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Une médiation paysagiste comme support de recherche: l'expérience de l'atelier des paysages en vallée de l'Ance

Parc naturel régional Livradois-Forez, Auvergne

The landscape mediation as research process: The experience of landscape workshop in Ance Valley

Livradois-Forez Regional natural park, Auvergne
23/12/2009

Résumé

Les fondements de la Convention européenne du paysage confèrent aux autorités publiques un rôle de traduction des aspirations des populations et induisent un questionnement des pratiques professionnelles en matière de paysage. Cet article présente un processus de médiation expérimental mené dans la vallée de l'Ance (parc naturel régional Livradois-Forez) et s'interroge sur la nature des résultats obtenus, ainsi que sur l'attitude du chercheur en situation d'exercice professionnel. Il présente notamment l'option du journal de bord comme support de réflexion et outil d'évaluation dans le cadre d'une recherche appliquée.
The grounds of the European Landscape Convention give to the authorities a role of traduction of publics aspirations and lead questions about the professionnal practices in landscape planification. This article presents an experimental mediation process led in the Ance valley (Parc naturel régional Livradois-Forez, France) and gives interrogations about its results, such as the attitude of the researcher in a competence situation. It presents a research diary as reflexion support and valuation method in the frame of an applied research.

Texte

Le propos général de cet article pourrait être développé à partir de cet emprunt au texte de la Convention européenne du paysage, signée à Florence en octobre 2000, entrée en vigueur en France le 1er juillet 2006 :
« Objectif de qualité paysagère désigne la formulation par les autorités publiques compétentes, pour un paysage donné, des aspirations des populations en ce qui concerne les caractéristiques paysagères de leur cadre de vie. » (Dispositions générales, définitions).


Nous pourrions nous interroger indéfiniment sur la signification, l'étendue ou l'implicite du terme « des » populations - aussi bien peut-être que sur le terme des « aspirations ». Mais la portée générale de la présente définition reste claire : la « compétence » de l'autorité publique, en matière de protection, de gestion et d'aménagement du paysage, est définie par la faculté de faire émerger ce qui tiendrait d'un projet exprimé dans le cadre d'une consultation, d'une participation ou du moins d'un contact avec le public, étendue anonyme capable d'exprimer un désir pour son territoire, une vision capable de sous-tendre une politique.

Nous ne resterons pas naïfs devant une telle idée. D'une part, on ne pourra pas décider d'un paysage « à la carte », exprimant telles préférences d'un groupe mobilisé, telles options servant des intérêts dont rien ne permet de dire qu'ils seront partagés au-delà de certains cercles. D'autre part, l'ampleur de la mobilisation nécessaire, la finesse de son interprétation et de sa transcription nous laissent songeurs quant à la capacité des « autorités publiques » à structurer un tel débat. À ce titre, les instructions données par la ministre de l'Écologie et du Développement durable aux préfets de régions et de départements, en mars 2007, se cantonnent à des dispositifs connus depuis une quinzaine d'années en France, que ce soient des plans de paysages, des atlas ou des observatoires de paysages. Le sens que peuvent prendre ces dispositifs à la lumière de la présente définition ne semble en outre pas évoqué ; seule l'organisation d'une journée annuelle d'échange, d'information et de concertation, dans chaque département, apparaît comme une traduction possible d'une implication de la Convention européenne du paysage. Nous voudrions cependant tenter d'inscrire notre propos dans ce cadre théorique ou discursif : développer une surface de contact entre autorités publiques et populations, propre à sous-tendre une action publique forte (une politique de paysage) : n'y a-t-il pas là matière à infléchir de façon significative les modalités de la pratique paysagiste, d'ouvrir son champ de compétences, de renouveler ou de conforter son insertion, parfois fragile, dans le jeu complexe des structures publiques ?

C'est sur ce point que nous établirons les propos qui suivent, témoignant ce faisant d'une recherche en cours, portant autant sur les implications professionnelles d'une telle définition que plus généralement sur le cadre discursif - le débat - dans lequel ont progressé, depuis plus de trente ans, les politiques de paysage en France. Nous développerons ici principalement le premier point à partir d'une expérience menée en Auvergne, dans le parc naturel régional Livradois-Forez, plus précisément dans la Communauté de communes de la vallée de l'Ance. Mais dans le cadre d'un séminaire consacré à la recherche doctorale en paysage, et nous appuyant sur notre compétence de paysagiste, nous pensons pertinent de prolonger ce témoignage par un questionnement sur les modalités d'une recherche en paysage, si ce n'est une recherche « paysagiste » : s'appuyant spécifiquement sur les modalités, tout en les interrogeant, du projet de paysage.

