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Les franges urbaines d'une ville moyenne : un paysage à cultiver ?

Réflexions à partir de l'expérience paloise

The Urban Fringes of an Medium Sized Town: A Landscape to Cultivate?

Reflections Based on the Experience of the Town of Pau
17/01/2016

Résumé

De la ville dense et agglomérée aux espaces périurbains en passant par les franges urbaines aux morphologies de bâtis très variables, la diversité des espaces cultivés est grande dans et aux abords des villes. Un regard resserré sur les franges nord de la ville de Pau a pour ambition de discuter les relations entre agriculture urbaine et projet urbain à l'échelle d'une ville moyenne. En particulier, le jardinage urbain dans la multiplicité de ses formes et de ses fonctions est questionné en tant qu'outil de gouvernance urbaine et paysagère. Le cas palois montre qu'utilisé comme un témoin de l'intensité d'une relation ville-campagne désirée par cette ville moyenne, ce dernier peut être un révélateur de la capacité de la ville à penser la place de l'agriculture en son sein et à ses marges.
Different urban centres, urban fringes and suburban areas with their varied building morphologies present is a wide diversity of cultivated spaces both in town centres and outskirts. This detailed survey of the northern fringes of the city of Pau studies the relationships between urban agriculture and urban planning in a medium-sized town. Urban gardening in its many different forms and functions is analysed as an urban landscape governance tool. The case of the city of Pau, with its intention to maintain a strong relationship between town and country, is proof that it is possible to include agriculture within urban fringes and town centres.

Texte

À la question posée par Nathalie Blanc (2012, p. 129) : « Pourrons-nous cesser d'opposer ruralité et urbanité pour mieux associer les projets agricoles et les projets de villes ? », de nombreux auteurs répondent en mettant en avant l'entrée par le paysage comme cadre de réflexion et d'action. Car, en effet, si « la participation possible de l'agriculture urbaine au développement urbain durable » (Ba et Aubry, 2001, p. 12) est une idée étudiée par nombre de chercheurs et promue par nombre d'acteurs politiques de la ville », la concrétisation de cette idée en est à ses débuts et la question de son opérationnalisation reste largement posée. C'est aussi le paysage qui est convoqué lorsqu'à propos des liens entre planification urbaine et espace ouvert (au sein duquel se trouve en partie l'espace agricole), Maïté Banzo (2009, p. 105) parle d'une « culture paysagiste de l'espace ouvert », indiquant par-là que dans le contexte français tout au moins, ce champ a été plus particulièrement investi par les architectes-urbanistes-paysagistes. L'entrée par le paysage renvoie d'abord à la problématique du regard sur les lieux : que voit-on ou veut-on voir ? Qui détient la légitimité du regard ? En 1997, Bertrand Hervieu et Jean Viard (1997, p. 110), considérant que « l'unité fondamentale de notre territoire collectif [était...] le paysage » soulignaient déjà combien la société urbaine s'était appropriée « un droit de regard » (en termes symbolique, d'attentes, d'usages, mais aussi sur le plan des lois et des outils de gestion) sur une campagne qui jusque-là ne lui « appartenait pas ». Pour André Torre et Lise Bourdeau-Lepage (2013, p. 5), l'agriculture urbaine « reste sous le regard des citadins » qui ont de l'agriculture une approche différente de celle des agriculteurs traditionnels ; aussi ces auteurs pensent-ils « que l'avenir de l'agriculture urbaine passera sûrement par une intégration des dimensions paysagères et esthétiques chères aux habitants des villes ». Enfin, Monique Poulot et Thérèse Rouyres (2007, p. 68) prêtent à l'agriculture le rôle « d'améliorer, voire réhabiliter les transitions entre espaces agricole, urbain et boisé pour assurer une continuité visuelle et biologique », ce qui suppose alors une mise en scène de l'espace agricole. Comme on peut le constater, la dimension paysagère de l'agriculture est tout autant un enjeu important de par sa participation possible ou souhaitable au développement urbain durable qu'un moyen de révéler une urbanité en mouvement.
Cet article s'intéresse aux relations entre agriculture et franges urbaines dans le contexte de villes moyennes, à propos desquelles il est courant de voir souligné un lien privilégié (tout à la fois géographique, fonctionnel mais aussi social, voire identitaire) avec l'agriculture (Datar, 2011, Arnal, 2012). À propos d'agriculture urbaine, on retiendra ici la définition proposée par M'Baye et Moustier en 1999 et récemment rappelée par Awa Ba et Christine Aubry (2011, p. 12), selon qui l'agriculture urbaine est une « agriculture localisée dans la ville et à sa périphérie, dont les produits sont destinés à la ville et pour laquelle il existe une alternative entre usage agricole et non agricole des ressources » ; une alternative ouvrant vers des concurrences mais aussi des complémentarités diverses entre agriculture et ville.
Nos propos s'appuient sur des approches méthodologiques variées qui permettent de saisir les logiques à l'œuvre au sein des projets de ce territoire. L'observation participante (workshops, séminaires et ateliers dans le cadre associatif), les entretiens et enquêtes menés auprès non seulement des acteurs associatifs et institutionnels mais aussi des citadins, l'analyse de documents d'urbanisme et de planification ainsi que le suivi de stages d'étudiants de master, effectués au sein de ces structures, nous permettent d'asseoir une réflexion sur un exemple se référant à une catégorie de villes (les villes moyennes) moins souvent étudiée par la littérature scientifique qui tend, en effet, à privilégier les grandes métropoles.
Dans un premier temps, nous qualifierons l'empreinte paysagère agricole des franges de la ville de Pau. En zoomant ensuite sur un secteur en particulier de la frange nord, nous focaliserons notre attention sur la réhabilitation d'une friche agricole à travers l'implantation de jardins potagers collectifs. C'est alors la pérennité de ce paysage de frange à cultiver qui sera interrogée dans sa prise en considération au sein d'un projet urbain.

