Le Laboratoire de paysage d'Alnarp en Suède : une expérience de « gestion créative »

The Landscape Laboratory of Alnarp in Sweden: An Experiment in "Creative Management"

10/07/2017

Résumé

Sur le campus d'Alnarp en Suède, le professeur Roland Gustavsson a développé une plantation forestière expérimentale appelée « Laboratoire de paysage ». Il y explore les différentes manières de conduire une forêt, en cherchant, dans chaque forme issue d'un mode de gestion particulier, ce qui peut satisfaire les exigences du forestier ou de l'écologue tout en offrant aux visiteurs une expérience riche et diversifiée. La spécificité du Laboratoire est d'intégrer une dimension paysagère dans l'expérimentation, c'est-à-dire d'étudier les qualités spatiales des différentes structures forestières et les modalités d'expériences spatiales qu'elles sont susceptibles d'offrir. La recherche se base sur l'observation, par le dessin et la mesure, mais aussi sur l'action (« gestion créative ») : la forêt est accompagnée dans son évolution par les gestes traditionnels du forestier pour proposer des espaces forestiers originaux, offrant ainsi une alternative à la banalisation du paysage.
At the Alnarp campus in Sweden, Professor Roland Gustavsson has developed an experimental forestry plantation called a «Landscape Laboratory». He uses it to explore different forest management methods by seeking in each specific form the aspects which may satisfy the requirements of foresters or ecologists while providing visitors with a rich and diverse experience. The originality of the laboratory lies in the fact that it integrates the dimension of the landscape in the experiment, in other words, it enables the study of the spatial qualities in different forest structures and the modalities of the spatial experiences they are able to provide. The research is based on observation, through drawings and measurements, but also on action («creative management»): the forest is accompanied in its evolution by the traditional gestures of the foresters who provide original forest spaces, thus offering an alternative to a normalisation of the landscape.

Texte

Introduction : laboratoire, forêt, paysage

Il est des paysages qui ne laissent pas indifférent. Certains sont officiellement reconnus comme « sites remarquables », mais beaucoup sont des sites modestes, qui parfois semblent être dus au hasard, ou au contraire sont le résultat d'une volonté créatrice portée par une gestion attentive. C'est le cas du « Laboratoire de paysage » (Landskapslaboratorium en suédois, Landscape Laboratory en anglais), une expérience originale développée depuis une trentaine d'années par Roland Gustavsson, professeur émérite en projet de paysage, sur le campus de l'université suédoise d'agronomie à Alnarp près de Malmö.

Le Laboratoire est une plantation forestière d'environ 20 hectares dont la plus grande partie s'étend sur une étroite bande en limite de l'arboretum du campus d'Alnarp. À travers une soixantaine de parcelles où se déroulent des expériences de plantations forestières à finalité à la fois sylvicole et paysagère, Gustavsson se propose d'explorer les innombrables manières de conduire une forêt, de la culture monospécifique régulière jusqu'à la gestion « proche de la nature », en cherchant, dans chaque forme issue d'un mode de gestion particulier, ce qui peut satisfaire les exigences du forestier ou de l'écologue tout en offrant aux visiteurs une expérience spatiale riche et diversifiée. La spécificité du Laboratoire de paysage, par rapport aux laboratoires forestiers et réserves naturelles qui existent par ailleurs, est d'intégrer une dimension paysagère dans l'expérimentation, c'est-à-dire d'étudier les qualités spatiales des différentes structures forestières et les modalités d'expériences spatiales qu'elles sont susceptibles d'offrir aux visiteurs1.

Malgré leur insistance sur le rôle essentiel de la gestion à la fois dans le long terme et au quotidien, Gustavsson et ses collaborateurs ont peu abordé dans leurs écrits la question de l'accompagnement de l'évolution de la forêt avec une visée esthétique, c'est-à-dire en vue d'offrir aux visiteurs des expériences spatiales de qualité. Pour Gustavsson, la conception d'espaces formés d'éléments vivants doit être pensée dynamiquement. Il ne considère pas la conception initiale d'un projet dictant les premiers choix d'organisation spatiale et la gestion du projet réalisé comme deux processus distincts, mais comme deux moments d'un même processus créatif continu. Gustavsson utilise l'expression de « gestion créative » (creative management en anglais) lorsqu'il décrit cette forme particulière de gestion, pratiquée de diverses manières dans le Laboratoire de paysage : la mise en œuvre de projets d'espace à travers les gestes traditionnels du forestier (coupe, éclaircissement, élagage, taille, etc.) par des artistes, des étudiants paysagistes dans le cadre de leur formation et, au quotidien, par le jardinier-forestier Erik Svensson en charge du Laboratoire depuis 2008 (Gustavsson, 2015 ; Lindgren, 2016).
Pourtant la gestion au quotidien est essentielle pour développer des espaces de qualité offrant la plus grande variété d'expériences vécues possible. L'étonnante richesse expérientielle du Laboratoire de paysage est d'ailleurs sa première force de conviction, comme le prouve la réaction de nombreux visiteurs2.

