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Nouvelles proxémies en Europe ?

De l'anthropologie de l'espace à la géomédiation paysagiste

News proxemics in Europe?

From the anthropology of space to the landscape geomediation
18/07/2010

Résumé

L'article développe une analyse des pratiques des paysagistes concepteurs en Europe à partir de deux ouvrages de la Fondation d'architecture du paysage Fieldwork (2006) et On Site (2009). Il montre que les principes proxémiques de distance spatiale, qu'avait mis en avant l'anthropologue américain Edward T. Hall il y a cinquante ans pour remédier à la crise spatiale urbaine, pouvaient être relayés par l'idée de géomédiation paysagiste. Cette notion, développée par l'auteur, désigne les pratiques professionnelles qui font du paysage un outil d'adaptation de l'espace matériel aux demandes sociales de qualité du cadre de vie. L'analyse souligne que les projets des paysagistes européens sont plus soucieux de la relation individuelle et collective à l'espace que des relations interindividuelles, de la mixité sociale et culturelle de ses usages que de son identité européenne vernaculaire. Ces projets créent plutôt une figure d'usager universel des espaces publics singularisés.
The article presents an analysis of practices of landscape designers in Europe from two books Fieldwork (2006) and On Site (2009). It shows that the proxemics principles of spatial distance, highlighted by the American anthropologist E. T. Hall fifty years ago to address the urban space crisis, could be relayed by the idea of landscape geomediation. This concept, developed by the author, refers to professional practices that make landscape a tool for adapting physical space to social demands of quality of life. The analysis highlights that European landscape projects are more concerned with the individual and collective relationship to space, rather than with the interpersonal relationships, the social and cultural diversity of its uses and its vernacular European identity. Such projects create a figure of universal user of singular public spaces.

Texte

À la question de la crise urbaine des années 1960 aux États-Unis (le surpeuplement), l'anthropologue américain Edward T. Hall (1971) avait répondu que le véritable problème était la prise en compte des modèles culturels qui régissent la distance spatiale entre les hommes. Mettant en question les principes des Congrès internationaux d'architecture moderne (1928) et de la charte d'Athènes (1933), il avait alors inventé le terme de proxémie pour « désigner l'ensemble des observations et théories concernant l'usage que l'homme fait de l'espace en tant que produit culturel spécifique » (Hall, 1971, p. 13). Il suggérait ainsi que deux individus appartenant à deux cultures différentes non seulement parlaient des langues distinctes, mais habitaient des mondes sensoriels différents. Si bien que leurs  environnements architecturaux et urbains reflétaient « l'expression de ce filtrage culturel (p. 15) ».

Edward T. Hall n'avait pas imaginé que des professionnels - comme les architectes paysagistes depuis le XIXe siècle - puissent être en charge de produire volontairement les caractères de l'espace habité. En agissant ainsi sur l'espace à la demande des pouvoirs publics, ces praticiens ont produit des espaces publics à ambition universelle (le parc public urbain ou le parkway par exemple). Ils ont postulé avec leurs commanditaires que ces espaces étaient non seulement capables de contribuer à la ville idéale (hygiénique, sécurisée et belle), mais aussi de façonner idéalement les hommes à l'image de la ville ainsi aménagée qu'ils habitaient. Mais cette finalité est restée confuse. Car les paysages, les parcs et les jardins sont perçus et pratiqués différemment à travers les filtres culturels de chaque ethnie, minorité, groupe, individus, et ces lieux paysagistes deviennent parfois des outils de ségrégation sociale de la ville en rejetant hors de la ville ceux qui ne peuvent y accéder. 

Mais de nouvelles crises environnementales et mondialisées ont changé le contexte de travail des paysagistes. Leurs projets ne visent plus aujourd'hui à l'universalité des styles de parcs publics urbains, mais au contraire à singulariser les lieux et les territoires en les ancrant dans une histoire et une géographie localisées. Parfois également en les inscrivant dans le mouvement d'un devenir territorial et environnemental incertain. Et peut-être en recherchant une nouvelle universalité à travers celle de la figure de l'usager de l'espace public.

Ce texte expliquera que la transformation du métier de paysagiste s'est accompagnée récemment de l'émergence de la capacité à produire non seulement les espaces, mais aussi une figure d'usager universel voulu par les commanditaires. Nous analyserons successivement la méthode utilisée pour repérer cette figure, puis différentes catégories d'espaces récents choisis comme exemplaires par les paysagistes européens eux-mêmes. Nous discuterons enfin l'émergence d'une possible et nouvelle proxémie paysagiste reliant l'universalité supposée de l'usager et les particularités des sites aménagés.

