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Les villes nouvelles à l'épreuve du temps

L'exemple de Marne-la-Vallée

New cities and the test of time

The example in Marne-la-Vallee
20/12/2013

Résumé

Les villes nouvelles sont le témoin d'une époque et d'une conception particulière de l'urbanisme et du paysage. Face aux problématiques du développement durable, elles sont des lieux propices d'analyse des mutations paysagères en cours, du renouvellement des manières d'agir et de la façon dont les acteurs perçoivent et envisagent ces évolutions au travers de projets qui questionnent l'historique de la ville nouvelle et les représentations de la nature. Les formes et les enjeux de ces évolutions paysagères font l'objet d'une thèse, dont cet article expose les premières analyses. Marne-la-Vallée, en cours de construction depuis les années 1970, offre à cet effet un terrain d'étude et d'expérimentation opportun pour analyser ces évolutions paysagères.
New towns are witnesses of their time and particular conceptions of urbanism and landscape. Facing sustainable development issues, they are favorable sites for analyzing landscape changes in progress, changes in the ways of acting and the ways actors discern and consider this evolution through projects which question the history of the new town and the representation of nature. The forms and stakes of this landscape evolution are the subject of a PhD for which this article submits the first analysis. Marne-la-Vallée, in construction since the 70's, offers an ideal site for studies and experimentation into analyzing these landscape developments.

Texte

« Une ville, même détruite, ne peut pas être reconstruite avec des données neuves, il faut pour qu'on puisse y arriver qu'on ait supprimé deux choses : le dernier habitant et le cadastre. »
Marcel Lods,
L'Architecture française, n° 141-142, 1953

Malgré leur dénomination, les villes nouvelles ne s'installent pas sur des territoires vierges, et intègrent différemment de nombreuses traces du passé. Nous montrerons d'abord que par leur taille, leur unité, et la rapidité de leur construction, ces nouveaux paysages issus des grands programmes sont le témoin d'une époque et d'une pensée bien particulière sur l'urbanisme, mais héritée de réflexions souvent plus anciennes. Par la suite, nous nous attacherons à étudier le rôle fondateur des villes nouvelles dans le développement de la profession de paysagiste. Enfin, nous verrons que les villes nouvelles constituent des lieux d'études privilégiés pour analyser la manière dont les paysages issus de grands programmes évoluent dans le temps, et la manière dont les représentations de la nature exercent leur influence sur les politiques publiques, les pratiques sociales et la conception des paysages urbains. En effet, face à de nouvelles actions et à des principes de gestion en lien avec les idées du développement durable qui renouvellent la construction des pensées contemporaines sur les villes, ces espaces deviennent propices à l'analyse des mutations paysagères en cours. Le renouvellement des modèles paysagers1 et la manière dont les acteurs perçoivent et envisagent ces évolutions questionnent l'historique de la ville nouvelle. Le but de la recherche est ainsi de comprendre comment les paysages, résultant d'une action politique forte, intègrent la dimension temporelle, en étudiant les dynamiques et les évolutions des structures paysagères et urbaines ainsi que les représentations de la nature sur lesquelles se fonde la ville nouvelle. La prise en compte du développement durable conduit-il vers de nouveaux vocabulaires formels ? Renouvelle-t-il les méthodes et outils de création des villes et les rapports à la nature ?

L'épreuve du temps doit alors être comprise ici comme un processus à l'œuvre qui pose question, et qui nécessite adaptation, transformation et réappropriation. Au final, la ville nouvelle questionne l'intégration de la ville dans la nature, et inversement. Nous essayons dans cette recherche d'étudier l'évolution des paysages sur le temps long et les modèles de pensées qui les sous-tendent, au prisme du développement durable qui irrigue aujourd'hui les discours contemporains sur la ville.
Le croisement des méthodes du géographe et du paysagiste permet d'envisager le territoire sous l'angle analytique et projectuel, en mettant en perspective les résultats tirés de l'analyse historique et spatiale pour le tester sur des projets de paysages. Ces projets, testés dans le cadre de la mise en place du schéma de Cohérence et d'Orientation Paysagère (Scop) par le syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) du Val Maubuée, questionnent les méthodes et les représentations des habitants tout autant que des concepteurs.

