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Le domaine de Voisins (1892-2008) : essai de définition d'un lieu hors temps

The Estate of Voisins: a place out of time

03/01/2009

Résumé

Cet article présente une recherche menée dans le cadre du master 2 de l'École nationale supérieure du paysage de Versailles dont l'objet est l'étude, à la fois historique et de terrain, du domaine de Voisins. L'enjeu réside en un essai de définition du lieu. Projets et ruptures se sont succédés depuis sa création au début du xxe siècle, pour atteindre la configuration actuelle du domaine. Il s'agit d'en comprendre les articulations à travers une recherche relative, d'une part, aux jardins dessinés par Achille Duchêne et, d'autre part, au domaine en tant que parc de chasse. Des documents - inédits - conservés dans les archives privées du domaine de Voisins ont permis de valoriser l'originalité de la création, ainsi que la continuité du lieu à travers sa gestion. Cette connaissance historique de la gestion constitue le point de départ d'une réflexion sur l'avenir du lieu.
This article presents a research - on a historical and fieldwork perspective - conducted in the frame of the Master 2 of the Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles on the Estate of Voisins. The article is an attempt to defining the place. Projects and ruptures have occurred since the creation of the Estate at the beginning of the 20th Century until its current configuration. The objective is to figure out the articulations through a relative research, on one side on the gardens designed by Achille Duchêne and on the other one on the estate as hunting Park. Unpublished documents à filed in the private archives of the Voisins estate- have enlightened the originality of the creation as well as the continuity of the place in its management. This historical approach of the management constitutes a starting point for the reflection on the future of the place.

Texte

Article de synthèse du mémoire de master 2 « Théories et démarches de projets de paysage », soutenu en septembre 2008, sous la direction de Catherine Chomarat-Ruiz à L'École nationale supérieure du paysage de Versailles.

Introduction

L'objet de cette réflexion est un lieu dont il a semblé nécessaire de comprendre la nature. Franchir le porche du domaine de Voisins (Yvelines) est une expérience particulière. Dès les premiers instants, tout est plus calme qu'au-dehors, comme ralenti. Au fur et à mesure du parcours, un basculement d'une dimension à une autre, de la réalité au rêve, s'opère. Au loin apparaissent le château, puis les jardins, l'eau et le grand parc ainsi que les espaces agricoles ; autant d'éléments constitutifs d'un ensemble où le temps semble s'être arrêté.
Pourtant, depuis sa création au début du XXe siècle du vœu du comte Edmond de Fels (1858-1951), le domaine de Voisins est soumis à une logique de projets quant à son organisation et à son aménagement. Projets et ruptures se sont succédés pour atteindre la configuration actuelle du lieu. Il s'est agit d'en comprendre les articulations à travers une recherche relative, d'une part, aux jardins dessinés par Achille Duchêne et, d'autre part, au domaine en tant que parc de chasse dont l'activité perdure. Une recherche relative à la création et à la gestion de cet espace depuis les origines jusqu'à aujourd'hui constitue le fil conducteur de cette étude. Au regard de ce travail de recherche - à la fois historique et de terrain - l'enjeu de l'étude réside en un essai de définition du lieu, dans sa temporalité spécifique.
Nous défendons l'hypothèse que la question centrale de la chasse dans l'ouvrage a permis de définir le sens et la forme du domaine de Voisins.
L'étude de documents inédits est le point de départ de cette recherche afin de comprendre la genèse du projet de Voisins et de valoriser l'originalité de la création ainsi que la continuité du lieu à travers sa gestion.

Quels outils pour la recherche ? Des archives inédites

Nous avons mené notre travail grâce aux documents - jamais exploités - conservés dans les archives privées du château et du secrétariat du domaine de Voisins. Leur caractère inédit fait la spécificité de cette étude. La matière analysée au sujet de la création du domaine, d'une part, comporte des cartes, des plans dessinés par l'architecte-paysagiste Achille Duchêne, des lettres d'invitation aux chasses (1893-1944), des photographies du domaine avant 1944 ainsi que des documents relatifs aux différentes successions (1944 et1981). D'autre part, des factures, deux plans de gestion des bois, des textes, des entretiens ont permis de comprendre la gestion du lieu au court du XXe siècle.



