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L'avenir du vieux village de Takrouna (Tunisie) : ruines ou emblème de la nouvelle villégiature du Sahel ?

The future of the old village, Takrouna (Tunisia): ruins or emblem of new holiday resort in the Sahel?

18/07/2010

Résumé

L'article décrit des scénarios possibles d'évolution d'un village berbère abandonné près de Sousse en Tunisie. Il est fait référence aux évolutions de deux autres sites d'intérêt touristique, Chebika, près de Tozeur et Sidi Bou Saïd près de Tunis. Ce travail a été réalisé à partir des enquêtes menées auprès des habitants du village de Takrouna, au moment où un nouvel aéroport international s'implantait à Hergla à quelques kilomètres.
The article describes possible scenarios of evolution of an abandoned Berber village near Sousse in Tunisia. It refers to changes in two other sites of tourist interest, Chebika, near Tozeur and Sidi Bou Said around Tunis. This work is based on surveys of Takrouna villagers, realized when a new international airport was constructed in Hergla few kilometers away.

Texte

Au centre est de la Tunisie, près de la ville de Sousse et à quelques kilomètres du nouvel aéroport d'Enfidha, le vieux village de Takrouna, perché sur son rocher, domine la plaine agricole d'Enfidha. Habité aujourd'hui par quatre familles, il s'est vidé pendant cinquante ans de presque tous ses habitants. Que va-t-il devenir : un village fantôme condamné à la ruine, comme le village de Chebika non loin de Tozeur, détruit par une inondation en 1969 ? Ou bien, reconquis par de nouvelles populations d'origine urbaine, pourrait-il apparaître comme un site symbolique d'un nouveau type de villégiature sahélienne à l'instar du célèbre village de Sidi Bou Said à l'est de Tunis ? 

Cet article analyse les relations entre ces trois villages vedettes des médias tunisiens à partir de trois sources. L'ouvrage de Jean Duvignaud, Chebika1 est la première source qui témoigne de l'état de Chebika avant la destruction du village, puis en 1990. Les deux autres sont des mémoires de master de l'université de Sousse, consacrés à l'évolution des paysages de Takrouna2 et de Sidi Bou Saïd3.

Leur histoire commune est d'abord celle d'une dépossession des villageois : à Takrouna, de leurs terres par la Régence, puis par le colonisateur français ; à Chebika, de leurs palmeraies par de nouveaux propriétaires, et récemment par des Bédouins sédentarisés ; et à Sidi Bou Said, de leur identité religieuse par le baron anglo-français Rodolphe d'Erlanger. Les agriculteurs des deux premiers villages sont parfois restés locataires ou propriétaires de leurs terres, mais sont souvent partis vers les villes, alors que les citadins du village blanc et bleu se sont réapproprié le nouveau visage de leur village devenu aujourd'hui un emblème du tourisme et de la villégiature tunisienne.  Quel enseignement en tirer pour l'avenir du village de Takrouna ?

Takrouna, de l'abandon à la reconquête

À la fin du XIXe siècle, avant le début du protectorat français, raconte Mohamed Guiga4, les habitants du village berbère de Takrouna cultivaient des céréales et des oliviers dans la plaine d'Enfidha. Rachetée par une banque franco-africaine, la Société marseillaise de crédit, une grande partie des terres fut plantée avec des oliviers et des vignes dès le début de la colonisation. Elles étaient issues du domaine de 110 000 hectares de l'Enfidha, confisqués aux tribus arabes des Ouled Saïd en 1851 par le bey et revendus aux colons en 1878 par le ministre Kheireddine Pacha à qui le bey les avait  offerts.

Le départ des habitants commença surtout avec la Seconde Guerre mondiale, Takrouna ayant été le théâtre d'affrontements entre les alliés et les forces militaires germano-italiennes. Bombardées et en partie détruites (notamment la mosquée et le mausolée), les maisons furent en partie réparées avec l'aide financière des autorités du protectorat. « Une partie est revenue mais la majorité des habitants est descendue plus bas, ils ont cherché la proximité de la route (d'Enfidha), ils ont eu des parcelles de terres que l'État a données, ils ont construit leurs maisons près de leurs champs. Le nouveau village était près de l'école, près de leur travail, des champs d'oliviers, des champs de blé... ils ont cherché le confort et la commodité, le côté fonctionnel et puis la montée au sommet, c'était très dur. Seulement trois familles ont persisté pour s'occuper des touristes aujourd'hui5 ».

Photo 1 : Vue générale sur les deux villages de Takrouna : le nouveau situé en bas de la colline et le vieux situé au sommet.