Marne-la-Vallée, une ville se lève à l'est2

Marne-la-Vallée, en cours de construction depuis les années 1970, offre à cet effet une opportunité pour étudier l'évolution du paysage et les transformations des modèles qui ont prévalu à son aménagement, en questionnant leur pertinence, leur pérennité et l'impact des politiques actuelles sur ces paysages. L'intérêt de ce territoire divisé en quatre secteurs d'aménagement est de permettre d'étudier l'évolution des concepts mis en œuvre, et leur impact paysager.
Construite sous l'impulsion du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne de 1965 qui prévoyait la création de 5 villes nouvelles à la périphérie de Paris, Marne-la-Vallée, la plus grande des villes nouvelles (elle regroupe 26 communes, sur trois départements), doit sa naissance à la volonté d'un pouvoir central, délimitant un périmètre qui englobe d'un trait aussi bien d'anciens bourgs que des forêts, des terres agricoles, des parcs historiques...
Répartie sur plus de vingt kilomètres d'est en ouest et cinq kilomètres environ du nord au sud, la ville nouvelle de Marne-la-Vallée a été divisée en quatre secteurs, avec une gradation de l'urbanisation et un phasage des marges parisiennes vers l'extérieur.



Figure 1.  Localisation de Marne-la-Vallée dans l'Île de France (source Epamarne).

L'ambition était aussi de profiter de l'occasion pour rétablir le déséquilibre historique existant entre l'est et l'ouest de l'Île-de-France et contrebalancer le poids de la Défense (on parle alors de désert de l'Est parisien). La prise en compte des caractéristiques du site (Marne, espaces naturels, forêts) a conduit à privilégier un mode de développement linéaire où les axes de communication jouent un grand rôle. Le secteur 2, le Val Maubuée, sur lequel s'appuient les exemples développés dans cet article, constitue un territoire original, conçu dès les années 1970 (permettant une appréhension du temps), et témoin de l'évolution de la ville nouvelle et du développement vers l'est.

Comme le constatent les auteurs du Scot (2010), « l'agglomération du Val Maubuée constitue un espace de concentration urbaine qui fait paradoxe avec l'image de la «ville à la campagne» que la ville nouvelle a souvent voulu véhiculer ». Dans quelle mesure le désir de mettre de la « nature » dans les villes nouvelles a conduit aux aménagements tels qu'ils ont été réalisés ? Comment les paysages issus de cette planification évoluent face aux temps et aux nouvelles attentes en matières de développement durable ?
L'analyse de la ville nouvelle du point de vue de l'histoire des paysages, en s'interrogeant sur le moment précis de leur émergence (c'est-à-dire le contexte à la fois paysager, social, politique et culturel), et sur l'évolution des théories et des concepts de l'aménagement, permet d'évaluer les relations entre les images construites et les matérialités paysagères que l'on peut observer.

Marne-la-Vallée aux sources de l'hygiénisme. Un exemple d'aménagement du territoire

Les villes nouvelles s'inscrivent dans une réflexion de longue date sur les relations entre ville et nature. Elles ont été construites selon des modèles paysagers particuliers, hérités d'une pensée sur la ville et l'urbanisme intégrant à la fois la vision du courant hygiéniste (deuxième moitié du XIXe siècle), mais aussi des théories du courant « naturaliste » venu des États-Unis, lui-même inspiré de travaux antérieurs tels que ceux de l'architecte paysagiste Frederick Law Olmsted (1822-1903), ou ceux de Jean Claude Nicolas Forestier en France (1861-1930). Ces théories envisagent le développement urbain à partir de systèmes de parcs, en mettant en relation un réseau d'espaces végétalisés très divers, s'appuyant sur des éléments existants complétés par de nouvelles créations : grands parcs urbains, parcs suburbains, forêts, avenue-promenade... (Forestier, 1908).
Étudier Marne-la-Vallée dans une profondeur historique permet de la replacer dans le courant des utopies urbaines et paysagères qui avaient déjà fortement marqué ce territoire. La ville nouvelle s'inscrit ainsi dans une poursuite de la recherche d'un idéal de la nature au service de la ville, héritier de l'histoire de la pensée urbaine et de sa traduction paysagère mise en œuvre ici depuis le XIXe siècle.

