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Le « paysage de l'historien » : entre sources et méthodes

Reconstituer les dynamiques du territoire forestier de l'Avesnois (XIVe-XVIIe siècle)

The «Landscape of the Historian»: Between Sources and Methods

Restoring the Dynamics of the Woodlands of the Avesnois Region (14th-17th centuries)
01/07/2015

Résumé

La notion de paysage est polysémique autorisant une ouverture interdisciplinaire. Elle est devenue un concept transversal renouvelant les pratiques scientifiques. S'interroger sur les éléments structurants du paysage revient à analyser des « objets hybrides » qui ne peuvent être abordés par le seul regard des sciences de la nature et dans la seule perspective actuelle. Dans cet article, il s'agira de comprendre comment l'historien appréhende le paysage (concepts, outils et méthodes) à travers l'exemple des dynamiques du territoire forestier de l'Avesnois (Nord).
The notion of the landscape is polysemic, making an interdisciplinary approach possible. It has become a transverse notion introducing new scientific practises. Analysing the structural elements of the landscape is equivalent to analysing «hybrid objects» which cannot be approached from the sole perspective of the natural sciences. This article attempts to explain how an historian considers the landscape (concepts, tools and methods) through the example of the dynamics of the woodlands in the Avesnois region in the North of France.

Texte

Dès le début du XXe siècle, la géographie française est l'une des premières disciplines à prendre en considération le paysage en tant qu'objet d'étude (Vidal de la Blache, 1913). Par le concept de possibilisme1, le paysage est conçu comme le résultat des actions anthropiques s'adaptant à leur environnement naturel. C'est ainsi que Paul Vidal de la Blache qualifie l'homme de facteur géographique. Ce qu'il affirme n'est autre que ce que les historiens de l'environnement appellent aujourd'hui l'impact anthropique. Cette idée s'oppose au déterminisme géographique accordant une place prééminente au milieu physique dans l'analyse des caractéristiques d'une société (caractères sociaux, économiques...).
En 1931, un autre historien, Marc Bloch (Bloch, 1931), analyse à son tour le paysage, en étudiant l'évolution des paysages et des systèmes de cultures, celle des formes, de l'habitat et des techniques agraires, autant d'interfaces entre hommes et milieux. Il a posé les jalons méthodologiques de l'histoire de l'environnement : tout d'abord le souci de la longue durée souvent attribué à Fernand Braudel (Braudel, 1990), mais qui est bien présent dans cet ouvrage ; l'usage de la méthode régressive pour pallier l'insuffisance des sources anciennes et enfin l'attention extrême portée à la façon dont les sociétés ont façonné la nature.
Les années 1970-1980 marquent un véritable tournant dans la conceptualisation du paysage. À la suite du géographe Georges Bertrand (Bertrand, 1975), le paysage est désormais considéré comme un objet « hybride », pouvant être observé par les sciences naturelles et les sciences sociales (Dubois, 1996 et 1994). Cette notion permet notamment un rapprochement entre la géographie et les sciences historiques, ces dernières jusqu'alors hésitantes à étudier le paysage.
Il crée ainsi un « objet d'étude ternaire » : géosystème-territoire-paysage permettant de considérer le paysage comme un concept évolutif et dynamique. De cette conception ternaire résulte une analyse de la dynamique du paysage en quatre points : les processus naturels, les aménagements humains, les perceptions et les idéologies (Bertrand, 1968).
La notion même de paysage est vaste, voire polysémique et permet à présent une ouverture pluridisciplinaire : elle est devenue un concept transversal renouvelant les pratiques scientifiques. S'interroger sur les éléments structurants du paysage revient à analyser des « objets hybrides » qui ne peuvent être appréhendés par le seul regard des sciences de la nature et dans la seule perspective actuelle.
  • Il est considéré comme un système expliqué par le géographe, l'historien, le géologue, l'écologue... qui prend en considération trois facteurs : abiotique (physique, chimie), biotique (biologie) et anthropique que l'on peut considérer à différentes échelles de temps et d'espace.
  • Il peut aussi être analysé par la perspective culturelle avec ses filtres de perception et d'interprétation.
L'analyse paysagère peut être « subjective » puisqu'elle implique un regard, ce qui laisse à penser que le paysage peut exister à travers le regard de l'historien :« La subjectivité de l'observateur qui regarde un paysage en fonction des questions que ses goûts ou sa profession l'amènent à poser. Ceci autorise à imaginer qu'un paysage peut aussi exister à travers le regard d'un historien. » (Antoine A, 2002.)
Les recherches récentes (Muxart T., 2003 ; Buridant J. et al., 2013) en histoire de l'environnement, notamment, ont conduit à l'émergence de nouveaux concepts, autorisant une approche interdisciplinaire du paysage : l'anthroposystème. Il s'agit d'une entité structurelle, fonctionnelle et englobante qui se définit comme un système interactif entre deux ensembles constitués par un ou des sociosystème(s) et un ou des écosystème(s) naturel(s) et/ou artificialisé(s), s'inscrivant dans un espace géographique et évoluant dans le temps. Le fonctionnement et le devenir de cet anthroposystème sont liés aux forçages (ou effets) d'un certain nombre de facteurs externes (climat, feu de forêt...) ou internes (évolution du mode de gestion, des usages...) au système. La dimension temporelle est au cœur de ce concept : il est le produit d'une histoire et son futur est inscrit dans la continuité des dynamiques antérieures ainsi que dans la prise en compte de facteurs nouveaux qui interagissent avec les précédents. L'anthroposystème est un système dynamique : les activités humaines modifient l'environnement mais elles réagissent également aux changements de leur environnement.
Cet article s'attachera à comprendre comment l'historien de l'environnement perçoit, questionne et analyse les dynamiques du paysage et la coévolution homme-milieu à travers l'étude d'un anthroposystème : le territoire forestier de l'Avesnois.