Des agricultures pour lire le paysage des franges urbaines

De la ville dense et agglomérée aux espaces périurbains en passant par les franges urbaines aux morphologies de bâtis très variables, la diversité des espaces cultivés est aussi grande dans et aux abords des villes. Dans cet espace de contact entre la ville et sa campagne, qui est précisément celui d'une frange, une variété de formes agricoles (vestiges d'agricultures traditionnelles et marques d'une agriculture multifonctionnelle, voire de résistance) dessine un paysage complexe.

La place privilégiée de l'agriculture dans les villes intermédiaires

La notion de ville moyenne (liée à son poids démographique) ou de ville intermédiaire (en lien avec son rôle vis-à-vis des autres niveaux de la hiérarchie urbaine) est le fruit de la « construction de représentations collectives, étatiques et scientifiques » durant la période des Trente Glorieuses (Vadelorge, 2013, p. 9). Les villes moyennes apparaissent aujourd'hui comme des cités ayant échappé au développement de l'industrie fordiste, d'une part, et aux grands ensembles d'habitation, d'autre part. Comme cette citation de La Vie urbaine1  le pointe dès les années 1950, ces villes moyennes ont été relativement épargnées (comparativement aux agglomérations plus grandes) par le « mélange désordonné de l'industrie et de l'habitat, l'entassement des logis, l'encombrement des voies de circulation, le temps perdu dans les transports, la disparition progressive des espaces libres, la difficulté d'accéder à la campagne ». Ces villes moyennes étant souvent définies en creux (faible autonomie sur le plan des fonctions métropolitaines), le mode de vie (cadre de vie et relations sociales) qu'elles permettent contribue en revanche grandement à leur attractivité : une taille humaine suffisante pour dégager des aménités urbaines tout en demeurant proche d'aménités rurales restées accessibles. La ville de Pau présente de telles caractéristiques2 au-delà du seul critère démographique : près de 80 000 habitants à Pau, 150 000 habitants dans les 14 communes de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées (CDAPP), et 220 000 habitants dans l'aire du Scot (données Insee de 2010).
Les travaux prospectifs de la Datar (Territoires 2040, 2011) identifient explicitement un système spatial de villes intermédiaires qui s'appuie sur une complémentarité et une interdépendance entre ville et campagne, à l'instar de la prospective de l'Inra focalisant sur les nouvelles ruralités en France (Hubert et Aubert, 2008). Leur rôle de centralité vis-à-vis des espaces ruraux environnants est mis en avant3. L'image de « ville-marché » est vivace à Pau avec son traditionnel carreau des Halles, en plein cœur de ville, et complété par l'un des plus anciens marchés biologiques de France dès les années 1980 ainsi que par de récents marchés de quartier et périurbains. La chambre d'agriculture travaille aujourd'hui au développement de Marchés de producteurs de pays4.
Les villes moyennes offrent aussi une image de qualité du cadre de vie du fait d'une proximité avec la nature sous ses formes les plus diverses. À Pau, l'expression « d'écrin vert » du schéma d'agglomération (en référence à une quasi-omniprésence de la nature en ville et aux abords de cette dernière) conforte une telle image reprise à des fins de marketing urbain par les municipalités successives, depuis l'ouvrage d'André Labarrère (1983) sur la ville-jardin en référence à l'héritage patrimonial du XIXe siècle. Cette offre urbaine paloise de nature est valorisée par plusieurs projets : l'aménagement des berges du Gave dans le cadre d'un parc naturel urbain (Clarimont, Leichnig, 2014), la valorisation en espace naturel sensible d'une forêt périurbaine de 350 hectares, ou encore le développement d'itinéraires de découverte de la ville sous l'angle d'un patrimoine bâti et naturel...
Si ces villes moyennes ont, comme le souligne la Datar, une réelle capacité à articuler aménités urbaines et aménités rurales, quelle part la dimension agricole peut-elle y prendre ? Plusieurs auteurs - notamment Arnal (2012), Monbureau (2007) mais aussi Duvernoy (2002) - s'attachent à caractériser plus spécifiquement ces liens que la ville moyenne entretient avec son agriculture, dans un mouvement récent de redécouverte de cette relation privilégiée, bien que jamais disparue, avec cette campagne proche. Plusieurs dimensions sont à souligner.