Le langage paysagiste des images et des mots

Citant l'anthropologue Benjamin Lee Whorf, Edward T. Hall (1971, p. 118) écrit que chaque langue contribue pour une part importante à structurer le monde perceptif de ceux qui la parlent, et qui ne peuvent échapper aux interprétations qu'elle impose. Il en est ainsi également dans les langages des professionnels qui construisent l'espace matériel en caractérisant les propriétés et attributs perceptifs. Chez les architectes et les architectes paysagistes, le langage qui désigne l'espace est particulièrement développé. Et chez ces derniers, le vocabulaire de la relation sensorielle des humains à l'espace prend une place particulière. Parce qu'il nomme les signes et structures spatiales perçus, autant qu'il caractérise par le jugement les sensations recherchées et éprouvées par les praticiens eux-mêmes.

Les paysagistes construisent des espaces extérieurs que, en suivant Edward T. Hall, on pourrait nommer à organisation fixe (Hall, 1971, p. 132 sqq.), par exemple des places urbaines, des jardins publics et privés, des accompagnements d'autoroutes, des cours d'écoles ou des belvédères. Comme dans une maison avec des pièces spécialisées, chaque espace remplit une ou plusieurs fonctions ; la place : l'organisation du marché ou des cérémonies civiles et religieuses ; le jardin de quartier : l'accueil des habitants voisins, les activités sportives ou des expositions ; l'aménagement paysager autoroutier : l'insertion de l'autoroute dans l'environnement qu'elle traverse et le belvédère : la possibilité d'admirer un paysage, quel qu'il soit. Mais, contrairement à la maison qui isole les habitants de l'espace extérieur par ses murs et sa façade, les espaces soumis aux projets des architectes paysagistes sont de plus en plus destinés, surtout en Europe, aux usages publics. Même s'ils sont localisés dans un périmètre privé, comme un parc de loisirs.

Dans ce cadre extérieur au bâti, les comportements des usagers sont visibles par tous. Les conventions et les règles sociales de l'« être ensemble » public s'imposent alors d'autant plus que l'espace offrira à la fois des lieux à usages spécialisés (des jeux d'enfants, des restaurants, des terrains de tennis) et non spécialisés (une vaste prairie, une esplanade, un sentier le long d'une rivière). Ces deux modèles d'espaces publics de loisirs, l'un à usage contraint et sélectif et l'autre libre, ne sont pas les seuls. Les formes géométriques de certains espaces extérieurs d'immeubles s'opposent à l'absence de dessin fixe adoptée par les gestionnaires adeptes de la gestion différenciée des espaces verts publics ; les parcs clos, fermés et surveillés aux espaces verts accessibles en permanence.

Selon leur culture d'origine, leur âge, leur sexe et leur histoire personnelle, les usagers expriment des préférences pour telle ou telle organisation d'espace public. Surtout en fonction de ce qu'ils viennent y chercher et de ce qu'ils peuvent y accomplir (un sport individuel ou collectif ; un pique-nique ou une recherche de solitude). Mais les concepteurs paysagistes, qui méconnaissent en général les schémas internes fixes des usagers potentiels, s'aventurent rarement vers des modes de conception participatifs ou trop spécialisés. Ils privilégient le plus souvent la cohérence visuelle et fonctionnelle des formes, et la satisfaction du client aux dépens parfois des besoins spécifiques d'une partie des usagers. Ce qui oblige quelquefois les gestionnaires à modifier l'organisation des espaces prévus par les designers dans leurs projets initiaux.

Une solution est de créer des espaces semi-fixes, dont une partie des éléments constitutifs peut être déplacée par les gestionnaires, ou sont mobiles par eux-mêmes ou naturellement. À la manière par exemple des cloisons amovibles dans les appartements. Les chaises des parcs publics permettent ainsi à chacun de s'isoler ou de se regrouper dans un lieu choisi, ce que ne permettent pas des bancs fixes. La chute des feuilles apporte la lumière là ou en été l'ombre est recherchée. Les décorations florales des massifs varient avec les saisons.

Dans ces deux types d'espaces, fixes et semi-fixes, les relations entre usagers dépendent de la manière de diriger leurs déplacements (allées, belvédères, escaliers, platelages, ponts) et leurs stationnements (bancs, tables, gradins, enclos intimistes). Elles ne font pas toujours l'objet d'une réflexion poussée, mais induisent en partie les quatre distances interindividuelles que distingue Hall : intime (la possibilité du contact corporel), personnelle (la sphère protectrice de 45 à 125 cm chez les Américains, la promiscuité), sociale (la relation interpersonnelle supposant 1,20 m à 3, 60 m) et publique (la vision de l'autre, mais sans relation d'échange :  de 3, 60 m à plus de 7 m).

Pour mettre en évidence les comportements spatialisés des usagers des espaces publics, nous étudierons des projets réalisés et choisis par un comité de sélection d'architectes paysagistes européens et publiés dans deux ouvrages Fieldwork (2006) et On site (2009)1. L'analyse des langages utilisés, mots et images, permettra de mettre en évidence, selon les projets (lieux, auteurs) des similitudes ou des différences de conception et d'organisation. Elle sera riche d'enseignement également sur les valeurs privilégiées par les paysagistes eux-mêmes.