Le Laboratoire de paysage à Alnarp

Le Laboratoire de paysage se déploie sur un terrain long et étroit, traversé par une voie de chemin de fer. Une première partie a été plantée en 1983 et 1985 entre le parc paysager au centre du campus et la voie ; une deuxième, Västerskog (« bois occidental »), à l'ouest de la voie de chemin de fer, en deux phases en 1994 et 1998. Quelques parcelles ont été rajoutées plus récemment.

Figure 1. Plan du Laboratoire de paysage. La numérotation des parcelles dans le texte renvoie au plan. Dessin Jitka Svensson.


Le Västerskog est organisé autour d'un cours d'eau central et divisé en une trentaine de parcelles de 50 x 50 mètres, numérotées de V1 à V34. Les parcelles ont été plantées d'essences différentes, mais toutes selon ce qui était alors pratiqué dans les plantations forestières classiques : des lignes écartées de 1,50 mètre et des plants disposés tous les mètres. Certaines parcelles ont été plantées d'une seule essence, soit avec des essences forestières rarement utilisées dans le Sud de la Suède, soit comme parcelles de contrôle ; d'autres avec un mélange de 2, 3 et jusqu'à 16 essences. Des haies ont été plantées en bordure du terrain et en lisière de quelques parcelles.
Pendant la première douzaine d'années, la gestion consistait à assurer aux jeunes plants les conditions les plus favorables pour leur installation et leur développement. Ce n'est qu'une fois que les plants étaient suffisamment développés qu'il a été possible de réfléchir à des aménagements spatiaux, comme le tracé des chemins ou les créations de clairières à l'intérieur des parcelles.
Malgré la règle de plantation rigide adoptée au début du projet, le choix des essences et les décisions de gestion ont permis de créer des structures forestières extrêmement variées. Du point de vue paysager - selon la forme, l'épaisseur et la couleur des troncs, l'absence ou la présence de branches basses, la hauteur du couvert, la luminosité, l'occupation du sol (plantes basses, branches mortes), l'absence ou la présence d'un sous-étage qui bloque la vue, la diversité des architectures arborées dans le cas de forêts mixtes, etc. -, les différentes parcelles offrent des ambiances forestières variées et recèlent des possibilités d'expériences spatiales d'une grande diversité. De plus, la forme des chemins (leur largeur et leur hauteur, le traitement du sol, leur tracé droit ou courbe) et leur relation avec les lieux qu'ils traversent (végétation qui arrête ou permet la vue ou le passage, angle formé avec les lignes de plantation) proposent une manière particulière de parcourir les espaces et influencent la perception des formes forestières.

La « gestion créative »

Ces plantations du Västerskog ont aujourd'hui une vingtaine d'années. Ce sont des forêts encore jeunes, « adolescentes » selon l'expression de Gustavsson (2004). Elles sont en âge d'être transformées par des actions de taille, d'élagage et d'éclaircissement, gestes fondés sur les savoir-faire forestiers, mais utilisés ici avec une finalité paysagère autant que forestière. Il s'agit de pratiquer ces techniques de manière créative pour donner forme au paysage forestier, créer des ambiances diverses à l'intérieur d'un même massif, ou sculpter dans la matière vivante des clairières qui sont autant de « surprises spatiales » qui se découvrent au cours des promenades. Une telle « gestion créative » ne cherche pas à fixer définitivement un aspect particulier de la forêt, mais, comme toute gestion forestière, à accompagner son évolution dans le temps.
Malgré sa simplicité apparente (conceptuellement et en pratique), la gestion créative est une idée difficile à accepter et à mettre en œuvre. Dans l'esprit de Gustavsson, il s'agit de supprimer la distinction artificielle entre la création (le dessin, le projet, la mise en œuvre), qui ferait appel à la créativité, et la gestion, qui consisterait à faire en sorte de conserver ce qui a été dessiné et construit, activité routinière ne demandant qu'un savoir-faire technique. Penser ensemble le projet et la gestion transforme la manière de pratiquer et l'un et l'autre, en élargissant le domaine d'intervention de l'un et de l'autre ; ce qui les relie est la pensée de la dynamique du matériau vivant qu'ils travaillent. Le projet-gestion est un projet à la fois sur l'espace et sur le temps, proposant non seulement des solutions définies mais aussi des directions d'évolution, ouvert aux possibilités qui découlent des propositions construites à partir de ce qui est déjà là.
La pensée de Gustavsson n'est pas isolée : nous retrouvons des idées similaires chez de nombreux paysagistes (entre autres chez Clément, Desvigne, Descombes ou Vogt) - nous pourrions même parler, à la suite de Gilles Clément, de gestion de « forêt en mouvement » - et dans des projets d'aménagement écologique et de réhabilitation de zones postindustrielles dégradées. Grâce au Laboratoire de paysage d'Alnarp, et à quelques autres laboratoires qui s'en sont inspirés en Suède et au Danemark3, Gustavsson a pu expérimenter ses idées dans la pratique et sur le long terme, et développer une réflexion approfondie sur les modalités de savoir et les formes de transmission entre professionnels, étudiants, habitants, mêlant enseignement théorique, observation fine et répétée dans le temps, et apprentissage vécu à travers des actions de gestion créative4.
Dans ce qui suit je vais décrire succinctement quelques aspects du Laboratoire de paysage qui sont le fruit de l'approche proposée par Gustavsson et mise en œuvre par Svensson et les autres acteurs intervenant sur le site.