Tout d'abord, la présence d'une agriculture indépendante de la ville et de ses besoins, en compétition avec l'étalement urbain, impose aujourd'hui une maîtrise complexe de la pression foncière. Le territoire du Grand Pau s'intègre, aussi par obligation légale, dans cette politique de préservation des terres agricoles au travers de ses documents d'urbanisme (Pachoud, 2012) ou par la création d'une zone agricole protégée (ZAP)5. Aux côtés des 3 200 exploitations agricoles recensées sur le territoire (chambre d'agriculture, 2010), le nombre important d'entreprises agroalimentaires (Euralis, Coop de Gan, 3A...) constitue un pilier de l'économie locale pour le territoire du Grand Pau.
Par ailleurs, le soutien privilégié à l'agriculture de proximité et l'aide au développement des circuits courts émergent de manière particulièrement forte à Pau : développement d'un important réseau d'Associations pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap)6 (Arnauld de Sartre, Douence, Mercier, 2010) structuré depuis 2004 par le Civam-Béarn7, valorisation des produits locaux dans la restauration collective, annuaire des producteurs locaux, réflexions pour la protection d'une ceinture maraîchère et d'une zone viticole AOC...
Enfin, dans un registre différent, émerge la prise de conscience d'une nécessaire valorisation des productions agricoles à des fins touristiques et d'animation locale. À l'instar des régions basques et landaises voisines, le Béarn possède une très grande diversité de produits de terroir (palmipèdes, élevages bovins, ovins et porcins, maraîchage, viticulture), y compris sous les signes officiels de l'origine et de la qualité (AOC vins de Jurançon, IGP jambon de Bayonne, blonde d'Aquitaine...), mais contrairement à ces autres régions géographiques, ses productions sont faiblement associées au secteur géographique béarnais. La demande citadine est pourtant là comme en témoigne le succès de la manifestation La Ferme en ville8 ou celui des Rendez-vous aux jardins qui valorise chaque année davantage la diversité des jardins productifs et la dimension alimentaire et comestible de la nature en ville.

Frange urbaine et empreinte agricole

Cette dimension agricole encore prégnante dans l'organisation fonctionnelle et paysagère des villes moyennes (Arnal, 2012), nous nous proposons maintenant de l'observer plus en détail à partir de l'exemple de la frange urbaine nord de Pau. Dans cette partie de la ville, l'empreinte campagnarde, et plus particulièrement agricole, est réelle malgré une urbanisation qui a longtemps procédé par à-coups à partir des années 1990, au gré des besoins et des opportunités.

Une imbrication ville-campagne, regard vers le nord de la ville de Pau.
Photo : Marc Heller, 2012.


Tel un palimpseste, ce paysage de frange arbore discrètement ou ostensiblement des réalités diverses. Une agriculture passive (sans lien fort avec la ville) et plutôt héritée d'une tradition polyculturale ou maïsicole repoussée en permanence toujours plus loin, hors la ville dense, laissant des friches pour certaines pâturées il y a peu, et des délaissés dont quelques municipalités dressent aujourd'hui l'inventaire.

Pâturage résiduel.
Photo : Jean-Michel Fragey, MJC Berlioz.


Le bâti agricole, parfois encore en fonction, est souvent réinvesti à des fins nouvelles de logements privés ou d'établissements publics ou associatifs.

Un projet, aujourd'hui abandonné, de ferme du Goût, dans ce vieux corps de ferme, acheté par la mairie en 2006, et encerclé par de nouvelles constructions.
Photo : Hélène Douence.


Plusieurs jardins familiaux, présents dans ce quartier dès l'origine de leur implantation sur l'agglomération paloise en 1925, complètent cette diversité de formes anciennes et traditionnelles d'agriculture en ville et à sa lisière.

Parcelles et cabanons des jardins familiaux Labriart (1925) au nord de la ville.
Photo : Hélène Douence.