Contexte et territoire d'étude

Une recherche associée au Plan forêt régional (PFR)

La région Nord-Pas-de-Calais dispose d'un taux de boisement relativement faible (environ 9 %). Afin de remédier à cela, la région initie depuis 2010 une politique volontariste, le Plan forêt régional (PFR) dont l'objectif est de doubler la superficie boisée sur l'ensemble du territoire d'ici une vingtaine d'années, tout en améliorant la multifonctionnalité de la forêt. Pour être opérationnelle et efficace, cette politique de boisement, adjointe au schéma régional de cohérence écologique-trames verte et bleue (SRCE-TVB)2, requiert de dresser l'état passé et actuel des forêts de la région.
Dans le cadre de ces politiques, les demandes en matière d'analyse historique multiséculaire sont importantes. En effet, en apportant une dimension temporelle, l'historien peut proposer un recul, une mise en perspective critique, offrir les éléments d'une articulation plus satisfaisante entre passé et présent pour aboutir à des prises de décision engageant durablement l'avenir. Définie comme l'étude des interactions des sociétés avec leurs milieux, l'histoire de l'environnement contribue, à l'instar d'autres disciplines des sciences humaines et sociales, à expliquer la dynamique des territoires. Son intérêt majeur est de permettre de situer les évolutions contemporaines dans un contexte historique dont le rôle explicatif est essentiel.
Un premier état des forêts anciennes a été réalisé sur le secteur de l'Avesnois dans le cadre d'une thèse en histoire de l'environnement financée en contrat Cifre par le conseil régional. L'objectif de cette thèse est d'analyser, dans le temps long, les interrelations entre paysages et sociétés riveraines, de révéler le poids des héritages sylvicoles dans les sylvosystèmes contemporains, d'identifier les ruptures et continuités paysagères qui ont jalonné l'histoire forestière de l'Avesnois pour aboutir à ce que nous connaissons aujourd'hui. Nous nous attacherons à présenter dans cet article les premiers résultats obtenus de deux objectifs initiaux de la recherche :
  • appuyer les corridors biologiques (SRCE-TVB) sur d'anciens boisements ;
  • analyser les modalités des actions humaines et leurs impacts sur les milieux forestiers.
Au regard des questionnements évoqués, l'historien se doit d'avoir un regard différent, de faire évoluer sa méthodologie en croisant les données anciennes et actuelles, ce qui ne peut se faire sans l'apport d'outils empruntés plus particulièrement aux disciplines géographiques. L'outil le plus efficient pour l'historien et les gestionnaires forestiers actuels, qui permet de retracer les dynamiques spatio-temporelles, est le Système d'information géographique (SIG). S'est élaboré alors, dans le cadre du projet « SIG Avesnois », un croisement des regards de l'historien et du géomaticien, de leurs outils et supports d'analyse, à savoir la donnée archivistique et la carte.

L'Avesnois, un paysage varié


Un territoire d'étude, l'Avesnois.
Source : Projet « SIG Avesnois ». Données : IGN campagnes 2008 à 2012, BDOrtho.

L'Avesnois se situe au sud du département du Nord, à la frontière du département de l'Aisne et de la Belgique. Territoire riche en biodiversité, il joue un rôle important pour les SRCE-TVB régionaux. Le bocage et la forêt ainsi que des reliquats de cloisons forestières, bordant les anciennes haies médiévales, forment les paysages les plus caractéristiques de ce territoire. Avec 30 745 ha de forêts, soit un taux de boisement de 19 %, l'Avesnois est la sous-région la plus boisée du Nord-Pas-de-Calais.