Promenade dans le Laboratoire de paysage

Les ambiances forestières dépendent bien évidemment des conditions atmosphériques (luminosité, propagation sonore, odeurs...) et, pour la structure spatiale, des saisons (Thorpert et Nielsen, 2014). Il ne s'agit pas ici de faire une étude de l'ensemble des ambiances, mais, à travers la description de l'expérience de quelques moments particuliers, d'ouvrir la réflexion sur les possibilités d'ambiance que recèle le Laboratoire de paysage5.

Les ambiances de la forêt régulière

Notre époque apprécie les effets perçus comme « naturels », et les plantations alignées des forêts régulières sont souvent blâmées quant à leur esthétique qui les condamnerait à ne produire que de l'ennui (à la fois visuel et spatial). Pourtant les boisements réguliers peuvent offrir des expériences spatiales extrêmement variées, selon les essences utilisées, les distances entre les plants et les types de gestion. C'est ce que démontre le Laboratoire de paysage dont le plan de plantation uniforme permet autant d'ambiances différentes que de parcelles.

Figure 2. Différentes ambiances forestières. De gauche à droite et de haut en bas : merisier (Prunus avium, V9) ; bouleau (
Betula pendula, V8) ; érable (Acer platanoides, V15) ; hêtre (Fagus sylvatica, V33).

Le tracé du cheminement dans une forêt régulière est important pour la perception que nous pouvons en avoir. Lorsqu'un chemin est parallèle ou perpendiculaire aux rangées de plantation, leur caractère rythmique est mis en valeur. Mais lorsqu'il zigzague sans suivre aucune direction particulière, la perception des rangées peut disparaître complètement. Ces idées ont guidé le tracé des cheminements dans le Laboratoire : dans les parcelles à structure simple (une ou deux essences), le chemin est en général aligné avec les rangées ; dans les parcelles complexes, le tracé est irrégulier. Les changements spatiaux (passage d'une parcelle à une autre, arrivée dans une clairière) sont généralement marqués par un léger changement de direction du chemin, ce qui ajoute une modalité corporelle à la perception du changement d'ambiance.

Parcelles à une seule essence

Les parcelles monospécifiques présentent déjà une grande variété d'ambiances, selon l'architecture caractéristique de chaque espèce en milieu forestier. Un bosquet de bouleaux, avec la clarté des troncs blancs sous un houppier haut et peu dense, présente une atmosphère particulière et en général très appréciée. En 2013, les bouleaux (Betula pendula) de la parcelle V8 et les peupliers (Populus tremula) de la parcelle V7 avaient déjà été éclaircis, et les espaces étaient aérés, hauts et lumineux. Dans de telles forêts, les alignements sont clairement visibles - mais seulement si nous dirigeons notre regard parallèlement aux lignes de plantation. Si nous regardons dans d'autres directions, la perception des lignes disparaît, le jeu visuel des troncs plus ou moins éloignés suggère la profondeur d'un espace aux dimensions indéfinies.

Figure 3. Bouleaux (Betula pendula, V8). Vue le long de la ligne de plantation et vue à travers les lignes.

D'autres espèces à la croissance plus lente créent des ambiances variées selon la densité de leur feuillage et l'architecture de leurs branches : l'ambiance sombre des érables (Acer platanoides, V15) et des tilleuls (Tilia cordata, V17) est très différente de celle, plus claire et d'apparence plus irrégulière, des chênes (Quercus petraea, V2 ; Quercus robur, V4).

Dans le cas des espèces conservant des branches basses, le chemin doit être tracé en élaguant les branches des arbres qui le bordent : l'espace (et donc l'expérience du chemin) dépend non seulement de la distance des arbres des deux côtés, mais de la hauteur de l'élagage.
Dans la parcelle des merisiers (Prunus avium, V9), le chemin est perpendiculaire aux lignes de plantation : il a été créé par enlèvement d'un arbre sur chaque ligne, par applanissage des talus de plantation, et par élagage des branches basses des arbres adjacents. Ces derniers n'étant pas exactement alignés, le tracé en ligne à peu près droite de l'allée garde un air de naturalité, le rythme régulier des plantations ne s'impose pas très fortement, les fines branches mortes conservées sur toute la hauteur des troncs forment comme une résille tridimensionnelle qui sature visuellement l'espace.
Les troncs et les branches aux formes étranges des charmes (Carpinus betulus, V28) forment un enchevêtrement qui perturbe le regard et donne l'impression d'un espace impénétrable. Le seul espace perçu comme accessible est celui créé par l'élagage.