Trace de l'ancienneté à Pau des jardins ouvriers devenus familiaux par la loi de 1952.
Photo : Hélène Douence.


De nouveaux projets agricoles attestent aussi de l'intérêt porté à ces espaces, qui cessent de constituer de simples réserves foncières, suggérant alors une autre manière de faire la ville. Plusieurs nouvelles formes de jardins dits partagés et d'insertion, d'étendues variables, portés par des initiatives diverses, se déclinent autour de potagers, de ruchers, de vignes et de vergers, voire de bacs disposés dans des interstices disponibles, comme l'exemple du mouvement des Incroyables comestibles. La création d'un nouveau marché de plein-vent, lancée par la ville en 2010, connaît un véritable essor dans ce quartier plutôt défavorisé.

Le verger Lauga : une initiative de la MJC Berlioz soutenue par un mécène entrepreneur local.
Photo : Hélène Douence.


L'inscription officielle de la commune de Billère au réseau mondial des Incroyables comestibles le 27 mai 2015.
Source :
Billère Le Mag, n° 112, juillet-août-septembre 2015.

Depuis longtemps éléments de l'espace urbain, les jardins collectifs semblent rapprocher les citadins de l'agriculture (Scheromm, 2014) et sont aujourd'hui reconnus comme une composante à part entière d'une agriculture urbaine définie comme multifonctionnelle. Cette dernière permet d'interroger plusieurs facettes de l'action aménagiste mais aussi l'expérience sensible de la ville, et ce, autour de fonctions élargies : productive, paysagère, environnementale, récréative, et plus récemment alimentaire, au sens actuel de valorisation d'un approvisionnement pas nécessairement autosuffisant mais néanmoins local et qualitatif (traçabilité, variété et fraîcheur des produits) (Pourias, 2013). Cependant, quelle cohérence donner à tous ces marqueurs agricoles en tant que motifs paysagers (Dubost et Lizet, 1995) ? Le chapitre suivant glisse de la problématique visuelle vers les questions d'une gouvernance et d'un faire ensemble propres à articuler les composantes agricoles (au sens large) du paysage.

Le paysage pour construire les franges : un quartier laboratoire d'agriculture urbaine

Parmi la diversité des traces et le foisonnement des projets présents sur cette frange de la ville, l'un d'eux a particulièrement retenu notre attention pour observer la mise en tension de ces formes agricoles. Le processus de réhabilitation de la friche agricole dont il va maintenant être question permet de mettre en exergue la lenteur nécessaire au mûrissement d'un projet agricole, même circonscrit à l'espace d'une friche de quelques hectares seulement. Pas moins de 20 ans de réflexion et d'action témoignent de ce cheminement sinueux fait de rencontres et d'opportunités mais aussi de blocages et de réorientations. La multiplicité des chantiers dans un même quartier interroge sur la convocation de l'agriculture sous une forme jardinée, pour faire paysage. L'agriculture y est tantôt une fin en soi (maintenir un espace productif) tantôt un moyen (le support d'actions sociales et culturelles), ce qui amène alors à déplacer le curseur de l'enjeu agricole sur un même périmètre.

Du « jardin culturel » au jardin productif

En 1998, la municipalité paloise aménage une coulée verte, véritable corridor écologique entre plusieurs quartiers du nord de la ville (trame verte et bleue), puis, en 2000, achète 5 hectares de friche agricole dans le prolongement immédiat de cette dernière. L'idée d'un « jardin de l'utile et de l'agréable » voit alors le jour grâce à la connivence qui se tisse entre la municipalité et la Maison des jeunes et de la culture (MJC) Berlioz9, acteur socioculturel solidement implanté dans le quartier depuis une quarantaine d'années. Dans un contexte de bienveillance institutionnelle, la MJC inscrit ses actions dans le registre des luttes urbaines (pauvreté, exclusion, malbouffe, bétonnisation...) mais choisit une opposition « constructive », dite aussi « douce », vis-à-vis de l'institution locale dans ses approches trop classiques10. L'objectif premier de cet acteur de l'éducation populaire est de favoriser le vivre ensemble et le lien social en incitant les habitants à être des acteurs de leur propre cadre de vie. L'importance accordée à la préservation d'un cadre de vie de qualité et l'intérêt porté à la participation habitante amènent la MJC à investir ce terrain de friche comme un enjeu fort du maintien de la présence de la nature en ville. Dès 2000, l'association conçoit des actions d'envergure11 afin d'occuper le terrain : plusieurs interventions artistiques dans cet espace public se succèdent, donnant une place de plus en plus importante au végétal dans sa dimension productive et nourricière.