Si Marne-la-Vallée a servi de terrain d'expérimentations de nouvelles conceptions urbanistiques, les grandes structures paysagères de ce secteur présentent une continuité historique remarquable, l'espace de la future ville nouvelle étant en effet déjà composé d'un maillage dense et organisé : chemins, routes, boisements, fermes... résultant de l'organisation des domaines des anciens châteaux (Champs-sur-Marne, Noisiel, Émerainville, Ferrières...). Cette organisation est perceptible dès le XVIIe siècle, mais se trouve renforcée aux XIXe et XXe siècles.
Au fil des achats successifs, la famille Menier, grands industriels chocolatiers, acquiert en effet un ensemble agricole immense de 1 500 ha, appelé « le domaine Menier », qui aura un impact important sur l'organisation de la ville nouvelle.
La cité ouvrière de Noisiel qu'ils réalisent à partir de 1874, très inspirée de celle imaginée par Émile Muller à Mulhouse en 1852, se place dans les réflexions urbaines du courant hygiéniste. Sur 20 ha, elle se compose de 138 maisons mitoyennes disposées en quinconce, avec chacune un jardin planté de douze arbres fruitiers.
La cité devient un modèle d'hygiène pour l'époque3. Le plan d'urbanisme accorde une place centrale aux espaces verts, permettant de relier les différents lieux de la ville (école, usines, maison de retraite, magasins...). Ces nombreux parcs et squares reprennent les principes mis en œuvre par Alphand à Paris : allées sinueuses, plantation d'arbres exotiques, sectorisation des fonctions, voies hiérarchisées, qui renvoient à un art de l'articulation (Blanchon, 2000). Cette création d'une nature artificielle et maîtrisée minimise le contexte puisque le ru du Maubuée qui passe à proximité est ignoré par la composition, les maisons lui tournant le dos pour s'orienter sur le nouvel axe urbain. Une réelle volonté de composition paysagère et de mise en valeur de la citadinité est créée, étendue à l'aménagement du domaine agricole qui est mis au service de ce développement urbain, fournissant la ville et les usines en matières premières (le lait sert notamment à la fabrication du chocolat). L'objectif est de faire de ces terres agricoles un espace de production et un modèle d'organisation spatiale. La ferme du Buisson Saint-Antoine, ferme modèle aménagée en 1880, devient le point central de ce domaine.

Figure 2. Plan du domaine Menier. Document de présentation pour l'Exposition universelle. Sources :  Archives départementales de Seine-et-Marne.

Ce projet de territoire marque une volonté affirmée de réfléchir autant à l'aménagement de l'espace urbain qu'à celui de l'espace agricole. Il en résulte un paysage global ou l'espace rural tient autant d'importance que l'espace urbain. Cette volonté se retrouve notamment dans les allées plantées de tilleuls, de marronniers ou d'autres essences, qui relient les différentes fermes à la ville.

En 1970, la vente de cette vaste propriété en indivision permet à l'État, par le biais de l'AFTRP (Agence foncière et technique de la région parisienne) d'acquérir de grands espaces à urbaniser (correspondant à plus de la moitié de la surface de l'actuel secteur 2), facteur déterminant ayant présidé à l'implantation de la ville nouvelle à cet endroit.

Une trame héritée de ces conceptions

Certains éléments structurants de l'ancien domaine Menier, reconnus pour leurs valeurs patrimoniales, sont alors repris pour constituer les axes forts de la ville nouvelle qui structurent l'implantation du bâti. Les textes d'orientation établis dès 1969 insistent sur la nécessité de respecter la trame de parcs et de forêts préexistante et son utilisation comme repère et support à l'organisation des différentes unités urbaines afin de créer une qualité de vie dans la ville qui s'inscrive dans une dimension patrimoniale.
L'allée des Bois, constituée d'un double alignement de tilleuls, devient un axe de liaison majeur et fédérateur entre les différents quartiers, reliant le parc de Noisiel au bois de la Grange sur plus d'un kilomètre et demi. Elle constitue encore aujourd'hui la colonne vertébrale du système de liaison douce de la ville. L'allée des Noyers, reliant la ferme du Buisson au bois du Luzard, ou l'allée des Marronniers qui relie le château de Champs-sur-Marne au bois de Grâce sont également intégrées dans l'organisation de la ville nouvelle.

L'originalité de Marne-la-Vallée, par rapport à d'autres villes nouvelles, repose sur son polycentrisme, résultant des conditions du site et d'une volonté de se raccrocher aux petits bourgs ruraux existants.
Le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région de Paris (Sdaurp, ancêtre du Sdrif, schéma directeur de la région Île-de-France) préconisait ainsi un développement urbain le long d'axes privilégiés (ville en « chapelets », déjà expérimenté à Stockholm le long des lignes de métro). Le long du RER sont venus s'accrocher les nouveaux centres urbains de chaque secteur avec une densité diminuant progressivement depuis les gares, et reliés aux bourgs par un réseau d'espaces verts existants ou nouvellement créés à l'image des cités-jardins. L'objectif était de protéger les espaces forestiers et les parcs existants qui devaient être conservés au maximum afin de constituer la base d'une trame verte (5 300 hectares sur les 14 800 du périmètre de la ville nouvelle), prolongés au sud-est par le massif forestier protégé de Crécy-Armainvilliers (16 000 ha). Ce maillage a permis de structurer le tissu urbain avec comme objectif de proposer une nouvelle vision de la ville et de l'urbanisme où la « nature » jouerait un rôle majeur.

