind - verschiedene Anbaupflanzen, Feldarbeiter vor einer Stadtkulisse -, erstaunen und begeistern mich. Diese Art von üppiger Vegetation und räumlicher Nähe im Zusammenhang mit einer ā€˛bäuerlichen" Landwirtschaft und Gemüseanbau gibt es kaum in oder am Rande von französischen Städten wie beispielsweise Bordeaux, Strassburg, Lille oder Niort, wo eher eine Landwirtschaft auf grösseren Flächen vorherrscht. Diese Konstellation ist so ungewöhnlich, dass sie meine Aufmerksamkeit geweckt und mich zur Erkundung der vom Hof bewirtschafteten Ackerflächen angeregt hat. Deren räumliche Verteilung veranlasst mich, einmal rund um die Möhringer Gemarkung zu wandern.
Diese Idee eines ā€˛Rundgangs ums Dorf" sagt mir durchaus zu. Denn sie erscheint mir wie eine Variante der ā€˛Flurbegehung", einer Praxis, die für Landwirte und Agronomen von grosser Bedeutung ist (Deffontaines, 1998) und auch für einige Landschaftsarchitekten (Ambroise et al., 2000; Henry, 2004), um sich ein Bild über den Zustand der Kulturen oder der Landschaft zu machen und zu entscheiden, welche Massnahmen oder Projekte umgesetzt werden sollen.

Rundgang um Möhringen


Abbildung 2. Erkundungen der Landwirtschaft auf stadtnahen Flächen, bewirtschaftet durch den Reyerhof, rund um Möhringen - Dominique Henry, 2017 ©.

Wenn man die Landschaft aus der Luft betrachtet, erfasst man die Verschachtelung von Feldern und bebautem Raum, welche für diese Landwirtschaft in der Stadt bestimmend ist. Der landwirtschaftliche Raum erscheint hier umgrenzt, eingeschlossen inmitten einer städtischen Siedlung mit ihrem komplexen Erscheinungsbild aus verschiedenen Verkehrsinfrastrukturen, Gebäudearten und Bebauungsdichten. Im Norden, im Süden wie im Westen grenzen die landwirtschaftlichen Flächen direkt an Bauten mit sehr unterschiedlicher Höhe, Anordnung, Funktion und Atmosphäre. Da ich die Kontraste der Stadtlandschaft in ihrer engen und frontalen Beziehung zur Organisation der vielfältigen Kulturen erfassen möchte, lege ich den folgenden Verlauf meiner Erkundungstour fest: ich suche nacheinander vier Flurstücke  auf - Rohrer Weg, Vaihinger Strasse, Im Ried sowie Fasanenhof, um schliesslich im Hof des Reyerhofs zu enden.

Rohrer Weg

Neben der Durchfahrt der Stadtbahnlinie zeichnet sich dieses Flurstück dadurch aus, dass südlich und westlich davon die Nord-Süd-Strasse entlangführt (Hauptverkehrsstrasse mit Anbindung an die Autobahn A8) und dass es östlich und nördlich von einem Gefüge aus Wohnbauten begrenzt ist, bestehend aus Einfamilienhäusern und kleinen Mehrfamilienhäusern. Das Gebiet wird von einem Netz von Feldwegen durchzogen (zugänglich für die Offentlichkeit), es handelt sich um einen landwirtschaftlichen Raum, der nicht nur sehr gut sichtbar ist, sondern auch sehr belebt, sowohl für Freizeitaktivitäten als auch im Rahmen der Alltagsmobilität. Die Landschaft ist extrem kleinparzelliert. Dies trägt zum Nebeneinander verschiedener Kulturen bei (Getreide, Erdbeeren, Kartoffeln, Schnittblumen und Gemüse), die zusammen mit den linearen Strukturen der Obstwiesen mit alten Apfelbäumen ein besonders ansprechendes Landschaftsbild ergeben. Alina berichtet dazu: ā€˛Während ich an dieser Schnittstelle zwischen Stadt und Land arbeitete, war ich immer wieder fasziniert von dieser räumlichen Konstellation. Oft fragte ich mich, was wohl die Leute in der U-Bahn dachten, wenn sie uns dort auf dem Feld sahen. Erkannten sie überhaupt, was wir ernteten? Konnten sie einen Bezug zwischen unserer Arbeit und ihrem Essen herstellen? Waren sie neidisch oder waren sie froh, dass sie diese Arbeit nicht tun mussten? Mir gefällt, dass Menschen dort vorbeigehen oder -fahren und diese ā€˛belebte" Landwirtschaft, in der tatsächlich Menschen auf dem Acker arbeiten, zu sehen bekommen."

