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De l'arbre au paysage d'arbres

Une proposition de sensibilisation des enfants à partir d'albums de jeunesse

From the Tree to the Wooded Landscape

Proposed Awareness Building for Children Using Albums
30/06/2017

Résumé

Ce texte consiste essentiellement en une proposition pour sensibiliser les enfants à l'arbre et aux paysages d'arbres à partir de la littérature de jeunesse. Un parcours de lecture de trois albums de fiction réaliste est envisagé. Le premier immerge d'abord les jeunes lecteurs (6 à 10 ans environ) dans l'arbre, milieu de vie rassurant. Puis dans la seconde œuvre, l'arbre constitue un appel et un élan vers les hauteurs. L'arbre et les paysages d'arbres deviennent alors objets d'intérêts esthétique et scientifique. Dans le troisième album, les lecteurs découvrent un paysage arboré dans lequel les arbres ont diverses fonctions, imbriqués dans des systèmes socioéconomiques et des problématiques sociales fortes. Dans ce parcours de lecture, les paysages d'arbres transparaissent notamment à travers les sens et les actions des individus. Les principales entrées contemporaines dans le paysage (écologique, sensible, esthétique et sociopolitique) peuvent ainsi être introduites auprès des enfants
This article presents a project for building the awareness among children for tree landscapes based on children's books. A reading programme including three realistic fiction albums is considered. The first album immerses the young readers (aged 6 to 10 approximately) in the world of trees, a reassuring living environment. In the second book, the tree represents an invitation to climb upwards thus making tree landscapes objects of aesthetic and scientific interest. In the third album, the readers discover a landscape in which trees have different functions interrelated with important socio-economic systems and social problems. In the reading programme, tree landscapes appear through the meanings and actions of individuals. The main contemporary points of entry into the landscape (ecological, sensitive, aesthetic and socio-political) can thus be introduced to children.

Texte

Ce texte consiste essentiellement en une proposition pour sensibiliser les enfants à l'arbre et aux paysages d'arbres à partir de la littérature de jeunesse. Un parcours de lecture d'albums de fiction est envisagé pour aider les enfants (6 à 10 ans environ) à se familiariser avec l'arbre et le regard paysager et, ce faisant, pour les introduire dans des paysages d'arbres. Il s'agit plus précisément de proposer une lecture structurée et éclairée d'œuvres de jeunesse pouvant directement intéresser des adultes intervenant auprès d'enfants (des enseignants, des animateurs, des parents, etc.). Cette démarche (Cavaillé, 2016a, 2016b) est ici principalement spéculative et elle a pour premier objectif d'élaborer et de motiver des activités de lecture à partir de travaux académiques ; elle se situe de fait en amont d'une mise en œuvre concrète avec les enfants1.
Un corpus de trois albums a été choisi en fonction de la qualité des illustrations et de la place qu'y occupent à la fois l'arbre et les paysages d'arbres. Le premier album, La Famille Souris dîne au clair de lune (1989), immerge d'abord le jeune lecteur dans un arbre et une forêt dense, habités par un petit peuple d'animaux, puis rapidement le hisse sur une plateforme qui constitue un extraordinaire point de vue vers de nouveaux paysages. La seconde lecture, L'Homme qui dessinait des arbres (2013), invite à l'appréhension, cette fois via le dessin et une machine volante, de l'exubérance et de la diversité des arbres dans une forêt exotique. Maintenant installés dans une posture d'observateurs, les enfants sont en mesure de mieux comprendre des problématiques sociales liées aux paysages arborés telles qu'elles se présentent dans Mama Miti la mère des arbres (2013).