L'expérience de l'atelier des paysages en vallée de l'Ance

Cette expérience s'inscrit dans un contexte politique et institutionnel précis. En région Auvergne, plus de dix années d'une politique systématique de chartes architecturales et paysagères avaient conduit le conseil régional à mener, en 2004, un bilan de cet axe majeur de sa politique de paysage - concernant spécifiquement des structures intercommunales ayant en charge de mener ces démarches en amont de projets touristiques, d'aménagements ou plus globalement de leurs projets de territoire. Mené dans une période où, sur le plan national, aboutissaient les recherches du programme « Politiques publiques et paysages : évolution, évaluation, comparaison », ce bilan avait conduit la région à proposer un outil permettant de prolonger cette politique, dans une optique plus spécifiquement ouverte à la participation, à la sensibilisation et à la mobilisation des habitants des territoires concernés - dont l'atelier présentement mené constitue en quelque sorte le prototype (conseil régional d'Auvergne, 2005). Était pointé en particulier le défaut d'appropriation par la population de documents qui relevaient certes d'une volonté de couvrir tous les domaines d'intervention possibles sur l'espace intercommunal, mais aussi d'une « technicité » qui en rendait la prise en main difficile, y compris par leurs commanditaires eux-mêmes. La région Auvergne a alors proposé au parc Livradois-Forez de tester une démarche de mobilisation et de participation des habitants d'un territoire à la définition d'un projet de paysage : c'est la notion d'« atelier des paysages » qui avait alors été proposée pour donner une suite aux chartes. En gommant ou contournant la dimension symbolique du document de « charte » ou de « plan », elle entendait s'inscrire matériellement dans l'espace public, sous la forme de rencontres, d'expositions, de publications ou de tout autre dispositif susceptible de mobiliser les habitants, de mettre à jour les éléments d'une culture du paysage, qu'elle soit « élitaire » (savante) ou plus ordinaire, populaire ou vernaculaire.

Plutôt que de parler, dans le vocabulaire des chartes paysagères de « diagnostic » et de « préconisations » - ce qui implique un regard clinique qui participe d'une technicisation de l'approche du paysage et qui éloigne d'autant un public que l'on a d'abord tenté de faire adhérer à quelques principes -, on a ici orienté la méthode de l'atelier autour de la notion de « collecte ». Ce geste inaugural emprunte les chemins de ce que l'on a désigné sous le terme d'analyse inventive dans le champ de la pratique paysagiste (Lassus, 1995), qui lie organiquement les temps d'appréhension, de reconnaissance et de projet, ces temps s'imbriquant plutôt que procédant d'une relation cause-effet linéaire. Il s'est agi, dans les premiers mois de la démarche, de déployer, dans des directions multiples et avec des supports différents, des dispositifs, des méthodes, des approches qui permettent, à leur tour, de structurer des réseaux de participants, de toucher ou d'inventer des publics - à défaut d'une audience captive ou d'une approche idéalisée des destinataires de la démarche. Le premier support de diffusion de ces principes est une lettre d'information, éditée à trois mille exemplaires (autant, symboliquement peut-être, que le nombre d'habitants du territoire) et distribuée dans chaque foyer.



Extraits de la Feuille de l'atelier des paysages, n°2 et 4, novembre 2007 et 2008.
Vous pouvez également aller consulter les documents suivants : PDF 1, PDF 2, PDF 3 et PDF 4