L'objectif des aménageurs de Marne-la-Vallée était en effet de créer une ville dans la nature, une « ville territoire », en intégrant le paysage rural existant pour permettre une gradation de la ville vers la campagne. Le concept de « ville nature » est d'ailleurs repris dans de nombreux documents et discours d'aménagement sur la ville afin de formuler une image positive mettant en avant la qualité du cadre de vie. La « nature » est revendiquée dès le début et intégrée dans les plans, avec un repérage précis des éléments structurants du territoire reconnus comme éléments de patrimoine (vallées, massifs boisés et parcs de châteaux...). Elle devait s'immiscer dans l'espace vécu des habitants et s'infiltrer dans les pôles d'attraction permettant à la fois la détente des citadins et une structuration du tissu urbain et de leur pratique de la ville. Dans quelle mesure le désir de mettre de la « nature » dans les villes nouvelles a conduit aux aménagements tels qu'ils ont été réalisés ?

En rupture avec la « table rase » des grands projets de reconstruction d'après-guerre issue de la pensée fonctionnaliste et du Mouvement moderne où le site n'est pas envisagé comme élément de conception mais comme support d'une nouvelle géographie inventée destinée à recouvrir un état abstrait, ici les parcs et espaces verts sont issus de la prise en compte du site. Mais ils restent malgré tout pensés comme des instruments au service de l'urbanisme et de l'aménagement devant structurer le territoire. Toutefois, avant de prendre en compte leur utilisation, ils sont d'abord conçus en terme de pourcentage par rapport à l'espace bâti (Soulier, 1968), souvent réduits à leur couleur verte autant sur les plans que dans la réalité où le gazon devient le symbole dominant (Auricoste, 2003). La circulaire Vilmorin (1973) fixe un ratio de 10 m2 par habitant pour tout nouveau projet d'aménagement afin d'améliorer le cadre de vie et de constituer des équipements structurants (Carré et Chartier, 2005). À Marne-la-Vallée, chaque habitant dispose d'environ 200 m2 d'espaces verts par habitant (Scot, 2009) (la moyenne en Île-de-France étant de 10 m2 par habitant et 25 m2 pour les espaces périurbains à 25 km de Paris). Il en résulte une succession d'espaces verts dont le rôle est de délimiter des zones urbaines et de créer des liaisons entre les différents lieux de la ville. Cette idée de parcours végétalisé au sein des différents espaces de la ville est déjà théorisée par les paysagistes au XIX ͤ  siècle, souhaitant associer la nature à la ville.

Une opposition entre les discours et l'image

Les images produites pour illustrer la ville nouvelle s'opposent pourtant à l'idée de « ville nature » qui est développée dans les discours. Les premières représentations restent très proches de celles produites par le Mouvement moderne pendant les congrès internationaux d'architecture moderne (Ciam) et la charte d'Athènes. La végétation y est peu présente, davantage utilisée comme décors. Le végétal est mis au service de l'architecture. La vision écologique n'est pas encore intégrée dans la réflexion sur la conception de la ville.

Figure 3.  La ville nouvelle de Marne-la-Vallée, vol. 21, IAURP, octobre 1970.



Figures 4a,4b et 4c. Illustrations extraites de la plaquette « Une ville se lève à l'est », 1970.

La liaison organique, imaginée par Christian de Portzamparc et Antoine Grumbach entre 1970 et 1985, est représentative de cette volonté de concevoir un nouveau vocabulaire et un nouveau paysage urbain. Cette voie relie ainsi les différents quartiers du secteur du Val Maubuée, en utilisant un code architectural et des éléments marquants permettant de la différencier des autres voies. Cette réalisation, comme d'autres dans la ville nouvelle, se basait sur des grands principes innovants et séducteurs (couleurs, effets de matière, textures...) mais qui au final, passé du dessin à la pratique, ont parfois eu du mal à être perçus et vécus comme l'imaginaient les concepteurs. Ce décalage amène à s'interroger sur la pertinence des propositions et leur mise en œuvre, mais aussi sur la gestion qui a été faite de ces espaces.

L'image de la forêt

Si les projets mis en œuvre témoignent d'une conception essentiellement urbaine, la forêt marque fortement le paysage et l'organisation de la ville nouvelle. Les secteurs boisés possèdent une grande continuité historique. Si l'on compare les plans anciens avec les cartes actuelles, on peut y noter que presque tous les grands massifs forestiers, vestiges des anciens parcs ou domaines de chasse, ont été conservés. Les ensembles forestiers du bois de la Grange, du Luzard, de Célie... occupent près de 40 % de la superficie du secteur 2. Finalement, l'urbanisation s'est faite en négatif des zones boisées, sur les terres agricoles facilement constructibles. Mais au-delà de cette facilité technique, cela interroge aussi la manière dont les concepteurs se représentaient la « nature » de la ville nouvelle, les représentations liées à la forêt, les relations à la campagne et l'impact paysager que la préservation de ces espaces forestiers a pu avoir sur l'image et le vécu de la ville.

