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Des cultures temporaires face à la forêt classée

Exemples des paysages à l'ouest du Burkina Faso

Shifting cultivation in front of a « forêt classée »

Landscapes in western of Burkina Faso
18/07/2010

Résumé

Cette étude se propose d'analyser le rôle récent des espaces protégés sur l'évolution des paysages à l'ouest du Burkina Faso. L'analyse porte à la fois sur le changement du paysage-objet, mais aussi sur les représentations que ces espaces nouvellement protégés cristallisent. À partir d'une cartographie multidate et d'enquêtes menées sur une dizaine de terroirs villageois, situés à la périphérie d'une forêt classée (province du Tuy), nous tentons de comprendre comment ce découpage étatique est actuellement lu par les agriculteurs. Dans les champs, à travers l'observation de la terre, des jachères et des changements agricoles, nous mettons en évidence différentes pratiques et perceptions du paysage par les agriculteurs. Les modalités d'accès au foncier fortement liées au contexte local (position sociale de l'individu, saturation spatiale du terroir) semblent fortement influencer les pratiques et les représentations du paysage. Malgré les importantes mutations relevées, nous remarquons la permanence de formes et de comportements (habitat, culture temporaire, bois sacrés...) attestant de la forte dynamique locale de ces campagnes du pays Bwa.
These study analyze the role of protected areas on landscape evolution in western Burkina Faso. The analysis focuses on material change in landscape but also on representations due to those new protected areas. From aerial photography and investigations we try to understand how this area is observed by farmers. Different practices and perceptions of the landscape by farmers were identified with several examples (fallow, soil and agricultural change). Access to land is strongly linked to local context (social position of the individual and land pressure) and influenced practices and representations of landscape. Despite the significant changes we observed shapes and behaviors (housing, temporary crop, sacred woods ...) showing the importance of local dynamics in these Bwa area.

Texte

Les auteurs remercient Anne Fournier et Chantal Kabore-Zoungrana pour l'aide qu'ils ont apportée à la réalisation de cette étude menée dans le cadre du programme Corus 6075 « Gestion des activités d'élevage et des feux de végétation et conservation de la biodiversité au Burkina Faso ».

Introduction

Les savanes de l'ouest du Burkina Faso correspondent à la principale zone de production de coton de ce pays. Ce bassin agricole est depuis  longtemps considéré comme un espace avec un potentiel économique élevé (Schwartz, 1993). Dans les années 1970, l'arrivée des migrants venus du Nord, principalement d'origine Mossi, tout comme l'adoption de nouvelles techniques (culture attelée, intrants) ont transformé les systèmes de production (Tersiguel, 1995). La forte augmentation des surfaces cultivées au détriment des espaces de jachère est la principale résultante de cette intensification. En observant les paysages de la région, il est aisé de repérer les espaces où les jachères sont associées aux systèmes de production actuels. À l'inverse, dans d'autres lieux, la jachère semble avoir disparu, les surfaces sont cultivées de manière permanente. Si des outils nationaux abordent les problématiques agricoles (comme les programmes de développement rural) il en existe aussi qui se préoccupent de questions environnementales (biodiversité, érosion...) (Gray, 1999 ; Rossi, 2000). Dans ce cas, les explications agricoles ne peuvent permettre la compréhension des facteurs façonnant les paysages. Des zones de végétation dense, lues comme d'anciennes jachères sous l'angle agricole, sont en réalité des espaces dédiés à la nature. La lecture des paysages doit donc prendre en compte les espaces protégés. Ils se déclinent sous différents statuts dont les forêts classées1, dispositif au départ créé pour protéger le bois des forêts tropicales (Kiéma, 2007).

Dans cette optique, nous cherchons à comprendre les mécanismes cachés qui structurent les paysages observés (Tallet, 1998). Le pays Bwa apparaît comme un espace pertinent puisqu'il se caractérise à la fois par une persistance des pratiques de la culture temporaire mais aussi par l'insertion d'une aire protégée. Nous essayons de savoir comment les logiques locales (agricole, démographique) et nationales (protection de la nature) se combinent dans une petite région. En premier lieu, ce travail analyse la structuration de l'espace (saturation agricole, jachères disponibles...), puis il est complété par une analyse des observations, des remarques et des attitudes des agriculteurs relevées au cours des enquêtes menées dans les champs.
 