Cette lettre a présenté et a permis de suivre, tout au long de l'atelier, les différents chantiers ouverts de façon simultanée et croisée :
  • Un observatoire photographique réalisé sur les bases d'une collecte de photographies issues d'archives privées, c'est-à-dire des albums, des classeurs et des boîtes à chaussures des habitants du territoire, qui a abouti à la réalisation d'une exposition à laquelle les habitants ont été associés de trois manières différentes : prêt d'images, reconduction des images (dans le cadre d'une journée de stage avec les photographes associés), commentaire des couples d'images selon un questionnaire prédéfini1.
  • Un inventaire ethnobotanique de la flore de jardins et en particulier d'un motif singulier signalé dans la charte architecturale et paysagère de la vallée de l'Ance : des poiriers plantés au pied des façades des fermes, profitant de la chaleur accumulée par les murs de granit, capables de production étonnante à des altitudes où les arbres gèleraient en plein champ. Ces « poirières » (le mot désignant spécifiquement cette forme palissée du poirier) ont été inventoriées sur la partie sud du territoire, avec une approche centrée sur la relation entre les occupants, propriétaires ou jardiniers, et ces arbres. Ce travail a donc été mené à la rencontre des habitants, avant qu'un petit groupe de personnes passionnées ou désireuses de transmettre un savoir vernaculaire se structure peu à peu pour organiser un certain nombre d'événements dont la portée a souvent été large : marche, goûter-identification des poires produites, stage de taille (Pernet, 2008). Une exposition circulant sur le territoire a permis de mieux faire connaître ces pratiques2. En 2009, un bulletin de commande circulant à partir de la lettre d'information de l'atelier des paysages a permis de générer une commande groupée de deux cent cinquante arbres.
  • Une démarche touchant spécifiquement un public d'agriculteurs : partant du constat que les études ou chartes de paysage stigmatisaient dans l'ensemble les équipements agricoles contemporains, et confrontés à des discours divergents entre populations agricoles et non agricoles, nous avons pris le parti a été pris de mener une réflexion sur les pratiques agricoles contemporaines. Elle s'est engagée sur le mode d'un voyage documentaire mené par un paysagiste extérieur à la vallée, soucieux de comprendre de l'intérieur à quelles tensions étaient soumises ces pratiques et en quoi on pouvait spécifiquement repérer leur rôle sur le paysage. Ce voyage a permis de rencontrer d'une part une quinzaine d'exploitants et leur famille, répartis de façon homogène dans la vallée, et d'autre part une diversité de pratiques et d'approches. La matière documentaire issue de ce voyage (graphique, photographique, textuelle) a ensuite été confrontée aux exploitants concernés, puis à d'autres autour d'eux, afin d'obtenir un accord de principe sur la diffusion des principaux enseignements tirés de ces rencontres. Cela s'est traduit par l'édition d'une carte spécifique, et l'organisation de trois journées de marche qui ont permis de confronter les points de vue des habitants de la vallée, de ceux du moins qui se sont sentis concernés par la découverte d'un monde qui leur est proche, voire familier, pour certains d'entre eux, et presque inconnu pour d'autres.

    (Pour avoir plus de détails, télécharger la carte)

    Le principal enseignement de la démarche, du point de vue des agriculteurs, est une demande forte pour l'élaboration de documents d'urbanisme qui puissent enrayer la dispersion constatée, sur certains secteurs, de l'habitat contemporain, au détriment de leur outil de travail. Du point de vue des habitants, le constat est évidemment plus difficile à dresser, faute d'une approche plus sociologique capable de mettre en évidence différentes trajectoires, différents modes de voisinage ou d'interactions possibles avec les agriculteurs. Les débats organisés auront au moins permis de révéler quelques grandes zones de conflictualité, et d'une façon moins explicite quelques voies possibles pour les prévenir. Un film documentaire, tourné pendant ces trois journées de marche, a été réalisé et projeté quelques mois après, dans le but de réactiver un débat aujourd'hui loin d'être épuisé3.
  • Alors que ces trois démarches, menées de front et dont certains enseignements se sont avérés utilement complémentaires, concernaient une approche documentaire du paysage (holiste pour la photographie, plus itérative pour les autres), un quatrième chantier a été ouvert avec des étudiants des écoles d'architecture du Massif central, qui ont travaillé sur une analyse du territoire et sur la définition (puis la résolution) de situations de projets d'architecture. Mené dans le cadre pédagogique d'ateliers de projet, leur travail n'a pas consisté à répondre à des demandes formulées par les élus ou les habitants du territoire, ces derniers ayant pu cependant se confronter à des productions qui témoignent, pour la plupart, d'une culture fortement démarquée des vocabulaires architecturaux locaux, qu'ils soient vernaculaires ou néorégionalistes. La dimension de participation, dans le cadre de ces ateliers, n'a pas été du même niveau que dans les trois précédentes démarches, faute peut-être d'une bonne « visibilité » sur le montage de tels ateliers. Nous avons pu cependant constater, au cours des séjours effectués par les étudiants, que les occasions de rencontres spontanées ont été nombreuses, certains étudiants s'étant appuyés sur les démarches parallèles de l'atelier des paysages pour conforter, informer ou mieux comprendre les situations qu'ils avaient choisi d'investir.

Qu'est ce qu'un résultat ?