Une scénographie multisensorielle pour un usager idéal

Pour les concepteurs, la figure de l'usager idéal des espaces publics paysagers est d'abord un spectateur, marcheur ou immobile, seul ou en groupe, adulte, enfant ou adolescent, curieux de l'environnement visuel qui lui est proposé sur un mode scénographique. On pourrait penser qu'il tient une place importante dans la communication des projets. En fait, 18 % d'images dans Fieldwork et à peine 30 % dans On site donnent une place à des figures humaines schématiques, en majorité groupées (au moins par deux) : des enfants, des couples, des familles, beaucoup plus rarement des foules (stades ou marchés). Les usagers y sont très rarement montrés dans l'exercice de leurs pratiques spécifiques de loisirs : le jogging, l'équitation, le cyclisme, la pêche ou les jeux de cartes. Ils sont représentés le plus souvent comme des promeneurs jeunes et paisibles, des spectateurs contemplatifs et de jeunes parents attentifs aux jeux de leurs enfants.

La majorité des images illustrant les projets ne montre donc pas de figures humaines d'usagers. Ces images, vides de présence humaine, exposent des vues d'ensemble et partielles des projets conçus paradoxalement pour attirer les usagers. La proportion de celles qui présentent une dominante d'éléments de nature (au moins 50 % de ciel, végétal, eau et rochers) ne dépasse pas 38 % (Fieldwork) et 45 % (On site). Et pour 4 à 9 projets, selon les ouvrages, la référence à des attributs considérés comme naturels est absente ou quasi absente.

S'il n'est pas majoritaire dans les images, l'intérêt pour les usagers varie selon les pays européens. Ce sont les concepteurs français et néerlandais qui, dans On site, marquent le plus d'intérêt pour les besoins des usagers des quartiers concernés (respectivement 3,4 et 4,3 images significatives par projet). Selon le jury, les concepteurs du parc d'Eole à Paris (XVIIIe et XIXe) ont été plus attentifs aux demandes des quartiers voisins défavorisés et marqués par le multiculturalisme que ceux de la plaine des Afrikaanders à Rotterdam où le même contexte social était présent. Cette attention pour la participation des usagers n'est présente que dans une seul projet de Fieldwork (la cour de récréation de l'école de Daubeney à Londres).

La figure européenne de l'usager des aménagements paysagistes se déduit en fait par défaut.  À l'exception des images du parc d'Eole, de la plaine des Afrikaanders et de la cour d'école de Daubeney où l'on voit des hommes et des femmes d'origine africaine ou orientale dont certaines (avec foulards) sont présumées musulmanes, l'usager (homme ou femme) des parcs est plutôt un Européen à la peau blanche, sans attributs religieux, ethniques, régionaux ou nationaux. Plus qu'européen, il apparaît comme cosmopolite avec des attributs corporels et vestimentaires indifférenciés. Avec une exception cependant : les cavaliers en habit traditionnel portugais, acteurs de la picaria du parc Ribeirinho.

Il en est de même pour les caractères matériels des aménagements paysagers qui ne traduisent pas en général des valeurs paysagères régionales ou nationales des pays d'Europe. Quand ils sont singuliers, ils n'ont pas recours à des signes identitaires et communautaires. La couleur rouge, par exemple, est un marqueur visuel distinctif de deux projets originaux :  les espaces publics recouverts de caoutchouc rouge du quartier de la banque suisse Raiffeisenbank à la périphérie du centre de Saint-Gall, et les aires de jeux, vertes (pelouses) et rouges (caoutchouc) du parc de Riem près de Munich. De même, la mise en scène de la lave volcanique dans le parc national espagnol de Garootxa souligne « le caractère mystique du parc Piedra Tosca », mais ne révèle aucun trait spécifique relatif à l'Espagne ou à la construction européenne. En revanche, les aménagements des espaces extérieurs du quartier du gouvernement de Spreebogen à Berlin, réalisés par les architectes paysagistes Cornelia Müller et Jan Wehberg, s'inscrivent explicitement dans une symbolique de la réunification allemande et de la démocratie européenne. C'est le seul projet parmi 81 qui prend un sens dans la construction politique européenne.

Dans une première étape, il faut admettre que la pratique paysagiste, essentiellement scénographique, n'adhère ni à des idéologies régionales ou nationales ni à des célébrations de la construction politique européenne. Les espaces publics créés ne montrent ni ne revendiquent d'identité européenne explicite. Ils pourraient être réalisés en Asie ou en Amérique en suivant les principes de l'identification géographique et sociohistorique locale.
À moins que ces projets ne procèdent par manifestes - ils existent - pour attirer l'attention du public sur des processus économiques et sociaux lourds qui affectent la plupart des paysages européens : la déprise agricole en montagne, la pollution des eaux ou l'abandon des industries par exemple.
À moins que la mémoire des lieux ne singularise plus les sites aménagés que les images de projet ne le montrent pour exprimer les identités et les altérités locales.