Figure 5.  Marne-la-Vallée. Source Epamarne.

Pour les aménageurs, les bois devaient répondre à un double objectif : constituer des écrans boisés délimitant des unités urbaines perceptibles par le citadin, et créer des parcs suburbains destinés à satisfaire les besoins des populations pour leurs loisirs en rompant la monotonie d'une urbanisation exclusivement minérale.
Le premier objectif a été atteint puisque les forêts constituent bien une limite franche à la ville. En revanche, quels visions et usages sont faits de ces espaces, et quelles représentations les habitants en ont-ils ?
La proximité de la nature a constitué un attrait important dans le choix pour une partie de la population de venir s'installer dans la ville nouvelle au début des années 1970 (Menozzi, 2011). Mais si l'installation des habitants dans la ville nouvelle correspond à une recherche de proximité avec la nature qui répond à leur imaginaire (ibid.), la forêt apparaît aussi comme une coupure, une frontière difficile à franchir qui isole les quartiers les uns des autres.
En effet, si les grands espaces forestiers semblent d'une apparente continuité sur les plans, ils sont dans la réalité le plus souvent enclavés et fractionnés par les grandes infrastructures difficilement franchissables (RER, autoroute A4, A104...) et sont donc peu utilisés par les habitants. Les forêts et les espaces verts en général apparaissent alors comme un décor pour une majorité d'habitants de la ville nouvelle. Les premières enquêtes réalisées montrent que ces grands espaces restent très peu fréquentés, peu appropriés et peu connus, même par les riverains ou les habitants de longue date. Ces espaces sont souvent ignorés, perçus comme des réserves foncières pour étendre la ville, des paysages en attente, mais non comme des lieux de promenade. Les limites de l'espace ne sont pas vraiment connues des habitants. La particularité de Marne-la-Vallée réside d'ailleurs dans la difficulté à cerner ce territoire très vaste et à en définir la limite.
Les secteurs 3 et 4 continuent à s'étendre aujourd'hui sur des paysages ouverts de terres agricoles. Cette opposition entre préservation des espaces forestiers et urbanisation des terres agricoles renvoie à la conception même de l'idée de nature, qui questionne la relation ville-campagne. Ces terres agricoles sont définies dans les documents d'urbanisme comme des « éléments constitutifs de la trame verte et bleue qui permettent d'aérer le paysage urbain » (Epamarne). Qu'en est-il de leurs perceptions et usages de la part des nouveaux citadins ? Ces questionnements feront l'objet d'analyses plus détaillées afin d'étudier les relations des habitants à leur environnement et les différences de représentation qui peuvent exister entre forêts et terres agricoles.

L'analyse diachronique du territoire de Marne-la-Vallée permet de mieux cerner le rôle des différents intervenants sur les orientations d'aménagement et d'organisation paysagère du site. Elle met en lumière l'évolution prise par les paysagistes dans l'aménagement du territoire.

Un terrain d'affirmation de la profession de paysagistes

La réflexion sur l'implantation en 1971 de bassins d'orage à ciel ouvert sur le secteur du Val Maubuée, d'abord pensée par soucis d'économie de moyens en réponse à une contrainte technique (réguler les forts volumes d'eau de ruissellement provoqués par l'imperméabilisation à grande échelle des sols des plateaux au moment de la construction de la ville), va devenir l'image emblématique de la ville nouvelle en même temps qu'un espace d'expérimentation et d'affirmation du paysage et du métier de paysagiste dans la conception de la ville nouvelle. Ces grands programmes représentent des terrains d'apprentissage de nouvelles méthodes d'expertises urbaines plaçant le paysage au cœur des réflexions.
Dix-sept bassins oscillant entre parcs et bassins d'orages écologiques, imaginés et mis en œuvre par Éric Jacobsen (ingénieur) et son bureau d'étude Sauveterre ponctuent le parcours du ru Maubuée et vont être confiés à différents concepteurs (Eleb-Harlé et Barles, 2005). Ils sont vus comme une opportunité de valorisation des quartiers et d'installation d'équipements structurants, repris dans les documents de communication comme des « coulées vertes » structurant le territoire et formant un cœur de ville.