Photographies aériennes du château, des jardins, du parc et d'une partie du domaine de Voisins, 1924. Archives privées du château (photos Caroline Scotto, avril-juin 2008).

Quel sens donner à ces sources ? Dans son article « Histoire des jardins et cartographie en France », Françoise Boudon rappelle « qu'une des clés essentielles de l'histoire des jardins est la cartographie historique » (Boudon, 2002). L'atlas dressé par Auguste Besche, géomètre-topographe, qui représente l'ensemble des propriétés composant le domaine de Voisins appartenant à M. de Fels en 1896, constitue effectivement un élément fondamental de compréhension du site. Cet objet retrouvé dans les archives privées du château a permis d'identifier les différents espaces du site avant l'intervention d'Achille Duchêne et son projet d'aménagement du lieu. Ainsi, la confrontation de ces cartes avec les nombreux dessins de Duchêne met en lumière la démarche de ce dernier caractérisée par l'emploi des spécificités du terrain tout en se référant aux idées classiques et aux techniques modernes. Alors, les différentes étapes de transformation du site apparaissent pour aboutir à une forme qui subsiste aujourd'hui. Les photographies de chantiers ainsi que les photographies aériennes (1924 et 2003) représentent des images du lieu à travers le temps. À ces représentations s'ajoutent des documents écrits à lettres, successions, factures - qui définissent le domaine en tant que lieu vivant et constituent un liant indispensable à l'essai de définition du domaine de Voisins.


Plan dessiné par Achille Duchêne pour l'aménagement de l'étang du domaine de Voisins, non-daté. Archives privées du château (photo Véronique Dalle, 2002).

