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Le « paysage urbain » en question

The urban landscape in question

07/07/2011

Résumé

L'article expose les orientations méthodologiques d'une recherche portant sur la notion de paysage urbain. La première partie précise les enjeux et les problématiques convoqués par cette notion - à travers notamment les débats actuels entre théoriciens et professionnels du paysage - et situe les champs de référence de cette recherche. La seconde partie présente les deux axes de recherche retenus. Le premier consiste en une approche généalogique de la construction artistique et conceptuelle du paysage urbain. Le deuxième s'inscrit dans une démarche sociologique à travers la réalisation d'une enquête qualitative dont l'article exposera les premières conclusions.
The article presents methodological choices of a research about the notion of urban landscape. The first part outlines the issues and problems about this notion (especially through the current debates between landscape professionals and theorists) and make clear reference fields of the study. The second part presents two directions of research selected. First, a genealogical approach focuses on the artistic and conceptual construction of the urban landscape. The second axis is part of a sociological approach by carrying out a qualitative inquiry, which section outlines the first conclusions.

Texte

« La ville est là. Elle est notre espace et nous n'en avons pas d'autre. Nous sommes nés dans des villes. Nous avons grandi dans des villes. C'est dans des villes que nous respirons. Quand nous prenons le train c'est pour aller d'une ville à une autre ville. Il n'y a rien d'inhumain dans une ville, sinon notre propre humanité. » (Perec, 1974.) Aujourd'hui, plus de la moitié de l'humanité vit dans les zones urbaines de la planète1. La ville est aussi notre avenir avec un taux d'urbanisation mondial prévisionnel de 59,7 % en 2030 et 69,6 % en 20502. Ce contexte urbain généralisé n'est certainement pas étranger à la légitimité acquise ces dernières années par la notion de paysage urbain et à l'extension de son usage. Mais ce contexte est aussi à l'origine de la réaction opposée : l'exacerbation du désir de nature et de campagne accompagnée de discours - aussi bien savants que profanes - négatifs sur la ville souvent considérée comme laide, oppressante et inhumaine et donc indigne de constituer un paysage.
En effet, en considérant les discours émis sur la notion de paysage urbain, un certain nombre de constatations s'imposent. Tout d'abord, cette notion, pourtant en vogue aujourd'hui, est difficile à définir (le dictionnaire de la langue française la cite simplement comme une extension du mot paysage). Par ailleurs, si pour certains elle n'a pas lieu d'être, pour d'autres elle est une évidence traduisant une réalité géographique3 ou étymologique ; et pour d'autres encore, elle serait même l'avenir du paysage (Dagognet, Guéry, Marcel, 1995).
La notion de paysage urbain reste donc à préciser. La recherche sur les notions - qui constitue un des axes majeurs de l'équipe de recherche AMP4  dont nous faisons partie - a pour but de contribuer à leur approfondissement pouvant conduire à des confirmations ou à des réévaluations de certains aspects théoriques. Le développement d'une théorie du paysage urbain nous paraît capital, voire même central, pour notre civilisation urbaine. Il nous semble que seule l'échelle du paysage permet aujourd'hui d'appréhender cet urbain qui se généralise et repousse ses limites à la fois physiques et symboliques. D'autre part, cette notion est utile aux réflexions actuelles sur le paysage, sur la ville et sur nos sociétés contemporaines d'une manière générale. En effet, elle est particulièrement importante quant aux rapports qu'entretient l'homme avec son environnement, avec la nature, et avec ses semblables. Dans ce qui suit, nous nous proposons d'exposer et de justifier les choix méthodologiques de recherche.

Enjeux et problématiques

Le paysage urbain existe-t-il ?