Ces quatre démarches n'ont pas été menées de façon étanche, et ont fait l'objet d'interactions constantes, permettant au public une insertion différenciée dans le cadre général proposé. Le niveau de sollicitation directe des habitants est resté inégal, mais a permis de faire émerger, tout au long de ce processus, des formes d'implication qui rompent avec le caractère très encadré des enquêtes publiques, des concertations ciblées ou d'autres procédures institutionnelles. Nous avons très tôt insisté sur la composante « relationnelle » à l'œuvre dans ce processus qui ne s'apparente en rien au caractère anticipatoire du projet. Il en résulte une difficulté évidente pour caractériser le type de résultats apportés par une telle expérience - indépendamment du temps long que nécessite sa mise en œuvre et son évaluation. Nous pouvons cependant évoquer les pistes suivantes :
  • La forme même de l'atelier a permis de contourner un obstacle qui semblait inhérent à la génération de démarches comme les chartes ou les plans de paysage : il ne laisse pas les mêmes traces, ne produit pas les mêmes inscriptions. En ne touchant pas aux codifications expertes que sont les cartes, organigrammes, listes et déclinaisons d'enjeux ou d'objectifs habituellement produits dans des logiques institutionnelles, il ne concurrence pas les dispositifs réglementaires tels que les plans d'urbanisme : il ambitionne au contraire de les contaminer. Il ne joue pas sur le registre d'une appréhension exhaustive des domaines d'intervention sur l'espace (souvent symbolique plus qu'efficace), mais il fournit des modèles de négociation, de confrontation, voire de figuration ou de démonstration - qui peuvent s'exercer ultérieurement dans ces démarches de planification. Nous ne pouvons ici préjuger de leur contenu, et elles appartiennent aux élus et aux techniciens qui en assureront la mise en œuvre. On sait combien le turn over propre à ces domaines rend souvent caduc l'espoir d'inscrire de façon linéaire et continue des dispositions nées dans ce qui apparaît souvent comme un « moment ». L'insistance du public d'agriculteurs à voir émerger un plan local d'urbanisme et la récurrence des constats conduisant à espérer une approche communautaire nous amènent à penser que l'intercommunalité engagera prochainement cette démarche. Mais il est encore trop tôt pour déceler de quelle manière les méthodes singulières de l'atelier des paysages auront permis de structurer ce débat, et bien entendu quels en seront les aboutissements.
  • En revanche, la négociation d'un nouveau contrat local de développement s'est faite en partie sur les bases des actions précédemment décrites, dans l'optique explicite de les prolonger ou de les étendre à d'autres domaines. L'atelier des paysages aura en ce sens constitué un concept large, une sorte de « capsule » permettant de justifier des actions autrement éclatées, confinant parfois à l'anecdote, à l'ingéniosité plus qu'à l'ingénierie... Il fabrique un maillon entre les nécessités institutionnelles, imprégnées d'un langage singulier (d'objectifs, de programmes, de charges...), et la mise en œuvre  de dispositifs au fond très ordinaires : comment, par exemple, justifier l'organisation d'un goûter en tant que tel ? Si l'atelier des paysages est recevable en tant que « projet » par les partenaires financiers classiques d'une structure intercommunale, sa mise en œuvre tend, nous l'avons dit, à un processus qui ne préjuge pas d'un résultat. Nous avons récemment appris que le guichet de la poste de telle commune servait ponctuellement de base pour l'échange de plantes appartenant à la flore des jardins « paysans » ; tel jeune retraité se sentira dorénavant fondé à investir un espace en friche à proximité de son habitation ; telle commune a fait l'acquisition d'une meuleuse dans le but de supprimer dans l'espace du village un important surplus de goudron... Comment rentrer dans une comptabilité de ces décisions fragmentaires, multiples, dispersées, qui traduisent pourtant parfois une évolution profonde du regard porté sur l'espace du proche, mais aussi de son voisin, d'un autre groupe social ? Comment pouvons-nous prétendre en être exclusivement à l'origine ? L'originalité d'un processus de médiation, prenant le paysage comme entrée, se trouve peut-être là : il instaure, au-delà de ses manifestations les plus visibles (et qui confèrent, comme nous l'avons nous-même souvent éprouvé et décrit, à une certaine forme de théâtre), ce qui relèverait peut-être d'une sorte de médiation grise, ou discrète (au sens mathématique), qui agit dans l'espace social indépendamment de l'encadrement explicite de la démarche. Un travail qui n'a rien de souterrain ou de secret, mais qui demeure insaisissable pour l'initiateur de la démarche, qui doit en contrepoint se doter d'instrument pour appréhender cette dispersion autant que pour déployer son attention sur la composante relationnelle qu'implique la démarche.