Cette chaîne des étangs constitue un exemple intéressant des théories paysagistes mises en œuvre à cette époque. Le parc du Mandinet, en particulier, réalisé en 1983 par l'agence Latitude Nord (Gilles Vexlard et Laurence Vacherot), est représentatif de l'affirmation du paysage dans la conception urbaine avec l'expérimentation de nouvelles théories. Le dessin du parc est très graphique, contrastant avec le tracé plus souple du lac dessiné par Jacobsen qui souhaite évoquer à travers les courbes l'idée de nature (avec une référence implicite aux jardins paysagers anglais du XVIIIe siècle). Au contraire, l'espace du parc se veut une réponse à l'architecture environnante et aux grandes échelles de la ville nouvelle, en jouant sur des espaces géométriques, de grandes lignes de compostion, des surfaces végétalisées bien délimitées, où la nature imprévue a peu sa place.
Ce parc est en lien étroit avec l'architecture grâce à des allées rectilignes qui le relient aux entrées d'immeubles. Les lignes droites et les formes géométriques des prairies jouent et répondent aux volumes bâtis. Une évolution des techniques de plantation y est mise en œuvre, avec une palette végétale simplifiée (frênes, troène, peupliers, lauriers du Portugal...), plantée en ligne ou en masse homogène dense afin de créer des effets de matières et de couleurs. Des arbres de hautes tiges que l'on retrouve de manière plus classique dans les parcs, notamment des cèdres pour matérialiser visuellement la composition et la présence du parc, y sont associés. La recherche esthétique de composition, de symétrie, de dialogue avec l'architecture reste dominante, sans l'objectif affirmé de biodiversité ni d'approche écologique développé dans les discours actuels sur la ville durable, donnant l'impression d'une nature picturale et « artefactuelle » (Eleb-Harlé, Barles, 2005). Le parc oscille entre désir de nature et de campagne évoqué dans les formes libres du lac et le registre des parcs classiques qui le rattache à la ville avec des lignes fortes, des pelouses tondues et des masses végétales taillées pour structurer l'espace. On peut y voir une période de montée en puissance du paysage, qui reste dans une phase de recherche et d'affirmation, empruntant au corps architectural une part de légitimité qui manque à cette profession naissante, mais en cherchant à inventer ses propres méthodes et théories. Ces paysages témoignent encore d'une conception fonctionnelle des relations entre la ville et les éléments naturels où les jardins et espaces publics sont désignés comme « espaces à vocation sociale4 ».

La prise en compte du développement durable dans les projets, vers de nouveaux modèles de paysage ?

Si au moment de la création de la ville nouvelle, la « ville nature » était au fondement des discours, la question environnementale ne faisait pas partie des priorités de la planification. Aujourd'hui, le discours a glissé vers le développement durable. S'il peut être abordé comme un prolongement de l'hygiénisme (Dubost et Lizet, 2003), il peut aussi potentiellement être envisagé comme un changement de perception et de vision de la nature et de sa relation à la ville. Les enjeux actuels sur la gestion différenciée (nature en ville, biodiversité) questionnent ainsi l'historique de la ville nouvelle.
Le travail sur la sémantique est révélateur de cette évolution. L'expression « trame verte », par exemple, désignait dans les années 1970 une idée de liaison urbaine d'espaces paysagers entre différents secteurs de la ville, alors qu'aujourd'hui elle renvoie vers des conceptions plus écologiques, fondées sur l'objectif principal de défense de la biodiversité, induisant une idée de continuité des corridors écologiques afin de maintenir des lieux propices pour la faune et la flore. Ce questionnement sémantique induit alors une réflexion sur les termes utilisés dans la pratique de l'aménagement, sur les représentations de l'espace qui lui sont liées, sur le sens et la signification des termes et sur leurs évolutions au cours du temps, et sur le rapport de force entre les différents types d'expertises intervenant en aménagement. Ce renouvellement du vocabulaire et des réflexions sur le développement durable s'accompagne-t-il d'un renouvellement des formes paysagères ? Plus largement, il amène aussi à s'interroger sur la pratique et les théories de la profession de paysagiste, et sur l'évolution des concepts et des méthodes développés depuis les années 1960.
Si la question du développement durable, de la ville durable, devenue aujourd'hui paradigme dominant, a été abordée dans divers travaux à partir d'approches architecturales ou techniques (normes, taxes, labels...), elle a jusqu'à présent assez peu concerné la prise en compte du paysage et des modifications de perception, de représentation, d'évolution qu'il entraîne.

