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Les ambiguïtés du paysage forestier des Landes de Gascogne

Forest landscape ambiguities in Landes de Gascogne

18/07/2010

Résumé

Le paysage artificiel du massif forestier des Landes de Gascogne ne correspond pas simplement à celui que les automobilistes traversent pour regagner leur lieu de villégiature. Derrière l'apparente monotonie de la forêt de production se cache une diversité souvent méconnue qui fait l'objet de toutes les attentions notamment en termes de protection. La forêt littorale constitue bien souvent l'image de marque de cette forêt. Cependant, que les paysages de cette région soient porteurs d'une valeur esthétique reconnue, valorisée ou non, la forêt landaise est désormais indissociable d'un discours sur la naturalité ce qui, pour un massif artificiel, nous interpelle.
The forest of Landes de Gascogne which is an artificial landscape, cannot by no means be reduced to the mainstream vision of motorists crossing this area to reach their vacation places. Indeed, behind what might at first sight appears monotonous, a forest dedicated to production, one might actually consider a very diversified environment. On one hand, this last characteristic is often ignored by the public, while on the other hand, authorities gives a particular care to its protection. The coastal side of the forest stands as a brand image for the whole set. But no matter if one considers only the esthetically valued or well-known part of it, the forest of Landes de Gascogne cannot be dissociated anymore from consideration on natural values. This statement, applied to an artificial forest, is actually highly questioning.

Texte

Introduction

Symbole, si l'en est un, de la vocation productive de nos forêts, le paysage du massif forestier des Landes de Gascogne ne peut se réduire à la dénomination de monotone qui lui est souvent attribuée. Derrière l'image archétypale d'une forêt sans charmes à pure vocation de production se révèle une diversité paysagère souvent méconnue, à laquelle participent sa frange littorale et les diverses zones humides qui la composent. Ainsi, ce massif apparaît désormais comme un paysage de qualité à protéger pour des motifs esthétiques, écologiques ou encore à modeler pour des raisons de loisir. Or, la volonté de gérer voire de « défendre » ce paysage forestier dévoile toute l'ambiguïté des représentations, partagées entre artificialité et désir de naturalité, attachées à ce massif. Par l'analyse de documents de gestion dont le Schéma régional d'aménagement du plateau landais et la charte du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, de sources iconographiques ainsi qu'un travail d'enquête par entretiens semi-directifs auprès d'acteurs institutionnels et associatifs, nous souhaitons ainsi appréhender le statut paysager ambigu de cette forêt gasconne.
Pour ce faire, nous allons tout d'abord traiter des différents aspects paysagers de cette forêt landaise : de l'archétypal linéaire à l'intimité des zones humides, en passant par la très fréquentée forêt littorale. Puis l'étude des représentations que notre société attache à la forêt en tant qu'emblème de la nature, et les principes paysagers qui viennent y répondre nous permettront de nous questionner sur leur validité et leur adaptation au sein d'une forêt artificielle dont la production en constitue l'essence même. Cette double attente, entre espace de production et de nature, trouve un écho tout particulier mais exemplaire dans le cadre des conflits engendrés par la protection paysagère institutionnelle que nous souhaitons, en dernier point, aborder.

Paysage ou paysages : quelles considérations pour la pinède des Landes de Gascogne ?

Au sein de la région Aquitaine, les Landes de Gascogne correspondent à un plateau au modelé plat de forme triangulaire qui s'étend sur 1,2 millions d'hectares, à cheval sur les départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Ce gigantesque « triangle de sable » est délimité au nord par l'estuaire de la Gironde, au sud par l'embouchure de l'Adour, par le littoral à l'ouest et s'étend à l'est jusqu'à la commune de Nérac. On peut difficilement trouver en France de régions naturelles qui se définissent aussi clairement : aucune ne peut prétendre à une aussi évidente uniformité de sols et de reliefs (Enjalbert, 1961).