Figure 4. En haut : merisier (Prunus avium, V9), approche et arrivée dans la clairière intérieure.
En bas : charme (
Carpinus betulus, V28).

Parcelles à deux essences

La parcelle V16 est composée de frênes (Fraxinus excelsior) et de mélèzes (Larix x eurolepis) en lignes alternées, tous deux aux troncs hauts et droits. La plantation fait penser à une voûte soutenue par des colonnes élancées - ce qu'on appelle parfois « forêt-cathédrale ». Le chemin qui traverse la parcelle la divise cependant en deux parties d'ambiances très différentes, bien qu'elles ne diffèrent que par le traitement du sol. D'un côté, le sol nettoyé et dégagé invite à déambuler entre les troncs élancés. De l'autre, les branchages ramassés sur toute la parcelle sont rassemblés en andains qui en empêchent l'accès : l'apparente inaccessibilité de l'espace affaiblit la perception de l'alignement des troncs et la plantation perd la puissance émotionnelle de la forme « cathédrale ».

Figure 5. Frênes et mélèzes (Fraxinus excelsior, Larix x eurolepis, V16). Une « forêt-cathédrale » lorsque la vue est dégagée.

Plusieurs parcelles ont été plantées en alignements alternés de hêtres et d'une essence à croissance rapide : hêtre et aulne (Alnus glutinosa), V29 ; hêtre et mélèze (Larix x eurolepis), V31 ; hêtre et bouleau, V32. Dans ces parcelles, l'espèce dominante a pris le dessus, et elle a déjà subi une éclaircie : deux individus sur trois ont été coupés le long des rangées, et certaines d'entre elles ont été entièrement enlevées. Les hêtres, restés frêles, ont été relégués au sous-étage. Le bas de leur houppier forme une voûte de verdure continue qui détermine la hauteur de l'espace du sous-bois. Dans la parcelle V29, par exemple, la hauteur réelle des aulnes est imperceptible : leurs troncs déjà gros se perdent dans le nuage vert du feuillage des hêtres.
Dans cette parcelle, le chemin est d'abord parallèle aux alignements. Les deux essences étant plantées sur des rangées en alternance, nous passons nécessairement entre une rangée de hêtres aux troncs frêles et denses d'un côté, et une rangée d'aulnes aux troncs épais et espacés de l'autre. Notre marche est accompagnée par ce double rythme, l'un plus léger et rapide, l'autre plus fort et lent, ce qui peut éveiller une étrange sensation de déséquilibre. L'effet rythmique change lorsque le chemin tourne et devient perpendiculaire aux alignements : notre marche est alors cadencée par une succession alternée d'accents forts et d'accents faibles. Dans ces deux cas, l'expérience rythmique est très présente.

Figure 6. Le rythme d'essences de croissance différentes en lignes alternées : Aulne et hêtre (Alnus glutinosa, Fagus sylvatica, V29).

Le caractère rythmique de ces espaces fortement géométriques est l'une de leurs potentialités expériencielles, que nous ne trouvons pas dans les aménagements plus « naturels ». Exploiter ce potentiel demande une gestion végétale à finalité spatiale qui n'est pas nécessairement en contradiction avec une gestion à finalité forestière.

Parcelles à plusieurs essences

Certaines parcelles sont composées de mélanges d'espèces se rapprochant de ce que l'on peut trouver dans une forêt « naturelle ». Aujourd'hui, dans ces parcelles où chaque arbre est laissé libre de se développer suivant la morphologie qui lui est propre, les lignes de plantation sont devenues quasi invisibles, même si nous les cherchons du regard : c'est le cas déjà dans la parcelle V14, composée de seulement 6 espèces. Pour renforcer cette impression de naturel, le chemin est tracé de manière à éviter de suivre un alignement.

Figure 7. Forêt d'apparence naturelle plantée de 6 espèces (V14).

La succession des ambiances

La disposition des parcelles les unes par rapport aux autres et le tracé du chemin qui les parcourt déterminent la succession des ambiances forestières traversées et l'expérience sensible de la forêt.
Des parcelles aux structures proches disposées côte à côte donnent une impression de continuité, comme si nous traversions une forêt étendue, dont l'atmosphère change peu et graduellement. Ainsi, si nous passons des bouleaux (V8) aux peupliers tremble (V6), l'espace que nous traversons garde son échelle et sa luminosité, seule la blancheur des troncs de bouleaux est remplacée par le gris clair des peupliers. La transformation est sensible, mais pas particulièrement remarquable. Un promeneur distrait pourrait ne remarquer qu'après-coup et sans en comprendre immédiatement la raison le léger changement d'ambiance.