Abbildung 3. Rohrer Weg, die landschaftliche Vielfalt der Obst- und Gemüseparzellen des Reyerhofes in direkter Nachbarschaft zum Wohnviertel - Dominique Henry, 2017 ©.


Der Reyerhof bestimmt diese Mischkultur am Rande der Wohnviertel stark mit: der Betrieb baut neben 600 m2 Gewächshausfläche (unbeheizte Folientunnel) verschiedenes Feingemüse wie Salat, Tomaten, Zucchini etc. an. Dieses hat den höchsten Bedarf an täglicher Pflege (Bewässerung, häufige Ernten etc.). Diese Gemüsefelder stehen in engstem funktionalem Zusammenhang mit den Hofgebäuden: sie liegen dem Hof am nächsten und verfügen über eine Wasserentnahmestelle für die Bewässerung, ausserdem befindet sich dort auch die Maschinenhalle.

Vaihinger Strasse


Abbildung 4. Vaihinger Strasse. Reizvolle Kontraste zwischen den weiten Kohl- und Getreidefeldern, die von Radwegen durchquert werden, und dem Stadtrand - Dominique Henry, 2017 ©.

Unweit davon bietet das Flurstück Vaihinger Strasse ein ganz anderes Landschaftsbild. Dies liegt gleichermassen an den hier auf grösseren Parzellen angebauten Kulturen wie an der dahinter aufsteigenden Stadtkulisse. Im Süden, entlang der breiten Strasse, befindet sich ein Komplex aus Dienstleistungsgebäuden mit 6 bis 10 Stockwerken, aus dem das Bauwerk von Gottfried Böhm26 mit seiner erstaunlichen Architektur heraussticht. Auf der Ostseite wird die Stadtkulisse dieses Flurstücks von kürzlich erbauten Wohnanlagen geprägt, deren kammförmiger Grundriss weite Ausblicke über die landwirtschaftlichen Flächen eröffnet. Nur ein asphaltierter Zugangsweg bildet den Übergang zwischen den Kulturen und den Gebäuden. Dieser Weg ist sehr verkehrsreich, denn hier sind viele landwirtschaftliche Fahrzeuge unterwegs, aber vor allem Fussgänger und Radfahrer, die zu bestimmten ā€˛Stosszeiten« ein beachtliches Verkehrsaufkommen verursachen.
Zwischen der Reihe Pflaumenbäume und der Vaihinger Strasse baut der Reyerhof hier je nach Fruchtfolge Kohl, Weizen, Möhren, Kartoffeln und Zwiebeln an. Befragt man die Landwirte dazu, was für sie eine solche Nähe zur Stadt bedeutet, so sehen sie sowohl positive Seiten wie auch Unannehmlichkeiten. So ist es nicht immer einfach, die viel befahrenen Strassen mit den Landmaschinen zu überqueren. Ebenso fällt es bisweilen schwer, die landwirtschaftlichen Erfordernisse und das Stadtleben unter einen Hut zu bringen, beispielsweise wenn bei trockenem Boden geerntet werden soll. Alina erinnert sich noch an die Lehmwolke, die im Herbst 2016 von der Kartoffelsortiermaschine aufgewirbelt und vom Wind dann zu den Fahrzeugen auf der Vaihinger Strasse geweht wurde. Lukas berichtet auch davon, dass manchmal einige Reihen unerlaubt abgeerntet werden. Aber die Nähe zur Stadt kann auch positive Auswirkungen haben, insbesondere auf die Bevölkerung, die manchmal mit Staunen die Realität der landwirtschaftlichen Arbeit wahrnimmt, die hier für alle sichtbar - um nicht zu sagen im Rampenlicht - ausgeführt wird. Eine Angestellte erzählt von einem Einsatz zur Möhrenernte, der aufgrund von Regenvorhersagen an einem Feiertag durchgeführt wurde: ā€˛Viele Spaziergänger hielten inne, um die Arbeit des Möhrenvollernters zu beobachten, um den Traktor mit seinem Anhänger anzuschauen und die grosse Menschengruppe, die wir auf dem Feld bildeten: Angestellte, Praktikanten, Mitglieder der SoLaWi. Ein älteres Paar blieb stehen und wunderte sich über ā€˛all die jungen Leute", die bei der Ernte mitarbeiteten."

Im Ried


Abbildung 5. Im Ried bilden die vielfältigen vom Reyerhof angebauten Kulturen und die vielen kleinen Parzellen eine Landschaft im menschlichen Massstab am Rand von Möhringen, einer Kleinstadt mit 31.000 Einwohnern - Dominique Henry, 2017 ©.