Aux origines d'un massif stéréotypé

S'étendant à perte de vue, la végétation caractéristique de cette région landaise lui a valu au XVIIIe siècle d'être considérée comme le « Sahara français » (Traimond, 1986). Ce désert, particulièrement humide et marécageux, est alors perçu comme un véritable mauvais pays peuplé de sauvages (Sargos, 2004 ; Aldhuy, 2007), « une contrée impropre à produire des denrées agricoles » doublée d'« un milieu dont les conditions naturelles sont hostiles à l'homme » (Ozouf-Marignier, 2000, p. 74). C'est afin de développer une économie locale jusqu'alors basée sur un système agropastoral que la loi du 19 juin 1857 relative à l'assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne va obliger les communes, alors détentrices de la majorité de la lande (Dupuy, 1994), à boiser leurs communaux ou à les vendre lorsqu'elles n'ont pas les moyens1 de le faire. On va ainsi assister à une vente massive de terrains que notables landais et girondins, premiers acquéreurs, vont aussitôt planter avec une essence originellement présente : le pin maritime. La région des Landes de Gascogne va alors subir une exceptionnelle transformation paysagère et environnementale par la plantation d'une forêt de production destinée à la résine et au bois, en lieu et place de landes et de marécages. En un demi-siècle, le massif forestier passe de 130 0002 à 843 000 hectares, dont 780 000 en pins maritimes (Thiveaud, 1992). Aujourd'hui privé à plus de 90 %, il s'étend sur près d'un million d'hectares dont 889 600 hectares de forêt de production à vocation de bois d'œuvre et d'industrie générant une importante filière bois-papier.

Carte 1.

Ce massif se caractérise aujourd'hui par des paysages forestiers modelés par une exploitation sylvicole très intensive où le pin maritime prédomine (92 % de la superficie) sous forme de futaie régulière3. La géométrie est le terme qui reflète peut-être le mieux ce paysage forestier gascon : le linéaire strict des semis et des plantations est complété par la rigueur du parcellaire, des pistes DFCI4 et des fossés d'assainissement. Hormis sur quelques rares secteurs de la frange côtière, il n'existe pas de point de vue, d'une hauteur permettant d'apprécier cette étendue forestière. L'impression d'immensité n'est alors perceptible que le long des voies des communications qui la traversent et qui permettent, par sa répétition sur près de 200 kilomètres, d'en comprendre l'ampleur. Ainsi, vu de l'extérieur, ce paysage forestier donne l'impression d'un écran, souvent décrit comme un « rideau sombre5 » dont les seules ouvertures visuelles sont formées par les airiaux6, les champs de maïs, les pistes forestières et les coupes rases qui l'entrecoupent.

Photo 1. Le renouvellement des parcelles par coupe rase ouvre la vue sur une forêt bien calibrée. La géométrie des formes marque ce paysage forestier.

Ces dernières, dont les formes rectilignes continues d'appuyer la géométrie du paysage, marquent d'autant la logique économique du pignada7.
En passant de landes et de marécages à une forêt de production tout aussi étendue, le paysage du plateau landais n'a pas forcément gagné en plus-value. En effet, même si la forêt a succédé au « désert », l'alignement sans fin de parcelles monospécifiques, de pins bien alignés, calibrés, associés à un relief plat, lui vaut bien souvent la dénomination de monotone. Poussée à l'extrême, celle-ci peut prendre la dédaigneuse forme de « champ de pins » afin de souligner l'uniformité et l'artificialité de cette forêt. Loin d'être récente, cette critique du paysage forestier du plateau landais émerge dès la Belle Époque. Prenons pour exemple un extrait du Guide Joanne : « Les Landes [...] apparaissent au voyageur qui les traverse en chemin de fer, de Bordeaux à Bayonne, comme une région d'une extraordinaire monotonie, une forêt de pins noirs, plate et continue [...] Attristé par ce spectacle, le voyageur n'a d'autre souci que d'y échapper par le sommeil et il emporte des Landes la plus désagréable des impressions. » (Guide Joanne, 1899/1900 ; cité par Yelles, 1997, p. 173). À l'heure actuelle, le voyageur qui traverse la forêt pour rallier les plages, le Pays basque ou encore l'Espagne depuis Paris, garde toujours « une image négative » d'un paysage « lassant » comme cela a pu nous être souligné au sein de la mission Promotion du Comité départemental du tourisme des Landes8.

Photo 2. La forêt de production vue depuis la nationale 10 qui la traverse (le bois stocké est celui de la tempête du 24 janvier 2009 qui a fortement touché le massif).

On touche ici à la première ambiguïté de l'image de cette forêt, à cette distinction qui s'opère selon son échelle d'appréhension.