Figure 8. Passage des bouleaux (V8) aux peupliers tremble (V6). Vue au début du printemps (à gauche) et trois semaines plus tard (à droite).

Inversement, des parcelles voisines aux structures contrastées fragmentent l'expérience forestière en une mosaïque d'ambiances variées. Le passage d'une parcelle à l'autre peut être un moment fort, comme par exemple le passage des merisiers (V9) aux bouleaux (V8). Depuis l'intérieur de la parcelle des merisiers, nous devinons au loin les bouleaux à travers le lacis des fines branches grises ; nous apercevons une clarté blanche au bout de la trouée du chemin. En nous approchant, nous voyons de mieux en mieux les troncs blancs derrière les dernières lignes de merisier. Mais cette vue ne prépare pas vraiment à l'expérience, presque étourdissante dans sa soudaineté, du passage de la dernière rangée de merisiers à la première rangée de bouleaux.

Figure 9. Passage des merisiers (V9) (gauche) aux bouleaux (V8) (droite).

Les « installations végétales »

Le Laboratoire contient quelques expérimentations spatiales singulières, dispersées sur plusieurs parcelles. Ces interventions, limitées dans l'espace qu'elles occupent mais pensées dans la durée, sont des moments de gestion créative qu'on pourrait qualifier d'« installations végétales ». Elles ont un rôle important dans notre expérience forestière, car elles ponctuent notre parcours de moments mémorables. En nous touchant émotionnellement, elles nous invitent à nous tourner avec une attention plus soutenue vers ce qui nous entoure, à porter sur lui un regard plus curieux, à nous éveiller à une attitude de réceptivité envers l'espace que nous pourrons ensuite exercer en d'autres lieux.
N'occupant qu'une partie infime de la surface forestière totale, ces interventions n'ont pas ou peu d'incidence sur des objectifs de production ou du bon fonctionnement de l'écosystème forestier qui auraient pu être fixés par ailleurs. Une telle approche pourrait être intéressante à mettre en œuvre dans la gestion de forêts qui ont une fonction d'accueil du public, car elle permettrait une sensibilisation vécue (et pas seulement pédagogique) des visiteurs à l'environnement forestier.

Les premières interventions réalisées au Laboratoire de paysage l'ont été par des artistes. Leur cahier des charges était double. D'une part, il leur était demandé de créer non pas un objet à poser dans le site qu'ils avaient choisi, mais d'utiliser la forêt elle-même comme matériau, de la sculpter avec les techniques et les outils qui lui sont propres, c'est-à-dire ceux du forestier. D'autre part, ils devaient travailler leur œuvre pendant trois ans : leur matériau étant vivant et réagissant à l'action à laquelle il était soumis, ils devaient revenir deux années de suite pour voir l'évolution de leur projet d'origine, et chaque fois le retravailler en une sorte de dialogue dynamique entre leur intention artistique et les réponses végétales.
Trois interventions artistiques ont été réalisées, encore familièrement appelées du prénom de leurs créateurs. Leur gestion a ensuite été reprise par le forestier-jardinier Svensson, parfois aidé par des étudiants. Il a cherché à conserver l'esprit de la première intervention tout en le réinterprétant. Aujourd'hui, le développement de la forêt pose la question de la pérennité de ces installations vivantes.

Les clairières

Les clairières de Fredrik Stridh et de Linn Gustavsson se trouvent dans deux parcelles composées d'alignements alternés de hêtres et d'une espèce à croissance rapide. Les artistes ont choisi de créer des trouées rectangulaires, délimitées des deux côtés les plus longs par les rangées de hêtres.
La clairière de Fredrik (parcelle V32, bouleau et hêtre) est un espace ouvert parsemé de quelques bouleaux et de quelques hêtres, qui semblent disposés au hasard (les alignements dont ils faisaient partie ne sont plus du tout perceptibles); les hêtres ont été taillés en plateaux irréguliers. Les troncs des arbres coupés ont été disposés en tas bien rangés ici et là. Les hêtres du pourtour, plus vigoureux que ceux de l'intérieur de la forêt, ont développé des branches basses dont les feuilles captent la lumière de la clairière. Ils forment ainsi un mur de verdure continu qui délimite clairement l'espace au niveau du sous-bois. En hauteur, la clairière est bordée sur les quatre côtés par la masse feuillue du houppier des hêtres, dont nous pouvons ici voir l'épaisseur (à l'intérieur du bois, on n'en perçoit que la limite inférieure, qui forme une sorte de voûte continue assez basse).