L'une des premières constatations que l'on peut faire à propos de la notion de paysage urbain est que bon nombre de discours, essentiellement de paysagistes mais aussi de théoriciens du paysage, refusent cette expression considérée comme antinomique. Parmi les reproches faits au « paysage urbain », il y a l'absence d'horizon (Michel Corajoud : « Le paysage c'est l'endroit où le ciel et la terre se touchent », 1982), l'impossibilité d'une « vue englobante » (Latour, Hermant, 1999), une mobilité permanente qui n'appellerait pas à la contemplation (Paquot, 2002) ; sans oublier l'opposition nature/culture qui légitimerait celle de paysage versus urbain. La ville, nous dit le paysagiste Michel Corajoud, ne peut pas faire paysage car elle est « [...] construite de toutes pièces : c'est un montage dont l'unité n'est qu'artefact » (Corajoud, op.cit.). Or, la ville n'est pas plus « construite de toutes pièces » qu'un parc ou un jardin urbain conçu par un paysagiste, ou même qu'une campagne modelée et cultivée par un paysan, ou encore qu'une représentation composée par un artiste pour faire paysage. C'est d'ailleurs dans ce sens que François Tomas trouve « insolite d'assimiler ou tout simplement de rapprocher des termes comme ceux de paysage et de nature ». Pour lui ce serait plutôt avec les termes d'architecture et de peinture que le paysage aurait des relations « consubstantielles ». Architecture et paysage auraient même été, selon lui, conçus comme « l'antithèse de la nature » (Tomas, 1996). Pour Françoise Chenet-Faugeras, le paysage étant né du regard nostalgique que le citadin porte sur la campagne, « il ne devrait donc y avoir de paysage qu'urbain ». Dans cette conception, « le paysage n'est qu'une modalité de l'urbain » et non le contraire (Chenet-Faugeras, 2007).

Un objet de recherche

Le débat sur le paysage urbain semble tourner autour d'une question fondamentale : peut-on qualifier l'urbain de paysage ? Peut-on percevoir un paysage en milieu urbain ? Il existe un certain nombre de faits qui semblent démontrer que oui. En effet, non seulement « le mot pour le dire5 » existe depuis 18926 ; mais surtout, « le paysage urbain » a commencé à être un sujet d'étude et de réflexion, en France, dés la seconde moitié du XXe siècle7. Ceci, sans oublier les peintres qui commencent dès la fin du Moyen Âge à exprimer leur sensibilité à ce paysage-là8.
La vrai question, selon nous, n'est donc pas de savoir si le « paysage urbain » existe, mais : quand et sous quelles conditions existe-t-il ? En d'autres termes, il s'agit de comprendre d'où vient cette notion mais aussi par qui et comment elle se construit.
Nous nous inscrivons ainsi dans le champ de travaux et de réflexions récents qui tentent de théoriser le paysage urbain. En 1999, le philosophe Thierry Paquot écrivait, sous le titre Le Paysage urbain, l'écoumène de la modernité, un texte dans lequel il construisait une réflexion philosophique sur cette notion et l'introduisait par la référence aux formes littéraires9 et picturales10 du « paysage urbain » dont il associe la naissance à celle de la ville moderne. Le numéro de la revue Strates, publié en 2007, intitulé Paysage urbain : genèse, représentations, enjeux contemporains, constitue, à notre connaissance, le premier ouvrage traitant de ce sujet dans une perspective épistémologique. En cela, il constitue un apport important à la connaissance sur la naissance conceptuelle du paysage urbain au XXe siècle. Apparaîtra aussi la même année - signe de la dynamique qui anime actuellement la recherche sur ce thème - un ouvrage collectif, sous la direction de Pascal Sanson, intitulé Le paysage urbain : représentations, significations, communication qui s'inscrit dans une approche relevant de la sémiotique.