Mohamed Guiga ajoute d'autres causes à cette lente désertion du vieux village : « À Takrouna, il y avait un grand problème, énorme. Ce village perché vivait sans eau, sans électricité, il ne faut pas l'oublier. Ceux qui sont restés sont ceux qui avaient de la terre, de l'agriculture et travaillaient à Takrouna et à Enfidha. [Les autres] qui sont partis faire des études, ont quitté le village. Il ne faut pas oublier que nous sommes en train de  parler d'une période coloniale, et juste après l'indépendance (1956), donc une grande partie des enfants ont été encouragés pour faire des études et mon grand-père (A. Guiga) a encouragé les enfants à aller à l'école. »

Dans le nouveau village, près de la route, autour de l'école et de la mosquée, la vie continue. Les uns sont restés agriculteurs et les autres sont employés dans les usines d'Enfidha ou dans la cimenterie que l'on découvre depuis le sommet de la colline
Aujourd'hui, la famille Guiga possède toujours des oliviers et une maison à étage (aali) à Takrouna. Ils appartenaient au père et au grand-père de Mohamed Guiga qui y revient périodiquement pour entretenir et récolter ses arbres, pour restaurer également la maison familiale qui tombait en ruine. Mohamed craint que ce village ne soit trop vite transformé et qu'il ne reconnaisse plus les lieux de sa jeunesse. « Mon grand père et mon père faisaient ici de la résistance, et moi, je ferai aussi de la résistance pour sauver mon petit patelin, mon petit coin du village, pour le sauver car  il ne faut pas dénaturer le village. »

Mohamed Guiga n'est pourtant pas opposé aux investisseurs. Mais avec des précautions : « Pour moi ça doit être un village classé, ce n'est pas un village qu'on doit transformer en cafés, en restaurants, c'est un village de passage, il faut le laisser tranquille. »

Photo 3. Vue depuis le Kef sur Elhouma.

L'ouverture au tourisme

Dans le vieux Takrouna, le quartier d'en bas est celui qui est en état de ruine et derrière le café s'étend le quartier El Houma qui était habité par la famille Guiga. Dans le quartier du Bled, situé au sommet de la colline, sont localisés le mausolée de Sidi Abdelkader et la mosquée, mais aussi le café d'Aida.

Tunisoise et artiste, Aida Gmach Bellagha a créé un café Le Rocher bleu au sommet du vieux village en 2002 à l'intention des touristes6. Son grand-père et ses ancêtres sont nés à Takrouna. Elle dit qu'elle est retournée sur la terre de ses aïeux et qu'elle a succombé la première fois au charme du village.

Takrouna était devenu très tôt une destination touristique. Les guides européens signalaient avant la dernière guerre l'intérêt de la visite de ce village pittoresque. Aida raconte : « Vers les années 50, les touristes venaient dans des bus, ils n'avaient pas de Land Rover et il n'y avait pas de routes. Donc les gens grimpaient à pied les rochers. Puis pendant les années 70 l'État, avec l'Institut national du patrimoine, a aménagé le village de Takrouna, car les sentiers n'avaient pas de garde-corps, ils ont reconstruit les arcades, les escaliers. Bon, ils n'ont pas fait monter l'eau potable, mais ils ont réparé. Avec la route le village est devenu accessible. »

Incitée par un ministre du Tourisme et inspirée par des exemples vus en France, Aida, avec l'aide de son mari et de l'office du tourisme tunisien, crée sa propre entreprise en louant une maison à des cousins. Elle y aménage un petit café rustique, un musée et une vente d'objets artisanaux. « Ce qui m'intéresse, explique t-elle, c'est le tourisme culturel, c'est de montrer les coutumes et les traditions berbères des gens de Takrouna ». En pratique, Aida établit des conventions avec des agences de tourisme : « Ils viennent visiter le village, le musée et le café, me payent et s'en vont. »
Elle précise qu'elle valorise ainsi les activités féminines traditionnelles des deux villages où les femmes tissent les tapis et confectionnent des poteries.

Son arrivée et la création du café ont d'abord suscité beaucoup de méfiance chez les villageois. Les portes se sont fermées. Pourtant Aida appartenait aux familles les plus respectées de Takrouna : « Les chefs de clan c'est la famille Gmach, c'étaient des éleveurs de bovins, des gens riches. Et aussi Dar Guiga la famille cultivée qui réunissait des écrivains, des poètes... Dar Chehoudi, c'était les notaires du village. Chaque famille avait un chef et une spécialité. Mais les familles les plus renommées c'étaient les Gmach, les Chehoudi et les Guiga, ils étaient les fondateurs du village. » Cependant Aida n'est pas la seule commerçante du vieux village. Outre les deux familles qui vendent des tissages, il y a Emilio.

Photo 2. Vue sur la terrasse du café d'Aida Gmach.

Sur le palier inférieur à celui où sont situés le café de Aida et la mosquée, Emilio a aménagé depuis 2008, dans une ancienne école coranique (kottab) louée, une boutique de vente d'objets d'artisanat. Français, quinquagénaire et ancien résident au Maroc, Emilio avait  habité auparavant Sidi Bou Saïd pendant trois ans. Son coup de foudre pour le village, pour, « l'emplacement avec la vue sur la vallée, avec les oliviers, avec la mer au fond, avec les montagnes à côté, avec l'ensoleillement de la lumière, du calme, tout ça générait une vibration qui fait que l'endroit est particulier », et aussi le désir de fuir les foules de visiteurs de Sidi Bou Saïd l'ont amené à s'installer sur le piton rocheux.