Die im Norden der Gemeinde bewirtschafteten Ackerflächen entsprechen am besten der Vorstellung einer landwirtschaftlich genutzten Ebene. Die Landschaft hat kein spürbares Relief. Sie ist im Norden wie im Süden von der dörflichen Silhouette der aus Einfamilienhäusern bestehenden Wohngebiete mit den zahlreichen Gärten und ihrer abwechslungsreichen Vegetation belebt. Letztere greift zum Teil die Baumschulen mit ihren Bäumen und Sträuchern auf, die über den Felder-Komplex verstreut liegen und von einigen verbliebenen Reihen Apfelbäume unterbrochen werden. Unter den Anbauflächen fallen die Parzellen des Hofes durch ihre Reihen mit Zwiebeln, Roter Bete, Möhren und Kartoffeln auf, die Rhythmus und Vielfalt in das Landschaftsbild bringen. Die Landwirte vom Reyerhof sind sich dessen bewusst, was die biologisch-dynamische Wirtschaftsweise, die auf Wechselbeziehungen und Artenvielfalt beruht, in Bezug auf die Landschaft bedeutet. ā€˛Gemäss der achtjährigen Fruchtfolge wird jedes Jahr eine andere Kultur auf dieser Parzelle angebaut. Dies sorgt nicht nur für gesunde Böden und weniger Schädlinge, sondern auch jährlich für ein neues Erscheinungsbild im landschaftlichen Gefüge", betont Lukas. Alina schildert ihre Erfahrungen in Bezug auf Landschaften ebenso: ā€˛Mir wird vor allem auf Bahnreisen durch das Land bewusst, wie sehr Landwirte die Landschaft prägen. Die Agrarwüsten anderorts führen mir vor Augen, welche enorme Leistung der Reyerhof als vielfältiger Gemischtbetrieb auf den kleinparzellierten Flächen hier erbringt."

Fasanenhof


Abbildung 6. Fasanenhof: Grünlandflächen zwischen Geschäftsviertel (links) und grossem Wohnkomplex (rechts), die vom Hof gemäht werden -  Dominique Henry, 2017 ©.

Im Süden bietet das Flurstück Fasanenhof ein ganz anderes Bild auf meinem Rundgang. Die vom hügeligeren Relief des Körschtals geprägte Landschaft wird von der Strassenbrücke der B27 (eine Zubringerstrasse Richtung Stadtzentrum von Stuttgart) durchkreuzt und am Horizont von Hochhäusern überragt. Dabei handelt es sich auf der linken Seite des Bachs um Bürogebäude, während Fasanenhof auf der rechten Bachseite einer Grosssiedlung aus Wohnblöcken und Hochhäusern entspricht, die nach den Grundsätzen des modernen Städtebaus errichtet wurden. Zu Fusse dieser Anlage, am Hang und im Talgrund, liegen die ausgedehnten Mähwiesen, die zum Teil vom Reyerhof genutzt werden. Das dort geerntete Heu ist Teil des Futtervorrats, der für die Winterfütterung der Milchkühe des Betriebs benötigt wird.
Hier ist bemerkenswert, wie stark die landwirtschaftlich genutzten Flächen in die Gesamtkomposition des Viertels integriert sind. Die Fassaden der Wohnblocks sind weithin zu dem kleinen Tal geöffnet. Starke Raum- und Verkehrskontinuen wurden entworfen und angelegt, sodass die Alleen und Rasenflächen am Fusse der Gebäude mit den Feldwegen und Wiesen des landwirtschaftlichen Raums zusammentreffen.

Im Hof herrscht reges Treiben


Abbildung 7. Im Herzen des alten Dorfkerns von Möhringen liegt der Reyerhof: unerwartet, aussergewöhnlich und sehr belebt -  Dominique Henry, 2017 ©.