Des arbres dans les œuvres de jeunesse

L'utilisation de la littérature de jeunesse de fiction est désormais fréquente et encouragée comme support d'apprentissages dans différentes disciplines et activités auprès des enfants, en particulier dans des projets interdisciplinaires, dans des cadres scolaires2 ou extrascolaires. La littérature de jeunesse peut être définie comme telle lorsqu'il s'agit d'œuvres préférentiellement destinées aux enfants et qui peuvent faire l'objet d'une lecture littéraire c'est-à-dire d'un intérêt approfondi pour le récit, le texte et/ou les illustrations (Tauveron, 2002). Ces œuvres sont de nature fort variée : romans, albums (avec ou sans texte), théâtre, poésie, bandes dessinées, « livres objets » (tels que les pop-ups). Elles sont également diversifiées des points de vue de la structuration du récit, de la nature des illustrations ou encore du format, voire des matériaux. Les albums, c'est-à-dire les ouvrages dans lesquels les illustrations sont prégnantes, qui parfois ne comportent pas du tout de texte, sont très utilisés (voir par exemple Meunier, 2016 ; Considère et Leduc, 2012), y compris, mais non exclusivement, auprès des plus petits. Les illustrations et plus précisément la combinaison des illustrations entre elles, entre les illustrations et le texte (Van der Linden, 2008), favorisent en effet l'apprentissage de la problématisation, de l'interprétation et de l'échange verbalisé de connaissances. L'album s'avère particulièrement pertinent pour travailler sur certaines thématiques qui sollicitent principalement, du moins dans un premier temps, la vue, la « lecture », telles que le paysage.
L'apport du travail sur la littérature de jeunesse est de divers ordres. Il offre des objets et des situations d'apprentissage qu'il est parfois difficile de réunir autrement dans le cadre scolaire ou domestique. Les activités de lecture peuvent être conçues comme une sensibilisation préparatoire à d'autres modes d'apprentissage, plus scolaires ou bien plus ludiques, ou plus concrètes, en extérieur, etc. Surtout, le travail sur la fiction suscite et soutient l'intérêt des enfants. Il aiguise leur sensibilité, éveille des émotions, met en place des valeurs et des sentiments (Cavaillé, 2016). Les activités qui accompagnent ou qui prolongent la lecture (par exemple les dessins, les jeux, les réécritures, les mises en scène du récit, etc.) permettent d'approfondir et d'ancrer les apprentissages issus du travail sur les œuvres3.
La problématique de fond est alors ici d'élucider l'apport particulier de la littérature de fiction. Quel est l'intérêt d'un travail de lecture pour la découverte de l'arbre et des paysages ? Quelles conceptions et approches de l'arbre et du paysage extraire des œuvres ? Sur quels fondements d'ordre théorique baser cette initiation en direction des enfants ? Comment cette sensibilisation par des œuvres de fiction s'inscrit-elle dans des expériences d'apprentissage du paysage (Partoune, 2004 ; Considère et Leduc, 2012) - et peut-être plus largement dans des « paradigmes » paysagers contemporains (Besse, 2009) ?
Les arbres sont très présents dans les œuvres destinées à la jeunesse. Aux jeunes et très jeunes lecteurs sont adressés de très nombreux documentaires. Concernant les fictions, le motif de l'arbre est prégnant dans des romans (par exemple Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, 2006, 2007), des bandes dessinées (par exemple L'Arbre de Jabadao du Prince Lao de Philippe Gauckler, 2007) ou encore des « livres d'art » (par exemple La Vie nocturne des arbres de trois artistes indiens, Bhajju Shyam, Durga Bai et Ram Singh Urveti, 2013). Concernant les albums, des auteurs-illustrateurs semblent s'être particulièrement intéressés à l'arbre. Claude Ponti, en particulier, les transforme notamment en d'extraordinaires maisons dans plusieurs de ses titres (Ma vallée, 1998, L'Affreux Moche Salétouflaire et les Ouloums-Pims, 2015 et L'Arbre sans fin, 1992). Les arbres sont également très présents au cinéma (on peut rappeler, bien que ne s'adressant pas seulement aux enfants, la remarquable marche des Ents dans l'adaptation du Seigneur des anneaux par Peter Jackson ou le succès d'Avatar de James Cameron). Dans ces différentes œuvres, l'arbre est toutefois mis en évidence davantage pour lui-même ou à travers la forêt que dans la perspective d'un paysage. Parmi tous ces « mondes possibles » de l'arbre, ont été retenus ici des albums dans lesquels les paysages d'arbres sont effectivement traités et qui se distinguent en outre en tant que « fiction réaliste » c'est-à-dire par leur rapport au réel, aux « lois du monde réel » (Bruguière et Triquet, 2014, p. 8). Les effets de réalisme concernent notamment la spatialité (les effets de perspective, de distance, d'échelle, etc.) et des problématiques sociales particulièrement pertinentes.