De l'uniformité à la diversité

Pensées à une échelle « massif », les Landes de Gascogne constituent l'archétype de la forêt de production, véritable « forêt utilitaire » (Boutefeu, 2007). Pourtant, derrière l'image caricaturale de ce paysage forestier, qui n'a a priori rien de remarquable, existe une distinction géographique, topographique et géologique fondamentale permettant la différenciation entre deux régions forestières : celle dite des dunes du littorale et celle du plateau landais. Ainsi, moins homogène qu'il n'y paraît, le massif forestier des Landes de Gascogne est profondément marqué par le double aménagement forestier dont il a fait l'objet, reflet de la réalité du milieu ainsi que des objectifs et des modalités d'action de l'homme. Les premières opérations de transformation du milieu des landes débutèrent par la région dunaire. L'objectif initial de la forêt qui va être implantée est alors de fixer les dunes, de protéger l'arrière-pays de l'invasion des sables. De fait, le littoral est souvent considéré comme « le lieu concret et symbolique de la création d'une des premières forêts de protection » tandis que « l'intérieur est l'archétype de la forêt de production où règne une logique industrielle » (Arnould et al., 2002, p. 253). Un ordre de valeurs entre ces deux parties distinctes semble s'être alors institué. Celui-ci est d'autant plus appuyé que la région dunaire offre une diversité de reliefs et de milieux qui lui vaut une reconnaissance officielle importante que révèlent les espaces protégés qui la jalonnent (du site classé à Natura 2000). Suivant cette dualité, la forêt côtière se voit aujourd'hui dévolue une fonction environnementale de protection d'espèces et de milieux, mais également une fonction sociale d'accueil du public bien plus importante que la forêt intérieure. Ainsi, bien qu'elle ne forme qu'une faible partie du massif forestier, elle en constitue l'image de marque, pièce maîtresse de l'attractivité du paysage maritime aquitain séduisant chaque année plus de 2,5 millions de touristes. Les deux ensembles que constituent les régions forestières des dunes du littoral et du plateau landais, bien que tout aussi exploitées et artificielles l'une que l'autre, ne bénéficient pas de la même image et ce, il nous semble, pour quatre raisons. La première est relative au relief. À l'étendue plane s'oppose le relief dunaire qui, tout en marquant le paysage de ses courbes, va offrir un panel d'essences plus important, notamment à proximité des zones humides, et ainsi atténuer la sensation de monotonie que le pin maritime, omniprésent, à tendance à apporter. On peut également faire une distinction statutaire. Contrairement au reste du massif, la forêt de la côte est majoritairement publique (52 % de forêts domaniales et 7 % de forêts relevant du régime forestier, voir la carte 1) ce qui, en termes de traitement paysager, a son importance, nous y reviendrons. La troisième différence tient dans l'agencement de la forêt littorale au reste de son environnement, celle-ci n'étant pas forcément valorisée pour elle-même. Elle fait avant tout partie d'un ensemble paysager, de cette trilogie « océan-forêt-étangs »  qui a constitué le fer de lance du développement touristique de la Côte d'Argent9 dès le XIXe siècle et qui lui vaut son adoubement officiel dans nombre de zonages. La forêt littorale, bien qu'en grande partie artificielle, a toujours été associée aux éléments naturels l'environnant et s'est vu ainsi transférer une image voire une exigence de naturalité dont va se faire l'écho sa gestion paysagère. Les politiques de communication à vocation touristique des collectivités territoriales du littoral constituent des éléments éclairants de ce phénomène. Aux photographies présentant océan, plage, dunes et forêts sont associés des slogans tels « Offrez-vous la nature » (commune du Porge) ou « La nature en trois dimensions » (commune d'Hourtin). À cela s'ajoute un discours promotionnel ventant les vertus naturelles de la forêt en elle-même, telle la forêt « naturelle et essentielle » de la commune de Soorts-Hossegor (Hossegor Magazine, 2009). La forêt mais également le pin maritime en lui-même sont devenus les symboles incontournables du lieu de villégiature que constitue le littoral aquitain, « emblème d'une nature aseptisée, c'est un gage de bien-être et de vacances réussies » (Petit-Berghem, 2005).