Définition des écopaysages de l'Avesnois.
Source : Projet « SIG Avesnois ». Données : Définition des écopaysages par la DREAL.

Selon l'Atlas des paysages du Nord-Pas-de-Calais (2006) et la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), trois entités paysagères et territoriales nommées « écopaysage3 » composent ce territoire : Marches de l'Avesnois, la Vallée de la Sambre, et l'Avesnois (cf. figure ci-dessus, carte du haut). Cette classification des écopaysages a été affinée et redéfinie au cours de ce projet de recherche pour deux raisons :
  • Bien que ces écopaysages soient des unités écopaysagères « homogènes », il n'en demeure pas moins que ces derniers sont, tout comme le paysage (Bertrand, 1978), le produit d'une histoire sur le temps long. Ces concepts se devaient de correspondre également à une réalité historique (politique, administrative et sociale) afin d'intégrer l'action de l'homme à l'analyse de la dynamique de ces écopaysages.
  • Les objectifs de cette démarche interdisciplinaire, tels qu'ils ont été définis, nécessitent une visualisation croisée entre cartes anciennes et données historiques. Les unités écopaysagères composent de bons outils de visualisation puisqu'elles peuvent être comprises, étudiées, comparées et cartographiées selon une échelle temporelle.
Six écopaysages ont ainsi été caractérisés : Marches de l'Avesnois, Pays de Mormal, Val de Sambre, Les Fagnes, Pays des Helpes et Thiérache (cf. figure ci-dessus carte du bas).
  • L'écopaysage « Marche de l'Avesnois » offre un paysage de transition entre les paysages bocager et céréalier, une alternance entre les plateaux de grandes cultures et les vallées verdoyantes au doux relief, regroupant villes et villages, prairies et bocages peu denses. Cette diversité paysagère est atténuée par les éléments patrimoniaux qui se font rares, les prairies ont été intensivement utilisées au cours du temps.
  • Ce paysage de transition entre bocage et plaines céréalières se perçoit davantage dans l'écopaysage « Mormal ». Ce dernier est constitué par un ensemble dense de massifs forestiers dont le plus considérable est la forêt de Mormal (9 163 ha). Le bocage au sud de la forêt de Mormal, les vallées et versants des cours d'eau forment des espaces naturels remarquables mais leur perméabilité est moyenne.
  • L'écopaysage « Val de Sambre » est une vallée urbaine industrielle développée autour de la Sambre canalisée. Le système prairial était encore très ouvert il y a une dizaine d'années mais tend à se cloisonner face aux changements d'occupation du sol. Le contraste est très marqué entre le bocage et le monde urbain. Cet écopaysage révèle des espaces naturels remarquables tels que les zones humides ou encore le noyau forestier autour de Jeumont.
  • L'écopaysage « Les Fagnes » montre un paysage bocager et boisé plus ou moins marqué, où dominent les boisements linéaires : haies bocagères, massifs forestiers, haies basses taillées, alignements d'arbres, etc. Le bocage y est très diversifié (maillage plus ou moins serré en fonction du relief).
  • L'écopaysage « Thiérache » présente des caractéristiques paysagères similaires à l'écopaysage précédent.
  • L'écopaysage « Pays des Helpes » se caractérise par un bocage très diversifié. Il comprend une ancienne haie médiévale, la haie d'Avesnes qui forme un continuum écologique remarquable pour les espèces mobiles.
Des dualités importantes caractérisent l'Avesnois (espace agricole, cynégétique, bocage, linéaire forestier...) entraînant une diversité des milieux entre l'Ouest et l'Est de l'Avesnois. L'Ouest se compose d'un ensemble de vastes massifs forestiers (forêt de Mormal, bois l'Evêque...), l'Est, quant à lui, comporte des ensembles beaucoup plus fragmentés. Au regard du taux de boisement, des disparités de situations, ce territoire semble propice à l'analyse de l'état ancien des forêts, à l'étude de la coévolution homme-milieu.
Mais comment l'historien peut-il parvenir à reconstituer les dynamiques de ce paysage hérité tout en intégrant cette diversité des écopaysages et des sociosystèmes ? L'historien s'appuie sur un corpus de données (sources écrites, iconographiques) qui, comme le précise Aline Durand, délimite le « territoire de l'historien » (Durand, 2003).