Auf dieser Dorfstrasse, wo der Kirchturm emporragt und sich niedrige Häuser mit kleinen, 2- bis 3-stöckigen Wohnbauten abwechseln, kündigt eigentlich nichts die Gebäude des Bauernhofes an, bevor sich die Freifläche des U-förmigen Hofes im rechten Winkel zur Strasse hin öffnet. Und da: Überraschung! Hier herrscht geschäftiges Treiben wie auf einem kleinen Dorfplatz. Kunden betreten und verlassen den Hofladen, gehen wieder oder treffen sich mit anderen Personen an den Tischen des Bistros27. In Hofladen und Bistro werden Produkte vom Hof verkauft, unter den neugierigen Blicken der zehn Kühe, die in ihrem Stall hinten im Hof gemächlich wiederkäuen. Je nach Tageszeit kommen dazu noch die Durchfahrten von Traktor und Lieferwagen sowie das Kommen und Gehen der Angestellten und Lehrlinge die, bevor sie wieder mit dem Fahrrad aufs Feld fahren, im linken Flügel dieses komplexen landwirtschaftlichen Gebäudeensembles ihre Mahlzeit einnehmen - und zum Teil auch dort wohnen. In den Gebäuden befinden sich zudem Büro, Küche, ein gemeinschaftliches Esszimmer28 und im Untergeschoss der Melkstand sowie die Räumlichkeiten für die Milchverarbeitung.
Es wird immer seltener, landwirtschaftliche Gebäude mit laufendem Betrieb inmitten eines alten Dorfkerns zu finden. Das bedeutet für diesen Bauernhof einen unbestreitbaren Geschäftsvorteil. Die Kühe sind eine von sämtlichen in der Umgebung lebenden Kindern (und nicht nur von diesen) geschätzte Attraktion. Der Besuch bei diesen Tieren bietet oftmals auch Gelegenheit, ein aus ihrer Milch hergestelltes Eis zu essen. Aber die Lage erfordert seitens des Landwirts auch in verschiedener Hinsicht eine Anpassung an die Nachbarschaft (Arbeitszeiten, Sauberkeit der Strasse) und eine gewisse Geschicklichkeit, um Traktor und Anhänger durch eine enge Strasse voller parkender Autos zu lenken.

Vielfältigkeiten

Am Ende meines Rundgangs ums Dorf bin ich überrascht von einer solchen Vielfalt. Da ist zum einen die Vielfalt der Agrar- und Stadtlandschaften, die je nach Flurstück sehr unterschiedlich sind. Und zum anderen die Vielfalt der Kulturen und der Vermarktungsweisen auf diesem Bauernhof, dem es scheinbar gelungen ist, einen Vorteil aus der urbanen Lage zu ziehen. Denn der Reyerhof versammelt Gemüseproduktion (4 ha), Getreideerzeugung und Ackerbau (15 ha) sowie Grünland (17 ha, davon 8 ha auf Streuobstwiesen) auf einer Gesamtfläche von 36 ha und hält ausserdem 10 Milchkühe, was die Arbeitskraft von 7 Personen erfordert. Die Produktion wird vollständig direkt vermarktet (nachdem ein Teil der Milch zu Frischkäse, Joghurt und Eis verarbeitet wurde), und zwar im Hofladen und im Bistro, wo 10 Angestellte arbeiten (dies entspricht 5 Vollzeitkräften), und über die wöchentliche Lieferung von 280 Ernteanteilen29 für die SoLaWi Stuttgart. Die Vermarktung der Erzeugnisse setzt somit auf die grosse Zahl an potenziellen Verbrauchern in der näheren Umgebung30 sowie auf ein Qualitätskonzept, das auf vielerlei Ebenen zu finden ist: Qualität der Lebensmittelerzeugung gemäss den Richtlinien der biologisch-dynamischen Wirtschaftsweise (Demeter) seit 195731, Qualität und Pflege der landwirtschaftlichen Architektur und ihres Umfelds, und schliesslich Qualität und Vielfalt der Landschaften in unmittelbarer Nachbarschaft zu Geschäfts - und Wohnvierteln. Das System ist vielseitig und komplex. Es handelt sich um einen Landwirtschaftsbetrieb, der immer städtischer geworden ist durch seine Interaktion mit den Stadträumen und mit den Bewohnern der Stadt, insbesondere den Mitgliedern der SoLaWi.

Eine Weiterführung der Forschung wäre natürlich wünschenswert, um Antworten auf die Fragen zu erhalten, die der vorliegende Bericht aufwirft. Wie beeinflusst (oder nicht) beispielsweise dieser enge Kontakt zwischen Landwirtschaft und Stadt die Methoden der Landwirte auf dem Reyerhof und die Anbauweisen? Welche Auswirkungen hat dies auf die Organisation der landwirtschaftlichen Arbeit? Beeinflusst diese Sichtbarkeit der Ackerflächen im Landschaftsbild, vergleichbar mit einem öffentlichen Raum innerhalb des Stadtgefüges, den Landwirt bei der Auswahl der Techniken und in seinem Bewusstsein für die Landschaft? Und im Gegenzug, sind sich die SoLaWi-Mitglieder dieser erstaunlichen Verflechtung des Reyerhofes mit Suttgart-Möhringen bewusst? Aus welchen Beweggründen unterstützen sie diese Landwirtschaft und diesen Bauernhof?
Dabei ginge es ausserdem darum, die Überlegungen auf eine breitere Grundlage zu stellen und Vergleiche mit anderen Landwirtschaftsbetrieben und anderen Grossstadtlagen anzuregen.

Grossstadt sucht Annäherung an die Landwirtschaft - und umgekehrt

Am Ende dieser Erkundungen der Landwirtschaft auf stadtnahen Flächen scheint es mir notwendig, einige Überlegungen als vorläufige Schlussfolgerung darzulegen.