Dans l'arbre, vers le paysage

Le parcours de lecture démarre avec l'album La Famille Souris dîne au clair de lune de l'auteur-illustrateur japonais Kazuo Iwamura. La famille Souris, qui vit dans une cavité très bien aménagée du tronc d'un grand chêne, a décidé de dîner au clair de lune. Tout au long de la première moitié de l'album, on assiste ainsi à la construction par les enfants de la plateforme tout en haut de l'arbre. Durant la seconde partie de l'album, la famille profite de la vue du haut de l'arbre ; installée sur la plateforme, elle observe la lune et, il faut l'imaginer, « par ici [...] la ville ! Et par là [...] les prés »4 (cf. figure 1). Cet album contient très peu de texte mais de grandes illustrations qui occupent systématiquement la double page avec une densité, voire même une saturation de la page et de l'image en couleurs et en détails réalistes.

Figure 1. Depuis les hauteurs de son « Arbre-Maison » rassurant, la famille Souris accède à des paysages et des espaces méconnus. Source : Iwamura, K., La Famille Souris dîne au clair de lune, Paris, L'École des Loisirs, 1989.

Le lecteur découvre une famille très active qui utilise les différentes ressources de l'arbre et de la forêt (elle se nourrit visiblement à partir des nombreuses cueillettes dans la forêt). L'arbre apparaît dans sa consistance à travers l'écorce, les branches, le feuillage, ses fruits et surtout son volume, sa dimension, la verticalité, la hauteur puis la plongée. Des doubles pages présentent la montée progressive vers les sommités avec des effets de perspective très prononcés. Ce premier album permet surtout de découvrir que l'arbre est un milieu de vie. Il est habité par la famille Souris mais également parcouru, au fil des pages et des branches, par une diversité d'animaux - tous également dessinés de manière réaliste. Cette lecture introduit ainsi auprès des enfants les notions de milieu, à la fois pour la faune et la flore, de système biologique et de biodiversité associées à l'arbre.
La présence de ces « petits peuples » d'animaux provoque un effet de miniaturisation et facilite une immersion dans l'arbre. Celui-ci apparaît alors à travers une ambiance c'est-à-dire à travers les sens, essentiellement la perception des couleurs, des formes et des proportions mais aussi, d'une certaine manière, à travers le toucher, voire quelques sonorités. Les déplacements des petits personnages à l'intérieur de la frondaison et la dominante monochrome des couleurs (des tonalités homogènes de marron et de verts notamment) font entrer le lecteur dans la matière et la densité végétales. Cette ambiance et cette matérialité sont d'autant plus perceptibles qu'un processus d'identification peut s'établir assez aisément entre les jeunes lecteurs et la fratrie des souris.
L'« Arbre-Maison » offre visiblement à la famille Souris un refuge rassurant (Meunier, 2012 ; Joole, 2010). On retrouve bien sûr l'idée - très présente dans la littérature générale et pour enfants - que la solidité et l'ancienneté des arbres en font des entités de stabilité et de confiance (Montandon, 2003 ; Pierron, 2012). Mais on insistera plutôt sur le fait que ce lieu sécurisant offre à la famille la possibilité de partir en expédition pour découvrir et utiliser le reste du territoire. Loin de n'être qu'un nid protecteur, l'arbre est un appel et un élan à découvrir un au-delà. Les hauteurs de l'arbre constituent l'opportunité de voir plus loin et autrement. Étant donné leur taille et leur milieu de vie très dense, les enfants souris manquent de perspective, de vue générale sur leur milieu de vie. L'arbre-belvédère engage ainsi à découvrir d'autres lieux, à dépasser peut-être un certain enfermement de la forêt et à envisager de vivre d'autres aventures. Les hauteurs de l'arbre représentent donc un nouvel espace et laissent entrevoir d'autres espaces. Il faudrait peut-être par ailleurs souligner le caractère spirituel de la montée vers les sommités de l'arbre pour y remercier l'astre lunaire.