Un champ de référence

Il convient tout d'abord de préciser ce que l'on entend ici par paysage : « Ni «fait brut» (pour parler comme Husserl) analysable par la seule «raison calculante» (Heidegger), ni effet d'une pure «artialisation» du pays (Roger) qui en ferait une stricte invention, un paysage est (à mes yeux) un phénomène mixte où se superposent réalité et imagination créative, nature et culture, géographie et art. » (Le Dantec, 2006). Ainsi cette recherche se situe à mi-chemin entre les théories culturalistes et l'approche phénoménologique des paysages. En effet, nous nous référons à un paysage entendu comme représentation culturelle dont les révélateurs privilégiés sont ses évocations artistiques (« artialisation in visu » : en référence à Alain Roger) et intellectuelles, qui contribuent par ailleurs grandement à l'instaurer dans la perception commune. Cependant, le paysage urbain que nous interrogeons ne peut être considéré, selon nous, en dehors de sa matérialité qui est essentielle pour le processus du faire paysage ; ni non plus en dehors de l'expérience vécue par l'usager et observateur privilégié : le citadin.
C'est donc en étudiant les figures du paysage urbain, tout au long de son histoire - dans sa forme picturale, idéologique ainsi qu'en tant qu'expérience vécue par celui qui est à la fois observateur et utilisateur de ce milieu - que nous tentons de répondre à ces interrogations. L'approche diachronique est privilégiée, en tant qu'outil indispensable à une meilleure compréhension de certains usages actuels de la notion. Il ne s'agit toutefois pas d'une approche historique exhaustive mais d'une généalogie visant, à travers l'étude des  moments clés, des « accidents », ou encore des « retournements complets11 » de l'histoire du paysage urbain, à approcher au plus prés de l'essence de cette notion. «  [...] non point pour tracer la courbe lente d'une évolution, mais pour retrouver les différentes scènes où ils ont joué des rôles différents » (Foucault, 1994). L'objectif est aussi de dégager les aspects théoriques majeurs de la notion de paysage urbain.

Outils d'approfondissement de la notion

Approche généalogique

La recherche que nous menons s'organise selon deux axes. Tout d'abord, une approche qui s'intéresse à la construction artistique puis conceptuelle du paysage urbain.
Ainsi, dans un premier volet - placé sous le signe de la construction artistique de la représentation du paysage urbain -, nous avons mis à l'étude un corpus d'œuvres de peintres ayant représenté le paysage urbain. Les peintres ont été les premiers à exprimer l'idée de paysage urbain : quelles en sont les figures ? Quels sont les motifs paysagers en ville ? Il s'agit d'un travail d'analyse portant, non pas sur l'œuvre comme entité plastique isolée, mais comme ensemble de symboles et de codes à replacer dans un contexte historique singulier. Il est fait appel, notamment, à l'histoire de l'art, de l'architecture, de la ville, du paysage et de l'esthétique. Ces recherches nous permettent notamment de démontrer que, depuis la fin du Moyen Âge, émerge et se construit un paysage urbain qui va vivre deux ères distinctes dont la deuxième commence avec la naissance de la ville moderne et se poursuit jusqu'à nos jours. Ce deuxième cycle est aussi marqué par un événement majeur qui est la mise en concept du paysage urbain ; et dont le décryptage se base sur l'étude de textes choisis pour l'usage, fait par leurs auteurs, de l'expression « paysage urbain ». Le corpus d'ouvrages et d'écrits ainsi constitué, à partir des années 197012, nous permet de déterminer les références associées, dans les discours scientifiques, à l'usage de l'expression. Ces références ont contribué, à la fois, au choix du corpus artistique et à la construction d'enquêtes menées auprès du public parisien actuel.
Enfin, nous abordons, par le biais notamment d'une enquête sociologique, la perception contemporaine du paysage urbain chez deux catégories d'acteurs : les citadins et les aménageurs.

« Paysage urbain » et sens commun ?