Figure 10. La clairière de Fredrik (bouleau et hêtre, V32).

La clairière de Linn Gustavsson (parcelle V31, mélèze et hêtre) est composée de quelques mélèzes individuels qui s'élancent au-dessus des alignements de hêtres conservés et taillés en murs de verdure, en forme de longues vagues de feuillage parallèles qui ondulent entre 2 et 4 mètres de hauteur. La clairière n'offre pas de vue d'ensemble, comme celle de Fredrik ; ici le visiteur peut seulement traverser l'espace en longeant les lignes des vagues de verdure.
Dans les deux clairières, le ciel est très présent, et la lumière qui pénètre tout l'espace influence le développement des végétaux.

Figure 11. La clairière de Linn (mélèze et hêtre, V31).

Le carré de Dana

Le carré de Dana Hvladikova se trouve dans la parcelle V33, composée seulement de hêtres qui forment une forêt à l'ambiance sombre et dense. L'artiste a ici choisi de libérer un espace à peu près carré. Les arbres qui se trouvaient en bordure de la trouée ainsi créée ont été taillés en palissade. Le sol devait être régulièrement nettoyé, pour empêcher l'installation de couvre-sols héliophiles.
Lorsque je m'y suis rendue la première fois en 2008, l'effet était saisissant : dans le sous-bois sombre, sous la voûte du feuillage des hêtres, le puits de lumière se devinait d'abord au loin entre les troncs comme une tache d'une clarté intense dont la source ne se voyait pas. S'en approcher, puis y pénétrer en se glissant entre les troncs des hêtres taillés, était une expérience d'une grande force émotionnelle. La lumière du ciel traçait au sol un carré lumineux clairement dessiné, qui pouvait faire penser aux installations de James Turrell. Entre tous les événements spatiaux qui ponctuaient une promenade dans le Laboratoire, celui-ci était sans contexte le plus fort. La forme dessinée par l'homme (un carré) qui canalisait un phénomène naturel (la lumière) dans un contexte qui en accentuait le contraste (l'ombre dense des hêtres) avait une puissance quasi mystique.
Au moment où cette clairière a été réalisée, les hêtres avaient tous la même hauteur. Avec les années, les arbres formant la bordure de la clairière ont été maintenus à hauteur fixe, alors que les autres ont continué à grandir. Lorsque je suis retournée à Alnarp en 2013, le puits de lumière n'existait plus. Les houppiers des hêtres de la forêt avaient peu à peu occupé l'espace laissé libre au-dessus des arbres taillés. Tant que leurs branches avaient pu être taillées avec les outils dont disposait le jardinier-forestier, le puits de lumière avait été maintenu, mais ensuite cela n'avait plus été possible. Pour garder une mémoire du projet, une autre expérience spatiale fut tentée : les arbres taillés furent conservés, mais comme cadre intérieur entourant un tapis de couvre-sol. Autour de ce carré, une ligne d'arbres fut enlevée, permettant un cheminement non plus à l'intérieur du carré mais autour. La transformation avait été réalisée en 2012. En 2013, l'installation semblait encore se chercher spatialement. En 2014, sans que je puisse dire pourquoi, le carré semblait avoir mûri. Il n'avait plus la puissance mystique de sa première forme, mais il avait gagné un caractère et une cohérence propres.

Figure 12. Le carré de Dana (V33) en septembre 2008 (à gauche) et en mai 2013 (à droite).

Mais en 2016, les hêtres du pourtour ayant continué à grandir et à occuper l'espace aérien, le carré agrandi avait lui aussi perdu son attrait, et les arbres taillés semblaient de plus en plus chétifs par rapport à ceux qui les entouraient. Svensson a donc décidé de ne plus toucher au site et de laisser les arbres (les arbres taillés et les autres) se développer comme ils le pouvaient. Le carré de Dana allait ainsi devenir une sorte de « ruine végétale », la simple trace d'une composition végétale disparue. Pendant quelque temps encore, une sorte d'accident spatial dans la forêt de hêtres continuerait à indiquer aux visiteurs qu'ici, un jour, il y avait eu autre chose...

Le « bambou suédois »

La parcelle V20 est composée d'un mélange de peupliers (Populus x wettsteinii) et de frênes (Fraxinus excelsior). Il y a quelques années, lorsque le peuplement avait subi un premier éclaircissement, les peupliers avaient réagi par un très grand nombre de rejets racinaires. Il avait été décidé de conserver ces rejets - une décision prise pour des raisons paysagères, contraire à toute logique forestière - car ils donnaient à la forêt une densité mystérieuse. Svensson a eu l'idée de travailler les rejets qui se trouvaient en bordure de cette zone, à côté d'un espace laissé ouvert. Il en a supprimé certains, il a enlevé les branches basses des autres. Il est resté une composition rythmique de troncs fins, d'un gris clair et soyeux lorsque la lumière les frappe directement.
Cette composition végétale apparaît au loin, comme un intrigant éclat lumineux au bout du chemin qui traverse les sous-bois sombres de la parcelle V16. Après la transformation du carré de Dana, c'est elle qui est devenue le moment fort du Laboratoire de paysage. Beaucoup de visiteurs croient y voir des bambous (d'où l'appellation de « bambous suédois » que lui ont donnée, amusés, les paysagistes d'Alnarp), et les jeunes mariés viennent s'y faire photographier.