Articuler le statut de chercheur et la compétence de paysagiste

Nous rappelons que cette recherche est menée dans les conditions d'une convention industrielle de formation par la recherche en entreprise, inscrite donc dans le cadre de la recherche technique - qui suppose une implication dans un ensemble de structures et qui relève pour le chercheur d'une « situation de compétence ». Il agit ici en tant que paysagiste, sans établir de coupure nette entre une compétence acquise et un statut en devenir, celui de chercheur. Dès lors, se présente à lui un ensemble de contradictions qui, loin d'être insolubles, nécessitent cependant une attitude spécifique,qui infléchissent sa pratique en introduisant une exigence certaine de réflexivité. Dès le début de cette recherche, il nous avait semblé que la notion « d'observation participante », telle que fréquemment invoquée dans ce type de contexte, nous paraissait insuffisante pour statuer sur cette position à construire. Si elle suppose l'immersion et un partage d'activités dans une situation donnée, les conditions initiales du projet de recherche ne nous demandent pas de nous cantonner à une stricte observation. Il s'agit bien de construire une démarche dans une situation d'interaction, en respectant au mieux un partage du sens de l'expérience avec une multitude d'acteurs (ce qu'en ethnométhodologie on nomme « exigence d'adéquation unique » (Watson, 2001)). Nous avons également refusé très tôt le vocabulaire du protocole expérimental, conduisant à dissocier trop nettement un expérimentateur (un chercheur et les institutions dont il se réclame) et des sujets « agis » (des cobayes, comme l'avait un jour exprimé avec humour un élu de notre territoire d'étude). Cette situation, commune à d'autres recherches-actions, nécessitait cependant de réfléchir à un instrument propre à restituer son déroulement, en assumant son caractère empirique, situé, interindividuel, voire collectif : l'animation de l'atelier des paysages aura mobilisé parfois plus d'une dizaine d'intervenants associés à la démarche.

Il s'agissait donc de produire, tout au long de l'expérience, une sorte de tracé permettant de réactiver, par la suite, la matière vive dont elle se tisse jour après jour : expérience du terrain physique, évidemment, individuelle ou partagée, expérience d'un terrain plus relationnel qui passe par des rencontres, des débats, des phases d'élaboration commune ou des controverses. Mais aussi relever des décisions, des méthodes, depuis la mise en œuvre matérielle des dispositifs imaginés, jusqu'aux fausses pistes ou aux repositionnements de la démarche. Bref : élaborer une méthode permanente de compte rendu, également capable de restituer une décision partagée qu'un affect, qu'une intuition née d'un moment singulier. Pour ce faire, quelles références mobiliser ? Cette question amenait à chercher, parmi les sciences humaines, des trajectoires de chercheurs ayant laissé accessibles des traces du même ordre, les élevant à un degré de publicité tel que l'on ne les catalogue pas uniquement au rang des d'« avant textes », d'« études », de « carnets de terrain ». On peut ici évoquer quelques-unes de ces pistes : l'ethnométhodologie, mais peu disserte sur ses techniques de compte rendu malgré la spécificité de son approche (Garfinkel, 2007) ; l'ethnographie, qui a donné des documents importants relatant la saisie et la construction, sur le terrain, d'une démarche d'observation et d'enquête (Laplantine, 2006) mais laissant dans l'ombre de nombreuses composantes de l'expérience relationnelle (Mohia, 2008). Mais en aménagement, en paysage, en architecture, quelle technique retenir ? N'était-ce pas là, au-delà des emprunts disciplinaires, une opportunité à saisir pour livrer une tentative qui s'inscrirait dans ce qui relèverait d'une posture de recherche « paysagiste » (nous songeons notamment au travail de Cyrille Marlin sur la notion d'expérience ordinaire (2008) ?

La réponse s'est construite à partir d'une expérience propre du journal de terrain (Pernet, 2001), mais surtout à partir de deux références conjointes, en apparence étrangères l'une à l'autre. Il s'agit d'une part de la découverte du journal de l'écrivain Pierre Bergounioux (2006, 2007), dont l'application et la régularité - au risque même de la platitude - renvoient à un dispositif de travail de la mémoire que l'on ne saurait complètement enfermer du côté de la littérature (en témoigne l'intérêt de son auteur pour les sciences humaines - linguistique, sociologie - ou naturelles - géologie, entomologie notamment). D'autre part, de la rencontre avec la sociologie des sciences et l'approche novatrice de Bruno Latour, dans ses travaux à portée plus spécifiquement méthodologique, explorant les fondements d'une possible « sociologie des associations » qui s'attache à saisir l'entrelacs inattendu des composantes de l'action et interrogeant spécifiquement la notion de compte rendu (Latour, 2006). Des références hétérogènes, certes, mais dont la fiabilité s'est surtout confirmée à l'épreuve du terrain : très vite, il a fallu faire face autant qu'organiser une prolifération d'informations, gérer l'incertitude d'une situation inédite, déployer conjointement les dispositifs annoncés, tout en gardant une attention soutenue aux personnes rencontrées, réorientant au besoin nos actions. Le journal acquiert rapidement un double statut : bien sûr il enregistre et témoigne, même imparfaitement des situations vécues ; mais il instaure aussi un espace privilégié où appliquer une réflexivité même artisanale, une première évaluation des situations tout en gardant trace de ces retours, moment où s'exerce une « conscience anticipante » (Boutinet, 1990) qui s'inscrit avec force dans le processus du projet.