Le paysage urbain n'existerait pas, pour le sens commun, nous disent certains (Michel Corajoud, Pascal Aubry). Qu'en est-il réellement ? À quelles conditions le sens commun associe-t-il le mot paysage à certaines « vues de villes » ? Et quelles sont les concordances entre le dessein des professionnels et le vécu des habitants ?
Le choix de la méthode de l'enquête qualitative a été déterminé par notre approche du paysage que ce propos de Jean Pierre Le Dantec illustre bien : « Tout paysage est, à certains égards, une invention du pays par un regardeur et donc, à ce titre, un mixte de réalité et de fiction, d'«intelligible» et de «sensible». » (Le Dantec, op. cit.) Ainsi l'on considère le paysage comme un ensemble de signes qui font sens pour un observateur, qui suscitent en lui des émotions et qui font appel à des référents culturels, sociaux et parfois individuels. Se pose alors la question du choix d'une méthode d'enquête capable de nous faire accéder à ces formes sensibles. Nous sommes donc face à un objet d'étude qui pose un certain nombre de barrières psychologiques (difficulté à rendre compte de ce qui relève de l'émotion), qui est difficile à définir, dont l'usage excessif peut flouter le sens et le soumettre au poids des stéréotypes. Nous avons donc choisi de recourir à des stimuli iconiques afin de dépasser les discours et les définitions consensuels ou généralistes. Cet outil fait parti d'une catégorie de techniques d'enquêtes qualitatives dite projectives, d'inspiration psychanalytique (Anzieu, Chabert, 200713) et très largement utilisées dans le monde du marketing (Pellemans, 1999).
Ce travail a été mené auprès d'un échantillon - en cours d'élargissement - d'une vingtaine de franciliens choisis tantôt au hasard dans des lieux divers de la ville, tantôt ciblés parmi certaines catégories socioprofessionnelles. Les réactions sont enregistrées afin d'analyser les différents aspects du discours : mots employés, hésitations, etc. L'entretien se base sur des questions ouvertes ainsi que sur un corpus de douze images face auxquelles les personnes interviewées sont amenées à réagir en répondant d'abord sur un mode fermé puis sur un mode ouvert qui sera notre outil d'analyse privilégié. Ces vues ont été choisies non pas parce qu'elles sont supposées représenter un paysage mais pour la présence de certains éléments cités - en faveur ou en défaveur du paysage urbain - dans les discours des spécialistes et des aménageurs. Par exemple la présence du végétal dans la ville, le point de vue ou la position de l'observateur (vues aériennes ou à échelle humaine), la structure de la vue (champs larges ou vues bouchées), la typologie urbaine et architecturale, etc. Il s'agit donc ici non pas d'établir des normes, mais de tester un certain nombre d'hypothèses concernant les éléments constitutifs du paysage urbain.
Les premières conclusions que nous avons pu tirer de cette exploration sont celles qui suivent. Notre analyse des profils des interviewés nous a permis d'identifier deux catégories de réactions en début d'entretien. Elles sont illustrées par ces deux slogans : pour les uns « tout est paysage » et pour les autres « le paysage c'est la nature et la campagne ». La contemplation des images proposées va encore les diviser : dans chaque groupe vont se constituer deux sous-groupes : les premiers resteront fidèles à leur idée de départ tandis que les autres relativiseront leurs propos face à certaines vues. Mais alors, dans quelles conditions associe-t-on le mot « paysage » à une vue de ville ?
Nous avons pu constater, par exemple, l'association de l'expression paysage urbain à la vue d'ensemble : parce « qu'on voit plusieurs choses à la fois » et que « c'est varié ». Cette idée de variété sera d'ailleurs particulièrement récurrente dans les interviews. Par ailleurs, on qualifiera une vue de paysage au motif que « c'est agréable à regarder », ou encore qu'on « aime bien » et que « c'est joli »... Sans oublier l'association du paysage au rêve et à l'envie : ainsi l'urbain peut faire paysage parce que « ça donne envie d'y être » ou encore de « s'y promener »... En ce qui concerne les éléments physiques qui peuvent contribuer à faire paysage en ville, on peut constater, par exemple, l'importance du « monument historique », ou encore des « immeubles anciens ». On parlera alors, dans certains cas, de « paysage emblématique » ou encore « typique » de la ville.
Les résultats ainsi obtenus ont été exploités dans la création d'un questionnaire de type quantitatif. Par ailleurs, les enquêtes menées jusqu'à présent ont été l'occasion d'observer l'importance du recours à des documents iconiques comme catalyseur. Cela nous a aussi permis d'améliorer et d'élargir l'échantillon d'images pour une deuxième phase d'enquêtes. Cette fois, l'analyse est basée non plus sur le contenu intrinsèque de chaque image, mais sur la comparaison des images deux à deux. Ces deux étapes sont actuellement en cours de réalisation. La combinaison de ces méthodes a notamment pour objectif de consolider la fiabilité des résultats.

