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La biodiversité dans les paysages viticoles : exemple d'un projet européen mené en France et sur la péninsule ibérique

Biodiversity in Wine Growing Landscapes: The Example of a European Project in France and on the Iberian Peninsula

22/01/2016

Résumé

La question de l'équilibre environnemental en milieu agricole est une actualité ancienne, les programmes de replantation de haies bocagères dans l'Ouest de la France amorcés dans les années 1980 abordaient la thématique de la biodiversité sans la nommer explicitement. Le monde viticole s'en est emparé plus récemment. Plusieurs facteurs ont joué, influençant le positionnement de la filière viti-vini : tendance généralisée de demande de traçabilité des produits alimentaires, mise en évidence de la pollution des sols viticoles et de la présence de pesticides dans les vins, développement touristique des vignobles et mise en avant des paysages... Le programme européen BioDiVine illustra cette nouvelle demande, incorporant peu à peu des questionnements paysagers à une démarche scientifique d'étude de la biodiversité. Biodiversité et paysage furent à cette occasion associés dans des démarches techniques agricoles (qualité et vie des sols, accueil d'une faune auxiliaire...) et des démarches de mise en valeur moins maîtrisées (transformation physique d'un paysage ouvert à un maillage de plantations sélectionnées en fonction de leurs qualités écologiques, aménagement d'espaces à visiter dans un double discours écolo-touristique...). Trois pays (La France, l'Espagne et le Portugal) y ont participé, la filière y a réagi différemment, témoignant de leurs spécificités et de leur compréhension du paysage.
The question of the environmental balance in an agricultural environment is an old issue. The programmes for the replanting of the bocage hedgerows in the West of France started in the 1980s focused on the issue of biodiversity without clearly stating it as such. The wine-growing sector has recently started to specifically address this question. Several factors have influenced such an approach such as the general trend towards the requirement of traceability in food products, evidence of pollution in wine-growing soils and of pesticides in wines, the development of tourism in vineyards and the promotion of landscapes. Embodying this initiative, the European BioDivine programme gradually incorporated landscape issues in the scientific study of biodiversity. Biodiversity and landscape were in this instance associated in technical agricultural approaches (the quality and life of the soils, the hosting of auxiliary animal life, etc.) with less controlled development approaches (the physical transformation of open landscapes through a combination of plantations selected according to their ecological qualities, the development of sites for ecological tourism, etc.). Three countries (France, Spain and Portugal) took part and the wine-growing sectors in each of these countries reacted differently according to their specific aspects and their understanding of the landscape.

Texte

La biodiversité dans les vignes : ce fut le sujet d'un projet européen Life + mené de septembre 2009 à fin 2014, une proposition répondant à l'objectif de la commission européenne qui vise à « enrayer la diminution de la biodiversité à l'horizon 2010 et au-delà ». L'objectif était « la démonstration de la biodiversité dans les paysages viticoles ». Il y avait donc une volonté dès le départ de lier la question de la biodiversité au paysage, faisant suite à différentes démarches de l'Institut français de la vigne et du vin (IFV), par exemple la charte internationale des paysages viticoles de Fontevraud dont il est le coordinateur, et à des préoccupations récurrentes des régions viticoles. Le programme fut mené entre la France, l'Espagne et le Portugal, trois pays grands producteurs et consommateurs de vins. Y furent mêlés des rendus de relevés scientifiques et des démarches pédagogiques auprès de la filière vitivinicole, de façon assez différente d'un pays à l'autre. L'IFV fut le moteur de la structuration du projet, où la France fut représentée par un nombre important de régions, des territoires en partie déjà prêts à utiliser ou à s'intéresser à l'initiative européenne.
À travers la présentation de ce programme et au-delà de ses limites, nous souhaitons proposer une analyse de ce que représente la question de la biodiversité dans les paysages de la vigne, en pointant les éléments communs aux trois pays et parfois leurs différences.
Cette réflexion s'intègre en partie dans un travail de doctorat liant paysage et œnotourisme et fait suite à un travail d'accompagnement en interne de deux caves catalanes dans le projet BioDiVine (Gramona et Can Pascual) que j'ai réalisé en tant que technicienne et conseil en paysage. La relation déjà existante avait permis de constituer un programme d'actions pour la mise en valeur de ces caves, leur intégration paysagère et leur capacité d'accueil professionnel ou touristique. La démarche BioDiVine permettait d'enrichir la posture, en abordant la question d'un autre point de vue. Les interventions étaient jusqu'alors limitées aux alentours proches de la cave. Réfléchir à la biodiversité permettait d'affirmer le lien entre cave et vignoble, en particulier par la plantation de haies dont une partie pouvait être subventionnée par le programme européen. Dans ce cadre, les entreprises ont été appelées à participer à des relevés de pièges d'arthropodes, à des réunions avec les laboratoires responsables de l'aire d'étude. Les présentations régulières de ces derniers lors de colloques scientifiques permettent de lire l'évolution des préoccupations. Les deux dernières années ont été aussi l'occasion d'inviter les participants à des rencontres pédagogiques lors de formations telles que des séminaires, médiatisés dans la presse locale et diffusés dans les réseaux professionnels et étudiants. Ces différents types de rencontres ont permis des entretiens avec les acteurs. Les informations ainsi recueillies sont ici croisées avec les documents publics (articles théoriques et documents techniques) diffusés lors des colloques, en ligne sur les sites officiels, ou encore distribués à l'issue du programme. L'essentiel du vécu pratique s'est concentré en Catalogne espagnole, les rencontres avec les acteurs ont eu lieu dans les trois pays concernés, la lecture des documents publiés s'est faite dans les trois langues.