Figure 13. Le « bambou suédois » (V20) en mai 2013. En haut à gauche : septembre 2008.

Mais cette installation végétale n'aura eu, elle aussi, qu'un temps. En 2016, les rejets ont grossi, les troncs se sont craquelés, leur finesse graphique a commencé à disparaître. Il s'agira, ici encore, d'imaginer autre chose...

La « gestion discrète »

Ces différentes interventions créent des expériences spatiales distinctes qui sont autant de moments forts du parcours forestier. Elles sont accompagnées d'actes de gestion créative modestes, qui ne se remarquent pas en tant que tels, mais qui pourtant orientent notre expérience de l'espace.
Le travail quotidien au Laboratoire pourrait être décrit selon trois modalités de gestion : une gestion forestière « normale » de conduite des plantations ; une «gestion créative » qui accompagne l'évolution des « installations végétales » évoquées plus haut ; et finalement une gestion que j'appellerais « discrète », qui vise à la mise en forme des transitions à toutes les échelles (la jointure entre le chemin et l'espace qu'il traverse, les intersections, les entrées et sorties des clairières et des parcelles, les rythmes...). Bien qu'elle ne soit généralement pas perçue pour elle-même, la « gestion discrète » participe à la mise en valeur de ce qui par ailleurs s'offre à l'expérience. La connivence que j'ai développée avec Svensson s'est construite à partir de notre commune appréciation des intentions spatiales de ces petites interventions.
Je n'en donnerai ici que deux exemples : les arrivées dans la clairière de Fredrik.
En traversant la parcelle V29, nous remarquons d'abord au loin une zone de clarté entre les arbres. Puis nous voyons que le chemin nous y mène : il aboutit sur une trouée lumineuse cadrée par une masse végétale sombre en contre-jour. L'intention humaine (le fait qu'il ne s'agit pas d'un simple accident) est suggérée par les lignes droites de ce que nous devinons être des arbres taillés. Mais l'espace est caché par le feuillage dense des arbres qui le bordent ; il ne se révèle, en deux étapes, que lorsque nous l'atteignons.
Nous arrivons d'abord au dernier hêtre qui nous sépare de la clairière. Il est taillé à hauteur d'appui, comme un encadrement de vitrine. Nous ne pouvons pas encore pénétrer physiquement dans l'espace de la clairière, mais déjà nos yeux peuvent le parcourir : cet arbre taillé bas est une invitation à un moment d'arrêt même infime, à une première exploration visuelle, à une saisie globale par le regard de ce qui nous apparaît d'abord comme un tableau, avant que d'y pénétrer pour en avoir une expérience corporelle immergée. Au-delà du plaisir visuel, à la fois graphique et plastique, de ce qui s'offre à notre vue, ce moment nous permet aussi de mieux comprendre rétrospectivement l'espace du sous-bois que nous venons de parcourir, avec les troncs épais et élancés qui disparaissent dans la voûte verte du feuillage des hêtres : en regardant le cadre de verdure qui entoure la clairière, nous pouvons comprendre la composition verticale de la forêt, la hauteur des grands arbres, l'épaisseur du houppier des hêtres.
Ce n'est qu'après cette double mise au point, ce double moment de compréhension de l'espace dans lequel nous nous trouvons et de celui dans lequel nous nous apprêtons à pénétrer, que nous sommes invités à entrer physiquement dans la clairière, par l'espace étroit laissé entre le hêtre taillé à hauteur d'appui et son voisin taillé verticalement en palissade.

Figure 14. Arrivée dans la clairière de Fredrik (V32) depuis la parcelle V29 : la vitrine.

L'arrivée depuis la parcelle V31 est traitée différemment. Ici aussi la clairière apparaît d'abord comme une vague éclaircie au loin, au-delà des troncs et du feuillage des arbres qui nous entourent et nous surplombent. Nous la découvrons en nous approchant, avant même d'y avoir pénétré : les branches basses des derniers hêtres qui séparent le chemin de la clairière ont été enlevées, et nous pouvons la voir à travers la colonnade sombre des troncs alors que nous sommes encore sous le couvert de leur feuillage. Le rythme (à la fois visuel et spatial) des troncs sombres que nous longeons se superpose au graphisme des troncs des bouleaux et des branches sculpturales des hêtres taillés de la clairière, mettant ainsi en valeur sa profondeur. Cette riche expérience spatiale est créée ici aussi par un geste simple : l'élagage des branches basses de quelques arbres bien choisis.