Les changements de manières de faire que l'on peut observer, comme par exemple dans le cadre de la mise en place de la gestion différenciée, dépassent de loin les simples changements techniques opérés. Ils renouvellent l'esthétique de la ville, conduisent à réhabiliter le sauvage, qu'il importe désormais de sauvegarder, voire de cultiver (Dubost et Lizet, 2003), et induisent une évolution des modèles paysagers, la nature sauvage représentant une aspiration sociétale au pittoresque écologique (Luginbühl, 2001). Par-delà l'effet de mode, la dynamique actuelle du développement durable semble ouvrir une nouvelle phase dans l'acceptation de la nature en ville (Carré, 2005) et interroge sur son application en termes politique, technique, social.
Sur le secteur 2, de nouveaux enjeux issus des préoccupations environnementales (gestion plus écologique, prise en compte et valorisation de la biodiversité, augmentation des espaces ouverts au public sans augmentation des charges de maintenance) et d'une attente sociale (amélioration du cadre de vie et de l'image urbaine et patrimoniale...) a amené le SAN du Val Maubuée à se lancer dans la mise en place d'un Scop porté au niveau d'un projet européen (Euroscape), avec comme objectif une meilleure connaissance des espaces qu'il a en gestion. La finalité de ce document d'orientation est de renouveler la vision du territoire et les méthodes d'actions sur les espaces, en donnant aux équipes opérationnelles de terrain un outil d'application prenant en compte les trois volets du développement durable.
L'impact de cette politique publique, par les objectifs recherchés et les moyens mis en œuvre, va opérer, à terme, des modifications sur les paysages de la ville nouvelle, renouvelant une certaine conception de relations entre ville et nature.
Le parc du Segrais, par exemple, créé par Françoise Bozellec en 1981 est aujourd'hui, dans sa partie sud peu fréquentée, entretenu de manière écologique, avec prairie fleurie et installation de ruches pour la production de miel communal. Ce traitement modifie la perception de la ville et du parc et renouvelle les principes de composition. Dans la partie nord du parc, plus fréquentée et urbanisée, la mise en place de cette gestion différenciée pose problème et interroge les riverains, nécessitant dialogues et échanges.
Cela pose la question du regard porté sur ces espaces, de la place du végétal en ville, du rapport des populations avec ces espaces et de leur action participative. Cette nouvelle perception de la nature peut-elle servir à une autre vision de la ville et à son appropriation par les habitants ?

De la conception à la pratique des lieux, le projet avec les habitants. L'exemple du bois du Luzard

Les projets réalisés dans la ville nouvelle font ressortir une approche essentiellement fonctionnaliste et visuelle de l'espace urbain, sans une réelle prise en compte de la vision des habitants et de leurs relations sociales. L'élaboration de la ville durable peut-elle renouveler ces conceptions ?
Dans le cadre de la mise en place du Scop, le SAN du Val Maubuée a testé la participation citoyenne pour l'élaboration d'un projet partagé de paysage sur la question du renouvellement forestier dans le bois du Luzard. Cet espace correspond à une parcelle forestière, délimitée au sud par la ligne du RER A, et cernée au nord et à l'est par de l'habitat pavillonnaire. Suite à l'évolution naturelle du boisement (vieillissement, problème de régénération...), mais aussi en fonction de nouvelles attentes et problématiques (éclairages, cheminements, proximité des habitations, problèmes de sécurité...), de nombreuses plaintes et demandes individuelles sont parvenues au SAN. Ce dernier s'est appuyé sur ces demandes pour engager une concertation la plus large possible en faisant appel à une équipe de paysagiste (Paula Paysage) pour que les riverains directement concernés par cet espace inventent leur « lisière idéale ». L'objectif était d'inviter les habitants à se prononcer sur leurs lieux de vie, à s'impliquer dans les réflexions sur l'aménagement du site et la gestion des boisements, et sur la manière dont ils souhaiteraient voir évoluer ce boisement afin de s'y reconnaître et de se l'approprier au mieux. Si en matière de conception architecturale et urbaine, la technicité toujours plus grande en matière environnementale fragilise la capacité à faire réellement participer les populations à la prise de décision (Héland, citée par Ramau et Roudil, 2012), le travail sur le paysage et le cadre de vie amène des pistes de réflexion intéressantes.

Figure 6. Bois du Luzard, photo aérienne de la lisière retravaillée.