Le programme BioDiVine

Le projet européen regroupe des représentants de trois pays : la France, l'Espagne et le Portugal. Mais cette représentation ne s'est pas faite de façon tout à fait similaire. Les régions citées dans le projet sont au nombre de trois pour la France : Pays de la Loire, Aquitaine, Languedoc-Roussillon ; deux pour l'Espagne : La Rioja et la Catalogne, une seule pour le Portugal : le Douro.
Le paysage et la biodiversité y sont systématiquement cités. Ils sont utilisés comme outils de travail à l'échelle de l'exploitation et du terroir/territoire. Ils sont compris comme des outils de promotion et parfois de revendication à une échelle plus grande : le paysage culturel, l'écosystème. La capacité à s'allier, à s'organiser en réseau est différente d'une région à l'autre. Cette capacité conditionne la prise en compte de l'échelle paysagère culturelle dans les démarches.

Sites de développement du programme.
Source : biodivine.eu.

En France

En France l'institut public IFV s'est allié à une association professionnelle, Vitinnov, liée au département de recherche de Bordeaux SupAgro. Tous deux revendiquent une expérience sur la question de la biodiversité dans la vigne, se référant à des programmes de « développement durable ». Il est intéressant de noter que l'IFV développe finalement le programme dans le site pilote des « Costières de Nîmes », une région viticole bien connue professionnellement pour sa charte paysagère, mise en place à partir de 2006. Vitinnov quant à elle pilote les sites de Saint-Émilion (classé au patrimoine de l'Unesco en tant que paysage viticole depuis 1999) et de Limoux, ainsi que celui de la Bourgogne (dont la colline de Corton, intégrée dans le paysage culturel des climats du vignoble de Bourgogne qui fut classé au patrimoine culturel de l'Unesco en 2015), qui semble s'être ajouté au programme en cours de route. Vitinnov propose en référence le travail qu'il a en partie développé en Saumur-Champigny (situé en Val de Loire, lui-même classé comme un paysage culturel exceptionnel incluant des vignes dans la liste du patrimoine Unesco depuis 2000), une appellation qui s'est mobilisée sur la question de la biodiversité depuis 2004.

On peut constater que la majorité des sites retenus ont fait l'objet de préoccupations paysagères anciennes, initiées par des administrations et des professionnels. La charte de paysage des Costières de Nîmes est particulièrement intéressante, car elle part d'une volonté professionnelle du monde viticole qui a réagi à l'élaboration du Scot Sud Gard. Nîmes a de nombreux espaces inondables en proximité de la ville qui limitent ses capacités d'extension. L'appellation Costières de Nîmes s'étend sur 24 communes, 25 000 ha sur un plateau non inondable dont seuls 12 000 ha étaient plantés en vigne et environ 5 000 ha revendiquaient l'appellation. La pression de la ville, l'inquiétude quant à la protection des terres viticoles ont impulsé une dynamique constructive de qualification de 5 typologies de paysages, la valeur reconnue de certains permettant leur reconnaissance et leur protection au sein des documents d'urbanisme. Dans les documents pédagogiques qui découlent de ce travail, trois éléments sont mis en avant : la valeur écologique : « ressources naturelles et biodiversité », la valeur patrimoniale : « identité rurale et agricole », la valeur économique : « tourisme et communication ».
Ce document met ainsi en évidence trois thèmes de travail qui alimentent les projets et stratégies économiques de la filière vitivinicole européenne liés au paysage. La question de la biodiversité intervient à la fois dans la mise en avant de la qualité des environnements, dans l'image et la traçabilité du produit et dans la valeur du site à protéger de l'extension des villes. Le paysage est vu comme une échelle d'intervention supérieure à l'échelle de l'exploitation (Rochard, 2015), inférieure ou égale à l'échelle du « territoire » qui est sous-entendue (politique et administrative) et comme un outil légal de protection des zones de production dont on revendique souvent le potentiel touristique.