Voisins : l'étude d'un cas

Quelle est la genèse du projet pour Voisins ? Le domaine est né de la collaboration entre Edmond de Fels - maître d'ouvrage - et Achille Duchêne - maître d'œuvre. En quoi ce projet est-il unique ? Edmond de Fels se définit comme « un homme épris [...] d'art classique, décidé à entourer sa demeure d'un cadre traditionnel de jardins français » (Corpechot, 1936-1942, P.55) et opte pour le style d'Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) qui, selon lui, est l'auteur de chefs-d'œuvre d'une « époque qui marque l'apogée de l'art français, celle de Louis XV » (De Fels, 1929, p. 6). Le comte a une vision pour son domaine et trouve en Achille Duchêne un « collaborateur parfait », ce dernier étant nourri de la « pure moelle classique » (Corpechot, 1936-1942, p.65). Ils vont dans la même direction ; celle d'un courant d'idées marqué par la parution en 1912 du livre Les Jardins de l'intelligence de Lucien Corpechot (1912). La voie à suivre, ce « caractère français », dont « le vœu est de modeler le paysage au moule de son esprit » et où la nature doit assurer « le calme et la paix » (Corpechot, 1912, p. 46), se retrouve pleinement, selon Lucien Corpechot, dans la réalisation de Le Nôtre à Versailles sous l'impulsion de Louis XIV. Cette conception est élevée au rang de modèle et d'idéal esthétique par le commanditaire de Voisins dont la pensée politique était fortement marquée par le nationalisme ambiant au début du XXe siècle.
La création de jardins ne consisterait-elle alors qu'à copier les réalisations du passé ? Le travail de Duchêne se résume-t-il en pastiche des réalisations anciennes ? Quel est le vœu du comte de Fels ?
Edmond de Fels veut pour son projet se laisser « guider par les principes de l'architecture dont les XVIIe et XVIIIe siècles ont légué de si beaux modèles édifiés » pour les rois et « les grands personnages de cette époque » (De Fels, 1929, p. 9). Pourtant, notre cas ne peut être ni copie ni pastiche ni autre variation puisque Voisins serait le manifeste d'une théorie1 des plus étonnantes : le style Louis XVII qui serait la continuité des styles Louis XV et XVI. Il a pour vocation de renouer avec une tradition esthétique et politique révolue et de s'opposer aux « jardins paysagers » qui étaient prisés quelques années plus tôt et appelés par Duchêne « Jardins d'hier ». Doit-on attribuer au comte de Fels une quelconque nostalgie ? Ce dernier est un homme de son temps, au regard de ses choix tout au long de la construction du domaine et tout particulièrement dans l'installation du « confort moderne » pour le château. Cependant, il semble vivre dans un temps parallèle à son époque, un temps qui n'existe pas ou plus : l'Ancien Régime. Edmond de Fels, par sa démarche, nie la Révolution et le projet de Voisins ressemble, dans son essence, au manifeste de cette négation. Quel est ce lieu qui réunit des temps opposés - tradition et progrès -, deux appréhensions du monde que d'aucuns opposent ?
Le domaine de Voisins est un parc de chasse. Il a été conçu en tant que tel et les différentes activités du domaine sont liées et vouées à la bonne organisation des chasses. La disposition précise de la statuaire dans les jardins ordonnancés du domaine semble jouer le rôle de point de repères ; elle marque et ponctue les différents espaces - et donc les activités -, elle ouvre, ferme ou accentue les nombreuses perspectives des jardins. Il semble que les jardins d'agrément portent, à travers la symbolique de la statuaire, la fonction du domaine. Les figures principales sont Diane, déesse de la chasse et de la guerre, Méléagre, le héros chasseur des Métamorphoses d'Ovide, ou encore Mars et Athéna, respectivement dieu et déesse de la guerre. Ces choix symboliques caractérisent non seulement la fonction du domaine, mais aussi la volonté du propriétaire d'inscrire sa propriété - qu'il veut à son image - dans une longue tradition de lieux intimement liée au pouvoir royal. La pratique cynégétique a longtemps constitué le loisir privilégié des seigneurs, puis des rois et des princes et représente ainsi l'un des attributs du pouvoir où un lien évident entre l'exercice de la guerre et la chasse est mis en place. Non seulement la forme du château et les jardins sont inspirés des siècles passés, mais l'organisation même du lieu tend à entretenir un modèle culturel extrêmement codifié. Sans domaine qui lui soit consacré, pas de chasse possible. Chez les Perses existaient des paradis2, vastes parcs réservés au roi. Edmond de Fels a aménagé le site en fonction des besoins du domaine : forêt, agriculture, fermes, potager, etc. dans une tradition où la terre est un « lieu de loisir, assimilé à la tradition de l'élite cultivée concentrée à la ville, mais formée de grands propriétaires terriens, pour qui la campagne [est] le lieu de l'otium, cet état de loisir lettré que [nient] (negare) les affaires (negotium) de la ville (c'est de negotium que vient négoce) » (Berque, 2008, p. 28).
Aussi, Voisins est-il considéré comme le dernier exemple conçu selon un tel modèle. Il est d'autant plus surprenant que la création de la propriété intervient au début du XXe siècle et perdure aujourd'hui dans sa forme et sa fonction.