Contexte régional : quels enjeux spatiaux

Analyse spatiale : méthodes 

L'analyse spatiale a pour but de caractériser les formes avec l'idée de comprendre les mécanismes qui ont produit ces structures (Pumain, 2004). Cette démarche permet de dépasser les simples études des changements d'occupation du sol. Elle permet dans certaines conditions de comparer des terroirs dans une même région. Les statistiques dans ces zones rurales sont rares et peu adaptées pour des analyses à des échelles infrarégionales (Pélissier et Sautter, 1970 ; Bassett et al., 2007). Pour cette étude nous choisissons d'analyser l'évolution de l'occupation du sol dans une petite région (30 000 ha) qui comprend dix villages en périphérie de la forêt classée du Tui. Cette étape se base sur une photo-interprétation de la région à différentes dates : 1952, 1981 et 2007 (figure 1). Du fait de la qualité des photos et des saisons différentes de prises de vue, nous nous limitons essentiellement à la digitalisation des champs et des jeunes jachères. Ces photographies aériennes sont analysées avec l'appui d'un modèle numérique de terrain et de la population totale par village à différentes dates (INSD, 1975, 1986, 1996, 2006).

Figure 1



Figure 2.


 


Un espace où la mobilité des cultures devient difficile

La population totale et la surface agricole ont augmenté linéairement (figure 2) depuis les premiers recensements démographiques (INSD, 1975). Ce mouvement souvent décrit à l'échelle régionale est ici observable mais il présente une particularité. Les surfaces cultivées, malgré leur forte augmentation, ont été concentrées sur un espace villageois restreint. La forêt classée n'a pas toujours été protégée comme aujourd'hui, elle était cultivée sur certaines portions en 1981 (figure 2). Ce double mouvement (augmentation/transfert) entre forêt et cultures se lit notamment par l'évolution de l'occupation du sol et la localisation des surfaces cultivées depuis 1950. Les dynamiques spatiales dans cette petite région ne sont donc pas linéaires, les relations entre le domaine villageois et l'espace protégé n'ont pas toujours été de même nature.

Dynamiques locales et contexte régional

Nous voyons, à travers l'étude diachronique, que les systèmes agricoles ont connu en cinquante ans de véritables bouleversements et des relations variées vis-à-vis de l'espace étatique (forêt classée). La bibliographie (scientifique, récits...) permet d'appréhender l'évolution des paysages du pays Bwa par des entrées disciplinaires variées et souvent ponctuelles : anthropologie, agronomie, biologie... Face à ces descriptions du monde rural, les forêts classées apparaissent rarement et leur historique semble essentiellement présent dans les textes législatifs (Soudan français, Haute-Volta, Burkina Faso) (Kiéma, 2007). Nous tentons ici une analyse des formes spatiales locales en fonction des contextes décrits plus généralement.
Les premières sources photographiques correspondent aux années 1950, période coloniale où les forêts classées existent officiellement. Leur fonction est alors de protéger les espaces face à la savanisation (vision climatique de la végétation) et aux différents facteurs (feux, paysans) qui pourraient détruire le potentiel d'exploitation des bois tropicaux présents. L'agriculture quant à elle est principalement familiale, manuelle et pratiquée sur un champ collectif dans des campagnes peu peuplées (inf. à 15 hab/km²). La photo-interprétation montre une auréole de culture autour des noyaux villageois et quelques champs dispersés dans la brousse. Il faut d'ailleurs noter l'absence de démarcation qui pourrait signaler la forêt classée, elle est même cultivée sur quelques petites portions.
Dans les années 1980, les villages Bwa se sont développés avec l'accueil d'étrangers essentiellement Mossi mais aussi par la nucléarisation des cellules familiales. Les zones cultivées s'étendent du fait de l'augmentation de la force de travail et en lien avec les formes d'organisation des exploitations agricoles. Ce ne sont plus quelques grandes familles qui exploitent la terre mais une multitude de petites exploitations agricoles. La brousse régresse notamment dans les périphéries lointaines des terroirs. La terre est donnée aux étrangers sans contrepartie, la défriche d'un champ montre son appropriation lors de sa phase de culture. En 1984, la révolution sankariste nationalise les terres (réforme agraire) et proclame les « Trois Luttes » (contre la divagation des animaux, les feux de brousse et la coupe abusive de bois). Ce changement de fonctionnement est plus une attitude politique nationaliste, protection de l'espace national, qu'environnementale, protection de la nature. Dans ce contexte, quelques déguerpissements2 de cultures se font dans les forêts classées.