Saumur-Champigny, site exemplaire du programme, met en place entre 2004 et 2012 vingt kilomètres de « réservoirs écologiques », qui s'allient au couvert végétal des interrangs. L'initiative est lancée par le syndicat professionnel, en collaboration avec l'École nationale supérieure des sciences agronomiques de Bordeaux (SupaAgro) et l'École supérieure d'agriculture d'Angers (ESA), faisant suite aux démarches d'abandon des acaricides et d'introduction d'insectes auxiliaires des années 1990. Le but est de diminuer l'utilisation d'insecticides, et ainsi de limiter la charge économique des intrants tout en améliorant l'image qualitative des vins. La replantation de haies, le maintien d'un couvert végétal diversifié dans les champs, la mise en valeur écologique des espaces interstitiels ont démontré leur influence sur la capacité de réaction et de résistance du vignoble. Le programme scientifique, initié par un projet Leader + 2004-2006, est devenu un programme de communication majeur pour l'appellation permettant un retour sur investissement rapide, d'autant que l'effort fut reconnu pour son caractère innovant et reçoit le support de la région.
Dans ce cas, la biodiversité et la notion de paysage s'entendent comme un support technique et scientifique. Une faune nuisible et auxiliaire est identifiée, des plantations sont organisées en fonction de la hauteur de travail mécanisé dans les champs, mettant à profit des espaces intermédiaires qui ne remettent pas en cause le parcellaire et la logique de travail existant. Les essences végétales sont locales, sélectionnées selon des critères favorisant la présence d'une certaine faune. La structure du paysage (prairie, bois, bocage, murets...) est étudiée afin de connaître son influence sur l'efficacité de la biodiversité en place, c'est une réflexion essentiellement agronomique. Un lien évident est fait entre diversité des paysages et biodiversité. (Pain, 2011).
La région Val de Loire est également très impliquée dans la question des paysages viticoles. Bien que sa classification au patrimoine Unesco ne revendique pas directement les paysages de la vigne, ils en sont une partie active. L'inscription en 2000 a été l'occasion d'organiser un colloque international à Fontevraud intitulé « Paysages de vignes et de vins » en juillet 2003, sous l'impulsion de l'interprofession InterLoire. En a résulté l'élaboration d'une charte des paysages viticoles « internationale » qui définit une dynamique de mise en réseau de paysages viticoles de qualité. Le programme technique de Saumur-Champigny semble, tout comme l'exemple des Costières, s'inscrire dans une logique de descente en échelle de compréhension et d'action : du paysage culturel à un paysage fonctionnel.
De même à Limoux, le Cru de Limoux finance un programme sur la biodiversité avec Vitinnov et SupAgro Bordeaux depuis 2008, coordonné par la chambre d'agriculture de l'Aude. Tout comme à Saumur-Champigny, les vignerons sont impliqués et engagés : la coopérative Sieur d'Arques (la plus grande de la région : plus de 500 adhérents) participe au projet initial. Dans ce cadre, le programme BiodiVine apporte des financements à une structure de travail déjà existante. Le travail est centré sur l'échelle fonctionnelle, assuré par des coopérations techniques existantes, il ne semble pas y avoir de revendication en terme de paysage culturel ni d'utilisation du programme dans un but touristique.

Points de mesure dans l'appellation Limoux.
Source : biodivine.eu


En Espagne

En Espagne, les deux régions représentées ont des structures et des fonctionnements distincts, qui reflètent le système politique national des Autonomías (gouvernements autonomes). D'un côté la Rioja développe le projet BioDiVine au sein d'un domaine public restreint : la Grajera qui appartient au gouvernement autonome de Rioja1, une cave institutionnelle y fut inaugurée en 2011. Ce site d'un peu plus de 80 ha est animé par le ICVV (Instituto de Ciencias de la Vid y del Vino), un centre de recherche créé par le gouvernement autonome de Rioja, l'université de la Rioja et le conseil supérieur de recherches scientifiques. La Rioja bénéficie en Espagne et à l'étranger d'une réputation d'aire viticole historique de qualité, ses paysages sont appréciés. Elle est également une figure de la culture viticole espagnole de prestige et conserve une posture traditionnelle. Environ 66 % des ventes se font en Espagne, elle reste par exemple la 1re appellation plébiscitée par les consommateurs catalans, malgré la forte production locale et une identité revendiquée. Les gouvernements de Rioja et du Pays basque (qui regroupent les domaines les plus prestigieux mais pas la totalité du vignoble) ont présenté en janvier 2013 une candidature à la liste du patrimoine culturel de l'Unesco, mettant en exergue l'architecture des caves, les paysages et les routes commerciales liées à l'Èbre. Une candidature qui n'a pour l'instant pas abouti. Pourtant, la réunion qui conclut le programme BioDiVine fin 2014 en Rioja met en valeur l'aspect innovant du programme et non le sujet développement durable et paysage. La phrase présentant la réunion en décembre 2014, couplée avec le programme WineTech, est celle-ci : « Las estrategias de innovación en la viticultura y la elaboración de vino compatibles con la conservación de la biodiversidad2 ». Le paysage est peu revendiqué, les plaquettes insistent sur le calcul des coûts des plantations, de réhabilitation de pierre sèche ou de semis de couvert herbacé. La démarche de classification des paysages de Rioja apparaît plutôt patrimoniale et politique, déconnectée de l'activité professionnelle vitivinicole. On peut sans doute l'expliquer par la séparation traditionnelle existant entre viticulteurs et élaborateurs, entre producteurs de raisins et propriétaires de grandes maisons, encore existantes sur le territoire espagnol (Brémond 2009). Les échelles cohabitent mais ne s'interpénètrent pas.