Wenn die Stadt näher heranrückt... aber von welcher urbanen Dynamik ist die Rede?

Hier muss vielleicht noch einmal auf den Wandel des Bauernhofes und seiner Produktionsfläche eingegangen werden: von einem familiengeführten Hof mit Flächen rund um das Dorf Möhringen, hin zu einem Landwirtschaftsbetrieb inmitten des Stadtgebiets von Stuttgart-Möhringen, geführt von einem landwirtschaftlichen Kleinunternehmen, das Lebensmittel erzeugt, verarbeitet sowie im Direktverkauf und zum Teil auf solidarischer Basis vertreibt. Diese Landwirtschaft ist somit zu einer städtischen geworden, weil die Stadt näher gerückt ist. Aber dieses Näherrücken kann man unterschiedlich sehen. Zum einen die räumliche Annäherung, die erduldet ist, wenn die Verstädterung vordringt und Flächen entzieht; und zum anderen die soziale Annäherung, die ihrerseits neue Perspektiven für Zusammenarbeit und Austausch eröffnet.
Die erstgenannte urbane Dynamik ist wohlbekannt: sie schluckt die Flächen oder verfolgt andere Projekte, manchmal auch umweltbezogene, ohne dass jedoch der Landwirtschaft besonderes Augenmerk zukommt. Das Geschehen rund um die Flächen am Rohrer Weg ist dafür ein aufschlussreiches Beispiel. Die Geschichte beginnt im März 2002, als die Stadträtinnen und Stadträte (CDU, FDP und Freie Wähler) von Möhringen beim Gemeinderat eine Änderung des Flächennutzungsplans beantragen, um den Anteil an Bauland am Rohrer Weg zu erhöhen. Am 26. Juni genehmigt der Gemeinderat das Bauvorhaben gegen die Stimmen von Grünen und SPD. Daraufhin wird am Folgetag, dem 27. Juni, sofort der Verein ā€˛Rettet die Felder und Streuobstwiesen am Rohrer Weg"32 gegründet. Der Verein initiiert eine Unterschriftenaktion, eine Bürgerinitiative sowie die Besichtigung der Streuobstwiesen durch einige bedeutende Politiker. Nach diversen politischen Wechselfällen wird die gesamte Fläche den städtebaulichen Fragen entzogen, indem sie im August 2005 unter Landschaftsschutz gestellt wird. Das Hauptargument dabei lautet... der Vogel - und Klimaschutz33. Die Wahrung des Produktionspotenzials der Felder und Streuobstwiesen scheint nicht die entscheidende Motivation gewesen zu sein, selbst wenn in gewisser Weise die Proteste und die ökologischen Bestimmungen das Fortbestehen dieses landwirtschaftlichen Raumes ermöglicht haben.
Die zweite Dynamik ist diejenige, die eine Gruppe von Stadtbewohnern dazu bewogen hat, sich dem Bauernhof anzunähern. Und nicht umgekehrt. In der Tat haben sich zuerst einige engagierte Verbraucher mit einem ethischen Bewusstsein für ihre Ernährung auf die Suche nach einem Landwirtschaftsbetrieb ā€˛in der Stadt" begeben, der bereit wäre, mit ihnen ein solidarisches Konzept aufzubauen. So betont Alina, die von Beginn an bei diesem Abenteuer mitgewirkt hat: ā€˛Die Produktion sollte für uns einsehbar sein und lange Transportwege aus ökologischer Überzeugung vermieden werden. Darüber hinaus bestand der starke Wunsch, einen persönlichen Kontakt zu dem Hof zu pflegen und dort auch mitzuarbeiten. Ein kontinuierlicher Austausch zwischen Erzeuger und Verbraucher sollte die gemeinsame Entwicklung des Projekts ermöglichen. Ziel war es also, einen stadtnahen, ökologisch wirtschaftenden Betrieb zu finden." Und sie führt weiter aus, was die Verbraucher zum Reyerhof geführt hat: ā€˛Am Ende gab es drei potenzielle Höfe, von denen einer tatsächlich aufgrund der Entfernung (ca. 30 km) ausschied. Die anderen beiden waren beide ähnlich stadtnah und der Reyerhof wagte schliesslich als Erster das Experiment mit uns. Die Stadtlage und Erreichbarkeit mit den öffentlichen Verkehrsmitteln haben das gegenseitige Kennenlernen und die gemeinsame Planung sehr erleichtert."

Abbildung 8. Landschaft, die stadtnah Nahrungsmittel produziert; Stuttgart-Möhringen -  Dominique Henry, 2017 ©.