Depuis les années 1990, la région semble être saturée par les espaces cultivés notamment grâce à la généralisation de la culture attelée mais aussi par des phases successives de déguerpissement qui ont eu lieu jusque dans les années 2000. Le potentiel de jachère diminue, les cycles jachère/culture sont plus courts. Sous la contrainte spatiale mais aussi pour éviter la perte du droit d'usage du champ, les agriculteurs tendent à réduire les cultures temporaires. En effet, l'absence de travail sur la terre fait traditionnellement retomber le champ dans le domaine commun et peut donc être l'objet d'une demande d'un autre individu. L'agriculture basée sur la culture temporaire devient donc difficile. Cependant, de nouveaux mécanismes fonciers voient le jour, notamment à travers les droits d'usage accordés aux étrangers qui deviennent temporaires, contrairement aux premiers dons de terre. Ces changements montrent ainsi quelques adaptations du système foncier traditionnel dans les campagnes. Néanmoins, les modifications en partie induites par les objectifs environnementaux de l'État (le concept de développement durable localement illustré par la conservation des éléphants) confrontent le système coutumier à des nouvelles contraintes comme en témoigne la frontière entre l'espace agricole villageois et la forêt classée nationale.

Cette phase d'analyse spatiale permet donc de comprendre les enjeux spatiaux et comment les formes observées actuellement ont été produites. Nous voyons alors que la frontière entre zone agricole et forêt classée est récente. Cette « protection du naturel » s'est traduite par différentes phases de déguerpissement des cultures. L'analyse spatiale ne permet cependant pas de comprendre les enjeux actuels du point de vue des habitants. Cette première approche pourrait par exemple laisser croire à une opposition binaire entre le pouvoir local et le pouvoir administratif alors que cette dichotomie ne fait pas sens pour les habitants. La forêt classée est-elle une zone reconnue comme étrangère au terroir villageois ? Quels sont les changements perçus ? Est-ce que les changements des formes sont relevés par les habitants ?

Le paysage observé depuis les champs

Choix méthodologiques

Pour tenter de comprendre la lecture des formes par les habitants, nous nous reposons sur des enquêtes issues de deux missions d'un mois chacune (novembre 2008 et mai 2009). Les enquêtes présentées se basent sur des entretiens menés avec trente et un agriculteurs, avec l'aide d'un traducteur. Nos observations au sujet des espaces protégés combinées à l'analyse spatiale nous ont conduits à privilégier une entrée par l'activité agricole plutôt que par la protection de la nature. En effet, le caractère polémique des politiques environnementales permet rarement de comprendre les enjeux de fond. L'enquêté oscille souvent entre deux attitudes caricaturales face à l'enquêteur étranger pour parler de l'espace protégé : un « discours de rejet » (position de victime) ou un « discours d'adhésion » (position  politiquement correcte).