La question qui se pose alors est celle du statut non pas du journal en tant qu'outil de travail - nous venons de l'évoquer - mais bien celui de son statut en tant que production documentaire, matière textuelle exigeant un temps d'élaboration qui reste conséquent, malgré tout le caractère a priori labile d'une écriture liée au terrain et à l'expérience. Constitue-t-il une « annexe » au projet de recherche ou est-il capable de s'inscrire sur le plan même du « rapport » ? Un élément de réponse sera ici esquissé. Il tient à la question de la reconductibilité de l'expérience, ou en d'autres termes, de son « transfert ». Ce que la description propre à l'expérience du terrain permet de faire émerger, c'est tout le caractère situé du projet. Ses succès ou ses échecs tiennent aussi à un ensemble de circonstances dont le journal permet de témoigner, sans chercher à nier ou à tenir à distance des paramètres qu'aucun modèle, ou aucun organigramme, ne pourra faire jouer avec autant de finesse, en particulier sur les plans des affects et de la qualité de la relation interindividuelle. Le journal permet de décrire un certain nombre d'inventions sans leur conférer un caractère de recette ; il conserve la trace d'une attention souvent très matérielle. Il permet une interrogation constante des conditions de production de l'expérience. Il ne le permet d'ailleurs pas par défaut : mais c'est comme lieu d'écriture qu'il rend possible l'accueil de ces assemblages parfois improbables ou ordinaires, tissés d'affects, d'anecdotes, d'intuitions. Dans le contexte plus traditionnel de l'enquête des sciences sociales, tout ceci serait compris comme un matériau, dédié à une exploitation ultérieure. Dans le présent contexte, nous nous interrogeons sur l'opportunité d'une telle mise en perspective ; non pas par paresse, mais pour conserver à l'expérience toute sa concrétude, le caractère même qui la fonde et la légitime : celui d'une recherche où l'acte n'est pas en soi un prétexte mais un résultat.

Le journal engage le chercheur sur une voie singulière, celle d'une mise en récit d'une expérience qui est peut-être, malgré un apparent voisinage, la garantie la plus sûre que celle-ci ne glisse pas vers le registre de la fiction. Il ne peut se suffire à lui-même, c'est une certitude, mais il appelle après lui un texte qui n'en est pas le simple dépouillement, mais une ouverture, un regard qui se déporte sur quelque chose que l'expérience permet de voir autrement. Ce sera dans la présente recherche une relecture des pratiques paysagistes tout autant que des discours institutionnels sur les politiques de paysage, qui permette d'en dresser les soubresauts, les ruptures, les infléchissements, en s'inscrivant dans le programme plus général d'un questionnement actif des fondements du « projet de paysage ».

Conclusion

En partant d'une des orientations de la Convention européenne du paysage, nous avons souhaité inscrire ces questionnements dans un débat élargi, qui implique autant des acteurs institutionnels, des chercheurs qu'en théorie des catégories plus larges d'intervenants sur l'espace du quotidien. Pour autant, la diffusion des principes de la Convention n'est pas uniformément accomplie et ne touche pas de facto l'ensemble des acteurs concernés par la mise en œuvre d'une politique de paysage. C'est d'ailleurs un des enjeux de l'expérience de l'atelier des paysages que de servir de support de questionnement sur ces principes sans s'attacher exclusivement à une promotion de ce texte. Le dispositif présenté ici peut être saisi dans des sens très distincts les uns des autres, par des catégories différentes d'acteurs, et il nous semblait important, passé une présentation de ses principales orientations, de s'attacher à réfléchir sur sa propre « dispersion ». Au caractère labile de ses méthodes répond un outil pour tenter à la fois de décrire et d'orienter ce processus. Au final, et après près de deux années de travail, c'est un curieux objet que s'attache à saisir le journal de travail. Nous avons ici évoqué la résonance de cette réflexion avec un débat plus large sur la notion de projet de paysage, et en bien des points nous nous interrogeons sur le lien qu'entretiennent nos propres gestes avec ceux qui fondent l'activité des paysagistes, que cette activité soit canonique (la création de jardins) ou plus en phase avec le paysage d'aménagement ou la conception d'espaces publics. Ces propositions tendent plus à s'inscrire dans une pratique de la « médiation », dont les fondements n'ont pas été écrits et qui restent à débattre. C'est d'ailleurs une chance : rien n'indique qu'il faille prétendre dissocier ce terme des activités sous-tendues par la notion de projet de paysage. La particularité du journal réside dans le fait qu'il ne livre pas les composantes objectives du projet, mais qu'il s'attache en revanche à présenter ce qui tiendrait de sa dimension processuelle. Peut-être n'en est-il qu'un équipement ? Peut-être permet-il de restituer une continuité là où nous devrions être amenés à nous positionner dans des configurations existantes : projet de paysagiste, projet de paysage, projet de territoire ? Ces catégories s'imbriquent nécessairement, se reconstruisant en permanence dans des temporalités et des échelles variées, constituant parfois autant de langages. C'est peut-être en dernier ressort cette dimension qu'interroge fortement l'énoncé sur lequel nous avons appuyé cette réflexion. De l'aspiration à la formulation, n'est-ce pas avant tout un régime singulier d'énonciation qu'engage la Convention européenne du paysage, dont il nous appartient aujourd'hui - pour reprendre les mots de L'Archéologie du savoir, d'explorer les emplacements, les statuts ou les positions les plus diverses ?