Die anfängliche Annäherung der Stadtbewohner an den Reyerhof hat sich dann zu einer gegenseitigen Bindung entwickelt. Diese hatte vonseiten des Bauernhofes beispielsweise eine Anpassung der Gemüseproduktion zur Folge. Denn für die Zusammenstellung der wöchentlichen anteilsmässigen Lieferung hat der Bauernhof die von den Verbrauchern geäusserten Wünsche berücksichtigt, indem er zum Beispiel das Gemüsesortiment erweitert hat und indem die Produktherkunft noch stärker garantiert wird: das ist beispielsweise der Fall bei dem Mehl, für das ausschliesslich auf dem Reyerhof angebauter Weizen verwendet wird und mit dem ein benachbarter Bäcker spezielle Hofbrote bäckt, die immer donnerstags im Laden und in den SoLaWiS-Anteilen erhältlich sind. Lukas prüft ausserdem die Möglichkeit, Roggen anzubauen, um das Brotangebot zu ergänzen.
Die Solidarwirtschaft, auf deren Basis die SoLaWi funktioniert, gibt dem Landwirt die Garantie, seine Produktion - mehr oder weniger ertragreich - zu einem fairen Preis zu verkaufen, der im Voraus bei einer Jahresversammlung der Mitglieder festgelegt wurde, bei der auch das Budget verabschiedet wird. Zweimal haben die Mitglieder der SoLaWi, die bei dieser Gelegenheit Einsicht in die Bücher haben, den Wunsch geäussert, dass der Stundenlohn der Hofangestellten erhöht werde. Durch Abstimmung hat die Gruppe beschlossen, die Kosten dafür durch eine Erhöhung ihrer Anteile zu tragen.
Im Endeffekt kann die geografische Nähe zur Stadt, die in mancher Hinsicht Einschränkungen mit sich bringt, auch ein Vorteil sein. Allerdings nur dann, wenn man es versteht, daraus Nutzen zu ziehen.

Ein biologisch-dynamisches Landwirtschaftsprojekt

Nun noch zu einem letzten Punkt, der für die Landwirtschaft von zentraler Bedeutung ist, und noch mehr für Landwirtschaft in der Stadt: die Frage nach Grund und Boden. ā€˛Raum ist ein knappes Gut, und zahlreiche Akteure sind an den Flächen interessiert, seien sie bebaut oder unbebaut, und folglich sind die Preise für Boden hoch", wie Alina betont.
Die Reaktion vonseiten des Bauernhofes in Bezug auf Boden ist diesbezüglich sehr interessant. Seine landwirtschaftliche Nutzfläche beträgt 36 ha, von denen ausser einem einzigen Hektar alles Pachtgrundstücke sind. 1969 lag sie bei 20 ha und 1998 bei 29 ha. Die Zunahme ist kontinuierlich, aber gemässigt. Sie bleibt unter dem Durchschnitt (alle Betriebe zusammengenommen), der in Deutschland wie in Frankreich bei ca. 61 ha liegt34. Sie ist auch weit entfernt von der exzessiven Vergrösserung, wie sie von einigen landwirtschaftlichen Betrieben beworben wird, die damit nach wirtschaftlicher Rentabilität streben. Das hier angewandte Konzept besteht in der Optimierung der verfügbaren Flächen: Der geringe Zuwachs an Anbauflächen wird durch einen starken Anstieg der Wertschöpfung bei den landwirtschaftlichen Produkten korrigiert. Aber dieses Konzept betrifft nicht nur Grund und Boden. Es erfordert letzten Endes die Fähigkeit des Landwirtschaftsprojekts, lebendig und dynamisch zu sein - und zu bleiben - vielleicht eine andere Definition der biologisch-dynamischen Landwirtschaft. D.h. in der Lage zu sein, sich anzupassen und zwischen Einschränkungen einerseits und Vorteilen andererseits auf allen Ebenen Nutzen zu ziehen aus seiner städtischen Einbindung.
Das biologisch-dynamische Landwirtschaftsprojekt des Reyerhofes, wie es in den Agrar- und Stadtlandschaften von Möhringen sichtbar ist, bietet sicher einigen fruchtbaren Boden.


Danksagung

Ich möchte mich an dieser Stelle ganz herzlich bei Alina bedanken, deren schriftlicher Text für mich von grossem Nutzen war, bei Lukas für seine konkreten und praktischen Antworten, bei Katrin für ihre wertvolle Hilfe bei der Übersetzung, sowie bei allen Lebewesen des Reyerhofes, die mich regelmässig mit köstlichen Produkten versorgen.