Il reproche à sa concurrente de s'opposer à l'arrivée de nouveaux investisseurs, ce qu'il croit cependant inéluctable étant donné la proximité de Tunis et surtout du nouvel aéroport. Emilio, comme Aida croient au développement d'un tourisme culturel à Takrouna, espèrent l'arrivée d'artistes, de peintres, d'artisans « parce que l'artiste apporte la poésie avec lui, et quand la poésie est là, les gens viennent ». Ni l'un ni l'autre ne pensent pourtant que Takrouna puisse se développer sur le modèle bourgeois et touristique de Sidi Bou Saïd. Parce que le site de Takrouna est beaucoup trop petit, et parce ce que ce n'est sans doute pas souhaitable.

Aujourd'hui ce sont les sites Internet et les blogs qui diffusent majoritairement les images.. Un exemple : « Takrouna. 40° C à l'ombre. Un éboulement qui a mis en péril les fondements de la mosquée interdit tout passage de véhicules. J'entreprends donc d'escalader à pied ce mont escarpé. Pour tromper la sueur, je fais le vide et je pense à la mer. Je ne vois les maisons et le cactus que parce que Guy de Maupassant en parle dans La Vie errante. En 1887, sur la route de Kairouan, il s'arrête ici à Takrouna et ce qu'il voit ne ressemble en rien à ce que je perçois. Ce qu'il écrit tient de la fantasmagorie : "Ces bois de cactus ont un aspect fantastique. Les troncs tordus ressemblent à des corps de dragons, à des membres de monstres aux écailles soulevées et hérissées de pointes. Quand on en rencontre un le soir, au clair de lune, on croirait vraiment entrer dans un pays de cauchemar"7. » Imaginé par un écrivain français, ce paysage n'est cependant pas celui des habitants du village.

Les Takrouniens

Les habitants du vieux village ne voient pas l'avenir de la même façon qu'Emilio et Aida, ou bien que les touristes. Naïma est veuve et elle est la mère d'Iskander, un jeune de 29 ans qui mène aussi des activités commerciales à Enfidha. Son mari avait un emploi à Kairouan où il restait pendant la semaine. Elle a eu neuf enfants et a toujours habité Takrouna, comme ses parents et ses grands-parents. 
Depuis que l'électricité est arrivée là-haut, depuis que la route poussiéreuse de la colline a été asphaltée, sa vie a peu changé. Pendant les année 1970, elle tissait des hessirs avec l'alfa des steppes et des tapis (klim) avec la laine de mouton ; elle les vendait dix à vingt dinars au souk d'Enfidha. Elle achète ses légumes et ses fruits au marchand qui passe chaque jour sur la route, ou bien le dimanche au souk d'Enfihda.
Naïma est comme enracinée dans son village et elle n'envisage pas de descendre dans celui du bas, bien qu'elle y ait acheté une maison « Pourquoi voulez-vous que je le quitte. Toute ma vie, j'ai vécu ici. Comment voulez-vous que je cherche à vivre ailleurs. J'ai la lumière, j'ai l'eau. » Près d'elle vivent ses fils et des voisins familiers. Plus bas, au pied de la colline, entourés par une haie de figuiers de Barbarie, ses oliviers l'attendent. Elle en a planté de nouveaux il y a cinq ans et bientôt elle commencera avec toute la famille à les récolter. Naïma ne souhaite aucun changement dans son univers cyclique où se succèdent les jours et les nuits.

Tounes a plus de 70 ans et s'occupe du mausolée (zaouïa) de Sidi Abdelkader Eljilani, près de la mosquée. Pour cette activité, elle succède à sa tante et à sa mère. Elle habite dans le vieux village avec sa fille Hamida, alors que son fils réside dans le nouveau. Elle tient à ses paysages vus de sa cour : « En bas, c'est vrai qu'il y a des rues et que chacun a sa maison mais ce n'est pas comme ici, si on s'ennuie, on sort pour regarder le djebel. En bas ils n'ont rien à voir. »

Tounes raconte cette légende qu'elle tient de ses grands-parents : « Un messager de Dieu est venu visiter mon grand-père Guedara et lui a dit : «Guedara dans le lieu où tu trouveras un cercle de sable, fais bâtir un mausolée pour Sidi Abdelkader.»  Il est parti au pied du djebel pour ramasser des pierres et un voyageur lui a dit : «Que Dieu t'aide Guedara». Il lui a répondu : «Que Dieu te protège.» Le deuxième jour, le voyageur est revenu et lui a dit : «Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a passé aujourd'hui ici». Il a dit : «J'ai vu quelqu'un qui est couvert d'une ouezra, et sur son dos une mokhla.» Il lui a dit : «Compte sur Dieu, construit.» Guedara : «Vous me dites de construire, mais je n'ai pas de quoi ?» Il dit : «Tes frères musulmans te donneront l'un un mouton, un autre une chèvre... et chacun donnera ce qu'il peut.» Il a dit «bien» et il a construit. Et comme a dit le voyageur, chacun lui a donné quelque chose. » Ainsi est né au bout de trois années de construction le mausolée et le père Guedara y a été consacré comme marabout.