L'arbre-paysage

Dans une seconde étape est proposé L'Homme qui dessinait des arbres. C'est désormais l'expérience d'un humain qui est présentée, celle d'une personnalité réelle, Francis Hallé5. Comme chaque matin, Monsieur Francis quitte sa maison qui se trouve dans un immense jardin botanique pour dessiner des arbres. Manifestement, il connaît bien ces arbres de variétés exotiques et cherche à les dessiner le mieux possible. Pour cela il utilise différents moyens et il souhaite en particulier gagner les hauteurs à partir d'une montgolfière (qui renvoie assez explicitement au radeau des cimes de Francis Hallé à cf. figure 2). Celle-ci l'emmène très loin, au-dessus d'une forêt en proie au feu et à la dévastation. Toutefois, de manière assez magique, les arbres se régénèrent très rapidement.

Figure 2. Francis connaît bien les arbres exotiques. Il les dessine et les observe depuis sa montgolfière. Source : Mansot, F., L'Homme qui dessinait les arbres, Arles, Actes Sud Junior, 2013.

Cet album est riche à la fois par ses illustrations et le texte (notamment le vocabulaire) qui présentent une diversité d'arbres, de formes, de couleurs (de fait, beaucoup « d'arbres-fleurs » sont dessinés). Des noms d'arbres exotiques sont mentionnés et des fonctionnements d'arbres originaux sont évoqués (par exemple le figuier étrangleur). C'est également ici que l'arbre en forêt qui est donné à voir mais l'arbre est bien représenté en tant que tel, puisque apparaissent le tronc, le feuillage, les fleurs, l'écorce et ses textures. Les sens sont à nouveau évoqués, et cette fois très explicitement. On peut imaginer les odeurs (voire les sonorités qui les accompagnent) : « Que c'est agréable, de bon matin, de respirer le parfum enivrant et subtil des fleurs, des fruits et de la terre humide et chaude ! » (Mansot, 2013). Les contacts physiques sont directs avec l'arbre car Francis s'installe dans différentes positions sur les branches, le tronc, etc. L'exotisme (à travers notamment des couleurs, des tailles accentuées) exacerbe d'une certaine manière les sens du lecteur.
Monsieur Francis est manifestement heureux parmi les arbres. Il est motivé par un intérêt à la fois scientifique et esthétique, il souhaite acquérir des connaissances et profiter du bien-être que procurent les arbres et la forêt. Il recherche pour cela les meilleures postures et les instruments les plus efficaces qui se révèlent être le dessin et les machines, en particulier la montgolfière. Le dessin tel qu'il est vu par Francis Hallé peut interpeller directement les enfants : « Si nous dessinons une plante, nous sommes contraints de la regarder et la connaissons mieux qu'en nous contentant de la voir [...] » (Hallé, 2013, p. 16). Les engins volants amènent également à se questionner sur le regard - et de fait sur la construction des savoirs. Pour connaître les arbres, Francis a en effet dû mettre au point des machines originales qui lui permettent de s'en approcher et de s'en éloigner, de se déplacer et de se stabiliser. Finalement, selon cette démarche, on peut considérer, avec le « réel Francis », que l'arbre est un paysage en soi : « Décidons que l'échelle du paysage ne dépend que de nous et qu'aujourd'hui notre regard [...] se focalisera sur ce Tilleul, sa branche, son pigeon et ses feuilles. » (Ibid., p. 36.)