Pour autant, peut-on pousser cette dualité jusqu'à considérer la forêt du plateau landais comme le « parent pauvre » de la frange littorale ? Un ensemble dont la logique industrielle visuellement affirmée empêche le développement de toute considération sous le credo de la naturalité ou sous des critères paysagers ? 
Derrière l'apparente uniformité de la forêt du plateau landais se cache une diversité de milieux souvent méconnue car imperceptible depuis un regard extérieur. L'omniprésence de la forêt cultivée semble empêcher la considération et l'attrait des autres éléments paysagers qui se trouvent en son sein car, comme cela nous a été souligné à la direction du Comité départemental du tourisme des Landes, « la forêt des Landes c'est un rideau de théâtre [... et] c'est peut-être un petit peu difficile pour ce qui se trouve dans la forêt d'exister dans cette forêt10 ». Ce que dissimule ce « rideau » ce sont des forêts galeries, composées majoritairement de feuillus (chênes, aulnes, etc.) se développant le long des cours d'eau (Leyre, Ciron) ; des lagunes de taille variable à fort intérêt biologique, et des îlots de feuillus spontanés au milieu des boisements de résineux (Office national des forêts, 2006a). Or, ce sont justement ces éléments paysagers rares qui font l'objet de toute l'attention des politiques de protection et de valorisation. L'analyse de la répartition géographique des divers statuts de protection et de conservation officielles (du site classé à Natura 2000 en passant par les ZNIEFF, les réserves naturelles et autres arrêtés biotopes) est particulièrement éclairante. Ainsi, on peut constater que les zonages de préservation fondés sur des critères paysagers, faunistiques et floristiques, instaurant une hiérarchie de fait, concernent des secteurs bien précis du plateau landais : les zones humides, les forêts galeries le long des cours d'eau, les suberaies, en d'autres termes, tout ce qui n'est pas de la forêt de production de pins. Ces éléments semblent prendre d'autant plus de valeur que la sylve environnante leur sert d'écrin. Par exemple, le descriptif du site inscrit du Val de l'Eyre précise que « dans une région où dominent l'exploitation du pin et les champs géométriques de l'agriculture intensive concentrés sur les plateaux, la ripisylve feuillue des cours d'eau dans les vallons est remarquable11 ». Pour autant, un certain nombre de discours visent à reconsidérer la place de la forêt de production, et ce, même au sein des institutions patrimoniales. C'est le cas notamment du Parc naturel régional des Landes de Gascogne situé en plein cœur du plateau landais. L'artificialité de cette forêt tout comme sa vocation productive sont parfaitement décrites dans sa charte territoriale (2000), ce qui n'empêche pas de trouver dans la déclinaison de son objectif de préservation et de valorisation du patrimoine naturel : « Le patrimoine naturel du Parc est constitué du massif forestier, ainsi que de l'ensemble des sites d'intérêt plus spécifiquement écologiques et paysagers » (p. 18). Bien que posant une hiérarchie entre ses différents éléments et n'explicitant pas clairement ce qui fait l'intérêt patrimonial de la forêt, son caractère anthropique n'empêche manifestement pas son intégration dans la catégorie « naturelle » du patrimoine. À ce point s'ajoute l'émergence d'un discours à vocation touristique qui promeut la forêt landaise dans son ensemble comme espace de nature. Ces messages publicitaires vont gommer l'artificialité du massif pour en vanter ses grands espaces, misant sur la forêt comme archétype de la nature. Le récit et la mise en scène de l'histoire de la forêt landaise cohabitent ainsi en permanence avec un discours sur les multiples vertus naturelles de l'espace forestier. À l'évidence, l'un n'exclut pas l'autre. Ainsi, le Comité départemental du tourisme des Landes n'a-t-il pas hésité à affirmer sous une photographie présentant la pinède du plateau landais : « Les Landes, c'est tout naturel ! »