La deuxième région espagnole représentée est la Catalogne, finalement pilotée par l'Incavi (Institut Català de la Vinya i del Vi) dans le cadre de ce programme (le projet avait été prévu au départ sur les sites protégés du Penedès gérés par la Diputación de Barcelona). La forte baisse des crédits publics en Espagne, suite à la crise économique de 2009, a limité les capacités d'action de l'institut, qui a, en revanche, bénéficié de l'appui de nombreuses caves volontaires dans la région du Penedès. Le Penedès est une région vitivinicole économiquement et symboliquement importante de Catalogne et d'Espagne car elle est couverte par trois appellations d'origine : les DO3 Catalogne, Penedès et Cava. Cette dernière certifie une méthode d'élaboration champenoise et abrite des marques particulièrement célèbres en Espagne, toutes originaires du Penedès. Ce sont des groupes internationaux qui facturent plusieurs dizaines de millions d'euros par an (en particulier Freixenet et Codorniu).
La région agricole du Penedès, située aux portes de Barcelone (2e ville d'Espagne), a connu de fortes pressions urbanistiques avant la crise de 2009 (Darnay 2013), ce qui a engendré une réaction de la filière professionnelle vitivinicole et de la population (encore très liée à la filière localement). Les administrations ont suivi, permettant de rédiger la 1re charte du paysage en Espagne en 2004. Le gouvernement catalan s'est inspiré de cette expérience et de la Convention européenne du paysage tout juste rédigée pour créer la 1re loi du paysage en Espagne. Par la suite, un Observatoire du paysage fut créé qui a permis à la Catalogne d'être reconnue et active sur les questions de paysage à l'échelle européenne. Le Penedès reste une région mobilisée sur le sujet, un Congres del Paisatge Vitivinicola y a lieu par exemple tous les deux ans depuis 2007. Néanmoins la charte de paysage est restée une déclaration d'intention peu ou pas prise en compte dans les aménagements actuels. Par ailleurs des démarches novatrices sur l'écologie dans les vignes et dans les caves sont mises en place mais restent souvent individuelles. Le projet européen BioDivine pouvait être l'occasion d'unir les efforts. Dans la pratique il semble, pourtant, que la mise en commun des expériences se soit faite uniquement à travers la collecte de données de l'Incavi, peu de collaborations et de réflexions ont été échangées, le manque de présence dans les réunions a limité le retour pratique du vécu des techniciens de cave. En revanche, le projet a intéressé fortement les domaines dans leur communication et la participation au programme a été revendiquée sur le web, dans les actualités de la presse.
Parmi les caves ayant le plus mis en avant leur participation, on remarquera Segura Viudas, 3e cave dans le Penedès du groupe Freixenet (qui en compte 18 à travers le monde), qui propose des vins haut de gamme. C'est une ancienne Masia4 du XIIe siècle qui inclut des boisements (flancs de montagne prélittorale) et une rivière, Bitlles, d'importance locale. Elle bénéficie donc d'ambiances naturelles différentes qu'elle met à profit dans une dynamique touristique. La biodiversité en fait partie : vers 2008 la cave édite des carnets de croquis naturalistes qu'elle distribue aux visiteurs, trois carnets sont édités au fil des saisons et présentent les oiseaux et la flore que l'on peut observer : l'ail sauvage, l'hélianthème, le cyprès, le petit duc, l'hirondelle... Le programme BioDiVine est l'occasion de consolider cette posture romantique proche de la nature. Les carnets ont été présentés lors de la journée professionnelle organisée par l'Incavi pour BioDiVine. Une vidéo promotionnelle a été tournée par la marque où il est écrit : « Segura Viudas comparte plenamente la filosofía de BioDiVine, incorporando el respeto y la conservación de la biodiversidad, en la elaboración de sus cavas y vinos en armonía. [...] integrar en cada botella los trabajos culturales tradicionales, el paisaje, la flora y la fauna que han modelado nuestra historia y que al fin y al cabo, son también responsables de la excelencia de nuestros productos5. »
La cave Albet i Noia, 1re cave espagnole à se lancer dans la production de vins écologiques à la fin des années 1970, et longtemps pionnière dans ce secteur, se devait, elle aussi, de participer au projet. Dans la page qu'elle dédie à BioDiVine dans son site web6 où elle décrit son travail d'étude des insectes et de la plantation d'arbres sur les talus, elle précise son engagement sur la reconstruction des terrasses en pierre sèche et elle ajoute : « [...] restaurar y construir con la técnica de la piedra seca, estas terrazas que configuran el paisaje vitícola de las laderas de Ordal en unas terrazas que se pretende que algún día puedan ser consideradas como Patrimonio de la Unesco7. »

Création de mur de pierre sèche en lien avec BioDiVine (avril 2014).
Source : Cave Albet i Noia, Sant Pau d'Ordal, Penedés.