Conclusion

L'approfondissement d'une notion nécessite souvent la prise en compte d'un corpus relativement important et relevant parfois de champs disciplinaires distincts. En particulier, dans le cas de la notion de paysage urbain, nous avons été confronté à des difficultés liées à l'ampleur du sujet. Mais un certain nombre de repères nous ont servi de guide et ont orienté nos choix de méthodes, d'acteurs et de corpus. Tout d'abord, les reproches faits à cette notion, dans la sphère scientifique, ont jeté les bases de notre réflexion et ont constitué un élément de liaison, tout au long de ce travail. Le paysage nous a servi de champs de référence. Tout cela a motivé de manière inductive le cheminement de ce travail selon les deux axes structurants qui illustrent bien notre conception du paysage. Ainsi, l'axe généalogique intégrait la dimension historique mais aussi culturelle du paysage, à travers l'étude des interactions entre des acteurs qui ont joué des rôles clés à certains moments de l'histoire de cette notion. L'axe sociologique nous permettait, quand à lui, de prendre en compte l'acteur social : observateur et usager du paysage. Le rapprochement des références contenues dans les discours des enquêtés et dans ceux des intellectuels et aménageurs, qui leurs sont contemporains, permet de mettre en lumière leurs points communs ainsi que leurs singularités. John Searle remarquait (1998) : « [...] il y a des portions du monde réel, des faits objectifs, qui ne sont des faits que par l'accord des hommes. » Le paysage urbain trouve sa légitimité dans la confluence ou encore dans l'interaction entre ces acteurs. Mais constitue-t-il un fait social ? La question reste ouverte.

Mots-clés

Paysage urbain, généalogie, enquête qualitative, ville
Urban landscape, genealogy, qualitative inquiry, city

Bibliographie

Anzieu, D., Chabert, C., Les Méthodes projectives, Paris, PUF, 2007, 340 p.

Berque, A., Les Raisons du paysage, Paris, Éditions Hazan, 1995.

Berque, A., Écoumène, introduction à l'étude des milieux humains, Paris, Belin, 1999.

Chenet-Faugeras, F., « Du paysage urbain », dans Sanson, P. (sous la dir. de), Le Paysage urbain : représentations, significations, communication, Paris, L'Harmattan, 2007, p. 35-48.

Corajoud, M., « Le paysage c'est l'endroit où le ciel et la terre se touchent », Mort du paysage ?, Seyssel, Éditions Champs Vallon, 1982.

Dagognet, F., Guéry, F., Marcel, O., « Mort et résurrection du paysage ? », La Théorie du paysage en France (1974-1994), Seyssel, Éditions Champ Vallon, 1995, p. 133-141.

Foucault, M., Dits et Écrits : 1954-1975, vol. 1, Paris, Gallimard, 1994.

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Jannière, H., Pousin, F. (sous la dir. de), « Paysage urbain : genèse, représentations, enjeux contemporains », Strates, n°13, 2007.

Latour, B., Hermant, E., « Paris ville invisible », Les Annales de la recherche urbaine, n° 85, 1999.

Le Dantec, J.-P., « Philosophie du paysage », dans Berque, A. (sous la direction de), Mouvance II. Soixante-dix mots pour le paysage, Paris, Éditions de la Villette, 2006, p. 80-83.