Quand la problématique paysagère révèle le massif landais comme « espace de nature »

Au-delà d'une image stéréotypée d'un massif à seule valeur utilitaire, la gestion paysagère de la pinède et les conflits liés aux pratiques forestières sont également révélateurs du rapport que notre société entretient à l'objet « forêt ».

Gérer les paysages forestiers : rendre la « nature » plus naturelle?

L'ambiguïté de l'image de ce massif est à mettre en lien direct avec l'image même de la forêt au sein de notre société. S'appuyant sur une enquête d'opinion concernant les représentations de l'environnement, Nicole Eizner établissait un constat : la nature, c'est d'abord la forêt (Eizner, 1995). La forêt en tant que prototype de la nature s'opposerait ainsi aux lieux où l'action anthropique est davantage visible. Les Landes, bien que visuellement marquées par le travail de l'homme, témoignent de la force du phénomène : qu'importe que cela soit artificiel, du moment qu'il s'agit d'une forêt. En tant qu'objet paysager à part entière, la forêt est pourvue d'une « charge symbolique » qui « pèse d'un poids important et complexe sur l'imaginaire des individus et des groupes » (Wieber, 1988). L'éloignement de notre société de la réalité du monde rural et sa sensibilité accrue envers tout ce qui touche à l'environnement depuis la fin des années 1980 n'est pas sans conséquences sur la manière dont elle perçoit la forêt (Breman, 1995 ; Deuffic et al., 2004). Les logiques dites paysannes qui structuraient auparavant les rapports entre les communautés rurales et leurs territoires ont été, petit à petit, remplacées par des logiques de type urbain (Montgolfier, de, Bertier, 1980). La forêt ne porte plus guère de valeur vitale pour la population citadine mais elle s'est chargée d'une valeur symbolique en tant que « symbole par excellence de la Nature » (Deuffic et al., 2004) devenant un lieu important de ressourcement (sous certaines conditions d'accueil). Ainsi, la forêt en tant que support et décor de différents loisirs « cristallise le désir de détente dans la nature d'une population toujours plus urbaine » (Schmithüsen, 1999, p. 497). Dans un contexte de multifonctionnalité affirmée par la loi d'orientation forestière de 2001, l'évolution des attentes et des représentations questionne l'activité sylvicole en tant que fonction visuellement impactant. Au travers d'une enquête menée par Benoît Boutefeu (2007) sur les représentations des usagers des forêts domaniales du Val Suzon (Isère) et de la Chartreuse (Côte-d'Or), il ressort que 90 % des enquêtés envisagent la tâche du forestier comme simple « protecteur de la forêt ». Ce résultat étaye une idée déjà bien répandue au sein même des services forestiers qu'ils soient publics ou privés : la méconnaissance de la part de la population de leur travail et de leurs objectifs. En tant que « gardiens du temple», les critiques fusent lorsqu'ils dévient de leur responsabilité, estimée première, en abattant un arbre. Les forestiers ne jouent plus alors leur rôle car « non seulement, ils n'ont pas su le protéger et le soigner mais leur incompétence apparaît clairement, ils le tuent. Assassins ! » (Dereix, 1997, p. 272). La forêt étant d'abord considérée comme un milieu naturel, l'action de l'homme en son sein est bien souvent incomprise et peut devenir source de conflits, notamment pour la plus visuelle de ses actions : la coupe rase. La prise en compte des problématiques paysagères dans l'aménagement forestier va donc consister « à fondre les opérations sylvicoles dans le paysage ambiant » (Deuffic, 2005, p. 357), à concilier les attentes estimées du public et les impératifs de production.
Depuis les années 1980, les forestiers de l'Office national des forêts (ONF), au travers des principes du « paysagisme d'aménagement forestier », prennent véritablement en compte la question paysagère dans la gestion sylvicole (Deuffic, 2005). Face à un public qui s'est emparé de cette problématique, remettant de plus en plus en cause la légitimité de l'expert forestier, il est désormais considéré comme « normal que [celui-ci] essaye, dans la mesure du possible, de tenir compte de certaines formes de critiques » (Breman, 1995, p. 292). La prise en considération de l'impact paysager dans les options sylvicoles va donc se limiter à certains secteurs où des enjeux ont été identifiés. Aux zones réglementées s'ajoutent celles exposées au regard extérieur ainsi que les secteurs sensibles parce que fréquentés (Dubourdieu, 1997). À proximité des pôles urbains ou dans les espaces à forte pression touristique, certains secteurs forestiers vont dès lors être pourvus de fortes contraintes paysagères.

« Cachez cette coupe que je ne saurais voir »