Le travail a pris la forme d'enquêtes auprès des habitants, de réunions publiques et d'un travail à partir de maquettes. Si les attentes de chacun paraissaient au départ très divergentes, l'élaboration d'un projet partagé a permis une meilleure compréhension des enjeux, des compromis acceptés par chacun (habitants et techniciens), et au final un renouvellement de la vision de cet espace. Ce projet de lisière ne correspondait pas à la vision initiale des forestiers du SAN en terme de gestion optimale du massif forestier, mais leurs méthodes de travail se sont adaptées en fonction de la demande des habitants. Ces derniers, quant à eux, ont évolué d'une approche de départ très réfractaire et méfiante (qui renvoie à la représentation bienveillante de l'arbre et de la forêt) vis-à-vis de l'action publique technicienne, vers une compréhension et une acceptation des travaux effectués par les services du SAN, y compris dans d'autres endroits de la ville nouvelle. Au final, la prise en compte des enjeux environnementaux (nécessité de renouvellement du boisement et mise en place de techniques de gestion plus écologiques) et le travail avec les habitants ont permis d'aboutir à un projet durable, dans le sens où chacun se reconnaît dans les actions menées : aujourd'hui, de nouvelles pratiques sont venues se greffer sur cet espace (cueillette, détente...) et les habitants se sont investis dans leurs lieux de vie, renouvelant leur perception du site.

Quels enjeux de recherche présente cette démarche ?

À la croisée des faits techniques, sociaux, culturels, naturels, les villes nouvelles portent donc la marque de l'époque, de son idéologie et des représentations qui l'ont façonnée. La ville nouvelle, si elle constitue un moment bien particulier de l'histoire de l'urbanisme, est un processus qui continue à évoluer aujourd'hui, un processus à l'œuvre qui se modifie et se renouvelle sans cesse.
Marne-la-Vallée offre un terrain d'étude privilégié des changements paysagers, techniques et sociétaux dans une ville nouvelle encore en construction. Prenant sa source dans des réflexions nées au XIXe siècle, les villes nouvelles ont été influencées par différents modèles (le courant naturaliste, le Mouvement moderne...). L'apport des paysagistes a été déterminant pour façonner la physionomie de Marne-la-Vallée en introduisant une certaine idée de l'aménagement urbain. Aujourd'hui, la problématique du développement durable s'intègre dans les programmes de développements territoriaux de Marne-la-Vallée. Les impacts en terme de paysage font l'objet du travail en cours de cette thèse et seront décrits par la suite. Pour autant cette évolution s'amorce déjà dans les discours et les pratiques professionnelles, en modifiant les méthodes et les manières d'agir sur l'espace. L'exemple de l'intervention sur le bois du Luzard montre un renouvellement non pas tant du paysage créé mais surtout de l'implication citoyenne. La problématique de la ville durable revient en d'autres termes à considérer le passage d'une ville faite pour les habitants (vision technique) à une ville construite par les habitants. Cette étude amène alors à s'interroger sur les relations entre recherche et action, grâce à une prise de recul sur le sens et les enjeux de la profession de paysagiste dans le contexte de l'aménagement urbain. Les conditions d'élaboration d'un projet de paysage passent alors autant par la prise en compte des caractéristiques du site, que par la connaissance du vécu et des attentes des populations, pour en faire le support de réflexion, autant que le moteur du changement et « d'inflexion du processus paysager » (Lassus, 1995).
Au-delà du cas particulier de Marne-la-Vallée, cette démarche tente de mesurer, à travers la mise en œuvre des principes du développement durable, une évolution sociétale dans la relation à la nature et plus généralement une évolution contemporaine du regard sur l'idée de nature dans le milieu urbain, qui influe sur les représentations et la conception des paysages urbains.

Cette recherche est engagée dans le cadre de l'appel à projet « Paysage et développement durable » lancé par le ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

Mots-clés

Ville nouvelle, ville durable, développement durable, représentations sociales, projet de paysage, paysagiste, modèles paysagers, landscape
New-towns, sustainable development, sustainable city, social representation, landscape project, landscape architect, landscape model

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Auteur

Julien Laborde

Paysagiste DPLG, spécialisé dans le patrimoine (master « Jardins historiques, patrimoine et paysage » - Ensa Versailles/université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne), il est doctorant en géographie, Adess - UMR 5185 du CNRS/université Michel de Montaigne Bordeaux 3 (directeur de thèse : Laurent Couderchet).
Courriel : laborde.gaia@gmail.com
www.mnemosis.sitew.fr

Pour référencer cet article

Julien Laborde
Les villes nouvelles à l'épreuve du temps
publié dans Projets de paysage le 20/12/2013

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/les_villes_nouvelles_a_l_epreuve_du_temps

  1. Les modèles paysagers ont été définis comme des « schémas culturels structurant les représentations sociales du paysage » (Luginbühl, 2001).
  2. Titre d'une revue de présentation du projet, 1970.
  3. L'Exposition universelle de 1900 décerne une médaille aux Menier pour cette réalisation.
  4. Terme utilisé dans les textes de l'époque pour désigner les espaces verts et notamment les parcs anciens dont l'aspect historique est mis de côté (dossier d'étude du parc de Noisiel, 1980-1987, archives du SAN, Torcy).