L'installation paysagère éphémère du duo Bruni-Babarit en 2004 est aujourd'hui un potager participatif attestant d'un glissement progressif du jardin land art vers le jardin pérenne.
Photo : Didier Sorbé.

Les projets portés par la MJC Berlioz sur la friche agricole Lauga.
Photo : Fly Events production.


Ce cheminement est aussi celui de la construction d'une histoire collective pour « créer la légende », selon le souhait de la MJC qui impulse en 2013 un partenariat avec un artiste paysagiste japonais de renom, Kinya Maruyama, pour dessiner les lieux avec les habitants, et en permettre ainsi l'appropriation collective.

Le projet « Tremblement » sur la friche Lauga. Travail participatif animé par l'architecte-paysagiste japonais Kinya Maruyama, entre 2013 et 2014, autour d'une histoire collective.
Source : MJC Berlioz.


Le jardin s'inscrit dans une dimension narrative des lieux et permet de « mettre en scène, dans un site à la fois physique et historique, à l'aide d'un récit spatial usant de végétaux et de minéraux, d'artéfacts évidents et de matériaux pseudo-naturels, une vision pertinente des rapports ambigus nouant, dans une époque déterminée, nature et culture » (Le Dantec, 1996, p. 12).
Mais la construction d'un tel récit paysager a tout particulièrement bénéficié de la rencontre de deux acteurs issus de sphères bien différentes, l'une rurale et l'autre urbaine, mais qui, ensemble, ont contribué à l'émergence d'une scène de débat entre deux mondes porteurs de représentations de l'agriculture souvent perçues comme opposées. En effet, lors de la mise en œuvre, dès 2006, d'un vaste programme de rénovation urbaine piloté par l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) à l'échelle de plusieurs quartiers de ce secteur en zone urbaine sensible (ZUS), la MJC continue de défendre son idée de laboratoire d'expérimentation et de sensibilisation à la nature en ville. Elle s'associe alors à un nouvel acteur, le Civam12, mouvement également issu de l'éducation populaire dans les mêmes années 1950-1960. Celui-ci propose l'installation d'un ensemble de jardins, partagés et d'insertion, d'un magasin de producteurs locaux, permettant des connexions avec des acteurs et des initiatives agricoles situés dans un rural proche (une couveuse agricole d'aide à l'installation de jeunes agriculteurs, un partenariat pour l'achat de plants et de semis, le développement de chantier-formation au jardinage...). La complémentarité de leurs projets à l'échelle d'un territoire plus vaste que celui de ce quartier a permis d'adosser ces jardins productifs au savoir-faire des agriculteurs et, par là, au monde agricole environnant.
Aujourd'hui, près de 20 ans après la première occupation du terrain par la MJC, ce projet est parvenu à s'inscrire dans le paysage.

Vue du ciel, les projets de jardins Lauga sortent de terre.
Photo : Les Gars'pilleurs.


MJC et Civam, soutenus par un conventionnement et une délégation de gestion avec la ville, dépassent le registre symbolique de l'intervention artistique éphémère pour marquer de manière pérenne cet espace. Suite aux premières opérations « commandos jardins », le collectif parvient effectivement à installer un potager, un verger puis un jardin d'insertion, un espace de plantation de semis alimentant les autres jardins de la ville ainsi qu'un jardin d'agrément élaboré par les habitants eux-mêmes. Alors même que les dimensions agricoles et alimentaires n'ont pas été pensées dès l'origine du projet, une prise de conscience émerge progressivement, faisant du jardin productif en tant que tel un outil mobilisé pour la construction du paysage urbain13.

Les défis d'une nature productive dans la ville

Ces actions affichent donc l'ambition d'un projet durable : maintenir une agriculture productive et préserver une qualité paysagère du cadre de vie sur le socle social du vivre ensemble. Trois défis interpellent particulièrement les porteurs de projets dans les démarches mises en œuvre et mettent l'utopie à l'épreuve de la réalité :
  • la simplicité illusoire du geste agricole et la difficulté à travailler avec le vivant, du végétal en l'occurrence : pour être viables et pérennes, ces projets nécessitent un savoir-faire en termes de pratiques agricoles et interrogent non seulement sur les capacités à mobiliser régulièrement de telles compétences mais aussi sur le recours difficilement contournable à une action de formation sur le jardinage, portée ici par l'association Potager du futur ;
  • l'enjeu d'animer une démarche participative lorsque l'objectif est d'utiliser le jardin comme un outil du faire ensemble : la capacité des porteurs de projets à mobiliser les habitants, à coordonner cette participation et à la maintenir sur la durée y est un véritable défi, alors que l'expérience atteste du problème récurrent du désintérêt progressif des habitants ;
  • la problématique de l'esthétique des jardins face à l'idéalisation du paysage campagnard par les urbains : ces projets peuvent générer des contradictions paysagères entre une nature bucolique et l'empreinte d'une serre agricole ou de cabanons bricolés tels qu'on peut en voir dans les jardins familiaux.