Photo 4. Vue sur la zaouïa de Sidi Abdelkader Eljilani et la place Elrahba.

Dans sa maison, où les touristes viennent photographier le four à pain (tabouna), et parfois le manger avec de l'huile d'olive et des olives salées, Tounes vend des sacs tissés, des klims et des hesssirs, qu'elle fabrique avec sa fille ou achète à Hergla. Elle sait que Mohamed Guiga revient à Takrouna pour réparer la maison de la famille qui ne saurait être vendue. Mais d'autres habitations ont changé de propriétaires : « Quatre maisons ont été vendues à un Sfaxien, la maison de Abdelaali (les chambres et la moitié de la cour), la maison de Salem Ben Elajmi (la maison entière est vendue) et la maison de  Cherifa. »
Tounes possède des oliviers dont s'occupe son fils. Contrairement aux céréales, l'olivier tient chaque année ses promesses. Elle dit : « On creuse un trou, on plante un olivier, et on oublie, un jour, il donnera des olives. »

Beaucoup plus au sud de la Tunisie, au nord du Chott El-Djerid, un autre village a connu une histoire très comparable à celle de Takrouna. Le sociologue et dramaturge français Jean Duvignaud (1921-2007) la raconte.

Chebika et Sidi Bou Saïd

Chebika

« Quand on débouche de l'oasis de Chebika, le village est là, composé de deux masses de maisons ocre et gris disposées l'une à gauche autour d'une sorte de poterne, l'autre à droite d'un porche dont l'accès a été rehaussé de colonnes (en palmiers)... Au-dessus de ces deux masses involontairement architecturales, le village se dispose en terrasses plates aux plans multiples entrecroisés qui se répartissent des lignes horizontales légèrement circulaires selon la forme de demi-cirque que prend le village8. » Plus bas la mosquée blanche de Sidi Soltane limitait le village qui regroupait un peu plus de 200 personnes, et encore plus bas le cimetière et l'école construite en 1960.

Au pied des montagnes désertiques, de 1960 à 1966, le petit village de Chebika et son oasis reçurent la visite d'une équipe de sociologues de Tunis. Ils racontèrent ce qu'était la vie des hommes et des femmes du village, de Naoua, l'accoucheuse, de ses filles et de son mari Mohamed, de Ridha l'épicier, du vieux Gaddour et du cheikh Ali. Une vie d'attente pour Mohamed, du soir et du matin, du tour d'eau, mesuré par la clepsydre, une eau qui vient par les séguias sur les parcelles au printemps et en été.
Comme tous les gens de Chebika, Mohamed est un khammes, le métayer de trois propriétaires de ses palmiers. Avec l'argent de l'un d'entre eux qui lui a acheté les arbres, il a pu se procurer ses épouses successives, pour à son tour devenir métayer. Ce qu'il est resté. Persistait ainsi le souvenir du temps où les familles de Chebika possédaient la palmeraie, où elles avaient des maisons solides avec de bons toits et où le marabout de Sidi Soltane était chargé de cadeaux.

Parfois, écrit le sociologue, on énumérait à un jeune type qui rentrait du service militaire les redevances du khammes qu'il sera, comme l'avaient été avant lui son père et son grand-père : irriguer, « parce que l'eau c'est la vie », ensemencer « comme le veut Dieu », désherber, bêcher les champs de fèves, éloigner les sauterelles et les passereaux, entretenir les clôtures et les rigoles d'eau. Sans oublier la garde des bêtes et la fabrication des cordes en fibre d'alfa9.

Dans ce monde de l'indéfinissable et patiente attente, les touristes, qui venaient en Land Rover de Tozeur, étaient rares et fugitifs. Le château du soleil, ksar ech chams le vieux nom de Chebika, n'intéressait personne. « Ce n'est rien, disait le vieux Gaddour, seulement des gens pauvres et de la pierraille. » (Duvignaud, p. 86.)

1990, Traki Zannad renouvelle l'enquête de Jean Duvignaud. « Le vieux village de Chebika est là, perché sur la pente. Il est en ruine, dans sa dignité et sa fierté blessée, languissante d'un passé lointain, lorsque régnaient la paix et l'autosuffisance » (p. 369). Le village a été détruit par une inondation catastrophique en 1969. Près de la nouvelle route de Tozeur, un nouveau village a été reconstruit plus bas avec une infirmerie, une école, un poste de gardes nationaux et un relais (un café avec le téléphone) pour les touristes de passage. La partie du bas est occupée par les Ouled Abid, bédouins nomades des steppes qui s'y sont fixés depuis 1982, celle du haut par les anciens habitants du village détruit, en partie désœuvrés.
Les touristes sont entrés un peu plus dans la vie des villageois, le temps d'une visite et d'une consommation au café. Ils viennent photographier les femmes et l'oasis (« ils viennent voler nos visages et puis nos vies », dit Si Youssef). Les cinéastes, à la recherche d'un décor de désert, y tournent des films. Chebika, sous leurs yeux de citadins, écrit Béchir Tlili, change de signification : « Un coin de paradis où l'on peut respirer l'air frais, se distraire et jouir de la beauté splendide d'une nature vierge » (p. 392). Folklorisé, le paysage de l'oasis est devenu un décor de films et un cadre fugace de loisirs. C'est, écrit-il, l'aboutissement d'un processus de prolétarisation bloqué, un état de dépossession et de dégradation continues. Dans l'oasis, seuls trois habitants ont gardé leur statut de propriétaire. Sidi Soltane reste l'unique repère du groupe détruit.