Journal de l'atelier des paysages - Extrait :

Vendredi 27 juin 2008

Petit déjeuner sur la rue principale de Saint-Anthème. Discussion avec Jérémy, qui filmera pendant trois jours les marches à la rencontre des agriculteurs. À la bibliothèque, pour récupérer l'exposition des poirières. On descend les chevalets au collège. Sous le préau, le mur de parpaings a bien été monté, suite à notre demande. Le mur restera nu pendant le temps de l'exposition. Chez le charcutier ; à la demande de Nicolas, on fait couper trois beaux saucissons qui suivront le rythme de ces journées. Passage à Saint-Romain, pour négocier avec Greg, le gérant du multiple, un barbecue pour la troupe, ce soir. Je laisse mes affaires à l'hôtel. Retour au collège : Christian débarque avec l'exposition de l'observatoire. Nous découvrons les trente tirages encadrés, accompagnés de leurs commentaires. Leur qualité restitue à chaque image son grain, sa précision, et l'ensemble se révèle à nos yeux, plutôt habitués à travailler à partir de tirages numériques médiocres. Discussion sur la disposition des cadres. Christian déroulera de longues bandes de kraft pour unifier l'espace de lecture de l'exposition. Quelques chevalets occuperont le centre de la pièce. À peine avons-nous le temps d'avaler un morceau et nous filons à Medeyrolles.

Stéphane a commencé à accueillir les marcheurs : un public plutôt féminin, où les jeunes retraités dominent. Nous serons vingt. Pour l'heure, Stéphane présente le principe de l'expérience à partir de la carte, distribuée à chaque marcheur. Réunis en cercle, chacun s'en débrouille, découvrant successivement la carte marine fictive du recto et le montage au dos, fait des paroles des agriculteurs et des lieux traversés par Stéphane. Nous lançons la marche. Après la traversée des bois qui séparent Medeyrolles de la clairière de Bordel, nous profitons de sa découverte subite pour arrêter le groupe et engager une première lecture du lieu, prétexte pour lancer la conversation. Celle-ci s'engage rapidement. L'évolution des bois en constitue le premier sujet. Un des seuls hommes du groupe, jeune retraité de son état, en déplore le manque d'entretien, rendu impossible par la petite taille des parcelles et le coût rapporté à ce que rapporte une coupe. Il a plusieurs fois essayé d'en céder à des agriculteurs, sans succès. Il pense que les bois vont évoluer vers des peuplements naturels, par défaut. Stéphane confirme cette hypothèse, évoquée par quelques agriculteurs. Nous montrons, en contrepoint, quelles parcelles ont fait l'objet d'un désouchage et sont aujourd'hui rendues à l'agriculture. De cette observation, découle le jeu de contraintes auxquelles les exploitants sont ici soumis, trop à l'étroit dans cette clairière et un parcellaire morcelé. La question de l'épandage engendre une première sortie un peu mordante, émanant d'une de nos retraitées : un de ses voisins a été hospitalisé pendant une durée importante. En son absence, l'agriculteur voisin en a profité pour épandre jusqu'aux limites de sa propriété, sans respecter la distance réglementaire des cent mètres. Voilà toute l'histoire, présentée comme un scandale, prétexte à une généralisation sur le sans-gêne des agriculteurs, qui rencontre en cascade un assentiment chez d'autres personnes du groupe. La question de la pollution ne tarde pas ensuite. Une femme affirme que les exploitations trop importantes pourraient réduire leur cheptel de moitié, le mi-temps dégagé pouvant à son sens être consacré à d'autres activités. Elle travaille entre la vallée et Paris. Elle pense qu'il y a du travail à prendre. « Ils peuvent travailler à la poste », dit-elle. Le ton de la journée est donné : il n'y a plus qu'à aller à la rencontre des frères Soustelle.