Une grille d'entretien relativement souple a permis de structurer les échanges autour de quatre axes : la situation socio-économique de l'exploitation familiale, l'espace de l'exploitation, les pratiques agricoles et enfin la vision du monde rural. Les questions portaient essentiellement sur les pratiques, la perception et leurs descriptions des éléments (terre, arbre, jachères...) dans le paysage. L'intérêt de l'enquête in situ, dans les champs (Le Caro, 2008), réside dans l'interaction de l'enquêté avec son environnement direct. Cette relation permettait par exemple de désigner du doigt des lieux, des objets (arbre, terre...) pour introduire des questions ouvertes de la part du chercheur ; ou bien pour l'enquêté, la possibilité de montrer, de se déplacer et ainsi « d'illustrer » sa parole. Cette variable est un avantage important dans le cas des enquêtes avec traducteur où les allers-retours entre versions françaises et étrangères sont parfois longs. Cette interactivité entre chercheur, enquêté et paysage rythmait l'entretien, limitant alors la lassitude parfois présente lors d'entretiens de longue durée (de 45 mn à 2 h 30). Dans la continuité, il était proposé (sans caractère d'obligation), à la fin de l'échange, de prendre la personne en photographie où elle le désirait, l'image lui étant transmise dans les mois suivants. La photographie prise sur l'appareil numérique n'a pas été analysée sur l'écran avec la personne ni par la suite (Duteil-Ogata, 2007 ; Marie, 2009). Le cliché n'est pas au centre de la démarche, c'est le moyen d'y parvenir qui nous intéresse (Conord, 2007). Le temps pour effectuer la prise de vue était une riche source d'indices car les individus posaient pour l'enquêteur mais aussi pour eux-mêmes (transmission des photographies après le développement). Le choix du lieu de la photographie s'est ainsi traduit par des déplacements « stratégiques », des poses se sont parfois avérées de véritables mises en scène. Une multitude d'indices préclichés ont alors été notés. Cette étape s'est révélée complémentaire de leurs observations, passant de ce qu'ils observent dans le paysage à ce qu'ils veulent en montrer (ou cacher) lors de la prise de vue (Michelin, 1998). Au final, trente photographies ont été réalisées, elles sont cadrées en format paysage à environ dix mètres du sujet. Ce cadre et cette distance permettent alors d'obtenir des clichés équilibrés (ils laissent place au sujet et à son environnement en tentant de ne pas privilégier une de ces deux dimensions) afin de pouvoir questionner le paysage - objet (regard extérieur) et paysage-sujet (regard local).

Pour traiter les discours des enquêtés, nous avons utilisé une analyse statistique multivariée sur des variables qualitatives (analyse des correspondances multiples) et une analyse qualitative pour les photographies. L'analyse quantitative exhaustive des discours (Germaine, 2009) tout comme l'utilisation d'approche compréhensive suivie d'analyse qualitative des discours (Marie, 2009) ne sont pas apparues envisageables en raison des biais induits par la traduction. Ces approches mettent l'accent sur les mots ce qui n'est pas ici possible, les mots sont autant ceux de l'enquêté que ceux du traducteur. Nous avons donc choisi de recoder les questions ouvertes abordant la description du paysage afin de donner la priorité au sens global des phrases. Nous étudions ici trois questions et l'association des modalités de réponses.
  • Question n° 1 (Q 1) : Quelle est votre terre préférée ?... Pourquoi ?
  • Question n° 2 (Q 2) : D'après vous, pourquoi « ici » (montrer du doigt, regard vers) les jachères sont rares (nombreuses) alors que dans d'autres villages elles sont nombreuses (rares) ?
  • Question n° 3 (Q 3) : D'après vous, qu'est-ce qui a le plus changé dans votre activité depuis votre enfance ?
La première question (Q 1) est un « prétexte » pour comprendre comment les enquêtés décrivent les terres, plus que l'objet, ce sont les qualités et les références mentionnées qui ont focalisé notre attention (Caillault et Marie, 2009). Ces questions ouvertes se sont avérées aisées à coder puisque les réponses étaient enthousiastes et souvent précises. La terre est ainsi décrite par différents qualificatifs qui concernent ses qualités intrinsèques (profond, collant...), sa facilité de travail (dynamique des adventices, sols « légers »), son rendement ou bien par son âge (« vieilles  terres »). Dans les descriptions, nous voyons les limites de la définition du mot terre car il est souvent lié à un lieu, à un champ ou au comportement mécanique de la terre sous l'effet du travail avec la daba3 ou la charrue (Blanc Pamard et Milleville, 1985 ; Fairhead et Leach, 1996).