Le pouvoir des mémoires locales

La résistance aux amnésies collectives est une des caractéristiques de la rhétorique paysagiste depuis les années 1970 en Europe. Elle est devenue un des modes usuels de l'attribution d'un sens mémoriel à des sites qui n'en disposaient plus. Cette pratique, qui contribue à façonner des identités paysagères localisées, n'est cependant pas systématique et prend des formes très différentes.

Dans les deux ouvrages, qui exposent un échantillon des bonnes pratiques paysagistes en Europe, 30 projets sur 81 s'appuient sur l'interprétation et la valorisation d'éléments historiques des paysages. Les échelles temporelles sont cependant très variables.

Dans On site, les uns (5) situent le rappel anamnésique à l'échelle géologique. C'est le cas des belvédères des sites touristiques suédois de Sidensjö (la mise en scène de la lente remontée postglaciaire de la péninsule) ; de la plantation des pins dans le petit parc des Droits-de-l'homme à Munich, évoquant également les paysages postglaciaires ; ou encore de la scénographie des coulées de la lave volcanique, vestige de l'éruption du Croscat en 9 500 avant J.-C dans le parc Pedra Tosca en Espagne.
Les autres s'intéressent à la mise en mémoire archéologique et historique de lieux urbains et postindustriels : à la mise en espace et en lumière de l'aqueduc du XVIe-XVIIe siècle d'Amoreira à Elvas (Portalegre) ; à la création des espaces publics du site industriel de Zollverein (Ruhr) inscrit en 2001 au patrimoine mondial architectural de l'Unesco ; à la protection contre les crues du site archéologique du couvent de Sainte-Clara, voisin du parc de Mondego à Coimbra ; à la réouverture d'une portion de canal urbain à Malines (Belgique) ; à la remémoration d'une ligne urbaine de chemin de fer à Zurich ; à la création de cimetières ou encore à l'accès aux vestiges historiques des quartiers urbains et industriels de Manchester dessinés à la fin du XVIIIe siècle, ou aux ruines des forums romains.
Les derniers concernent la réinvention de jardins urbains du XIXe siècle délaissés à Evora et à Sierre (Suisse), mais également la conservation de la mémoire écologique de marais pâturés en Suisse ou la remise en arboriculture de terrasses agricoles abandonnées d'une villa près de Savone (Italie) ou à Cap Roig (Espagne).

Ces pratiques anamnésiques sont presque toujours combinées avec la théâtralisation des lieux, diurnes (parcours de promenade souvent en belvédère) et nocturnes (mise en lumière). Elles mettent à contribution la morphologie des sites pour en exploiter le potentiel d'ambiances et de vues scéniques, d'accueil des usagers et de réponses aux commandes diverses des clients (protection contre les crues, remise en cultures, protection des biotopes fragiles, attraction des lieux publics, etc.).

Dans la plupart des cas, la mémoire locale, réinventée et scénographiée, est donnée à ressentir et à partager par des usagers en quête supposée d'émotions et de connaissances. Là encore, il n'y a pas de construction de lieux de mémoire explicitement européens, à l'exception du Emscher Park de Duisburg célébrant la mémoire sidérurgique de la Ruhr et du projet interfrontalier de Métropole verte consacré au souvenir de l'exploitation des mines de charbon nord-européennes. Les proxémies des usagers qui sont représentées par l'image relèvent essentiellement des domaines publics et sociaux. La socialisation par l'échange, le contact verbal et physique reste virtuel, car l'usager demeure une figure schématique, réduite le plus souvent à une silhouette figée, discrète et paisible. Aucune altérité sociale n'émerge dans le monde idéalisé des paysagistes.

Est-ce dire que la figure convenue de l'usager est anesthésiée, privée de sensations ? Ce qui serait paradoxal étant donné les finalités des paysagistes : dépasser les faits techniques et les intégrer dans des œuvres dont les formes sont faites pour que l'usager éprouve des sensations et des émotions. Les professionnels répondent par un langage où leur expertise est exprimée par le vocabulaire des jugements fondés sur la nature de leurs émotions et de leurs sentiments.

Le langage paysagiste des émotions

Les praticiens européens s'expriment d'abord à travers les mots qui leur permettent de décrire les projets. Pour exprimer leurs jugements des qualités et défauts des projets, ils utilisent également des mots qui traduisent les sensations éprouvées en pratiquant les espaces aménagés (ou en les appréciant à travers des images et les mots de leurs confrères


Figure 1. Le vocabulaire paysagiste des jugements de projets (par ordre d'occurrence décroissante dans les deux ouvrages Fieldwork (2006) et On Site (2009) : 90 mots (cités en partie).