Le paysage d'arbres

Le troisième album, traduit de l'américain, correspond à une fiction documentaire. Il s'agit du récit biographique de la réelle kenyane Wangari Maathai6 et de sa volonté de reboiser son pays, devenant alors « Mama Miti, la mère des arbres, en swahili ». On découvre d'abord Wangari jeune enfant face à un ample paysage occupé par les cultures et les arbres qui apparaissent sous différentes configurations (arbres isolés, en bosquet) (cf. figure 3). Dans cette région agricole verdoyante, Wangari est plus particulièrement attachée à un grand figuier sacré qu'elle respecte selon la coutume transmise par sa mère. Puis la jeune kenyane part faire des études aux États-Unis. À son retour, « c'est à peine si elle put reconnaître le paysage, tant il avait changé » car « à la place des montagnes boisées [...] il n'y avait plus désormais que des champs. Presque tous les arbres avaient été coupés pour faire place aux cultures. [...] Sans arbres, il n'y avait plus d'ombre ni de racines pour fixer la terre et empêcher l'érosion. [...] La pluie lessivait la terre, qui souillait les rivières autrefois limpides » (Nivola, 2013). Plusieurs illustrations traduisent de manière plus ou moins explicite (par une opposition des couleurs ocre et verte) le processus d'érosion et ses conséquences. Les lecteurs vont désormais suivre la lutte de Wangari pour replanter des arbres et, pour cela, mobiliser les populations locales, d'abord et surtout les femmes. Plusieurs scènes montrent ainsi Wangari parmi des groupes de villageoises puis on découvre une pépinière collective et finalement des opérations de repiquage et de transplantation7.

Figure 3. Le paysage d'enfance de Wangari Maathai avant qu'il ne soit profondément transformé : « les montagnes étaient toutes habillées de vert ». Source : Nivola, C. A., Mama Miti la mère des arbres, prix Nobel de la paix, Paris, Seuil Jeunesse, 2013.

Cet album est de nature résolument réaliste et pédagogique. Il est adapté à une étude paysagère « classique » car il comprend de grandes illustrations qui représentent des paysages selon une vision panoramique et surplombante. Le même paysage étant présenté à deux périodes différentes, il est possible de proposer aux enfants une comparaison diachronique. Le texte quant à lui évoque divers noms de plantes (notamment vivrières) et d'arbres de la région (très exotiques pour le lecteur français). Cet album relate de manière combinée la vie et l'action d'une personne depuis son enfance, et l'évolution d'un paysage arboré, de sa déstructuration à sa reconstitution.
Il apparaît dès le départ que le personnage a noué une relation intime aux paysages arborés. Que le paysage soit transfiguré et que les arbres y aient disparu affectent de manière directe et profonde Wangari puisque ce sont l'ancrage et les traces de ses souvenirs d'enfance, de ses apprentissages et du rôle qu'y a joué sa mère qui se sont effacés. Le respect de certains arbres relève du sacré et provient d'une transmission de connaissances des anciens vers les enfants (systématiquement présents dans les illustrations) à l'occasion des gestes quotidiens (par exemple, ne pas utiliser le bois mort du figuier comme combustible).
Cet album présente ensuite une approche socioécologique et socioéconomique de l'arbre dans le paysage. Le rôle de l'arbre dans son environnement, intégré dans les paysages, apparaît à différents points de vue et selon une approche systémique : l'arbre retient la terre, agit contre l'érosion, fournit et maintient une eau potable, du bois de chauffe pour cuisiner, ou encore du fourrage pour les animaux domestiques. Il est alors assez aisé de mettre en évidence un registre qui ressortirait du « care » (Larrère, 2012) c'est-à-dire d'un sentiment à la fois de protection et de responsabilité basé sur une relation de sollicitude et, concrètement, de soin de la terre : « Quand la terre est nue, explique Wangari, elle se retrouve sans défense et appelle au secours. Elle demande qu'on la rhabille. C'est sa nature. Il lui faut de la couleur, il lui faut ses habits de verdure!» (Nivola, 2013). S'il y a également ici une relation physique avec les arbres, cette fois-ci il s'agit d'un souci plus précis (Wangari apprend aux femmes à « soigner les pousses comme des bébés [...] pour les aider à prendre des forces ») et plus généralement de protection du corps de la terre.
Enfin, une dimension politico-éthique est également présente à plusieurs titres. D'une part, il est dit que la détérioration du paysage a pour conséquence un mal-vivre et un mal-être des gens (les paysans se nourrissent mal et tombent malades) et qu'il faut donc maintenir des cultures vivrières face à celles du thé et du café, qui sont les plantations d'exportation. Si pour la réelle Wangari, il s'est agi d'émettre une critique de la colonisation (Maathai, 1996), dans l'album, le contexte historique de l'évolution du paysage n'est pas explicité. Il est en revanche précisé que « les gens qui autrefois honoraient les figuiers n'hésitaient plus à les couper, ils ne prenaient plus soin de la terre » (Nivola, 2013). D'autre part, les actions de Wangari en faveur des arbres correspondent à des dynamiques et à des travaux collectifs. Le reboisement nécessite un travail de la communauté et Wangari explique que les gens doivent se débrouiller par eux-mêmes. Cela correspond aux dynamiques d'empowerment des populations locales et en particulier celui des femmes (les hommes n'apparaissent d'ailleurs que dans les dernières illustrations de l'album et ils y sont clairement minoritaires). Transparaissent alors de manière assez explicite des valeurs telles que le travail, le collectif, l'entraide, l'engagement et la détermination. Ces valeurs seraient de fait assez proches de celles de la famille Souris.
À l'issue de ce parcours dans les œuvres (cf. figure 4), il est pertinent de mettre en évidence les principaux fondements sur lesquels baser une sensibilisation des enfants aux arbres dans le paysage.