Au-delà de ces difficultés, et dans cet espace laboratoire, le jardin productif bouscule la ville comme objet tant symbolique/idéel que matériel. On peut alors s'interroger sur la pérennité de ces paysages de frange. Le jardinage urbain, par les enjeux et formes de pouvoir qu'il sollicite, peut-il être un outil de gouvernance paysagère des franges urbaines ? Utilisé comme cela est le cas ici, c'est-à-dire comme un témoin de l'intensité de la relation ville-campagne d'une ville moyenne, il pourrait être un révélateur de cette capacité de la ville à penser la place de l'agriculture en son sein et à ses marges. Considérer la frange urbaine comme un paysage à cultiver dans la durée, tel pourrait être le défi d'un territoire ayant pour ambition de fabriquer une ville durable parce que connectée à sa campagne.

Le paysage nourricier des franges urbaines : éléments pour un projet agricole urbain ?

Le dépassement de l'opposition entre ville et campagne suivant l'idée de « ville-campagne », avancée par Pierre Donadieu à la fin des années 1990, accompagne le passage de la ville compacte à la « ville éclatée » (Bertrand, 2010), voire « émiettée » (Charmes, 2011). Quelques chercheurs jettent alors les bases d'une réflexion nouvelle sur les place et rôle de l'agriculture en ville. Nicole Mathieu (1998, 2004) souligne l'émergence d'un nouveau modèle de relations ville-campagne où le changement de regard des citadins sur ces espaces se traduit par une attention plus forte à l'égard des lieux de proximité. Pierre Donadieu, dans Campagnes urbaines (1998, p. 19), défend quant à lui « l'utopie réaliste » d'un « projet de territoire mi-rural mi-urbain » et la prise de conscience d'un « destin commun » conduisant à une vision globale et systémique des questions urbaines et agricoles dans laquelle l'agriculture est considérée comme un « projet de société capable d'améliorer les conditions de vie urbaine ».

Un regard nouveau sur les franges urbaines

Aujourd'hui, un large consensus - demande sociale, élus, législateur, professionnels de l'agriculture et de la ville... - se dégage autour de l'idée qu'il y a nécessité de gérer les espaces ouverts (agricoles et naturels notamment), l'espace non bâti devenant armature et infrastructure, à partir desquelles penser la ville (Jarrige et al., 2006, Daune et Mongé, 2011), et cela suppose une inversion du regard de la part des urbanistes. À côté des parcs, jardins, espaces verts publics et privés, une place pour l'agriculture existe comme élément de la structure paysagère des zones urbaines (Donadieu et Fleury, 2003). La publicisation des espaces agricoles est lancée et, avec elle, la question de sa multifonctionnalité, qui dépasse le cadre normatif de la protection de la biodiversité. Alors que l'agriculture entre dans la culture de l'espace ouvert, d'abord au titre d'espace de nature dans les années 1990 et 2000 (Banzo, 2009), se pose davantage aujourd'hui la question « des valeurs productives que nous associons aux espaces libres/ouverts » (Blanc, 2012, p. 130). Le rôle de l'agriculture en ville ou à proximité de la ville n'est pas seulement lié à la reconnaissance des services écosystémiques écologiques et culturels rendus par ces espaces où se trouverait, parmi d'autres usages du sol, l'agriculture. Le paysage devient ce que Bruno Sabatier (2007, p. 7) appelle un « enjeu sociopolitique territorialisé » pourtant difficile à traduire en termes opérationnels malgré la relance en 2015 d'un plan national pour le paysage par le ministère du Développement durable.
Prolongeant la réflexion politique menée dans le cadre de l'Agenda 2114 de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées, le Scot du Grand Pau (approuvé le 29 juin 2015) propose, à l'instar de l'exemple montpelliérain, de « mettre en œuvre l'inversion du regard » (Scot du Grand Pau, 2015) en donnant une place aux espaces ouverts intégrés dans « l'armature verte, bleue et jaune » de l'agglomération. Dans une double perspective de valorisation des ressources paysagères comme ferment identitaire et en soutien à la diversité agricole comme enjeu économique, le projet de territoire évoque la nécessité de « travailler les interfaces [on pourrait ici parler de franges] des espaces urbains/ruraux » (p. 12 du Document d'orientation et d'objectifs - DOO) en tant qu'espaces de transition.