Paquot, T., « La mise en paysage du quotidien urbain », dans Masboungi, A. (sous la dir. de), Penser la ville par le paysage, Paris, Éditions de La Villette, 2002.

Paquot, T., « Le paysage urbain, l'écoumène de la modernité », dans Younès, Ch. (sous la dir. de), Ville contre-nature. Philosophie et architecture, Paris, La Découverte, 1999, p. 154-174.

Pellemans, P., Recherche qualitative en marketing. Perspective psychoscopique, Bruxelles, De Boeck Université, 1999, 461 p.

Perec, G., Espèces d'espaces, Paris, éditions Galilée, 1974.

Rodenbach, G., Bruges-la-Morte, Paris, Flammarion, 1880, 276 p.

Searle, J., La Construction de la réalité sociale, Paris, Gallimard, 1998, p. 11.

Tomas, F., « Architecture, nature et paysage », dans Martin, J.-B. (sous la dir. de), Architecture et Nature, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996, p. 81-95.

Auteur

Naouel Bchir Jaber

Architecte, doctorante en architecture (laboratoire AMP).
Courriel : bchir_naouel@yahoo.fr

Pour référencer cet article

Naouel Bchir Jaber
Le « paysage urbain » en question
publié dans Projets de paysage le 07/07/2011

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/le_paysage_urbain_en_question

  1. D'après un communiqué de presse des Nations unies publié sur : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2010/Conf100401-ONU_HABITAT.doc.
  2. Prévisions de l'Organisation des Nations unies (Golub, 2010).
  3. Voir à ce propos la réflexion d'Augustin Berque dans Les Raisons du paysage (1995).
  4. Laboratoire « Architecture, Milieu, Paysage », amp@paris-lavillette.archi.fr.
  5. Augustin Berque identifie, en effet, cinq critères qui attestent de l'existence de la notion de « paysage » dans une civilisation donnée : qu'il soit représenté par les peintres ; qu'il existe un mot pour le dire ; que la chose désignée par ce mot fasse l'objet d'une réflexion ; que le paysage suscite une littérature, orale ou écrite, qui témoigne du fait que l'on en apprécie les agréments (exemple : les odes d'Horace) ; que les beautés de la nature soient représentées par les jardins d'agrément.
  6. Utilisé pour la première fois par le poète et romancier belge Georges Rodenbach dans son roman Bruges-La-Morte (1880).
  7. Comme recensé dans « Paysage urbain : genèse, représentations, enjeux contemporains », Strates, n° 13, 2007.
  8. Référence à la fresque des Effets du bon et du mauvais gouvernement sur la ville et la campagne de Sienne (1338) d'Ambrogio Lorenzetti.
  9. À travers notamment les œuvres de Louis Sébastien Mercier, Baudelaire.
  10. Il y cite les œuvres impressionnistes de Monet, Caillebotte, etc.
  11. « La généalogie ne prétend pas remonter le temps pour rétablir une grande continuité par-delà la dispersion de l'oubli ; (...). Suivre la filière complexe de la provenance, c'est au contraire maintenir ce qui s'est passé dans la dispersion qui lui est propre : c'est repérer les accidents, les infimes déviations - ou au contraire les retournements complets -, les erreurs, les fautes d'appréciation, les mauvais calculs qui ont donné naissance à ce qui existe et vaut pour nous [...]. », Michel Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l'histoire » [1971], Dits et Écrits, Paris, Gallimard, 1994.
  12. Notamment l'ouvrage de Sylvie Rimbert, Les Paysages urbains, Paris, Armand Collin, 1973 ; ou encore les actes du colloque d'esthétique appliquée à la création du paysage urbain, Arc-et-Sénans, CEE, 1973 ; ainsi que l'ouvrage collectif sous la direction de J.-M. Loiseau, Le Paysage urbain, Paris, éditions Sang de la terre, 1993.
  13. Première édition en 1961.