Mots-clés

Paysage agricole et urbain, agriculture, métropole, agriculteur, consommateur, vente directe, paysagiste, Stuttgart
Ländlicher Raum, städtischer Raum, Landwirtschaft, Grossstadt, Landwirt, Verbraucher, Direktvermarktung, Landschaftsarchitekt, Stuttgart

Bibliographie

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https://www.revue-openfield.net/2013/06/23/les-champs-urbains-reinventer-les-mythologies-urbaines/.

Deffontaines, J.-P., Les Sentiers d'un géoagronome, Paris, Arguments, 1998, 360p.

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Masboungi, A. (dir.), Extension du domaine de l'urbanisme. Frédéric Bonnet, Grand Prix de l'urbanisme 2014, Paris, Parenthèses, 2014, 144 p.

Auteur

Dominique Henry

Paysagiste DPLG et docteur en géographie, il est maître-assistant à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille, chercheur à l'UMR 5319 Passages et travaille, en indépendant, dans Le champ d'à côté (bureau mobile de paysage).
Ses travaux et ses recherches s'intéressent aux paysages liés au travail de la terre, de l'échelle du jardin à celle plus vaste des territoires ruraux et agricoles.
Courriel : lechampdacote@gmail.com

Avec l'aimable participation de :
Lukas Dreyer, agriculteur et maraîcher, cogestionnaire du Reyerhof
Alina Reinartz, architecte-urbaniste et agricultrice, membre fondateur de la SoLaWiS


Staatlich geprüfter Landschaftsarchitekt (DPLG, Frankreich) und promovierter Geograf, Dozent an der französischen Hochschule für Architektur und Landschaft (École nationale supérieure d'architecture et de paysage) Lille sowie Forscher an der staatlichen Forschungseinrichtung CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) in der gemischten Forschungseinheit ā€˛UMR 5319 Passages". Er arbeitet ausserdem freiberuflich in seinem Landschaftsplanungsbüro ā€˛Le champ d'à côté".
In seinen Arbeiten und Forschungsprojekten interessiert sich Dominique Henry für Landschaftsentwicklung in landwirtschaftlich geprägten Gebieten. Sein Tätigkeitsfeld umfasst sowohl die Entwicklung ländlicher Räume im Grossen als auch die Gartengestaltung im Kleinen.
E-Mail: lechampdacote@gmail.com

Unter freundlicher Mitwirkung von:
Lukas Dreyer, Landwirtschafts- und Gärtnermeister, Komplementär der Reyerhof KG.
Alina Reinartz, Architektin-Stadtplanerin und Landwirtin, Gründungsmitglied der SoLaWiS (Solidarische Landwirtschaft Stuttgart).

Pour référencer cet article

Dominique Henry
Voyage en terres urbaines cultivées
publié dans Projets de paysage le 12/01/2018

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/voyage_en_terres_urbaines_cultiv_es