Aujourd'hui, Internet regorge d'images de Chebika. Par exemple : « Accessible par une route goudronnée pas toujours très plane, à 2 kilomètres de Tozeur après la sortie d'El-Hamma, cette magnifique oasis jaillit au cœur du désert. Proche de la frontière algérienne, dans un décor étonnant, entre les montagnes de gypses (roches orangées à l'origine des "roses des sables"), le sable couleur ocre et le ciel d'un bleu éblouissant, cette oasis est considérée comme la plus belle de Tunisie. Elle est située près d'un vieux village, très joli (ancien camp militaire romain : Ad Speculum) qui lui offre la source d'eau nécessaire à la croissance de sa palmeraie et où la vue est imprenable. Malgré la multitude d'enfants qui vous court après, et les petits vendeurs de roses des sables qui s'improvisent guide à l'occasion (ce qui fait cependant parti du charme de la Tunisie), vous apprécierez la cascade de Tamerza, à environ 5 minutes du village, ainsi que les balades à la fois dépaysantes et rafraîchissantes dans la palmeraie10. » L'agence de voyages Cityzeum met en ligne des images pittoresques de cascades, de ruines du villages abandonnés, de palmeraies et de montagnes désertiques. Peu ou pas de figures humaines. Les habitants ont disparu des paysages de Chebika. Transférés vers le nouveau village, ils n'existent plus pour les visiteurs qui n'attendent du site que des souvenirs photographiques, le goût d'une tasse de thé ou d'un Coca-Cola, ou bien l'achat d'une rose des sables.
Cette mise en tourisme est un processus de transformation qu'accompagnent les pouvoirs publics en Tunisie depuis un siècle. Mais ils ont conforté la mutation de l'économie d'un site, nulle part plus qu'à Sidi Bou Saïd.

Sidi Bou Saïd

À proximité des ruines de l'ancien Carthage, la colline urbanisée de Sidi Bou Saïd (4 800 habitants) domine le golfe de Tunis. Depuis le IXe siècle, un village fortifié, occupé par une communauté religieuse soufi, s'y était établi en se recommandant d'un saint protecteur, Sidi Bou Saïd. À la fin de la régence ottomane au XIXe siècle, la colline et ses environs (La Marsa, Sidi Dhrif) devinrent un site de villégiature de la bourgeoisie et de l'aristocratie tunisoises, et notamment des beys husseinites. Autour du mausolée du saint, qui était devenu un lieu de pèlerinage, le village fut édifié, au milieu des agaves et des figuiers de Barbarie. Il accueillait pendant l'été les beldis (les bourgeois) de la médina qui y établissaient dans des palais ou des demeures plus modestes leurs quartiers de villégiatures (khlaa)11. Sur les plages, furent construits des chalets sur pilotis et des bains pour faciliter les premières pratiques de baignades.

Au début du protectorat français, les couleurs de la petite médina du Djebel Manar étaient multiples. Les verts des tuiles, des fenêtres, des portes, et des mausolées dominaient, souvent associés aux rouges dans les édifices religieux12. Le jaune, mais aussi le bleu, sur les boiseries des boutiques, étaient utilisés, en particulier, sur les portes des hammams avec le blanc et le rouge.
Cette polychromie cessa au début du XXe siècle avec l'arrivée du riche baron anglais Rodolphe d'Erlanger (1872-1932). Peintre et musicologue orientaliste, il acheta en 1908 un terrain sur les pentes de la colline, où il fit construire un palais Ennejma Ezzahara (l'étoile de Vénus). Fasciné par la splendeur picturale du village, le baron dénonça les erreurs urbanistiques et esthétiques des propriétaires lors des réaménagements et des reconstructions. Aussi racheta-t-il de nombreuses demeures et terrains pour préserver l'authenticité de l'architecture menacée par les tentations néomauresques. Il alerta les autorités françaises et beylicales sur la nécessité de préserver ces patrimoines historiques à des fins d'usage touristique (p. 49). C'est pourquoi par le dahir du 6 août 1915, le bey Mohamed Ben Naceur Pacha et le résident général français à Tunis décidèrent de mesures de protection « de l'aspect extérieur des façades des constructions, des voûtes et toitures établis en bordure ou dessus des rues ou visibles de ces rues » (art. 1). Il fut interdit notamment de peindre les façades autrement qu'en blanc (lait de chaux). En adoptant pour ses propres demeures les couleurs blanches et bleues qu'ils aimaient, le baron put convaincre la municipalité de l'intérêt de ces teintes dont la conservation s'inscrivit dans les prescriptions du texte de loi.