Le Système d'information géo-historique

Les chercheurs en sciences naturelles, en sciences humaines et sociales... comprennent aujourd'hui l'intérêt d'employer la cartographie ancienne qui offre des éclairages nouveaux sur des thématiques actuelles (Buridant et al., 2013 ; Dardignac, Le Jeune, 2011). L'état de l'art apporte un éclairage sur la méthodologie et la technique du Système d'information géographique :
  • Les outils SIG pour la numérisation, le géo-référencement et la digitalisation sont adaptés aux exigences des cartes anciennes (calage, échelle...) mais il est préalablement nécessaire que les chercheurs élaborent des critères de sélection (lisibilité, accès à la donnée, qualité de l'image numérique...). Un travail sur les lieux géographiques est donc primordial.
  • La méthode SIG est favorable à l'interdisciplinarité et aux croisements des données (sédimentées, de terrain, archivistiques...).
  • La cartographie en un temps donné, par l'emploi de la méthode régressive, peut éclairer une discipline travaillant sur des pas de temps beaucoup plus longs que ceux des objets cartographiques.
Cependant une remarque importe à l'historien : lorsque la donnée archivistique a été employée, elle s'est avérée contemporaine aux données cartographiques, elle apporte des informations complémentaires à ces dernières. L'emploi d'une donnée plus ancienne apporte a fortiori d'autres problématiques, notamment celle de la gestion de l'emboîtement des échelles temporelles, des temporalités. Il s'agit là de l'une des interrogations que nous avons été obligé de résoudre afin de créer un outil fonctionnel, en adéquation avec notre problématique.

Données planimétriques et sources textuelles

Afin de disposer d'un corpus cartographique cohérent, plusieurs critères de sélection de la donnée cartographique ont été retenus : la donnée doit être facile d'accès ; couvrir l'ensemble du territoire d'étude ; représenter les massifs (forêt, bois, haie...), les micromassifs (bosquets...)  et les toponymes forestiers qui rappellent un ancien état boisé (ex. : l'Épine, Bois sarté...) ou une proto-industrie (forge, verrerie...) ; être facilement numérisable et géoréférençable.
Quatre cartographies ont donc été sélectionnées et ont subi des traitements informatiques4 à des niveaux différents :
  • La carte de Claude Masse (1730-1737) est généralement levée au 1: 28 000e. Bien que la qualité du raster initial soit médiocre, que cette source ne couvre pas l'ensemble du territoire, elle offre une précision remarquable quant aux formes géométriques des massifs forestiers, à la toponymie et à l'agencement spatial. Les dalles de Claude Masse représentant l'Avesnois ont été digitalisées, géoréférencées et vectorisées par les soins du service géomatique de la région Nord-Pas-de-Calais.
  • La carte de Cassini (1749-1790) est levée au 1 : 86 400e  et présente une sémiologie normalisée pour l'ensemble du territoire. Bien que cette carte soit d'un grand intérêt pour la localisation des activités proto-industrielles, du bâti ou de la toponymie, elle est à utiliser avec grande prudence lorsqu'il s'agit de l'exploiter dans une analyse de l'étendue spatiale des massifs forestiers. En effet, ces derniers forment des « bouquets », et n'ont pas de limites bien définies. Sur cette carte, initialement digitalisée par l'équipe de Jean-Luc Dupouey et Daniel Vallauri (Vallauri, 2012), seuls les « toponymes forestiers » et la localisation des proto-industries ont été levés.
  • La carte d'état-major (1835-1866). Cette cartographie s'appuie sur des levés 1 : 40 000e de terrains synthétisés sur des dessins-minutes réalisés par les officiers de l'état-major. La finesse et la précision de la typologie des éléments naturels permettent à l'historien de visualiser finement les paysages. Sur cette carte, les forêts ont été vectorisées, les toponymes et proto-industries ont été localisés.
  • L'Occupation du sol (Ocsol 2009) : est une donnée créée par photo-interprétation par le Système d'information géographique et d'analyse de l'environnement de la région Nord-Pas-de-Calais (Sigale) afin de caractériser les différents modes d'occupation des so. L'emprise est le Nord-Pas-de-Calais et ne permet donc pas de continuités avec la Belgique et les autres régions voisines. Cette carte fait apparaître tous les milieux dont la superficie dépasse 0,5 ha (échelle 1/25 000e).
Pour chacune de ces quatre cartes, deux couches SIG ont été créées : l'une pour les « polygones forêts », l'autre pour les « toponymes ». La superposition des quatre couches de forêts permet de visualiser l'agencement spatial de ce territoire. L'« épaisseur temporelle » des massifs forestiers qui composent le territoire s'observe en partie par les sources d'archives.

L'épaisseur temporelle des « lieux » : les données d'archives

En parallèle de ce travail cartographique, un dépouillement et un traitement des documents d'archives ont été réalisés dans différents fonds régionaux et nationaux (Archives départementales du Nord, Archives nationales...). Au total 15 500 données historiques allant du XIIe au XVIIIe siècle ont été recensées.