  1. http://www.trianglevert.org/.
  2. Voir l'article publié dans le dossier thématique de ce n°17 de Projets de paysage en cliquant ici.
  3. https://www.reyerhof.de/.
  4. Littéralement : « Landwirtschaft in der Stadt für die Stadt ».
  5. Je voudrais ici signaler ma dette envers l'architecte et illustrateur Martin Étienne, dont le « Voyage à Kraftwerk », une visite dessinée de la coopérative d'habitat, publiée dans la revue Criticat en 2013, aura inspiré mon voyage autour du Reyerhof - ici à la belle saison! :
    http://jhapa.eu/wp-content/uploads/2016/09/criticat11_Martin-Etienne.pdf
    .
  6. Au sens exprimé par Marc Augé (2011) : « «Faire» une rencontre, ce pourrait vouloir dire, au contraire, la fabriquer, la façonner, faire quelque chose avec ce qui n'était rien qu'un pur hasard. Je croise mille personnes chaque jour, je ne les rencontre pas. Si je les rencontre, c'est que quelque chose en eux m'a retenu, qu'ils me «disaient quelque chose» et que, en somme, c'est moi qui ai voulu faire quelque chose de rien, faire du hasard un événement et reconnaître un inconnu. »
  7. Pour « Solidarische Landwirtschaft », équivalent de l'Amap en France. Pour plus d'info : https://www.solidarische-landwirtschaft.org/de/startseite/.
  8. Métro aérien et souterrain reconnaissable à sa couleur jaune et dont le réseau s'inscrit à l'échelle de l'agglomération.
  9. On trouve aussi le nom de « tour de plaine ».
  10. Architecte allemand contemporain, né en 1920, qui reçut de nombreux prix, dont le prestigieux Pritzker Prize en 1986.
  11. Magasin bio, à la ferme.
  12. Nom commercial du restaurant transformant une partie des productions de la ferme.
  13. Les repas (petits-déjeuners et déjeuners) y sont pris en commun.
  14. Signalons que la commune de Möhringen, qui appartient au 23 quartiers (Stadtbezirke) de Stuttgart, compte 31 000 habitants sur les 610 000 de l'agglomération.
  15. On peut lire à ce sujet l'intéressant témoignage d'André Birre, venu en 1969 chez Karl Reyer, visiter une « Petite ferme allemande à Möhringen » : « M. Reyer a commencé la culture biodynamique il y a 12 ans, à la suite d'une conférence à laquelle il avait assisté et parce qu'il avait ressenti chez lui les inconvénients de la fertilisation chimique. »
  16. Littéralement :  « Rettet die Felder und Streuobstwiesen am Rohrer Weg ». Plus d'information, se reporter à l'historique complet retracé par l'association sur son site :
    http://rohrer-weg.de/Chronologie/chronologie.html.
  17. Un courant d'air traverse en effet ces terres et participe de la régulation du climat urbain de la cuvette où est installé le centre-ville de Stuttgart.
  18. http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Farm_structure_statistics/fr.
  19. http://www.trianglevert.org/.
  20. Vgl. dazu auch den Artikel im Themendossier dieser Ausgabe Nr. 17 von Projets de paysage, hier klicken.
  21. https://www.reyerhof.de/.
  22. Ich möchte an dieser Stelle darauf hinweisen, wer mich zu meiner Erkundung rund um den Reyerhof inspiriert hat: es ist der Architekt und Illustrator Martin Étienne mit seinem Werk ā€˛Voyage à Kraftwerk" (ā€˛Reise nach Kraftwerk"), einem gezeichneten Besuch dieser Wohngenossenschaft, erschienen 2013 in der Zeitschrift Criticat, - allerdings während der schönen Jahreszeit! : http://jhapa.eu/wp-content/uploads/2016/09/criticat11_Martin-Etienne.pdf.
  23. In dem Sinne, wie Marc Augé (2011) beschreibt, auf Deutsch etwa: ā€˛Die Begegnung suchen, das könnte im Gegenteil bedeuten, sie zu erschaffen, sie zu gestalten, etwas aus dem zu machen, das nichts als blosser Zufall war. Jeden Tag laufe ich tausend Menschen über den Weg, aber ich begegne ihnen nicht. Wenn ich ihnen begegne, dann deshalb, weil etwas in ihnen meine Aufmerksamkeit erregt hat, weil sie mir ā€˛etwas sagten", und weil letztendlich ich aus nichts etwas machen wollte, aus dem Zufall ein Ereignis machen und eine unbekannte Person erkennen wollte."
  24. Für ā€˛Solidarische Landwirtschaft". Dies entspricht in Frankreich den AMAP (ā€˛Association pour le maintien d'une agriculture paysanne", auf Deutsch etwa ā€˛Verbrauchervereinigungen für die Erhaltung bäuerlicher Landwirtschaft"). Weitere Informationen: https://www.solidarische-landwirtschaft.org/de/startseite/.
  25. Ober - und unterirdische Stadtbahn mit den charakteristischen gelben Zügen, deren Netz den gesamten Ballungsraum umfasst.
  26. Zeitgenössischer deutscher Architekt, geboren 1920, der mit zahlreichen Preisen ausgezeichnet wurde, darunter 1986 mit dem angesehenen Pritzker-Preis.
  27. So nennt sich das Restaurant, in dem ein Teil der Hoferzeugnisse verarbeitet wird.
  28. Die Mahlzeiten (Frühstück und Mittagessen) werden dort gemeinsam eingenommen.
  29. Stand 2018: 360 Anteile.
  30. Hier sei darauf hingewiesen, dass die Gemeinde Möhringen, einer der 23 Stadtbezirke von Stuttgart, 31.000 Einwohner zählt (von 610.000 Einwohnern des Ballungsraums).
  31. Diesbezüglich kann man den interessanten Erlebnisbericht von André Birre lesen, der 1969 zu Karl Reyer kam, um einen ā€˛kleinen deutschen Bauernhof in Möhringen« zu besichtigen: ā€˛Herr Reyer hat vor 12 Jahren mit der biologisch-dynamischen Wirtschaftsweise begonnen, nachdem er bei einem Vortrag gewesen war und weil er auf seinem Hof die Nachteile der chemischen Düngung gespürt hatte."
  32. Für weitere Informationen siehe die vollständige Chronologie, wie sie vom Verein auf seiner Website dargestellt wird: http://rohrer-weg.de/Chronologie/chronologie.html.
  33. Denn das Gebiet gilt als ā€˛Kaltluftschneise" und leistet somit einen Beitrag zur Regulierung des Stadtklimas in Bezug auf den Kessel, in dem das Stadtzentrum Stuttgarts liegt.
  34. http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Farm_structure_statistics/fr.