En ce début de XXIe siècle, les paysagistes cités dans Fieldwork et On site apprécient avant tout la simplicité, la subtilité et l'identité des projets qui induisent chez eux des sentiments de « sérénité, de calme, de douceur, de clarté, d'équilibre, de modestie et d'apaisement2 ». Ils se déclinent selon plusieurs variantes qui traduisent les impressions nuancées des professionnels : « Fascination pour le miroir d'eau de Bordeaux et l'expérience sensorielle qu'il permet » ; « Pureté du parti de projet concernant le site du siège de la Gestapo à Berlin lequel provoque une expérience poétique du paysage sans pour autant manipuler nos émotions » ;  « Consistance et force de l'organisation du parc de Mondego à Coimbra », « Discrétion et ambiance ludique du site patrimonial de Zollverein dans la Ruhr » ; « Subtilité » de la rénovation du jardin municipal historique d'Evora ; « Générosité » de la proposition d'aménagement du Maselakepark à Berlin ; « Élégance et délicatesse » de l'expression formelle des terrasses de vergers de la propriété Isasco près de Savone.

Mais ils sont aussi sensibles à d'autres stratégies de projet qui s'écartent de la déclinaison des sentiments d'un ordre paysager attendu ou souhaitable. Les unes privilégient les événements surprenants pour les usagers des sites. Dans le centre-ville de Frederiksberg, le coassement des grenouilles et les chants des oiseaux accompagnent la brumisation de l'espace et, pendant la nuit, les mises en lumière verte, orange et rouge. Des éclairages bleutés illuminent le canal de Malines à la tombée du jour. « Le caractère mystique » de son entrée singularise le parc volcanique Pedra Tosca et la « réelle beauté poétique » de la vaste prairie urbaine à « une performance en soi » - marque l'accès peu ordinaire du stade Allianz Arena de Munich. Et, à la limite d'installations artistiques, ces surprises peuvent se transformer en « subversion et provocation » dans le concept inhabituel de « tapis rouge » du City Lounge de Saint-Gall. Ou dans l'œuvre déconcertante de l'artiste Katja Schenker, inspirée des textes de Jorge Luis Borges et créée dans la cour du bureau fédéral de topographie de Wabern en Suisse.

Les autres stratégies remarquées relèvent d'attentions aux usages sociaux de l'espace. « Attention à la délimitation par des platelages en bois des espaces piétons et automobiles » dans la petite cour de l'imprimerie Hahn (Hanovre) ;  pérennisation et renouvellement inventif des usages ludiques des espaces pour les enfants dans le parc des Cormailles à Ivry- sur-Seine près de Paris ; possibilité pour les touristes d'une lecture attentive des paysages de fjords en Norvège à partir d'aires de pique-nique ; renforcement des bancs et des grilles pour limiter le vandalisme dans le parc de Potters Fields à Londres ; choix de longues banquettes en granit pour « inciter à une forme de socialisation », mais aussi de matériaux en bois et en brique dans les enclos « pour renforcer le sentiment d'intimité ». À Bordeaux, c'est la convivialité du projet de tramway « rendant aux usagers l'espace habituellement réservé aux infrastructures » qui est soulignée3. Parfois, ce sont les usagers et les commanditaires associés qui s'expriment par l'entremise du concepteur en disant «  la fierté des habitants de disposer du nouvel aménagement » valorisant l'esthétique du vide aux abords du stade olympique de Rotterdam.
Plus rarement, c'est la capacité des praticiens à vaincre la résistance conservatrice des élus commanditaires qui est mis en avant (à Benavente au Portugal).

A contrario, le jury de On site a déploré le manque de liens d'un projet de quartiers résidentiels avec les paysages environnants (le quartier Waterrijk d'Eindhoven) ; regretté le formalisme excessif des équipements du nouvel accès à la ville d'Elvas et de l'espace public du quartier d'Ancoats à Manchester ; l'austérité et le désordre accumulatif « faisant disparaître la qualité mystérieuse de l'ancien site industriel de Zollverein4 »  ou la « conception plus chaotique que formelle » de la terrasse du Bürgerpark à Leipzig.

L'hypertrophie du sens visuel, portée par la mode ancienne du pittoresque paysager contemplé sur le mode passif, semble avoir été remplacée par une relation multisensorielle et dynamique à l'espace. Le sens visuel est encore prépondérant, mais d'autres sensations, sonores et tactiles, jouent un rôle, encore discret, pour  qualifier l'espace public. Peut-on alors parler d'une nouvelle relation des usagers à l'espace aménagé, d'une nouvelle proxémie ?

Une proxémie paysagiste géomédiatisée

Les paysagistes concepteurs contemporains se sont peut-être affranchis de la question des modèles culturels anthropologiques déterminant la distance spatiale entre les individus. Ils ne les ignorent pas, puisque, en filigrane de leurs projets, on repère des allusions - rares il est vrai - aux distances personnelles, sociales et publiques entre les usagers. Mais leur logique de conception est fondée sur d'autres principes que nous appellerons géomédiateurs (Donadieu et Rejeb, 2009). Ce qui signifie que les caractères ou attributs de l'espace matériel perceptible peuvent être mobilisés (conservés, transformés ou créés) par des praticiens pour s'inscrire dans des projets sociétaux toujours localisés. Ceci afin de trouver des réponses spatiales concrètes à des questions sociales et politiques, locales mais aussi globales et mondialisées (les risques climatiques, l'érosion de la biodiversité par exemple).