Importance relative des sources par siècle.
Source : Marie Delcourte.

Ces sources proviennent de périodes différentes. Le début de la période d'étude est marqué par une forte augmentation du nombre d'écrits entre les XIIIe et XIVe siècles qui peut s'expliquer par l'état de conservation ou encore la normalisation des écrits pour la gestion du royaume. Cette normalisation est particulièrement remarquable sous l'ère bourguignonne (1433-1482) et la domination espagnole (1483-1658) justifiant le nombre croissant de documents. La faiblesse de ces derniers au XVIIIe siècle se justifie par les bornes temporelles d'une étude qui s'achève au début du XVIIIe siècle (vers 1730), impliquant une sélection des documents de la part de l'historien.
Le contenu géographique de ces documents d'archives est un élément essentiel à la compréhension de l'emboîtement des échelles spatio-temporelles.


Nombre de « lieux » mentionnés dans les sources d'archives.
Source : Marie Delcourte.

Les XIIIe et XIVe siècles, caractérisés par un nombre croissant de documents, connaissent une évolution identique en ce qui concerne les mentions de « lieux historiques ». Deux aspects majeurs distinguent les XVe et XVIe siècles, offrant par ailleurs une quantité non négligeable de documents :
  • La relative stabilité du nombre de massifs forestiers mentionnés (environ 40), il s'agit fort probablement des mêmes « lieux ». L'historien aura la possibilité de mener une étude diachronique sur un espace géographique relativement limité (ne couvrant pas l'ensemble du territoire de l'Avesnois).
  • La forte proportion des « lieux » de type « toponyme » au XVIe siècle. La donnée « lieu » atteint une échelle de précision fine (« micro-toponyme »). L'administration espagnole n'est pas étrangère à cela. S'observe dans les documents d'archives de cette époque, dans les comptabilités en particulier, une obligation d'« exactitude des faits » de la part des administrateurs royaux imposée par la chambre des comptes de Lille5.
Au XVIIe siècle, ce phénomène se poursuit et s'accentue. Le nombre de lieux « massifs forestiers » s'accroît, l'historien mène son analyse sur un espace géographique mieux défini. Au XVIIIe siècle, la tendance s'accélère encore.
Ces données d'archives fournissent des informations sur les toponymes et leur localisation, sur l'état des peuplements forestiers, sur le climat, sur les compositions faunistique et floristique, ou encore les activités humaines en forêt (modalités du pâturage, du commerce de la matière ligneuse...). Leur traitement a nécessité la mise en place d'une base de données. Dans les couches SIG, chaque polygone « forêt » dispose d'un identifiant unique. Cet identifiant a été reporté dans la base de données historique afin de faire le lien entre la donnée cartographique et la donnée d'archives. Ainsi la donnée historique est attribuée au polygone « forêt ».
Se pose toutefois la question de la gestion de la donnée historique incomplète, ne livrant qu'une information partielle sur le territoire, ou relative à une date intermédiaire, voire antérieure aux données vectorisées. Comment s'assurer alors que la donnée historique s'intègre parfaitement à la forme du massif alors qu'il peut exister entre ces deux données un différentiel de 15 à 600 ans au maximum ? Prenons un exemple : nous disposons d'informations historiques datées de 1330-1380 portant sur un bois, puis plus aucune information jusqu'à la forme cartographiée du massif par Claude Masse (en 1730). Est-il juste d'attribuer ces données historiques à la forme cartographiée du massif, alors qu'il existe un écart temporel de 400 ans ? Comment intégrer les informations historiques à ces représentations spatio-temporelles ponctuelles ?
Finalement, ce premier essai d'association des données historiques aux géométries des cartes ne paraît pas convenir dans la mesure où il ne permet pas de gérer la temporalité des dynamiques spatiales. La donnée cartographique est davantage à utiliser comme source de connaissances (toponymes, formes des massifs forestiers) ; mais elle ne peut être l'outil sur lequel s'appuie le SIG historique.