La continuité d'un lieu : histoire d'une gestion

L'originalité du lieu se situe dans sa continuité grâce à quatre générations de la famille de Fels qui ont préservé le domaine en tant que propriété privée. Que reste-il de la conception originelle ? Une lecture de la vue aérienne du site datée de 2003 indique que l'organisation spatiale du château, des jardins et du parc n'a pas fondamentalement changé depuis un siècle.
Manifestement un parti pris de préservation existe à Voisins. Quels sont les espaces du domaine - et les activités - concernés par ce choix d'entretien ? De quelle manière ? Dans quel but ?
Partant de cette analyse plastique de la propriété vue du ciel, notre démarche a consisté en la confrontation des observations faites sur le terrain grâce à une prise de contact avec les acteurs en activité sur le domaine ainsi qu'aux informations recueillies lors de recherches dans les archives du secrétariat grâce aux factures, aux subventions, aux plans de gestion des bois et aux textes de projets de gestion. Malgré un XXe siècle où les mœurs sont très différentes de celles du temps de la création, Voisins est toujours une propriété privée où règne, semble-t-il, une volonté de perpétuer la tradition familiale. Même si les jardins ont été infiniment simplifiés, ils jouent visiblement un rôle considérable dans l'organisation du domaine aujourd'hui. De quel rôle s'agit-il ?
La chasse est centrale, le château et les jardins sont entretenus : les différents espaces existent toujours en tant que forme, malgré le changement de fonction de certains d'entre eux. Le territoire de chasse est sensiblement réduit, mais Voisins reste spécialisé, d'une part, dans le gibier à plume avec l'élevage « chaque année de 30 000 faisans, 8 000 perdreaux et 17 000 canards » et, d'autre part, dans la chasse « très prisée » au grand gibier, « élevé naturellement sur le domaine » (Vasselot, 2005).
Après la Deuxième Guerre mondiale, la main-d'œuvre a été considérablement réduite parce que devenue trop chère, et « mécanisation » et « simplification » sont les mots d'ordre de la gestion de la propriété. Le petit-fils du fondateur, Christian de Fels, qui avait rédigé deux projets de gestion (De Fels, 1975 et 1976), décide de changer la nature de l'organisation de Voisins et lui donne un sens nouveau, tout en gardant l'esprit des fondements du domaine de son grand-père : la chasse, le château et les jardins. Il envisage, alors, de faire de la propriété de Voisins une entreprise avec la mise en place des chasses payantes. Cette nouvelle configuration va permettre de financer les hauts coûts d'entretien du lieu tout en conservant le caractère privatif et ainsi l'esprit de maison de famille - cher à Edmond de Fels. Le système pensé par Christian de Fels permet d'associer les différents paramètres du domaine, qui dépendent les uns des autres. Par exemple, le château et les jardins d'agrément servent le projet de l'entreprise de la chasse, ils sont considérés comme des « outils » qui participent à l'ensemble de l'organisation et qu'il convient de maintenir en état. Aussi, le comte préconise-t-il une mise en valeur du lieu qui, selon lui, est un lieu privilégié, à part, caché, loin de la ville moderne. Les jardins, à travers leur réputation, sont un argument pour la vente des chasses. Ainsi, le rôle des jardins ordonnancés - accentué par leur inscription à l'Inventaire des monuments historiques - dans la nouvelle organisation est un rôle de représentation, de vitrine. Ils sont l'image de l'entreprise et donc du propriétaire.
Néanmoins, Voisins ne se réduit pas à ses jardins. Achille Duchêne n'a pas seulement dessiné les plans des parterres aux abords du château, mais il a manifestement pensé les perspectives des parterres en fonction du terrain alentour. Les jardins classés ne sont pas clos au sens physique du terme, ils sont intégrés dans un paysage au sens « d'un espace en tant qu'il est perçu ». Ainsi les jardins sont un des motifs du paysage que propose le domaine, avec un enchaînement de bois, de terres agricoles, de forêt qui « lui donne son identité » (Aubry, 2006). C'est pourquoi nous utilisons également le terme de « territoire » à propos du domaine de Voisins, au sens d'une région ayant un caractère propre et une signification politique.


Vue de l'île et des canaux du Midi, 25 avril 2008 (photo Caroline Scotto).


Canal de l'ouest et les communs, 30 avril 2008 (photo Caroline Scotto).


Le château au bout de l'avenue. Agriculture, parc, allées de tilleuls, 24 avril 2008 (photo Caroline Scotto).