Le modèle proxémique, que  nous pourrions qualifier de paysagiste, ne vise pas un usager caractérisé par des critères individuels (sexe, age, histoire personnelle) ou socioculturels (religion, nationalité, origine géographique, ethnique ou familiale). Il relie les concepteurs par l'idée que l'usager est d'abord un individu vivant doué d'une sensorialité et d'une sensibilité (d'une perception esthésique) qui le mettent en relation directe avec son environnement perceptible. Il en résulte des impressions, des émotions, des sentiments et des savoirs qui déterminent ses comportements et pratiques, sociaux et individuels, ses jugements et donc ses préférences d'usager des espaces modelés pour les satisfaire.

Le monde sensoriel de chaque usager d'espace reste donc bien différent, comme l'écrivait Edward T. Hall. Mais, dans les espaces paysagers contemporains, les cultures diverses des usagers sont autant explicatives (la dimension cachée), que les attributs matériels de ce qui est proposé à ressentir (la dimension sensible). Les catégories socioculturelles deviennent alors socioesthésicoculturelles. Et à ce titre, nous pouvons faire l'hypothèse qu'est ainsi construit un dénominateur esthésique commun (une sensibilité aux caractères perçus de l'espace), qui  transcende les distinctions sociales et culturelles entre usagers.

Quand l'usager fréquente un lieu paysager, il n'est pas d'abord catholique ou musulman,  asiatique ou européen, homme ou femme, jeune ou vieux, actif ou retraité. Il est d'abord un usager et un consommateur d'espace. De la même façon que le client d'un supermarché pense à ce qu'il pourrait y acheter ou le pêcheur au bord de l'eau aux poissons qu'il aimerait capturer. Ce sont les stimuli du lieu vécu qui déclenchent - pensent les paysagistes - les sensations, émotions et sentiments des usagers. Ce qui ne les empêche nullement, et successivement, de penser à toute autre chose qu'au lieu où ils sont et à ceux qui le fréquentent.

L'usager d'espace public est donc une figure à la fois universelle (un être sensible à ce qui l'environne) et singulière (un être façonné par une histoire culturelle personnelle). Et pour ces deux raisons, les lieux paysagistes sont simultanément universels (supra socioculturels, ils s'adressent à tous, sans idée sélective a priori), et particuliers (ils traduisent les singularités sociales, historiques et géographiques d'un site et d'une commande). Les espaces paysagistes sont ambivalents, à l'image de leurs usagers.

La pratique de la géomédiation paysagiste consiste précisément à inscrire le projet dans ce double contexte, sociétal de l'usager universel, et spatial du site singulier ou à singulariser. La proxémie paysagiste concerne alors moins la distance entre les individus, que la manière dont ils trouvent dans la configuration spatiale des espaces paysagers la possibilité de nouer des relations variant de l'intimité corporelle à la mise à distance publique.

Aux cultures particulières, qui chez Hall induisaient la distance interindividuelle, se substituerait une culture universelle de l'espace paysager, qui contournerait, grâce à la recherche d'identités spatiales situées, le risque de la réplication mimétique d'un modèle unique. Ce que les styles paysagers et de l'espace vert international n'avaient pu éviter.

Conclusion

En analysant les projets de paysage sélectionnés par les architectes paysagistes européens, nous avons voulu montrer que les principes proxémiques de distance spatiale, que l'anthropoloque Edward T. Hall avait mis en avant il y a cinquante ans pour remédier à la crise spatiale urbaine, avaient changé. Les modèles spatiaux culturels de chaque groupe national européen (les Français, les Allemands, les Italiens par exemple) semblent aujourd'hui ignorés, ou inactuels, au profit d'une figure universelle non spécifiquement européenne d'usager, et d'une particularisation ni nationale ni régionale des sites aménagés dans chaque pays d'Europe. Certes la politique patrimoniale de paysage d'Emscher Park 2010 dans la Ruhr est aussi remarquable que le projet interfrontalier Métropole verte de l'agence TER. Mais ce modèle de mise en mémoire industrielle parti des États-Unis (Gas Works Park, Richard Haag, 1971) a été diffusé dans de nombreuses régions urbaines, notamment en Chine. Il a été internationalisé.