SyMoGIH, une méthode appliquée à l'étude des espaces forestiers de l'Avesnois

L'emboîtement entre la représentation spatiale des massifs forestiers, en partant des cartes disponibles à partir du XVIIIe siècle, et les données historiques les concernant comporte un différentiel temporel qui peut être important. Ceci soulève des interrogations qui ne peuvent pas être traitées dans un SIG classique associant directement géométries et données attributaires. La méthode mise au point par le projet Système modulaire de gestion de l'information historique (SyMoGIH6) présente une articulation nouvelle. Ce projet est issu de la volonté de quelques historiens de créer une méthode de modélisation leur permettant de partager, dans une base de données collaborative, les informations historiques provenant de leurs recherches.
La méthode SyMoGIH repose sur deux principes essentiels : l'atomisation de l'information et une production des données qui soit la plus objective possible. Il s'agit de décomposer l'information historique « en données primaires, primary data, c'est-à-dire d'identifier des unités de connaissance atomique auxquelles on associe tous les objets qu'elles relient, tout en spécifiant quel est le rôle de chaque objet » (Butez, 2013, p. 30). Prenons un exemple : l'historien repère un événement de type « délit de braconnage », identifie les acteurs concernés : un sergent forestier, qui relève le délit et les contrevenants (père et fils), détermine le rôle de chaque acteur (famille/malfaiteur, agent forestier) ainsi que le lieu dans lequel se commet le délit (massif forestier). Avec cette méthode, chaque information historique est authentifiée de manière unique (un identifiant pour chaque acteur, pour le lieu...) la source est citée, permettant ainsi de garantir la traçabilité de l'information historique. Cette méthode permet de reconstituer l'environnement historique des objets concernés (exemple : une forêt) à partir des informations issues des dépouillements de sources archivistiques et de la documentation cartographique disponible. Dans le cadre du projet « SIG Avesnois », la méthode SyMoGIH gère les temporalités des forêts, leur profondeur historique et géographique.
En intégrant ce système d'information performant, l'historien doit traiter, à partir des sources dont il dispose (écrites et cartographiques), ce qui relève du domaine attributaire du « lieu », en l'occurrence des forêts, des microtoponymes... Ce dernier devient ainsi le point d'ancrage de toutes les données (spatiales et attributaires historiques) qui le concernent. La complexité de ce travail réside dans le fait que pour identifier un « lieu » le chercheur ne peut se fier qu'à son toponyme qui évolue au cours du temps, ou à sa localisation qui peut être relative en fonction des sources. Le « lieu », appelé named place dans le modèle de SyMoGIH, est défini de façon unique à partir de trois éléments :
  • son ou ses toponymes : un lieu peut être associé à un ou plusieurs toponymes pour traiter les différentes versions de l'orthographe ou les appellations dans différentes langues ; un seul de ces toponymes sera défini comme standard ;
  • son type : la typologie du lieu est soumise à un vocabulaire contrôlé ;
  • sa localisation : la localisation peut être renseignée sous une forme ponctuelle ou une emprise spatiale et associée à un degré d'incertitude (localisation relative par rapport à un autre lieu).
L'objet named place représente un lieu tout au long de son existence historique. Ce lieu sera par exemple la « forêt de Mormal » depuis sa première mention dans les sources et jusqu'à son existence actuelle, indépendamment de toutes les variations toponymiques ou spatiales qu'elle aura connues. Le named place ainsi renseigné est reconnu grâce à un identifiant unique dans le système d'information (par ex. : « NaPl121774 »). À chaque objet de type « lieu » seront associées toutes les connaissances issues des sources (pâturage, climat, état des peuplements...) et des cartes pour chaque époque qui le concerne, indépendamment des formes que le lieu a effectivement eues au cours de son existence.
Cette démarche demande une approche minutieuse de la part de l'historien, à l'échelle de l'objet, du massif forestier. Ainsi, pour un lieu récurrent dans ses sources, il doit effectuer une réflexion à chaque étape de son identification, de ses reconstructions au cours du temps. Dans le cadre du projet sur les forêts de l'Avesnois, cette approche a fait émerger une compréhension plus poussée de la dynamique des massifs forestiers et notamment sur leurs emboîtements spatio-temporels.

Observer le présent, connaître le passé pour anticiper le futur

Analyse des dynamiques spatiales de l'Avesnois

Cette conception du « lieu » en quatre éléments structurants (nom, type, localisation et classe) a conduit progressivement l'historien à problématiser sa recherche à une échelle plus fine, en interrogeant non pas les dynamiques d'un territoire mais les rythmes d'évolution des massifs forestiers qui le composent.
Afin de faciliter le travail d'analyse spatiale à la micro-échelle du massif, des schémas ont été créés pour chaque massif forestier composant le territoire de l'Avesnois. Prenons l'exemple de la haie des Lombards qui se situe en lisière est de la forêt de Mormal. En analysant les quatre sources cartographiques représentant les forêts anciennes et actuelles - Claude Masse 1730 en vert, Cassini 1786 en gris pointillé (source utilisée partiellement dans le projet pour les raisons évoquées précédemment), état-major 1830 en bleu et Ocsol 2009 en rouge - des dynamiques spatiales sont apparues. Par exemple, les bois 1, 2, 3 sous Claude Masse correspondent au seul bois n° 1 sous Cassini et état-major, puis aux bois n° 1, 2, 3 sur l'Occupation du sol 2009. Ce qui signifie de manière visible que ce « lieu historique » aura plusieurs formes et toponymes dans le temps. Cette dynamique des toponymes se retrouve également dans les sources textuelles et permet d'affirmer ou d'infirmer les résultats issus de l'analyse des sources cartographiques.