Au sein du massif forestier des Landes de Gascogne, la problématique paysagère trouve un écho tout particulier. Le traitement paysager du massif révèle toute l'ambiguïté d'une image partagée entre une vocation productive affirmée qui en constitue l'essence même et un espace où se cristallisent des attentes sociales liées à son statut de forêt.
La forêt littorale, grâce à la proximité des plages et à son statut majoritairement public, constitue un secteur où la problématique paysagère prend une forme à part entière au sein de ce massif. En grande partie gérée par l'ONF, elle entre dans une logique multifonctionnelle où les fonctions de protection, de production et d'accueil du public doivent s'articuler. Au sein de cet espace le plus fréquenté du massif aquitain, la fonction sociale se traduit par l'aménagement d'équipements d'accueil mais également par le traitement paysager des peuplements (Dehez et al., 2009).
Dans la directive régionale d'Aaménagement des dunes littorales de Gascogne, document de planification forestière encadrant l'élaboration des aménagements forestiers, l'ONF concède à la forêt littorale sa participation « au caractère "naturel", "sauvage" et "immense" qui fait la force et la réputation des plages du littoral atlantique » (ONF, 2006b, p.61). L'utilisation entre guillemets des termes montre la distinction opérée entre la réalité scientifique et opérationnelle de la forêt littorale et la reconnaissance des différentes connotations qui lui sont attribuées par les populations, notamment touristiques. L'objectif des opérations paysagères de cette zone sous forte pression anthropique est donc de répondre aux attentes de nature du public (touristes, promeneurs, habitants riverains, saisonniers ou permanents), de ne pas venir contrarier ce qui fonde l'attractivité du lieu. L'adéquation entre fonctions productive et sociale constitue de fait un véritable enjeu quand nous savons que 80 % des forêts publiques du littoral sont constituées de surfaces boisées de production au traitement sylvicole identique à celui du plateau landais, à savoir la futaie régulière composée à 98,5 % de pin maritime (ONF, 2006b). L'impact visuel des activités sylvicoles, au sein de cette zone tout aussi artificielle que le reste du massif mais réputée pour son caractère naturel12, peut engendrer l'incompréhension de la part de la population touristique. Cette idée est soulignée par un agent patrimonial de l'Office, « ils ne savent pas que l'homme intervient, pour eux ce sont des gros arbres éternels13 ». Paradoxalement, et comme indiqué au sein de la mission paysage de l'ONF, au sein d'un système artificiel « ce qui choque justement c'est cette référence à l'artificialité14 ». Ainsi, la forêt littorale des Landes de Gascogne reflète singulièrement ce désir, pour reprendre les mots de Bernard Kalaora, de « nature naturelle », de cette « aspiration à une nature sauvage, authentique et protégée [qui] se substitue au désir d'exploration et de domestication » (2001/2, p. 591). De fait, et comme l'affirme l'agent patrimonial, parce qu'« ici le tourisme est quelque chose d'important [et qu'] on a une image de marque à soutenir15 », l'activité sylvicole, si elle va parfois se voir cacher, va du moins être visuellement atténuée. Le traitement paysager va ainsi prendre différentes formes selon le positionnement de l'observateur. Du cordon paysager servant d'écran pour masquer les parcelles en régénération aux parcours des pistes cyclables, équestres et pédestres conçus pour amener le visiteur à observer le maximum de diversité paysagère, le traitement paysager de la forêt littorale publique tente de dissimuler au mieux la vocation productive de la forêt comme cela a pu nous être confirmé à l'unité de production littoral de l'Office : « C'est vrai qu'il faut avoir le courage d'appeler les choses comme elles sont [...] on essaye de masquer un peu la réalité16 ». Cette logique ne se cantonne pas à la frange littorale, à l'intérieur même du massif dans les secteurs à proximité des pôles urbains et, de fait, très fréquentés, des actions en faveur du paysage sont également préconisées. De la diminution de la taille des coupes rases, à la mise en valeur des éléments de diversification paysagère comme les forêts galeries, en passant par la volonté de rompre la monotonie par le changement d'orientation des lignes de peuplement (ONF, 2006b), ces actions de gestion des paysages portent également en elles cette volonté d'estomper l'action humaine, de donner une image de la forêt plus en adéquation avec les attentes estimées de la population.

Jusqu'à présent nous avons abordé le traitement paysager dans le cas des forêts publiques. Or, au sein d'un massif forestier à plus de 90 % privé, se pose la question de la prise en compte de cette problématique par les principaux intéressés : les propriétaires forestiers. Après une enquête menée auprès des services forestiers français intervenant en forêt privée, Philippe Deuffic (2006) établissait un constat : dans un contexte économique difficile, la thématique paysagère est loin d'être une priorité pour les propriétaires17. Pour autant, elle peut devenir pour lui une question centrale lorsque se greffe sur sa propriété une protection réglementaire importante. Les conflits qui émergent dans ce genre de situation deviennent alors révélateurs des considérations différenciées du même objet. Tel est le cas pour la forêt artificielle de production se trouvant dans le site classé de la dune du Pyla et de la forêt usagère de la commune girondine de la Teste-de-Buch, dans le sud-ouest du bassin d'Arcachon. Le classement du site s'est tout d'abord fondé sur le caractère paysager, pittoresque qu'offre la vue depuis la dune du Pyla se situant sur la commune, sur cette association jugée exceptionnelle d'eau, de sable en mouvement et de forêt18. Le « spectacle forestier » que l'on embrasse depuis le sommet de la dune n'est donc qu'une composante du paysage classé, mais une composante indispensable dans la mise en valeur même de la dune car elle constitue également l'écrin de verdure sublimant sa vue depuis le pourtour du bassin (notamment le Cap-Ferret). Ce cadre forestier est constitué de forêts aux statuts bien différents : une forêt domaniale, de la forêt privée artificielle ordinaire et une forêt privée usagère d'origine naturelle dont les statuts remontent au milieu du XVe siècle19.