Dans ces deux exemples, la question de la biodiversité se confond avec celles de l'environnement et du paysage. Les échelles de réflexion s'interpénètrent par la volonté du secteur privé. La démarche scientifique, qui consiste à compter le nombre d'arthropodes présents dans les différents milieux constituant le vignoble et à optimiser les espaces dans des objectifs agronomiques, devient un symbole d'engagement d'une profession. En Espagne, les thématiques environnementales sont liées à des préoccupations de traçabilité du produit et d'image d'entreprises. De même la notion de paysage comme support technique se confond à une notion de paysage culturel, voire politique. Il devient un moyen de reconnaissance ou de revendication avant d'être compris comme un cadre de travail commun.

Au Portugal

Le projet BioDiVine est mené par l'Association pour le développement de la viticulture du Douro (ADVID), une institution ayant pour but la modernisation de la viticulture et l'augmentation de sa rentabilité, qui intègre des entreprises privées en son sein depuis 1997. L'ADVID est devenue gestionnaire du cluster des vins de la région Douro en 2009. La dure crise économique que connaît le pays depuis le début des années 2000 explique l'engagement important des acteurs privés dans le domaine de la recherche. Les études se sont faites en grande majorité sur une propriété de Sogrape, le groupe vitivinicole le plus puissant du Portugal (17 domaines différents). Dans les documents de diffusion du programme et d'organisation des formations associées (entre autres la semaine de la biodiversité organisée en mai 2012), le projet est lié au ProDer 2007-2013, un programme de dynamisation rurale né du plan stratégique national et mis en œuvre grâce à des fonds européens Feader (Fonds européen agricole de développement rural). En marge des résultats du programme BioDiVine, plusieurs ateliers d'ornithologie étaient organisés.
Dans les communications des séminaires, des commentaires reviennent régulièrement sur l'appartenance du Douro au patrimoine Unesco, et insistent sur le fait que l'espace enregistré inclut de nombreuses surfaces incultes (bois, forêts et maquis). En 2001, lors de l'inscription des paysages du Douro, une vallée étroite et profonde où les terrasses de vignes (qui produisent le raisin pour le Porto) s'accumulent comme autant de jardins suspendus, les exigences étaient moindres quant à l'établissement d'un plan de gestion et à la participation des populations. Des réserves ont été émises depuis quant à la bonne gestion du patrimoine et aux effets pervers de la classification suite à la transformation de parcelles/terrasses trop étroites pour la mécanisation ainsi qu'à des tensions sociales, en particulier du côté des viticulteurs, dues à une répartition inégale du développement économique8. De plus, un projet de barrage sur le fleuve met en danger le site. Dans ce contexte, mettre en avant la biodiversité existante résonne avec d'autres enjeux. La promotion de l'ornithologie est une communication efficace, répondant à une demande touristique croissante qui ne peut être sous-estimée dans une région comme le Douro qui est historiquement liée à la culture anglo-saxonne9. Par ailleurs la démonstration de la valeur de la biodiversité des espaces incultes permet à la fois de faire ressortir, d'une part, l'intérêt agronomique de ces espaces vis-à-vis des viticulteurs qui peuvent y trouver un appui dans la lutte contre les ravageurs grâce aux auxiliaires qui s'y abritent, et, d'autre part, leur valeur écologique et touristique, donc économique, auprès des autorités en charge du projet de barrage hydroélectrique.

Paysage viticole du Douro (juin 2013).
Source : Soazig Darnay.