Figure 15. Arrivée dans la clairière de Fredrik (V32) depuis la parcelle V31 : la colonnade.

Conclusion : de la gestion créative au paysage

La « gestion créative » est composée de petits gestes quotidiens mais réfléchis, qui cherchent à faire advenir une expérience spatiale esthétique en travaillant la matière vivante de la forêt. Il s'agit de mettre en œuvre des conditions permettant aux visiteurs d'être « touchés par le monde », pour reprendre le titre d'un article de Gustavsson (« The touch of the world », 2009).
Cependant il s'agit de plus que cela encore. Dans un monde où le paysage tend à se banaliser, la diversité des structures paysagères, et en particulier forestières, diminue, et la typologie des espaces dont nous pouvons habituellement faire l'expérience s'appauvrit. L'une des finalités du Laboratoire de paysage, en tant que lieu de démonstration des caractéristiques spatiales des différents modes de plantation et de gestion, est d'être une sorte de conservatoire vivant de formes paysagères forestières traditionnelles ou expérimentales. En outre, il permet aux visiteurs qui interviennent sur le paysage, qu'ils soient acteurs professionnels et institutionnels ou habitants engagés, d'enrichir leur encyclopédie mentale personnelle de « paysages de référence », et de développer leur palette d'outils d'action.
Le Laboratoire nous montre qu'il est possible de créer des paysages complexes même avec des moyens simples, s'ils sont mis en œuvre d'une manière réfléchie et impliquent la dynamique végétale dans le projet. En nous offrant la possibilité d'expériences d'une grande richesse sensorielle à Alnarp et dans ses autres projets, Gustavsson nous invite à développer une conscience plus aiguë, plus fine et plus attentive du monde naturel que nous habitons et que nous partageons avec tous les êtres vivants. Son travail s'appuie sur un postulat ambitieux : qu'offrir à l'expérience quotidienne des hommes - de la société - des paysages plus diversifiés et plus complexes encouragerait le développement d'une perception plus riche de l'espace et du paysage, prémices nécessaires à une gouvernance plus durable des territoires.

Mots-clés

Laboratoire de paysage, Alnarp, gestion créative, forêt, expérience
Landscape laboratory, Alnarp, creative management, forest, experiment

Bibliographie

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Auteur

Catherine Szanto

Paysagiste diplômée aux États-Unis (master in Landscape Architecture) et docteure en architecture, elle enseigne à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette, où elle est membre du laboratoire Architecture-Milieu-Paysage (AMP). Le thème central de ses recherches est l'expérience esthétique de l'espace par le mouvement.
Contact : k.szanto@wanadoo.fr

Pour référencer cet article

Catherine Szanto
Le Laboratoire de paysage d'Alnarp en Suède : une expérience de « gestion créative »
publié dans Projets de paysage le 10/07/2017

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/le_laboratoire_de_paysage_d_alnarp_en_su_de_une_exp_rience_de_gestion_cr_ative_

  1. Malgré l'intérêt des travaux qui y sont menés, le Laboratoire de paysage est encore assez peu connu parmi les paysagistes. Les recherches sont surtout diffusées dans les réseaux de sylviculture urbaine et, géographiquement, en Scandinavie (Gustavsson et Ingelög, 1994 ; Gustavsson, 2010 ; Nielsen, 2011). Plusieurs articles ont été publiés récemment dans JoLA (Gustavsson, 2009 ; Boris, 2012 ; Thorpert et Nielsen, 2014) et un dossier spécial dans la revue ‘Scape (Diedrich et Szanto, 2016).
  2. Voir Nielsen, 2011. Mon implication avec le Laboratoire dans le cadre de mes recherches est aussi la conséquence de l'effet qu'a eu sur moi ma première visite en septembre 2008.
  3. Situés à Snogeholm, Holstebro, Lund et Aarhus, il s'agit aussi de sites modestes (Gustavsson, 2010 ; Boris, 2012 ; Diedrich et Szanto, 2016).
  4. Dans ses recherches et son enseignement, Gustavsson a toujours donné une importance prépondérante au dessin comme outil à la fois d'analyse et de communication (Gustavsson, 2009). Cette importance du dessin se retrouve dans tous les travaux menés autour du Laboratoire, par exemple le mémoire de master d'Oscar Gustavsson (2015) ou les recherches d'Anders Busse Nielsen (2006) et de Björn Wiström et Dan Palsson (2009).
  5. Sauf indication, les photographies qui illustrent les descriptions ont été prises au cours de mes visites à Alnarp en mai 2013 et juin 2014, et montrent l'état du Laboratoire entre le début et la fin du printemps. Les descriptions elles-mêmes reflètent ma propre expérience limitée dans le temps.