Photo 3. La dune du Pyla et son écrin forestier.

Même si la distinction a toujours été posée par les institutions entre les semis des dunes modernes (correspondant aux forêts domaniales et privées) et l'origine naturelle de la forêt usagère, le paysage forestier classé des environs de la dune est considéré comme un tout et, de fait, est réglementé selon cette unité théorique. Ainsi « englobée », l'exploitation de la forêt privée artificielle de production, pourtant base d'une partie du paysage classé, va devenir particulièrement épique de par la stricte réglementation qui l'accompagne. Si dans les années 1990 la gestion forestière de la forêt privée était considérée comme un élément constitutif du paysage à protéger, petit à petit elle va en devenir un ennemi. Face à une réglementation très restrictive pas toujours respectée par les propriétaires (volontairement ou par simple méconnaissance de la législation), des associations de protection de l'environnement locales vont s'emparer du dossier forestier assignant en justice tout contrevenant. Sous le credo d'une protection paysagère institutionnalisée, la forêt de production va se voir transférer une exigence de naturalité jusqu'alors dévolue aux éléments attenants : dune du Pyla et forêt usagère. De fait, la vocation productive de la forêt artificielle va se voir complètement bloquée, voire niée de par sa seule proximité à la dune du Pyla. Afin de mettre fin à une situation inextricable, un guide de recommandations paysagères a été conçu en 2008 par l'ensemble des parties prenantes. L'objectif de ce guide, initié par le Centre régional de la propriété forestière (CRPF), a été de permettre aux propriétaires de pouvoir recommencer à exploiter leur parcelle. Compte tenu des enjeux paysagers du site, les recommandations ont toujours comme point d'ancrage la volonté de réduire au minimum la vision de l'action humaine sur la forêt (réduction des coupes rases à 10 hectares) et d'une certaine façon d'en effacer ce qui en constitue l'origine même.  Ainsi cette situation de blocage a été certes induite par le classement du site mais surtout par la double appropriation par les associations locales du classement (en tant que justificatif à l'action) et de l'espace forestier privé (comme « bien commun » à préserver) sans véritablement attacher d'importance à son origine artificielle que semble annihiler l'exceptionnalité du site. De fait, la gestion forestière, et avant toute chose les coupes rases, est passée du rôle d'acteur historique essentiel à la survie de la forêt à celui d'ennemi potentiel pouvant mettre « en péril la cohérence du massif forestier20 ».

Conclusion

Le massif forestier des Landes de Gascogne possède une image double qui se contredit. Entre un paysage marqué par sa vocation productive à connotation bien souvent péjorative et un paysage de bord de mer qui attire chaque année des millions de touristes durant la période estivale, nous pouvons avoir l'impression que nous ne parlons pas de la même forêt. Alors que la forêt littorale fait partie d'un tout paysager, la forêt du plateau landais est souvent considérée comme un écran empêchant de voir, et donc de réaliser, la diversité paysagère qu'elle recèle. Pour autant, ces deux ensembles font l'objet d'une volonté de gestion de ces paysages que ce soit au travers des politiques d'aménagement de l'ONF, de la charte du Parc naturel régional ou des chartes de territoire des pays constitutifs du massif par exemple. Ce souhait de donner un aspect plus « naturel » à cette forêt de production révèle directement le rapport qu'entretiennent désormais nos sociétés aux sylves. Car cette volonté d'atténuer, voire de complètement masquer l'action du forestier, pose en creux la place que souhaitent donner nos sociétés citadines à l'homme au sein de l'espace forestier. Elle est également révélatrice de l'acceptation de cette considération, et donc de l'intégration du regard profane, au sein du milieu forestier plus ou moins contraint. Les conflits émergeant dans l'ensemble du massif forestier (et pas seulement dans des secteurs à forts enjeux comme le littoral) sont révélateurs de cette approche à l'objet forêt car tout artificielle qu'elle soit, la forêt landaise peut porter une exigence paysagère fondée sur les critères de la naturalité.