Paysage et biodiversité dans le monde vitivinicole

La traçabilité du produit

Depuis la crise de la vache folle, on constate une demande croissante des consommateurs de traçabilité des produits agricoles. Cela bénéficie aux produits de terroir, à l'agriculture biologique, à l'agriculture raisonnée en général. Le vin est un produit particulièrement représentatif de cette relation au terroir. Parler de la biodiversité d'un lieu permet d'exprimer une intimité plus prononcée : on entre dans le monde des insectes et de l'infiniment petit, puisque, au-delà des oiseaux, parler de la biodiversité fonctionnelle d'une parcelle implique la connaissance des micro-organismes du sol ou des levures indigènes présentes sur les fruits. Dans le cas de la viticulture biologique, on remarquera l'avancée impressionnante qui a été faite ces dernières années dans une région comme le Penedès, avec un président de DO Penedès ayant pour objectif de créer la 1re appellation 100 % écologique (Darnay, 2015). Un contraste d'autant plus fort que la société des consommateurs espagnols, bien que sensibilisée, ne suit pas une évolution aussi marquée. Une grande partie des caves du Penedès exportent plus de la moitié de leur production (parfois plus de 80 %) en particulier vers la Suisse et l'Europe du Nord. Le vin espagnol est considéré historiquement comme un vin de moindre qualité que le vin français, son prix est donc comparativement plus bas et, malgré de remarquables investissements, il peine à augmenter. Le placement du produit dans le monde du biologique a un intérêt direct de gain d'image. La promotion de la biodiversité au sens large y participe.
En France, plusieurs publications et articles ont bousculé l'image des vignobles et de leur produit. En premier lieu, issu du monde de la gastronomie, Guy Renvoisé écrit en 1994 Le Monde du vin. Art ou Bluff ? dénonçant le glissement vers des productions industrielles irrespectueuses de la tradition de terroir et vers des vins sans personnalité. En 2005, une expertise scientifique10 révèle que la vigne, représentant 3 % de la surface agricole française, reçoit 20 % des produits phytosanitaires du pays (données de 2000). En septembre 2013, l'association de consommateurs française Que Choisir dénonce le manque de transparence quant à la présence de résidus de pesticides dans les vins, une enquête ayant démontré que sur 92 bouteilles testées 100 % étaient contaminées, jusqu'à 33 molécules présentes dont certaines interdites en France. Moins de 10 % des vins ne contiendraient pas de pesticides. Par ailleurs elle met en avant qu'il n'existe pas de limite maximale de résidus dans le vin au contraire de l'eau par exemple.

Penedès : Vignes menées traditionnellement, interrangs labourés, novembre 2010.
Source : Soazig Darnay.


Depuis 2006 en France, un arrêté11 interministériel interdit de traiter les vignes en cas de forts vents ou pluies, et prend en compte le risque d'intoxication. C'est la même année que le statut de maladie professionnelle a été reconnu au cancer de Yannick Chenet, viticulteur en Charentes, l'usage des pesticides ayant été mis en cause. Un rapport de 2011 (Agrican : Agriculture et Cancer12) met en perspective les données, mais n'a pas eu le même impact médiatique.
Ces différentes publications, ainsi que les lois anti-alcool, ont terni l'image du vin que l'on veut vendre comme un aliment bon pour la santé, protégeant le cœur du cholestérol grâce aux polyphénols : le french paradox si célèbre à l'étranger.

Penedès : Vigne enherbée, au printemps, mai 2010.
Source : Soazig Darnay.


Au-delà des paysages fascinants pour leur stabilité et leur graphisme, les vignobles sont des étendues de monoculture parfois impressionnantes. Les plants ne sont pas arrachés avant au moins 20 ans, les variétés en place ne sont pas résistantes aux maladies fongiques comme le mildiou ou l'oïdium et nécessitent des traitements, dont le cuivre, qui s'accumule dans le sol. Depuis quelques années, des maladies inquiètent car on ne sait comment les soigner13, on craint des épidémies comparables au phylloxéra de la fin du XIXe siècle qui fit disparaître des vignobles entiers. L'industrialisation concerne également les pépinières qui diffusent des clones identiques par milliers. Face à ces alertes, la biodiversité semble une nécessité : protéger et encourager les auxiliaires, retrouver l'usage de variétés oubliées, autochtones, ou créer de nouvelles variétés de raisin, créer des espaces intermédiaires qui limitent la rapidité de propagation des maladies, encourager la vie du sol pour assurer la bonne santé des plantes... Au-delà de la réalité des pratiques culturales, la compétition des vins du nouveau monde pour un bon rapport qualité prix, l'évolution des usages des consommateurs obligent à trouver de meilleurs arguments. Le rapport à la nature et à la tradition est rappelé, exagéré parfois, pour émouvoir et proposer au visiteur, au touriste, une « expérience inoubliable », la biodiversité « patrimoniale » ayant, là, un rôle à jouer par la mise en avant d'espèces symboles animales ou végétales.

Vignoble de Bourgogne près de Beaune, février 2015.
Source : Soazig Darnay.


Des haies et du paysage

La viticulture ne doit pas pour autant être comprise comme une ennemie de la biodiversité, le rapport de 2008 de l'Inra rappelle que c'est la diversité, l'alternance des milieux et les pratiques culturales traditionnelles qui encouragent la présence de biodiversité. Le bocage est une typologie particulièrement riche, qui encourage la présence de végétaux de toutes tailles, de la vivace à l'arbre en passant par l'arbuste sur les espaces latéraux et les plantes annuelles en plein champ, la diversité des végétaux permettant d'abriter une diversité comparable d'insectes, d'oiseaux et de mammifères. La lutte contre la disparition de ce système écologique est ancienne, et a rencontré de nombreuses difficultés, dont celles de convaincre l'agriculteur qui est celui qui assure l'entretien de ces espaces. La biodiversité semble un argument motivant dans le cas d'une certaine viticulture, qui revendique le terroir et la qualité.