Au vu des ouvrages publiés par la Fondation européenne d'architecture du paysage, il est difficile de savoir si les Méditerranéens restent toujours des adeptes « d'une promiscuité impliquant généralement une vie sensorielle très intense », ce qui était attribué dans les années 1960 à la crise  généralisée du logement ;  si les Français savent comme jadis « jouir de la variété des perspectives et de la diversité des sens et des odeurs, en profitant de larges trottoirs, des avenues et des parcs » (Hall, 1971) et si les Allemandes n'aiment toujours pas être regardées lorsqu'elles sont à la distance publique, contrairement aux Françaises. Mais il y aurait sans doute lieu d'y réfléchir si les paysagistes devenaient un peu anthropologues !

Ce qui apparaît en revanche dans la culture des paysagistes européens, et notamment dans la conclusion de Lisa Diedrich dans On site, c'est l'idée que l'aménagement urbain ne peut être laissé au seul marché immobilier ; qu'il doit être planifié et organisé pour que les formes des lieux soient perceptibles, en étant représentées, nommées et appropriées par l'expérience corporelle en tant que biens communs fonctionnels, symboliques et esthétiques.

Ce qui revient à mettre en avant, non pas seulement les relations interindividuelles, mais également et surtout les relations de chacun à l'espace perçu. Ceci en tant que les caractères retenus construisent une culture spatiale commune localisée et mondialisée. La capacité des paysagistes à induire cette géomédiation, du particulier (du jardin, de la parcelle) au plus général (le lotissement, le quartier, la ville, la région urbaine) semble aller de soi pour Lisa Diedrich. En fait, ce qui est le plus convaincant ou le plus séduisant n'est pas de parler
d'« urbanisme orienté par le paysage » ou de « landscape urbanism ». C'est l'ambition de ces professionnels de dépasser les enjeux sociopolitiques, scientifiques et techniques de l'aménagement des territoires par le langage spatial des émotions et des sentiments partagés. Non seulement ceux des praticiens, mais également des usagers. Car seuls ces derniers, du niveau intime au niveau social, sont capables de juger en dernier ressort de leurs espaces communs localisés en y forgeant leur citoyenneté : par exemple en jugeant l'accessibilité de l'espace et ses attributs de soutenabilité, y compris ceux de l'identité culturelle territorialisée sous-estimée sans doute par les paysagistes.

Le modèle proxémique de Hall garde donc en pratique son actualité, car il montre que la seule distance publique entre les usagers, sans échanges sociaux, ne peut suffire à construire le bien commun paysager, qui doit devenir explicite et partageable, pour être débattu de manière démocratique. Ce bien commun paysager à géomédiatisé - pourrait être aujourd'hui le nom réactualisé de ce que l'anthropologue avait appelé dans sa définition de la proxémie « un produit culturel spécifique ».

Les images citées sont issues de l'ouvrage On site. On trouvera, notamment, aux pages suivantes : le parc Ribeirinho à Benavente au Portugual (p. 24) ; Le miroir d'eau de Bordeaux (p. 40) ; l'entrée ouest du parc de Mondego à Coimbra (p. 52) ; le parc de Zollverein à Essen (p. 64) ; la cour de l'imprimerie Hahn (p. 88) ; le parc des Cormailles à Ivry-sur-Seine (p. 92) ; le parc Pedra Tosca de Les Preses en Espagne (p. 100) ; le parc de Potters Fields à Londres (p. 110) ; le parc de l'Allianz Arena à Munich (p. 126) ; la plaine des Afrikaanders à Rotterdam (p. 158) ;  le City Lounge dans le quartier de Raiffeisen à Saint-Gall en Suisse (p. 166) ; les deux quais de Sidensjö en Suède (p. 170) ; le Lettenareal à Zurich en Suisse (p. 194) ; la stratégie Recréer la nature à Beveren en Belgique (p. 204).


Quelques réflexions sur le vocabulaire de la version anglaise de On site

Sylvie Nail, professeur de civilisation britannique à l'université de Nantes 

L'analyse linguistique révèle une grande similitude des mots dans les deux langues anglaise et française. J'aurais tendance à dire que ceci tient à deux facteurs, d'une part à une internationalisation du vocabulaire due sans doute à la nature polyglotte du jury, donc un effet de calque des mots d'une langue dans l'autre, et d'autre part à l'utilisation des mots par un corps de métier. Les Britanniques dans leur ensemble n'utiliseraient sans doute pas ces mots-là de cette façon-là (des mots comme dignified ne s'appliqueraient pas à autre chose qu'à un caractère par exemple, ou le mot delicate ne serait équivalent à « délicat » dans son sens « raffiné » que dans son 5e sens dans le dictionnaire, les premiers sens renvoyant surtout à quelque chose de compliqué, de difficile à résoudre ou de diplomatiquement délicat). Le côté sophistiqué du langage professionnel des paysagistes domine par rapport à une idiosyncrasie quelconque de chaque langue.
 