Franges urbaines : créativité et marge de liberté

Si la frange renvoie à l'idée de lisière de la ville, elle fait aussi référence aux limites floues d'un « état intermédiaire entre deux zones » appelant une situation spatiale de transition, voire de contact. Son paysage complexe, issu de cet investissement multiacteur dans la gouvernance des lieux, est un engagement à penser cette frange comme une marge, non pas au sens d'un espace marginalisé ou de relégation, mais au contraire comme un espace ouvert à l'expérimentation, aux tâtonnements de l'expérience de terrain. En somme, « un espace dont on peut disposer entre des limites qui sont imposées15 », offrant alors une certaine latitude et une marge de liberté aux acteurs engagés dans un faire et un vivre ensemble. C'est dans cette perspective que l'on peut penser aujourd'hui la place de l'agriculture urbaine dans les projets qui animent les territoires.

La création comme outil de résistance. Devise de la MJC Berlioz
Photo : Hélène Douence.


Le Scot palois souhaite marquer physiquement sa limite entre ville et campagne, non pas pour les séparer mais pour mieux les relier, attribuant alors à une nature jardinée le rôle d'espace tampon entre espaces urbanisés et agricoles. Si le projet agricole du Scot annonce clairement l'intention de maintenir une agriculture forte, dont la diversité permet d'envisager et de soutenir une agriculture de proximité, la frange urbaine, dédiée à une sensibilisation du citadin au fait agricole, paraît être le lieu d'une mise en visibilité de différentes formes d'agricultures qui enrichissent l'expérience paysagère des citadins, laissant ainsi entrevoir tout le potentiel contenu dans ces paysages nourriciers émergents en termes d'approche inclusive des lieux urbains.


Scot : le projet agricole, « maintenir une agriculture forte et assurer son potentiel de développement ».
Source : Scot du Grand Pau, adopté en juin 2015.


Au-delà des intentions d'un projet politique encore récent et peu opérationnel, ce document du Scot affiche une volonté qui atteste d'un processus en cours dans la phase d'appropriation des enjeux de l'agriculture urbaine, nuançant alors les propos du politiste Alain Faure (2013, p. 24), qui pointe « l'absence d'une mise en récit des enjeux métropolitains incluant les campagnes urbaines ». La formalisation d'un récit par de véritables porte-parole (élus et/ou techniciens, mouvements citoyens) est un défi de taille pour inscrire dans le temps long un scénario recevable par les habitants d'un territoire. Le projet agricole sera-t-il assumé pleinement par la nouvelle municipalité paloise ?

Conclusion

Le paysage agricole des franges urbaines paloises, véritable couture entre espaces urbains et ruraux, révèle un projet urbain en mouvement. Certes, de la friche laboratoire d'agriculture à l'échelle d'un quartier, à l'essaimage des expériences sur l'ensemble du territoire urbain attestant plus solidement d'une réelle articulation entre formes urbaines et rurales, il y a un pas que Pau peine à franchir. Néanmoins, l'agriculture, en particulier à travers le jardinage urbain, participe de cette définition d'une nouvelle urbanité procédant « du couplage de la densité et de la diversité des objets de société dans l'espace » (Lévy et Lussault, 2003, p. 966). Mais peut-on alors parler de la construction d'un paysage nourricier sur cette frange urbaine paloise ? Si l'existence d'une telle frange urbaine peut être la spécificité, voire l'opportunité des villes moyennes comme Pau, c'est par son épaisseur qu'elle pourra s'avérer révélatrice de l'intégration de l'enjeu agricole dans le projet urbain. Elle donne à voir et à comprendre les enjeux métropolitains autour de la question alimentaire, une question qui, bien qu'émergeant à peine, est de nature à légitimer un maintien ou un retour de la fonction productive de l'agriculture en ville. Au-delà de la métrique, cette épaisseur doit être entendue ici comme la traduction d'une diversité de formes, révélatrice de la reconnaissance de la multifonctionnalité des espaces et de la complémentarité possible entre ville et campagne proche, mais aussi d'une densité de liens, porteuse de frictions, mais signe de la vitalité d'un espace en tension où une gouvernance paysagère est en marche.

Mots-clés

Transition paysagère, agriculture urbaine, jardins collectifs, participation habitante, ville moyenne, frange urbaine
Landscape transition, urban agriculture, community gardens, participation of the inhabitants, medium-sized town, urban fringe

Bibliographie

Arnal, C., « L'agriculture, élément de la qualité de vie des villes moyennes », Revue d'économie régionale & urbaine, n° 2, 2012, p. 245-264.

Arnauld de Sartre, X., Douence, H., Mercier, C.-E., « Choisir et redéfinir le local. L'exemple d'un type de filières courtes : les Amap en Béarn », dans Traversac, J.-B. (dir.), Circuits courts, contribution au développement régional, Dijon, Educagri, 2010, p. 55-70.