Extrait du guide technique de Limoux élaboré par Vitinnov, la chambre d'agriculture de l'Aude, le Syndicat du cru Limoux.
Source : biodivine.eu.


Reste quelques questions qui garantissent le succès de l'entreprise : dans le cadre des programmes de replantation, qui sélectionne les végétaux souvent subventionnés ? Y a-t-il des pépinières compétentes et impliquées qui sauront pourvoir en espèces locales, voire en clones locaux ? Planter des haies n'est pas un geste anodin visuellement. La sélection des végétaux mais aussi l'emplacement ou la densité linéaire peuvent modifier l'équilibre des scènes. Dans les actes du colloque « Paysages d'après pétrole » de 2014, le paysagiste et agriculteur Rémy Janin témoigne : « [...] On n'a pas souhaité mettre de haie du fait de sa qualité d'ouverture, à l'inverse des fonds de vallée beaucoup plus fermés. » Il mêle par là une réflexion culturelle à une échelle d'intervention souvent considérée comme fonctionnelle.
Lors du projet BioDivine, des plants ont été donnés aux caves participantes, avec un objectif en kilométrage de plantation. Voici la liste d'un groupe de plantes livrées en Catalogne, avec la consigne d'un plant disposé environ tous les 2 mètres.


Au premier regard, on peut lire une très grande diversité d'espèces et de formes, qui correspondent aux impératifs biologiques et météorologiques recherchés (résistance au climat méditerranéen, alternance de feuillages caducs et persistants, répartition saisonnière des floraisons pour encourager la présence de faune auxiliaire). Reste la question de l'aspect visuel : aucune haie traditionnelle ou naturelle ne présente une telle densité de diversité de formes et d'aspects. De plus, l'échantillon distribué à l'aveugle ne permettant pas de juger de la présence effective de l'ensemble de ces espèces sur la parcelle, est-ce judicieux ou non de les introduire ? Et comment les répartir ? Certaines plantes sont de petit développement, d'autres sont des arbres. Cet exemple laisse entrevoir la nécessité de penser les plantations dans leur ensemble, une action d'ampleur qui justifie l'élaboration d'un véritable projet de paysage, dans tous les sens du terme.
L'agroforesterie, qui mêle parfois arbres isolés ou alignés à la vigne, est une autre expression de cette réflexion, alliant agronomie rentable et biodiversité, qui permet deux échelles temporelles de production : agricole et forestière. Elle peut modifier en profondeur nos paysages agricoles. Le monde agricole évolue, les paysages se transforment : quel contrôle voudrons-nous exercer sur ces évolutions ? Quelle est la marge de manœuvre laissée dans le cadre du classement des paysages patrimoniaux et quelle part de mise en scène des espaces voulons-nous atteindre ? Dans les sites possédant des chartes paysagères qualifiant chaque paysage de façon détaillée, les typologies d'intervention sont présentées, illustrées par des catalogues de bonnes pratiques. Ces documents sont-ils rédigés ou révisés par les agriculteurs ?

Conclusion

Il a été prouvé que la beauté des paysages pouvait influencer notre perception du vin lors de la dégustation. De plus en plus, les communications des entreprises et des appellations insistent sur des éléments emblématiques d'un secteur, paysager ou naturel (on voit à présent des oiseaux ou des arbres remarquables dessinés sur les étiquettes des bouteilles). En utilisant ces éléments, les caves revendiquent des biens communs et se placent dans un contexte plus large que la simple exploitation. Pourtant, à travers la lecture de l'application du programme BioDiVine sur trois pays distincts, on remarque que l'interaction entre paysage culturel et paysage fonctionnel n'est pas systématique. L'échelle d'intervention technique agricole est liée directement à son cadre paysager culturel lorsque s'est engagée une volonté communautaire, souvent en réaction à un phénomène de mise en danger de la filière : un projet d'aménagement imposé (infrastructures, avancée urbaine, etc.), une mise en cause de la qualité de la production, des difficultés économiques... Dans la nécessité de mise en réseau et de réflexion commune, l'échelle de paysage culturel peut être utilisée, voire revendiquée. Le projet a été mis à profit en particulier dans les régions où la mise en réseau existait déjà.
Le programme BioDiVine s'intègre dans une démarche de l'IFV qui souhaite développer son programme de développement durable en créant le lien entre les échelles de paysage et les échelles de biodiversité, en amenant les exploitants à sortir du domaine privé pour aller vers le territoire commun. Le paysage et la biodiversité sont présentés comme des outils potentiels pour la gestion viticole et pour la promotion du produit final. La biodiversité fonctionnelle, qui s'intègre peu à peu dans les pratiques culturales, aborde le paysage comme une juxtaposition de systèmes et une échelle d'action supérieure à l'exploitation, dans laquelle peut s'élaborer une dynamique de groupe tendant vers une vision de territoire, et une réappropriation de l'espace. Il y a une autre biodiversité idéalisée, patrimoine, témoin de la richesse d'un site, garantie d'une certaine harmonie entre l'homme et son milieu. Le paysage s'y conçoit comme cadre de vie ou de loisirs. Là aussi les agriculteurs en sont les acteurs principaux mais ils n'y trouvent pas toujours leur place, n'ayant pas tous les outils pour utiliser la situation à leur profit. Trop souvent une frontière est marquée entre sciences agronomiques et éléments culturels ou territoriaux, séparant les échelles d'intervention. Ce projet a été l'occasion de rencontres entre des chercheurs scientifiques du monde viticole et des acteurs de la gestion territoriale, il a encouragé et formalisé des tendances existantes mais n'a pas su générer la dynamique là où les structures n'existaient pas encore.
On notera enfin l'importance qu'ont prise les descriptions des ensembles paysagers dans les rendus finaux du programme, accompagnés de conseils ou de bonnes pratiques comme pour réparer un mur de pierres sèches... au-delà de la simple question de la biodiversité et du comptage des arthropodes dans les pièges qui a mobilisé les techniciens les premières années.