Je suis frappée par l'attrait de la simplicité (« simple, simplicity, pure, straightforward, minimalist, clean, neat, clarity, clear »), visiblement un trait de notre époque, produisant un effet subtil (« subdued, dignified, quiet dignity ») et élégant, un peu comme si c'était la gageure de réconcilier des moyens simples avec un effet complexe ou sophistiqué qui était l'élément valorisé dans le jugement des membres du jury.
L'importance des mots tournant autour de la sensibilité et de l'appel aux sens est très marquée, avec un mélange de visuel (« visually appealing »), d'imaginatif (la référence récurrente au poétique - « poetic, poetical, mystical, fairy tale » en témoigne) et d'effets psychologiques allant de la stimulation (« exciting, stimulating, explosive, vitality, active, inventive, invigorating, intensity ») aux effets calmants (« soothing, serene »).  L'intelligence, l'analyse, elles, sont réservées aux projets qui produisent ces effets sensuels.
 
Par ailleurs, on trouve fréquemment un mélange dans les adjectifs entre ceux qui marquent une démarche et ceux qui parlent du résultat de cette démarche, au point que parfois on ne sait pas bien ce qui a plu au jury : dans le premier cas, l'utilisation des adjectifs « intelligents », tout ce qui tourne autour de l'humour « playful, humour », qui décrivent des processus et des intentions en quelque sorte ; dans le deuxième cas, la référence à la beauté (« beautiful, elegant, pleasant, attractive, sublime), à l'équilibre (« well-balanced »), à l'attrait (« inviting, accessible, friendly »).
Enfin l'identité et le lien apparaissent un peu : (« sense of place, intimacy, unique »), mais dans l'ensemble, les termes font référence à des réactions individuelles et non à la stimulation d'échanges sociaux, sauf quelques exceptions (« participatory, friendly ») : l'heure est à la sensibilité et à la découverte individuelle dans des ambiances soigneusement orchestrées.

Mots-clés

Paysage, Europe, géomédiation paysagiste, proxémie, projet de paysage
Landscape, Europe, landscape geomediation, proxemics, landscape project

Bibliographie

Blanchon, B., « Les paysagistes français de 1945 à 1975 », Les Annales de la recherche urbaine, n° 85, 1999.

Desvigne, M., Natures intermédiaires, les paysages de Michel Desvigne, préface de J. Corner et de G. Tiberghien, Bâle, Birkhäuser Verlag AG, 2009.

Donadieu, P., Les Paysagistes, Arles, Actes Sud, 2009.

Donadieu, P. et Rejeb, H., Abrégé de géomédiation paysagiste, Institut supérieur d'agronomie de Chott Mariem, université de Sousse, 2009.

Hall, E. T., La Dimension cachée,  Paris, Seuil, 1966/1971.

Landscape Architecture Europe Fundation, Fieldwork, Wageningen, Fondation européenne pour l'architecture du paysage, 2006.

Landscape Architecture Europe Fundation, On Site, l'architecture du paysage en Europe, Arles, Actes Sud/LAE Fundation, 2009.

Lassus, B., Couleur, lumière, paysage, instants d'une pensée pédagogique, Paris, Monum, Éditions du Patrimoine, 2004.

Leenhart, J., Michel Corajoud, Paris, Hartman, coll. « Visage », 2000.

Pierluigi, N., Repishti, N., Dictionnary of to day's Landscape designers, Milano, Skira editore, 2003.

Provost, A. et Racine, M., Allain Provost, paysages inventés, Oostkamp, Stichting Kunstboek, 2004.

Racine, M. (sous la dir. de), Créateurs de jardins et de paysages, Arles/Versailles, Actes Sud/ENSP, 2 tomes, 2001 et 2002.

TER (Agence), Bava, H., Hoessler, M., Philippe, O., Eaux, Strates, Horizons, Lucerne, Quart éditions, 2001.

Tiberghien, G. « Forme et projet », Les Carnets du paysage, n° 12, 2005, p. 89-103.

Vigny, A., Jacques Sgard, paysagiste et urbaniste, Wavre, Mardaga, 1995.

Vigny, A., Latitude Nord, nouveaux paysages urbains, Arles/Versailles, Actes Sud/ENSP, 1998.

Auteur

Pierre Donadieu

Professeur à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles-Marseille.
Courriel : p.donadieu@versailles.ecole-paysage.fr

Pour référencer cet article

Pierre Donadieu
Nouvelles proxémies en Europe ?
publié dans Projets de paysage le 18/07/2010

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/nouvelles_proxemies_en_europe_

  1. Ces deux ouvrages présentent sous forme de textes courts et d'images (respectivement 426 et 278) les projets sélectionnés, en général réalisés (respectivement 43 et 38), par un jury d'experts européens réuni à Wageningen par la Fondation européenne pour l'architecture du paysage. Dans Fieldwork, les projets nord-européens, hollandais (9) et allemands (5), dominent ; dans On site, ils sont plutôt suisses (7) et allemands (7).
  2. Dans Fieldwork, les mots « simplicité, subtilité, attractivité, beauté, identité et intelligence » sont les plus fréquents.
  3. On Site, op. cit., p. 45.
  4. Ibid., p. 68.