Après la description des éléments et de la terre par l'agriculteur, nous posions la question de la jachère (Q 2) en se référent à un scénario virtuel opposé à celui qui nous apparaissait localement. Par exemple, dans des espaces fortement agricoles, nous faisions référence à des terroirs où la jachère était encore présente et demandions alors ce qui, pour cette personne, pouvait expliquer la différence avec le paysage de son champ. Les réponses se résument alors à deux attitudes, celles invoquant des différences de pratiques (itinérance, réserve de terres...) et les autres plus malthusiennes abordant le rapport surface disponible/poids démographique. Pour ces dernières réponses, nous dissocions les personnes qui jugent la forêt classée responsable de la saturation agricole, de ceux qui abordent le rapport population/espace sans mentionner l'espace protégé.

Les changements depuis l'enfance (Q 3) se regroupent autour de trois pôles. Le premier est le passage de l'agriculture manuelle à la culture attelée (adoption des bœufs de trait vers 1984). L'arrivée de techniques (les herbicides et le matériel agricole) constitue le second pole : celui de la modernisation. Enfin, des changements sur les saisons sont cités : pluies plus tardives, plus concentrées et irrégulières.

Des comportements contrastés

Figure 3.

 
L'ACM (figure 3) permet de représenter un ensemble de variables qualitatives sur un plan. La proximité entre les modalités révèle alors les combinaisons de ces variables. Pour cette étude nous cherchons à comprendre, sur la base des trois questions, s'il existe des « discours types ». Le plan factoriel montre des associations et des oppositions fortes sur le premier axe. Les références aux changements agricoles s'opposent entre ceux qui abordent la culture attelée et ceux qui parlent des outils de l'agriculture industrielle. Sur cette dichotomie (notée « traditionnel/moderne ») se greffe une différence de description des terres et d'explication au sujet de la saturation de l'espace. Nous pouvons ainsi noter les liaisons fortes entre la description des sols pour sa structure (T_meca), les références à la culture attelée et l'absence d'observation se référant à la saturation spatiale pour les « traditionnels ». À l'inverse, les références à l'âge du sol et le poids démographique sont mentionnés chez les « modernes ». Cette opposition trouve quelques explications d'ordre générationnel. En effet,  les anciens se référaient plutôt à la culture attelée alors que les jeunes abordaient plus facilement les techniques modernes, comme l'utilisation des intrants. Cependant, des nuances doivent être apportées car, si depuis quinze ans l'accès aux terres est devenu plus difficile, il existe des écarts d'accès aux terres. L'accès à une des rares jachères (par droits d'usage) est impossible pour les nouveaux arrivants. L'absence de relations avec des autochtones dans les domaines villageois saturés ne leur permet pas d'obtenir un prêt de terre. À l'inverse, certaines personnes installées depuis longtemps et en lien avec la famille du chef de terre (personne représentant l'autorité locale, en charge de la répartition des terres du domaine villageois) peuvent parfois obtenir un champ malgré l'apparente saturation du terroir villageois. Cet accès inégal a des conséquences différentes selon les objectifs et la situation de l'exploitant.

Discussion

L'accès local au foncier et ses conséquences

Pour les exploitants détenant des jachères (« les traditionnels »), la culture temporaire est souvent pratiquée et permet de conserver des rendements satisfaisants. Dès que le « champ fatigue » ils en changent. Cette logique se lit dans la partie gauche du plan factoriel. Cette partie concerne les individus qui ne semblent pas intéressés par l'âge de la terre ni par une adhésion à un mouvement de modernisation. Plus que la contrainte d'âge de la terre, ce sont ses qualités et sa facilité de travail qui sont mentionnées. La perception de la répartition inégale des jachères ne fait pas référence à des hypothèses malthusiennes contrairement à celle d'autres individus qui ne peuvent obtenir de nouvelles jachères. Dans ce cas, les contraintes sont différentes et leur manière de voir les éléments aussi. Ces exploitations (appelées ici les « modernes ») ne pratiquent pas la culture temporaire. Lorsque le rendement du champ diminue, la solution ne peut se trouver dans l'abandon du champ pour une nouvelle jachère. Pour ces exploitations, les contraintes foncières se répercutent avec un vieillissement des champs et une diminution des rendements. Sans mobilité possible, les enjeux sont alors de conserver le champ et de maintenir la fertilité de la terre (Gray, 2003). L'utilisation des intrants est alors fréquente. Dans cette visée, la terre vieillit, ses propriétés semblent quelques peu oubliées (droite du plan factoriel) et les solutions sont donc en partie apportées par la modernisation (fumier, herbicides). Pour résumer, deux comportements types se dessinent à ce stade. Les « traditionnels » qui avec un accès au foncier peuvent avoir une pratique relativement extensive, ils pratiquent alors la culture temporaire et sont attachés au type de terre. De l'autre coté, les « modernes » qui se préoccupent plus des rendements et des intrants, ils n'ont généralement pas d'accès aux terres et sont donc avec des champs permanents.