Schématisation des dynamiques spatiales de la lisière est de la forêt de Mormal.
Source : Marie Delcourte.

Identifier ces changements permet d'apporter une dimension temporelle au « lieu » et de structurer l'information historique attributaire reportée à cette forêt, en réalisant un système d'information géo-historique performant modélisé selon la méthode SyMoGIH. Grâce à ce système d'information géo-historique, l'historien parvient à proposer des scénarios de la coévolution homme-milieu.

Caractéristiques de l'anthropisation des milieux dans l'Ouest de l'Avesnois

La dynamique des paysages forestiers de l'Ouest de l'Avesnois du XIIIe siècle à nos jours est issue de l'évolution du climat, des techniques sylvicoles, des usages forestiers, des contextes socio-politico-économiques. Cette dynamique se construit sur des phases de crise (ou forçages) et d'ajustement qui se produisent à des temporalités différentes.


Essai de synthèse chronologique de l'Ouest de l'Avesnois.
Source : Marie Delcourte,  inspiré de Bernard Davasse, Forêts charbonniers et paysans dans les Pyrénées de l'Est du Moyen Âge à nos jours. Une approche géographique de l'histoire de l'environnement, Toulouse, Geode, 2000.

À l'étude de cet essai de synthèse, il semblerait que les XVIe et XVIIe siècles soient à l'origine de grands changements. Ces siècles sont marqués par une succession de facteurs qui conduit à une véritable dynamique et à une probable dégradation des futaies de l'Ouest de l'Avesnois (Dubois, 1989) : petit âge glaciaire, parcelles aliénées en bordure de forêts transformées en pâture, reprise des défrichements, multiplication des abus de pâturage, fréquence des guerres qui empêche la bonne surveillance des forêts, abus des garnisons circonvoisines qui coupent avec excès du bois pour les fortifications des places fortes de Le Quesnoy, Landrecies..., tentatives de modification du mode d'exploitation de la forêt (réduction de la forêt en taillis puis retour au jardinage...). Cette situation s'accentue à partir de 1650, quelques années avant l'annexion française définitive (les comptabilités de l'époque témoignent d'une surexploitation des massifs). S'ensuit une phase d'ajustement marquée par la réorganisation totale du paysage forestier (bornage des forêts royales, création de fossés séparateurs de propriétés, institution d'une maîtrise des eaux et forêts).
Ce scénario d'évolution brièvement analysé témoigne de la complexité de l'étude d'un anthroposystème. Il est alors primordial de considérer l'histoire du paysage sur le temps long afin de concevoir des stratégies de gestion efficaces.

La place de l'histoire dans les stratégies de gestion

Depuis quelques années, les études en écologie du paysage ont montré la nécessité de préserver la connectivité des écosystèmes en s'appuyant sur des corridors écologiques renforçant la biodiversité. Cela se traduit aujourd'hui par des politiques d'aménagement du territoire telles que les schémas de cohérence écologique, les TVB. Elles visent à limiter les risques d'extinction liés à l'isolement des habitats. Les TVB sont particulièrement pertinentes en Nord-Pas-de-Calais, région de grande culture, où la fragmentation des écosystèmes forestiers est particulièrement forte.
Cette approche laisse supposer, comme le souligne Jérôme Buridant « que la restauration de la connectivité puisse produire des effets bénéfiques à court terme » (Buridant et al., 2013). En réalité, les études plus récentes (ex. : projet Metafor) tendent à prouver que « la diffusion des espèces, animales ou végétales, répond à des logiques temporelles et spatiales variées, et que la biodiversité actuelle est la résultante d'une histoire du paysage de très longue durée » (ibid.).

Corroborer les corridors écologiques forestiers aux forêts anciennes.
Source : Projet « SIG Avesnois ». Données : corridors écologiques forestiers du SRCE-TVB, Occupation du sol (Ocsol) 2009.

En comparant les forêts anciennes - Claude Masse 1730, état-major 1835-1866 -, les forêts actuelles - Ocsol 2009 - et les corridors écologiques forestiers du SRCE-TVB, le chercheur met d'autant plus en évidence la nécessité d'intégrer cette histoire du paysage sur le temps long dans les stratégies de gestion.
Cette carte forêts anciennes/corridors écologiques forestiers montre qu'en Avesnois ces derniers s'appuient majoritairement sur des forêts anciennes existantes ou disparues (ayant été déboisées entre 1866 et 2009). Cependant, l'historien peut présenter un cas de figure particulier pour lequel la stratégie du corridor peut être repensée : celui situé au Sud de la haie d'Avesnes.