Mots-clés

Forêt artificielle, nature, paysage, gestion forestière
Artificial forest, nature, landscape, forest management

Bibliographie

Aldhuy, J., « La transformation des Landes de Gascogne, de la mise en valeur comme colonisation intérieure (XVIIIe-XIXe siècle) ? », Sud-Ouest européen, n° 23, 2007, p. 17-28.

Arnould, P., Marty, P., Simon, L., « Deux siècles d'aménagements forestiers : Trois situations en marge méridionales de la France », Eria, n° 58, 2001, p. 251-267.

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Auteur

Aude Pottier

Doctorante en géographie, laboratoire SET-UMR 5603 CNRS, Bât. Irsam, université de Pau et des  Pays de l'Adour
Courriel : aude.pottier@etud.univ-pau.fr

Pour référencer cet article

Aude Pottier
Les ambiguïtés du paysage forestier des Landes de Gascogne
publié dans Projets de paysage le 18/07/2010

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/les_ambiguites_du_paysage_forestier_des_landes_de_gascogne

  1. Nous noterons que malgré les transformations radicales de cette région, l'image d'Épinal du pâtre planté sur ses échasses constitue toujours un emblème de ce territoire.
  2. Des boisements sont déjà présents mais sur des secteurs bien particuliers notamment en Marensin, en Pays de Buch et le long des cours d'eau (Leyre et Ciron). La sylviculture, résine et bois, ne constituait alors qu'une activité secondaire mais non négligeable (Maizeret, 2005).
  3. Peuplement où, sur une même unité de gestion (parcelle ou sous-parcelle), les arbres ont le même âge (Dubourdieu, 1997).
  4. Défense des forêts contre les incendies.
  5. Site du Parc naturel régional des Landes de Gascogne : http://www.parc-landes-de-gascogne.fr.
  6. Forme d'habitat caractéristique où la maison d'habitation, les dépendances et les bâtiments d'exploitation se situent au sein d'un espace enherbé.
  7. Terme d'origine gasconne désignant la forêt de pins maritimes.
  8. Entretien semi-directif, avril 2010.
  9. Le littoral gascon a été baptisé ainsi par Maurice Martin, journaliste à la Petite Gironde, écrivain et poète, en 1905 à Mimizan. L'auteur explique ainsi son choix : « La «Côte d'Argent», parce que, sur ces 228 kilomètres de plage, de l'embouchure de la Gironde à celle de l'Adour [...] la vague éternelle [...] vient déposer sa frange argentée au pied des dunes immaculées ! [...] enfin, parce qu'il faut un mot imagé pour mieux fixer l'attention du touriste sur certaines régions [...]. » (Martin, 1906, p. 27.)
  10. Entretien semi-directif, juillet 2009.
  11. Diren Aquitaine, http://www.aquitaine.ecologie.gouv.fr. Fiche d'information Val de l'Eyre, 2009.
  12. Le Comité départemental du tourisme des Landes souligne dans sa dernière enquête clientèle que les critères qui fondent l'attractivité du littoral sont le bord de mer, le climat, le cadre naturel. (2008).
  13. Entretien mené en juillet 2009.
  14. Entretien mené en avril 2010.
  15. Entretien mené en juillet 2009.
  16. Entretien semi-directif, juin 2009.
  17. Enquête menée auprès des services Forêt-Environnement de 95 Ddaf (Direction départementale de l'agriculture et de la forêt), de 22 Serfob (Services de la forêt et du bois) et 18 Crpf (Centres régionaux de la propriété forestière).
  18. Premier classement en 1943 dans un secteur restreint et extension aux limites actuelles en 1994 après que le site de la dune du Pyla a été déclaré Grand site national en 1978.
  19. Sur la problématique de la forêt usagère : Bouisset, C., Pottier A. « Les Landes de Gascogne : de la forêt cultivée au patrimoine naturel », à paraître.
  20. Entretien avec l'Association de défense et de promotion de Pyla-sur -Mer, juillet 2009.