Si le rapport entre les modalités liées au changement agricole et celles concernant la terre et la vision des jachères semble compréhensible, d'autres modalités sont plus difficiles à cerner. La lecture de l'axe séparant les « traditionnels » des « modernes» ne permet pas de comprendre la place de la forêt classée dans les discours. Il semble donc difficile de dresser des représentations types de la forêt classée pour ces agriculteurs, malgré un schéma structurant visiblement pertinent. Si les variables et leur localisation sur le plan factoriel montrent une cohérence globale, les individus ne sont pas groupés (dispersion des individus sur le plan factoriel) sous des appellations « traditionnel/moderne », qui apparaissent assez réductrices à l'échelle individuelle. Dans une dernière partie, nous tenterons alors de dépasser les limites de cette analyse mais aussi de poser quelques hypothèses avec l'appui des photographies prises dans les champs (figure 4). Quatre clichés sont choisis pour alimenter la discussion et pour illustrer l'intérêt de cette démarche.

Les comportements types face à la forêt classée

Figure 4.



Ce n'est pas le désintérêt des enquêtés qui peut expliquer l'absence de liaison entre comportements types et visions de la forêt classée sur le plan factoriel de l'ACM. En effet, plus de 75 % des personnes ont abordé le sujet sans qu'il ne le soit par l'enquêteur. Leur initiative d'aborder cet espace protégé se faisait souvent par la phrase « la forêt nous a tout pris ». Cependant cette citation est utilisée pour des motivations diverses que l'on peut partiellement comprendre avec la dichotomie « traditionnels/modernes ». Pour les personnes faisant référence à la culture temporaire, la forêt classée apparaît comme une défriche « idéale » pour tourner et/ou s'agrandir, tandis que pour les autres cet espace est davantage vu comme une barrière qui empêche l'extension du domaine agricole villageois. Les motivations d'extension ne sont pas apparues comme essentielles dans les discours des personnes. Les quelques aspirations d'extension relevées semblent correspondre aux cycles de vie des exploitations agricoles familiales. Celles-ci passent par plusieurs stades avec de petites surfaces à l'installation qui progressent petit à petit (arrivée des enfants, possibilité d'avoir des moyens : bœufs, outils, charrette) pour ensuite diminuer avec le vieillissement du chef d'exploitation. La reprise est ensuite faite par les enfants en conservant l'unité d'exploitation familiale ou bien en divisant les terres en fonction des enfants. Le jeune chef d'exploitation (fig. 4, A1) qui cultive depuis environ huit années illustre les premiers stades d'une exploitation agricole familiale désirant s'étendre avec le souci d'augmenter la productivité par les outils modernes. Cette attitude se retrouve dans la prise de vue. Il a en effet voulu poser près de sa fosse à fumier à quelques pas des lieux de l'entretien (case de champ située au fond à droite sur la photo). La fosse en parpaing, nouvellement construite, est ici un facteur de fierté attestant de la dynamique d'intensification de ces campagnes.