Proposition alternative issue de l'analyse historique.
Source : Projet « SIG Avesnois ». Données : corridors écologiques forestiers du SRCE-TVB, Occupation du sol (Ocsol) 2009.

Lorsque l'historien focalise sur ce massif, il constate que le corridor écologique forestier passant au nord suit correctement le boisement ancien présent sur la carte d'état-major.
Au Sud de ce massif, le cas est différent. La haie d'Avesnes a subi de nombreux défrichements et « grignotements » de lisières entre 1866 et 2009, il ne reste aujourd'hui que des reliquats de boisements. L'historien propose une solution alternative en s'appuyant sur les analyses précédemment menées - étude des dynamiques spatio-temporelles - en modifiant le tracé du corridor. Ce dernier passerait bien plus au Sud en s'appuyant sur les boisements anciens. L'intérêt serait de préserver les forêts anciennes à forte potentialité écologique comme le suggèrent les travaux de Jean-Luc Dupouey (Dupouey et al., 2007).

Grâce à l'évolution conceptuelle et méthodologique qu'apporte la méthode SyMoGIH, l'historien parvient à mettre en évidence les processus dynamiques (emboîtement des échelles spatio-temporelles) qui déterminent le paysage de l'Avesnois fonctionnant comme un anthroposystème. Il est inenvisageable de considérer l'ensemble des massifs du territoire comme un ensemble cohérent spatialement et temporellement. L'historien est ainsi en mesure de faire ressortir des phénomènes qui auraient été lissés par une généralisation cartographique telle que le laissait envisager l'usage des couches de polygones issues de la vectorisation des sources cartographiques.
Les premiers résultats de cette recherche sont issus d'un long travail de construction du procédé historique de la part de l'historien. Ce cheminement a amené à une restructuration des données et à une reformulation du discours d'analyse historique qui reposent sur le mode de questionnements des données, permettant à l'historien de proposer un scénario des dynamiques du paysage de l'Avesnois.

Remerciements
Sans la contribution de Francesco Beretta (historien, LARHRA UMR 5190, CNRS), de Claire-Charlotte Butez (géomaticienne, LARHRA UMR 5190, CNRS), d'Adrien Carpentier (géomaticien, conseil régional Nord-Pas-de-Calais), et l'aide précieuse de Mmes Corinne Beck (professeure d'histoire et d'archéologie médiévales UVHC CALHISTE EA 4343) et Fanny Milbled (directrice déléguée au Plan forêt régional, conseil régional Nord -Pas-de-Calais), le projet SIG Avesnois n'aurait pu être conceptualisé.

Mots-clés

Paysage, boisement, échelle spatiale, temporalité, Nord-Pas-de-Calais, Avesnois, forêt, SIG
Landscape, afforestation, spatial scale, time-frame, Nord-Pas-de-Calais, Avesnois region, forest, GIS

Bibliographie

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Auteur

Marie Delcourte

Doctorante en histoire de l'environnement au laboratoire Calhiste (EA 4343) de l'université de Valenciennes, elle est en contrat doctoral Cifre depuis 2011 et a intégré la direction de l'Environnement du conseil régional Nord-Pas-de-Calais. Ses travaux de recherche en histoire de l'environnement ont été associés à la politique régionale de reboisement : le Plan forêt régional.
Courriel : marie.delcourte@laposte.net

Pour référencer cet article

Marie Delcourte
Le « paysage de l'historien » : entre sources et méthodes
publié dans Projets de paysage le 01/07/2015

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/le_paysage_de_l_historien_entre_sources_et_methodes


  1.  Terme développé par l'historien Lucien Febvre.
  2. Le SRCE-TVB : réseau des continuités écologiques terrestres et aquatiques. Il vise à préserver les services rendus par la biodiversité, à enrayer sa perte en maintenant et en restaurant ses capacités d'évolution et à remettre en bon état les continuités écologiques, http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/?-SRCE-TVB-.
  3. Unité écopaysagère disposant de conditions édaphiques (géologie, climat...) relativement homogènes et de caractéristiques écologiques, écosystémiques et biologiques qui lui sont propres. Elle permet l'analyse interdisciplinaire du fonctionnement et de l'évolution dynamique des habitats semi-naturels qui constituent un paysage.
  4. Logiciels de SIG QGis (OpenSource) et ArcMap.
  5. « Instruction pour les officiers de la chambre des comptes en 1534 », Archives départementales du Nord, côte
  6. Conçu en 2008 par quelques historiens appartenant au Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA UMR5190).