Est-il possible ici de comprendre le paysage constitutif du domaine comme « une construction sociale à finalité économique, bâtie sur un support naturel » (Donadieu, Périgord, 2007) ? Évidemment le domaine de Voisins ne peut être considéré comme tel uniquement dans sa dimension privée et réduite. Mais l'organisation des chasses payantes implique bien des aménagements particuliers du territoire qui, malgré le caractère privé du domaine, participent indirectement à un territoire plus vaste qui, lui, est de nature politique. Le domaine de Voisins semble fonctionner en permanence sur le « désir de conserver les lieux de mémoire » et « celui de voir perdurer sa vie sociale et économique » (Donadieu, 1994). Pour Voisins, la préservation des lieux représente un atout majeur à la survie de l'entreprise. Sans doute faudrait-il mener une étude au sujet de l'impact de la gestion de Voisins sur le territoire des communes environnantes.
Une première étape du travail de recherche sur Voisins s'achève sur une des questions récurrentes de l'étude : comment peut-on et doit-on qualifier le domaine de Voisins ? Le domaine fait incontestablement partie d'un territoire qui a des effets sur lui et inversement. Nous savons que seul le parc est clôturé, le reste du domaine n'étant pas matérialisé par une « frontière » physique. Pourtant, une impression de fermeture revient sans cesse. Si ce lieu n'est pas clos physiquement, il l'est indéniablement de manière symbolique.
Ce constat n'est pas surprenant, au regard de la politique menée à Voisins depuis quatre générations. En effet, la « superposition » des temps constatée est le résultat d'une volonté de conserver le patrimoine familial. Le domaine de Voisins a sauvegardé sa forme, sa fonction, son caractère privatif et donc son sens originel. Cette conservation du sens n'a été possible que par une adaptation perpétuelle et intelligente - avec la mise en place d'outils de gestion - au présent. Le temps du domaine est confus, il « a son propre temps » (Heidegger, 1962). Dès lors, Voisins ne doit-il pas être considéré comme une réserve ? Une réserve pour le gibier, pour la nature, pour le patrimoine de la famille. Une réserve se caractérise par le fait d'être « à part », « pour un autre temps ». Une réserve garde pour l'avenir. Nous avons étudié le passé et le présent du domaine, mais quel est son avenir ?

Conclusion

Le domaine de Voisins est une réserve. Il est une réserve au sens cynégétique et, de fait, s'inscrit dans une histoire des parcs de chasse, mais aussi au sens de la préservation d'un lieu. La propriété fut créée par et pour la chasse, et préservée en tant que tel. Concernant la conception du domaine, nous pouvons faire référence, sans risquer un anachronisme, à l'expression de Jean-Pierre Boutinet à propos du projet du paysagiste actuel dont une des acceptations se manifeste dans « la fabrique d'une image opérative esthétique » (Boutinet, 2001). Effectivement, Achille Duchêne a mis en œuvre un processus de transformation du site de Voisins, et ce de manière subtile entre classicisme et modernité dans l'unique but de servir la chasse. De ce processus est née une image. L'exemple de la gestion du site menée depuis plus d'un siècle à Voisins démontre la volonté de préserver la forme et la fonction du lieu. La gestion ne fait-elle pas partie intégrante du projet de paysage ? Cette étude historique a permis de considérer Voisins comme un exemple de continuité : il existe dans le temps. Les documents historiques utilisés - riches de connaissances - sont autant d'éléments de comparaison des époques successives : en ce sens il s'agit d'un cas de figure, d'une référence. La connaissance de la gestion des paysages du passé et du présent ne permet-elle pas d'envisager leur avenir ? Jean-Pierre Boutinet rappelle que « le lieu dans lequel s'inscrit le paysage [...] est déjà une métamorphose de lieux antérieurs ; il doit donc faire intervenir l'histoire qui va conférer au projet une plus grande singularité ; il y a là tout un travail de réappropriation du lieu en termes historiques ou patrimoniaux » (Boutinet, 2001). L'histoire se doit de servir le projet de paysage3, qu'il ait pour nature une restauration, une préservation ou une transformation.