Nuancer les « comportements types »

En dehors de ces aspects agricoles, quelques paramètres de cette étude méritent une attention particulière. Faire des enquêtes localisées dans des contextes fonciers particuliers (terroir plus ou moins saturé, proche des aires protégées) permet de comprendre la diversité des contraintes/potentialités des agriculteurs. Si le schéma « moderne/ traditionnel » est une ligne de lecture intéressante, elle ne doit pas avoir une visée déterministe où ceux qui ont des accès par la famille au foncier pratiqueraient toujours la culture temporaire, alors que les « modernes », en culture permanente, seraient les exploitants sans accès au foncier.
Traditionnellement, les droits d'usage sont distribués à toutes personnes ayant besoin de la terre pour nourrir sa famille. La terre n'est pas un bien mercantile. Pour l'enquêté (figure 4, A2), cette logique apparaît clairement, il fait partie de la famille détentrice de droits d'usage et ne semble pas préoccupé par la raréfaction des terres disponibles. Il pratique d'ailleurs la culture itinérante comme l'atteste en partie la forte densité de jeunes karités dans son champ. Cette personne se retrouve dans le comportement décrit comme « traditionnel ». À l'inverse, l'enquêté A4, avec une situation similaire (accès familial aux droits d'usage), dans un autre village, semble préoccupé par la raréfaction des terres. (« Nous sommes serrés. ») De retour de Côte d'Ivoire, il accuse les étrangers venus du Nord de prendre les terres de son village natal. Cette préoccupation de préservation des terres se retrouve alors sur le cliché. Ce dernier affirme sa modernité et sa capacité à innover avec le souhait d'une pose dans un champ où il bénéficie de l'appui des services agricoles pour cultiver le jatropha. La culture de cet oléagineux n'est pas que le reflet d'une modernité pratique, elle est aussi un signe fort d'appropriation de l'espace. La tradition foncière n'autorise généralement pas la plantation de ligneux, elle a ici évolué. Cette évolution, seulement accessible pour les autochtones, permet à ces derniers d'affirmer leurs droits et la légitimité de la gestion foncière coutumière dans un contexte de raréfaction de la terre et de règles foncières parfois conflictuelles (Sanou, 2000 ; Drabo et al., 2003). Cette photographie illustre alors un des mécanismes autochtones où une pratique permet de s'approprier un champ mais aussi de marquer la différence avec les jeunes exploitants allochtones en demande de terres. Le cliché témoigne ainsi d'un mode d'appropriation des terres singulier, la motivation est la conservation de la terre pour lui et ses enfants (son fils à gauche du cliché) face aux nombreuses demandes étrangères. L'enquêté A4, malgré un accès au foncier, n'appartient pas au comportement « traditionnel ».

Réaliser les enquêtes en plein champ a permis d'aborder le contexte foncier local mais aussi l'importance de la proximité spatiale entre le champ et l'espace protégé. Lorsque la forêt était à notre portée, beaucoup de personnes la montraient du doigt ou bien l'ignoraient volontairement. Certains exploitants discutaient des lieux cultivés dans cette zone et parfois de leur souhait de retourner cultiver à l'intérieur. Cette motivation du retour était envisagée sous différents angles. Alors que certains s'appuyaient sur la légitimité de l'espace villageois traditionnel ou sur la nécessité d'avoir de la terre pour se nourrir, d'autres semblaient prêts à payer la terre pour cultiver. Nous pouvons ainsi comprendre quelles sont les problèmes posées par cet espace nouvellement protégé. Il peut contraindre les agriculteurs dans leurs pratiques (intensification) mais aussi dans leur référence à la terre, car cette dernière n'est traditionnellement pas un bien mercantile (animisme). Lors de l'entretien (figure 4, A3), l'agriculteur a montré à plusieurs reprises la forêt classée pendant l'échange. Dans son village, où une grande partie des cultures a été déguerpie, l'espace agricole villageois est confiné entre le terroir du village voisin et le domaine classé. Malgré sa position familiale (il fait partie d'une famille détenant des droits d'usage), cet agriculteur est prêt à payer la terre pour cultiver. Il ne faut pourtant pas interpréter cet argument comme une motivation personnelle d'extension ou une envie de « moderniser » les conditions d'accès à la terre4 comme pour l'enquêté A4. La prise de la photographie dans le champ a ici permis d'approfondir  l'analyse de l'enquête. Alors que l'entretien se déroulait le long de la forêt classée, l'agriculteur a préféré se déplacer près du bois sacré familial pour se faire photographier. Ce déplacement « stratégique » et la volonté de montrer le bois sacré témoignent ainsi de son attachement aux modes de transmission familiaux hérités malgré les bouleversements induits par la forêt classée. Au final, les poses localisées de ces trois exploitants autochtones (A1, A3, A4) ont permis de détailler des positions individuelles, que ce soit par la vérification de comportement « traditionnel », par des aspirations à la modernité (A4) ou bien par les difficultés posées par la récente protection (A3).