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Auteur

Hélène Douence et Danièle Laplace-Treyture

Hélène Douence est maîtres de conférences en géographié, université de Pau et des Pays de l'Adour, laboratoire Société Environnement Territoire (UMR 5603 CNRS/UPPA), http://set.univ-pau.fr
Courriel : helene.douence@univ-pau.fr

Danièle Laplace-Treyture est maîtres de conférences en géographié, université de Pau et des Pays de l'Adour, laboratoire Société Environnement Territoire (UMR 5603 CNRS/UPPA), http://set.univ-pau.fr
Courriel : daniele.laplace-treyture@univ-pau.fr

Pour référencer cet article

Hélène Douence et Danièle Laplace-Treyture
Les franges urbaines d'une ville moyenne : un paysage à cultiver ?
publié dans Projets de paysage le 17/01/2016

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/les_franges_urbaines_d_une_ville_moyenne_un_paysage_cultiver_

  1. « L'aménagement du territoire national français, ses objectifs », La Vie urbaine, avril-juin 1950, p. 245. Référence citée par Vadelorge, 2013, p. 8.
  2. La ville de Pau n'a pas été retenue comme ville moyenne dans l'étude de la Diact (2007) mais est considérée comme telle par le géographe Frédéric Santamaria (2012) ou l'historien Loïc Vadelorge (2013).
  3. La figure dans la dernière partie de cet article permet de visualiser la tache urbaine dans son contexte topographique ainsi que les contacts avec les grands paysages agricoles de vallées, plateaux ou espaces collinéens qui l'environnent.
  4. Les Marchés de producteurs de pays (MPP) sont une marque déposée depuis 2007 par les chambres d'agriculture. Conçus initialement pour être un outil de promotion des produits locaux dans l'espace rural en période estivale (marchés festifs), ils tendent aujourd'hui à évoluer vers des formes plus régulières en milieu urbain et périurbain.
  5. Ces ZAP sont créées par la loi d'orientation agricole du 9 juillet 1999 pour protéger les terres agricoles et forestières des milieux périurbains.
  6. Les AMAP, apparues en France en 2002, valorisent les liens directes entre producteurs et consommateurs.
  7. Relais local du Centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural (Civam), mouvement agricole des années 1950 dont les valeurs de l'éducation populaire s'adaptent aux enjeux actuels pour le maintien de campagnes vivantes en lien avec les villes.
  8. La Ferme en ville 64 est une marque événementielle, propriété de la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques conçue en 2008 pour être une vitrine de l'agriculture de la région permettant la rencontre du monde rural et du grand public.
  9. Depuis les années 1980, la MJC Berlioz tient une place prépondérante dans ce quartier issu de l'immigration espagnole et portugaise des années 1950-1960, se positionnant comme un « contre-pouvoir positif », dans ses actions de reconquête des espaces publics.
  10. Le bureau d'études de paysagistes retenu pour l'aménagement paysager d'une friche agricole dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine s'est finalement vu cantonné, sous la pression de la MJC, à un rôle d'accompagnement technique plutôt que créatif.
  11. Rétrospective « De la friche Lauga aux jardins de l'utile et de l'agréable... Illustration de 10 années d'occupation et de construction par des habitants, des artistes, des acteurs sociaux, éducatifs, scientifiques et culturels dans le quartier Berlioz », réalisée par Jean-Michel Fragey le 29 novembre 2013, URL : http://ddata.over-blog.com/2/66/60/85/tremblements/DE-BABARIT-a-MARUYAMA_comp.pdf.
  12. Le Civam Agro Bio Béarn a initié en 2009 un projet s'adressant aux populations urbaines éloignées des réalités agricoles et désirant améliorer leur alimentation au quotidien. Ces « parcelles solidaires » ont amené la création du Civam Fertil, en 2010, dont les nouveaux statuts permettent l'adhésion du grand public à cette association d'origine agricole. Voir le site du Civam : http://www.civam-bearn.org/Civam-Fertil/.
  13. La manière dont ce quartier appelle (à travers ses jardins) des relations différentes entre acteurs de la ville a été plus précisément abordée dans un article à paraître aux Presses universitaires de Rennes : « Quand la critique se fait jardin : enjeux et difficultés d'une territorialisation de la critique sociale » ; nous y discutons notamment le concept de « tiers délibératif ».
  14. Initié en 2009 et adopté en 2011.
  15. Définitions d'après « frange » (p. 1167) et « marge » (p. 367) du Dictionnaire culturel de la langue française sous la direction d'Alain Rey (Le Robert, 2005).