La quasi-disparition de la couleur verte associée à l'islam ne semble pas avoir posé problème aux habitants, selon l'enquête menée par Hanene Ben Hamida en 2005. Parce que les bâtiments religieux n'étaient pas concernés par cette nouvelle bichromie. Parce que le baron, également devenu propriétaire de nombreuses demeures, se révéla un mécène généreux et désintéressé. Sans doute aussi parce que Rodolphe d'Erlanger s'était profondément attaché à la culture islamique et à ses arts, notamment musicaux.

Aujourd'hui, l'agence Cap Tunisie présente ainsi le village du Cap Menara (le phare) sur Internet :   « Premier site protégé au monde, perché sur la falaise qui domine Carthage et le golfe de Tunis, le village médiéval de Sidi Bou Saïd est un petit paradis aux couleurs de la Méditerranée. Au fil des ruelles pavées, le visiteur découvre l'enchevêtrement des maisons vêtues de chaux blanche de moucharabiehs et de volets bleus de Sidi Bou Saïd. Les lourdes portes cloutées s'ouvrent sur des jardins secrets tapissés de céramique et ceints de bougainvillées.
Dans le palais, tel que le Ennejma Ezzahra, Centre de musiques arabes et méditerranéennes, les mille et une nuits s'écoulent éternellement dans la douceur de vivre et le parfum de jasmin de Sidi Bou Saïd13. »

Dans le cas de Sidi Bou Saïd, rien n'indique une dépossession symbolique (et non réelle comme à Chebika). La bichromie blanche et bleue du village historique a été adoptée et reproduite par les habitants, pratique conservatrice qui a été renforcée par le règlement de classement du site de Carthage-Sidi Bou Saïd, le décret du 7 octobre 1985 relatif au site de Carthage et l'arrêté municipal du 9 mars 2005.

La comparaison de ces deux sites, très opposés par leur localisation et leur histoire, nous permettra-t-elle de savoir si Takrouna suivra la voie de Chebika ou celle de Sidi Bou Saïd ?

Les dilemmes

Le scénario dit de Chebika est consécutif à la dépossession foncière des anciens propriétaires de parcelles de la palmeraie, devenus khammes afin de pouvoir se procurer des épouses successives. Appauvris, abandonnés par les pouvoirs publics, déstabilisés par la destruction de leur village et l'arrivée de Bédouins sédentarisés dans le nouveau site, les habitants restants n'ont plus la capacité à devenir des acteurs de leur propre destin. Leur village devient un décor pour l'industrie des loisirs touristiques, une étape de visites fugitives sans conséquences sur l'emploi local. Son devenir probable est l'abandon de la palmeraie et la persistance de ceux qui tireront un revenu du tourisme de passage. Sauf si un projet touristique d'importance vient changer les enjeux locaux.

Le scénario Sidi Bou Saïd est inverse. À la suite d'une possible dépossession symbolique de l'identité religieuse du village par un acteur extérieur (le baron) qui impose adroitement son esthétique, les habitants propriétaires perçoivent l'intérêt de nouvelles pratiques qu'ils s'approprient. Le village, devenu attractif sans renoncer à ses pratiques religieuses traditionnelles, a créé de nombreux emplois liés à la fréquentation touristique et de villégiature. Si bien que le bleu, dit de Sidi Bou Saïd, est devenu emblématique de la Tunisie touristique et a inspiré de nouvelles implantations (El Kantaoui au nord de Sousse au début des années 1970) et bien que cette couleur ne soit pas spécifique de ce village.

La mise en tourisme d'un site comme celui de Takrouna s'inscrit, on l'a vu, dans la durée. Car les trois sites ont un point commun historique. Ils ont été singularisés par l'existence du mausolée d'un saint qui était l'objet de pèlerinage populaire. Sidi Soltane à Chebika, Sidi Abdelkader Eljilani à Takrouna et Sidi Bou Saïd dans le village éponyme. Cette dimension religieuse est sans doute une condition favorable à l'attractivité du lieu, car elle l'inscrit dans la mémoire du groupe villageois. C'est en effet auprès du saint et de son mausolée (zawia) que se constitue le vivre ensemble local : le recours légendaire des femmes qui veulent avoir un enfant, qui ont un enfant malade ; de celles qui trouvent les dots demandées trop élevées ; de ceux qui demandent une protection, le retour d'un fils, ou tout simplement plus de chance (baraka) dans la vie. Mais la naissance d'un site touristique n'est pas nécessairement liée à une zaouïa. Toutefois, le nom de la marina de El-Kantaoui  (ouverte en 1979 à 60 kilomètres de Takrouna) provient également d'un marabout (Sidi El-Kantaoui ), vénéré par les habitants d'Hammam Sousse, et dont le tombeau est situé sur les collines proches. 
Si la présence d'un saint ne suffit pas à la mise en tourisme, elle semble cependant une condition favorable à la mise en place de la villégiature littorale14. C'est ce qui distingue alors les sites continentaux de Chebika et de Takrouna - qui n'ont point connu cette pratique jusqu'à aujourd'hui - de celui de Sidi Bou Saïd.