Conclusion

Dans cet article, nous avons dressé un état de l'occupation du sol en se basant sur les principes de l'analyse spatiale pour comprendre les évolutions des surfaces cultivées depuis 1952 (proportions, formes). À partir de ce travail et en lien avec les dynamiques agricoles connues, nous avons cherché à comprendre comment les habitants « lisaient » ces changements dans le paysage. Leurs lectures ont été appréhendées à travers leurs observations, leurs pratiques mais aussi à travers ce qu'ils voulaient nous montrer (photographies dans « leur » champ). Si l'analyse spatiale menée nous a permis de montrer certaines orientations fortes (réduction et fragmentation des jachères), les enjeux de la saturation spatiale n'affectent pas les agriculteurs de la même manière. À  partir de la description de « leur paysage » (terre, jachère, changement depuis l'enfance), la « persistance de la culture temporaire » (Serpantié, 2003) a été mise en opposition avec des comportements « modernes » (personnes préoccupées par l'amélioration des rendements). Cette dichotomie des pratiques semble aussi se traduire dans les qualifications et les attentions apportées au sol. Les représentations de la forêt classée n'ont pu être définies directement, en revanche des hypothèses ont pu être proposées. Si la « forêt a tout pris », elle ne l'a pas fait de manière uniforme suivant les individus et les contextes (spatiaux et sociaux) dans lesquels ils s'insèrent. Enfin, les photographies paysage-exploitant, expérimentales à ce stade, ont permis de nuancer ces premières analyses. Les prises de vue obtenues apparaissent ainsi comme un outil d'analyse intéressant pour articuler paysage objet/paysage sujet puisqu'elles associent en une image les formes paysagères à des pratiques et à des motivations diverses (pose, déplacement...) (Luginbühl, 1989). Une diversité de comportements en recomposition (génération, modernisation...) semble ainsi produire des formes relativement simples à l'échelle de cette « petite région ». Malgré des mutations et des enjeux spatiaux importants, l'étude montre l'importance des héritages (Jacob, 2006), à la fois dans les pratiques (exploitation agricole familiale, culture temporaire, et cérémonies animistes), mais aussi dans les paysages de ces campagnes (bois sacrés, habitats groupés).

Mots-clés

Analyse spatiale, paysage, pratiques, protection de la nature
Spatial analysis, landscape, practice, conservation

Bibliographie

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Auteur

Sébastien Caillault, Daniel Delahaye, Aziz Ballouche

Sébastien Caillault
Géographe, doctorant, université de Caen Basse-Normandie, laboratoire Geophen, UMR LETG 6554 CNRS;
Courriel : sebastien.caillault@unicaen.fr

Daniel Delahaye
Géographe, maître de conférences, université de Caen Basse-Normandie, laboratoire Geophen, UMR LETG 6554 CNRS
Courriel : daniel.delahaye@unicaen.fr

Aziz Ballouche
Géographe, professeur, université d'Angers, Laboratoire d'études environnementales des systèmes anthropisés
Courriel : aziz.ballouche@univ-angers.fr

Pour référencer cet article

Sébastien Caillault, Daniel Delahaye, Aziz Ballouche
Des cultures temporaires face à la forêt classée
publié dans Projets de paysage le 18/07/2010

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/des_cultures_temporaires_face_a_la_foret_classee

  1. Forêts du domaine public (ministère de l'Environnement et du Cadre de vie du Burkina Faso).
  2. Définition (Petit Robert) : « Abandon volontaire ou forcé d'une propriété, d'un héritage. » Dans le cas présent, il s'agit de départs forcés sous la menace de destruction des champs dans le périmètre classé.
  3. Outil aratoire utilisé pour faire les billons, désherber...
  4. Certaines administrations souhaitent en effet « moderniser » le foncier par l'individualisation des parcelles et l'introduction de la propriété privée (Bassett, 2002).