Au-devant de l'habitation, nous sommes accueillis par l'un des deux frères, qui évoque l'évolution de l'exploitation. Stéphane, qui a judicieusement imprimé en grand la vue aérienne repiquée chez les Soustelle, peut apporter au propos une illustration très concrète de la dispersion engendrée par l'agrandissement de la structure familiale. Nous la vérifions sur place en traversant la cuvette, franchissant l'Arzon. Dans ce lieu, qui condense les contradictions nombreuses qui peuvent traverser l'agriculture de cette région, j'entrevois une prolongation possible du travail que nous avons engagé. Ces bâtiments, et l'espace un peu frustre qu'ils dessinent dans ce lieu austère, pourraient-ils servir de support à un dialogue plus constructif, préfigurant des solutions à apporter à cette entreprise familiale qui a décidé de rester et de s'étendre sur ces terrains difficiles ? Emmanuelle suggère un système d'épuration qui puisse pallier aux contraintes d'épandage et améliorer du même coup la qualité de l'eau de la rivière. Si la clairière était amenée à se dilater, on pourrait imaginer à partir de l'espace construit un système de plantation qui restitue au lieu une armature, une structure végétale à l'échelle de ces bâtiments. Ceux-ci ne renvoient aujourd'hui à rien de connu dans ces paysages et alimentent le rejet dont ont commencé à témoigner nos marcheurs, qui ont pour la plupart grandi dans des lieux auxquels celui-là a cessé de ressembler - probablement définitivement. Leurs remarques le confirment : tel bâtiment ne devrait pas être construit aussi loin du bourg, tel autre devrait ressembler aux fermes anciennes en pierre, tel bardage devrait avoir la patine d'une porte aperçue à l'arrière d'une ruine, etc. Jérémy filme avec application ces échanges souvent empreints d'amertume, de ressentiment. Certains sont fatigués de ces arrêts que nous avons à trois ou quatre reprises suscités. Nous accélérons le pas, laissons le groupe à des conversations moins formelles, par groupuscules.

Au Café Courtial. Nous faisons circuler des sirops, nos victuailles, Stéphane installant de quoi replonger le groupe dans quelques atmosphères et propos d'agriculture. Mais n'est-ce pas trop ? Les discussions qui suivent s'enfoncent décidément dans un ton qu'il devient difficile de contenir. Faut-il laisser aller les choses ? Tout y passe, jusqu'à l'Europe. La patronne du café s'y met aussi. Deux clans ne s'affrontent pas, mais une portion conséquente du groupe a pris à son compte le ton de la discussion. On peut deviner que d'autres ont pris le parti de rester silencieux pour ne pas alimenter cette fureur sourde, dont on ne pressent que très mal l'objet véritable. Les agriculteurs, dont nous avons construit semble-t-il un portrait trop idyllique, peuvent-ils à eux seuls constituer l'objet de ce ressentiment ? Est-ce lié à des trajectoires de vie, des départs contraints de la vallée, des retours mal ajustés à un contexte qui a fortement changé depuis l'après-guerre ? Impossible de se lancer dans une psychosociologie collective qui relèverait, à proprement parler ici, de propos de comptoir. Impossible non plus de sortir réjoui de cette rencontre : voilà nos marches lancées sur un registre que nous n'avons pour l'heure jamais appréhendé dans de telles proportions. C'est le jeu. Peut-être que les témoignages filmés nous permettront de déceler dans ces discours des clés que nous n'avons pas su saisir dans le présent de cette marche. La soirée se passe en un contrepoint plutôt réussi et drôle avec les « proches » de l'aventure, qui nous ont rejoints à Saint-Romain.

Mots-clés

Politiques publiques de paysage, Convention européenne du paysage, projet de paysage, médiation, atelier, paysagiste, journal de recherche
Landscape policies, Landscape European Convention, landscape project, mediation, workshop, landscape architect, research diary

Bibliographie

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Auteur

Alexis Pernet

Paysagiste DPLG
Ladyss (université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
PNR Livradois-Forez
Courriel : alexis.pernet@wanadoo.fr


Pour référencer cet article

Alexis Pernet
Une médiation paysagiste comme support de recherche: l'expérience de l'atelier des paysages en vallée de l'Ance
publié dans Projets de paysage le 23/12/2009

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/une_mediation_paysagiste_comme_support_de_recherche_l_experience_de_l_atelier_des_paysages_en_vallee_de_l_ance

  1. Cet observatoire a été mené avec le concours de l'Observatoire photographique des territoires du Massif central (Pierre Enjelvin, Christian Guy), selon une méthodologie mise au point dans divers contextes en Auvergne depuis 2003.
  2. Le contenu de cette exposition est visible à partir du site internet de Nathalie Batisse, jardinière ethnobotaniste, qui a accompagné l'ensemble de cette démarche : http://www.jardindememoire.com/.
  3. Le voyage à la rencontre des agriculteurs de la vallée de l'Ance a été mené par Stéphane Duprat. Le film tourné à la suite des marches collectives a été réalisé par Jérémy Huet. Tous les deux sont paysagistes.