Aussi, pour Takrouna, se dessine le scénario, non d'une arrivée massive de touristes vers d'hypothétiques hôtels et restaurants (la taille du site et l'État ne le permettront pas), mais d'une villégiature continentale associée à la gentrification (embourgeoisement) de la nouvelle société résidente. Cette mutation sociétale a été amorcée par l'installation et le retour de nouveaux acteurs (Aida et Emilio, mais aussi Mohamed Guiga) dont les pratiques sont en rupture avec la vie rurale traditionnelle. Les deux premiers s'inscrivent dans des stratégies commerciales différentes : l'une associée à des valeurs locales (la berbérité réinventée), l'autre à des valeurs artistiques plus larges, mettant à profit un site singulier par sa topographie et son histoire. Mohamed Guiga, qui souhaite installer, dans sa maison restaurée, un musée pour exposer l'héritage de ses ancêtres, s'inscrit quant à lui dans une démarche patrimoniale de remémoration familiale locale.

Dans les trois cas, comme à Chebika et à Sidi Bou Saïd, mais aussi comme dans les sites comparables des parcs naturels régionaux français et italiens (dans les montagnes du Lubéron en Provence par exemple), le risque est d'écarter ceux qui, inscrits dans une histoire rurale moribonde, ne pourront s'adapter aux nouveaux enjeux. Voudront-ils vendre des maisons qui vont inéluctablement prendre de la valeur à de futurs villégiateurs ? Mais aussi à ceux qui viennent avec ces nouveaux arrivants : les restaurateurs, les antiquaires, les banquiers et ceux qui tiennent des boutiques de luxe ou des galeries d'art ? Voudront-ils changer de métiers pour entrer dans des économies résidentielles ? S'ils ne le font pas, d'autres venus d'ailleurs le feront.

Si la mise en villégiature bourgeoise est un scénario plus probable pour Takrouna, que la ruine, cette possibilité ne dit rien sur ses conséquences paysagères. Y aura-t-il un nouveau baron Erlanger pour Takrouna ? Qui pourrait ou voudrait jouer ce rôle un siècle après lui ? Probablement l'État tunisien avec l'Institut national du patrimoine, puisque Takrouna est devenu début 2010 l'objet d'un projet présidentiel. L'apparition récente dans les quartiers habités ou abandonnés de murs blanchis et de portes bleues est sans doute un signe, mais qui demande plus d'investigations. Car les couleurs dominantes sont toujours le gris sale des murs délaissés, et l'ocre et le beige des murs troués de fenêtres bleues encadrées de blanc.
Peut-être un autre scénario paysager est-il envisageable, qui interdirait la mise en blanc et bleu des quartiers restaurés du village. Qui voudrait conserver ces couleurs et ces architectures originelles (Arabes, Berbères, Arabo-Berbères ?) Mais les connaît-on précisément ? Sans doute devrait-on revoir, entre autres, les travaux photographiques sur Takrouna que réalisa en 1935 Ernest-Gustave Gobert (1879-1973), médecin et ethnologue, qui fit toute sa carrière en Tunisie.

Avant que Takrouna ne devienne un haut lieu de la villégiature soussi, hammamétoise, sfaxienne ou tunisoise, il s'écoulera beaucoup de temps. N'a-t-il pas fallu un siècle pour que Sidi Bou Saïd devienne ce qu'il est aujourd'hui ?

Conclusion

Trois processus évolutifs des paysages et des sociétés concernés ont été comparés. À Chebika, village arabe aux confins du désert, la dépossession foncière des villageois s'est accompagnée de la naissance d'un sentiment collectif de déréliction accentué par la misère, l'exode rural, la destruction du village et l'arrivée des Bédouins dans le nouveau village créé par l'État. Le tourisme depuis des décennies ne fait qu'effleurer l'économie villageoise qui ne s'en empare pas ou peu.

À Sidi Bou Saïd, près de Tunis, site religieux devenu de villégiature aristocratique et bourgeoise, l'inflexion bichromatique des paysages urbains n'a pas provoqué au cours du siècle dernier de sentiment de dépossession. Au contraire, réapproprié par les habitants, le village et son nouveau visage se sont tournés vers une économie résidentielle et touristique soutenue et accompagnée par des politiques publiques patrimoniales.

Entre ces deux possibilités d'évolution, le site de Takrouna, village berbère dépossédé autrefois en partie de ses terres agricoles par la Régence, puis par les colons, est en situation incertaine. Pour des raisons liées aux destructions de la dernière guerre, d'inconfort de l'habitat, d'instabilité du rocher, les quatre paliers hauts du village ancien ont été en grande partie abandonnés, au profit du village du bas reconstruit par l'État. Au cours de la dernière décennie, un mouvement inverse de reconquête du vieux village a été amorcé par des précurseurs de nouvelles économies locales soit de type patrimonial, soit de type commercial.
Il préfigure deux processus de transformation possibles qui vont se mêler, au profit de la villégiature bourgeoise, et au profit des activités liées au tourisme de passage. Si le premier est plus rapide que le second, et à la faveur du bouleversement économique et social de la région par la création de l'aéroport d'Enfidha, il contrôlera sans doute, avec l'aide d'injonctions juridiques (classement), la mutation sociale du site au profit d'une nouvelle identité berbère, plus patrimoniale et architecturale que sociétale.
Ce changement est sans doute attendu par ceux qui habitent le nouveau Takrouna, mais il est aussi possible, comme à Chebika, qu'il tarde à venir, qu'il ne vienne jamais, ou du moins qu'ils n'en tirent guère profit. Le réel, écrivait Jean Duvignaud en 1990, à la fin de Chebika, est fait autant d'imprévisible que d'inéluctable.