Vidéo née du programme BioDiVine dans le Penedès, septembre 2014, initiative du groupe écologiste EDNatura.
Source : ednatura.com.

Mots-clés

Biodiversité, paysage, vignobles, programme européen, environnement
Biodiversity, landscape, vineyards, European programme, environment

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Auteur

Soazig Darnay

Paysagiste DPLG (ENSP Versailles), elle est installée en libérale depuis 2003 en Catalogne espagnole. Elle s'est inscrite en novembre 2014 en doctorat de géographie du tourisme à Paris 1 à Panthéon Sorbonne (EA EIREST 7337), elle y étudie les rapports entre espaces viticoles et métropole. Elle est experte référencée par la charte des paysages viticoles de Fontevraud, membre Icomos France, membre fondateur de l'association CepVi qui promeut les préoccupations liées au paysage dans le Penedès.
Courriel : soazigdarnay@yahoo.fr

Pour référencer cet article

Soazig Darnay
La biodiversité dans les paysages viticoles : exemple d'un projet européen mené en France et sur la péninsule ibérique
publié dans Projets de paysage le 22/01/2016

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/la_biodiversite_dans_les_paysages_viticoles_exemple_d_un_projet_europeen_mene_en_france_et_sur_la_peninsule_iberique

  1. La Rioja viticole est divisée entre les régions autonomes du Pays basque, de la Navarre et de la Rioja, ces limites se retrouvent autant dans les projets professionnels que dans les développements touristiques...
  2. Traduction : « Les stratégies d'innovation dans la viticulture et l'élaboration du vin compatibles avec la biodiversité ».
  3. Denominación de Origen : appellation d'origine.
  4. Nom désignant une maison traditionnelle catalane, chargé d'une connotation noble. Les plus authentiques se veulent de construction médiévale, associées à une exploitation agricole, et sont souvent implantées sur les fondations de villae romanae.
  5. Traduction : « Segura Viudas partage totalement la philosophie de BioDiVine en incorporant le respect et la conservation de la biodiversité dans l'élaboration en harmonie de ses vins et caves. [...] intégrer dans chaque bouteille les pratiques culturales traditionnelles agricoles, le paysage, la flore et la faune qui ont modelé notre histoire et qui finalement sont également responsables de l'excellence de nos produits. »
    http://www.seguraviudas.es/es/page_es/segura-viudas#biodiversidad.
  6. http://noticias.albetinoya.cat/2014/04/vamos-un-poco-mas-alla-proyecto.html.
  7. Traduction : «  [...] restaurer et construire avec les techniques de pierre sèche, ces terrasses qui configurent le paysage viticole des coteaux de Ordal dont on prétend qu'un jour elles pourraient être considérées comme un patrimoine de l'Unesco. »
  8. Entretien avec Ana Lavrador, auteure de Paisagem de Baco, Identidade, Mercado e Desenvolvimento à Regiões Demarcadas: Vinhos Verdes, Douro, Dão, Bairrada e Alentejo, Lisbonne, Edições Colibri, 2011.
  9. Le vin de Porto est une création anglaise, la plupart des caves comptent des investisseurs anglais.
  10. http://www.international.inra.fr/research/some_examples/pesticides_agriculture_and_the_environment.
  11. Arrêté interministériel du 12 septembre 2006.
  12. Consultable notamment sur le site de l'UMR 1086 INSERM-UCBN : http://cancerspreventions.fr/.
  13. Nous pensons par exemple à la cicadelle scaphoideus titanus, vectrice de la flavescence dorée.