Mots-clés

Parc de chasse, archives, inédites, projets, gestion, continuité
Hunting park, unpublished archives, projects, management, continuity

Bibliographie

Aubry, P., Donadieu, P, et al., « Motif de paysage », in Berque,  A. (sous la dir. de), Mouvance II. Soixante-dix mots pour le paysage, Paris, Éditions de la Villette, 2006, p. 67, 118 p.

Berque, A., La Pensée paysagère, Paris, Archibooks Sautereau Éditeur, , coll. « Crossborders », 2008.

Boudon, F., « Histoire des jardins et cartographie en France », in Mosser, M., Teysot, G. (sous la dir.), Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours, Paris, Flammarion, 2002, p. 121-129.

Boutinet, J-P., « À propos du projet de paysage, repères anthropologiques », in Les carnets du paysage, n° 7, Arles/Versailles, Actes Sud/ENSP, 2001, p. 64-84.

Corpechot L., Les Jardins de l'intelligence. Parcs et Jardins de France, Paris, Émile-Paul Éditeur, 1912, 284 p.

Corpechot, L., « Souvenirs d'un journaliste », in Dans les beaux châteaux de France, tome IV, Paris, Librairie Plon, 1936-1942.

De Fels, C., « Réflexions sur Voisins », in dossier « Jardins de Voisins-Réflexions sur Voisins », archives du secrétariat de Voisins, 1975.

De Fels, C., « Étude sur les jardins de Voisins», in dossier « Jardins de Voisins- Réflexions sur Voisins », archives du secrétariat de Voisins, 1976.

De Fels, E., « Le château de Voisins », in Gazette illustrées des amateurs de jardins, Paris, 1929.

Donadieu, P., « Pour une conservation inventive des paysages », in Berque, A., (sous la dir. de), Cinq Proposition pour une théorie du paysage, Paris, Édition Champ Vallon, coll. « Pays/Paysages », 1994, p.53-80.

Donadieu, P., Périgord, M., Le Paysage, Paris, Éditions Armand Colin, 2007, p.7.

Heidegger, M., « Temps et Être », conférence prononcée le 31 janvier 1962 au Stadium generale de L'université de Fribourg-en-Brisgau dirigé par Eugen Fink, in Questions III et IV, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1962, p. 194-226.

Vasselot, M., « Plan simple de gestion du domaine de Voisins », période d'application du 1er septembre 2005 au 31 décembre 2019, 2005, p. 5.

Auteur

Caroline Scotto

Historienne de l'art.
Ancienne étudiante du master « Théories et démarches de projets de paysage » à l'École nationale supérieure du paysage  de Versailles.
Courriel : carolinescotto@gmail.com


Pour référencer cet article

Caroline Scotto
Le domaine de Voisins (1892-2008) : essai de définition d'un lieu hors temps
publié dans Projets de paysage le 03/01/2009

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/le_domaine_de_voisins_1892_2008_essai_de_d_finition_d_un_lieu_hors_temps

  1. La théorie - dans ce cas - « anticipe le projet, l'éclaire et permet d'en penser la démarche. » Cf. conférence de Catherine Chomarat-Ruiz, « Problématiser, conceptualiser, théoriser. En quoi ces démarches de recherches produisent-elles des connaissances intéressant le projet ? », 28 septembre 2007, ENSP.
  2. Vient du persant paradeiso qui signifie jardin clôturé.
  3. Au sens d'une « Intention d'aménagement de l'espace prenant en charge le devenir matériel et immatériel d'un territoire pour améliorer son habitabilité », in Berque,  A. (sous la dir. de), Mouvance II. Soixante-dix mots pour le paysage, Paris, Éditions de la Villette, 2006, p. 85, 118 p.