Mots-clés

Mise en tourisme, paysage, village berbère, Tunisie
Tourism development, landscape, Berber village, Tunisia

Bibliographie

Collectif, Coutumes et Décors de Tunisie. Sous le regard d'Ernest-Gustave Gobert (1906- 1958), Tunis, Cérès éditions, 2007, 107 p.

Duvignau, J., Chebika : mutation dans un village du Maghreb, Paris, 1973, Gallimard, 360 p.

Duvignau, J., Chebika suivi de retour à Chebika 1990 : changement dans un village du Sud Tubisien, Paris, Plon, 1991, 449 p.

Marcais, W. et Guiga, A., Textes arabes de Takrouna, textes, transcription et traduction annotée, Paris, Ernest Leroux, 1925, 426 p.

Guiga, A., et Guiga, T., La Geste hilalienne, Tunis Maison tunisienne de l'édition, 1968, 84 p.

Maupassant, G. de, De Tunis à Kairouan, Tunis, Ibn Charaf, 102 p.

Ben Hamida, H., « Le Bleu de Sidi Bou Said : construction d'une identité paysagère urbaine », mémoire de master de recherche Paysage, Territoire et Patrimoine, ISA, Chott Meriem, université de Sousse, 2007.

Auteur

Sonia Fradi, Pierre Donadieu et Hichem Rejeb

Sonia Fradi
Architecte diplômée de l'École nationale d'architecture et d'urbanisme de Tunis.
Elle a suivi la formation de master Paysage, Territoire, Patrimoine de l'université de Sousse et de l'Institut supérieur d'agronomie de Chott Mariem.
Courriel : frnoursonia@yahoo.fr

Pierre Donadieu
Professeur à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles-Marseille.
Courriel : p.donadieu@versailles.ecole-paysage.fr

Hichem Rejeb
Maître de Conférences
Directeur de l'unité de recherche Horticulture, Paysage et Environnement à l'l'Institut supérieur d'agronomie de Chott Mariem, université de Sousse.
Courriel : hrejeb62@yahoo.fr

Pour référencer cet article

Sonia Fradi, Pierre Donadieu et Hichem Rejeb
L'avenir du vieux village de Takrouna (Tunisie) : ruines ou emblème de la nouvelle villégiature du Sahel ?
publié dans Projets de paysage le 18/07/2010

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/l_avenir_du_vieux_village_de_takrouna_tunisie_ruines_ou_embl_me_de_la_nouvelle_vill_giature_du_sahel_

  1. Duvignaud, J., Chebika, suivi de retour à Chebika, 1990. Changements dans un village du Sud tunisien, Paris, Plon, 1991.
  2. Fradi, S., « La mise en tourisme des villages berbères en Tunisie. Le cas du site de Takrouna, processus historiques et contemporains », mémoire de master Paysage, Territoire, Patrimoine, ISA Chott Mariem, université de Sousse, 2010.
  3. Ben Hamida, H., « Le bleu de Sidi Bou Said, construction d'une identité paysagère urbaine », mémoire de master, ISA Chott Mariem, université de Sousse, 2007.
  4. Mohamed Guiga est le petit-fils d'Abderhame Guiga qui lui a raconté l'histoire (La Geste hilalienne, Tunis, Maison tunisienne de l'édition, 1968).
  5. Extrait de l'entretien avec Aida Gmach Bilagha en 2009, réalisé et transcrit par Sonia Fradi, comme la totalité des entretiens cités dans le texte.
  6. Voir le site : http://takrouna.blogs-de-voyage.fr/.
  7. http://www.babelmed.net/index.php?c=4493&m=&k=&l=fr.
  8. Duvignaud, J., Chebika, suivi de retour à Chebika, 1990, op. cit., p. 25.
  9. Ibid., p. 64.
  10. Voir le site : http://www.cityzeum.com/oasis-de-chebika-12820.
  11. Ben Hamida, H., « Le bleu de Sidi Bou Saïd, construction d'une identité paysagère urbaine », op. cit., p. 25.
  12. On le voit aujourd'hui dans la résidence Dar Lasrem, qui a conservé ses couleurs vertes et beiges d'origine, ibid., p. 35.
  13. Voir le site : http://www.cap-tunisie.com/html/sidibousaid.htm.
  14. Comme l'a montré Sondes Zaier dans sa thèse de doctorat en sciences et architecture du paysage en 2010.