Figure 4. Un parcours de lecture de l'arbre au paysage d'arbres. Source : Fabienne Cavaillé, 2017.

Repères pour une sensibilisation aux paysages d'arbres

La démarche privilégiée ici s'attache à saisir d'abord l'arbre et ses qualités puis le paysage d'arbres. L'arbre, soit un élément, voire un détail du paysage, est premier. Cette approche (probablement inversée par rapport aux études paysagères habituelles) semble nécessaire auprès des enfants pour qu'ils acquièrent de premières connaissances concernant l'arbre. Il s'agit cependant plus fondamentalement de mettre les enfants en situation de considérer à la fois un paysage globalement et un élément essentiel de ce paysage, de voir simultanément et le paysage et l'arbre, de voir l'un dans l'autre (Mottet, 2011, p. 201, p. 219) et de concevoir des allers-retours entre l'un et l'autre. Le paysage prendrait ainsi d'autant plus de sens (par exemple celui d'un bien-être ou d'un mal-vivre) du fait des significations attachées à l'un de ses éléments.
De même, dans le parcours proposé, l'arbre est d'abord et surtout présenté du point de vue écologique, dans ses composants et sa description physiques et biologiques. Peuvent ainsi être mises en évidence des thématiques actuellement valorisées dans la sphère académique, par les professionnels et de plus en plus auprès des enfants, telles que la biodiversité et les fonctions écologiques des trames vertes (Maire et al., 2016). Toutefois, il s'agirait plus fondamentalement de saisir en préalable la matière première, l'essentiel et l'élémentaire de l'arbre, avant qu'il ne soit chargé de ses divers attributs (Mottet, 2002, p. 7), de ses fonctions complexes et de ses problématiques sociales.
Le parcours de lecture atteint ensuite les paysages arborés dans la forêt puis surtout dans un système et une société agricoles assez complexes. Les cadres d'analyse mis au point par les scientifiques et les professionnels (Galochet et Simon, 2003 ; Guillerme et al., 2009 ; Pointereau et al., 2002 et 2005) peuvent alors être réutilisés. L'objectif est d'esquisser une approche dans laquelle les arbres, dans le paysage, sont perçus au travers de leurs diverses dimensions, historique et évolutive, patrimoniale et culturelle, socioéconomique et sociopolitique. L'unité de temps et de lieu et la linéarité du récit de la fiction rendent possible cette initiation des enfants qui autrement pourrait apparaître comme trop ambitieuse.
Par ailleurs, le travail sur ces œuvres amène à réfléchir sur les outils, postures et modalités d'appréhension et de connaissance du paysage. Il apparaît que chacun des albums à sa manière sollicite la vue et l'observation mais aussi les autres sens tels que l'odorat et surtout le toucher où les interactions kinesthésiques sont également évoquées. On rejoint par là une volonté désormais affichée de considérer le paysage à travers une polysensorialité (Faburel et al., 2014 ; Partoune, 2004 et 2008). Les arbres, la forêt et les paysages arborés attendent que l'on « donne du sens aux sens » (Arnould, 1997, p. 392). Si les récits et les illustrations des albums agissent comme « artialisation » du paysage (Roger, 1995, p. 441-445), c'est-à-dire participent pour les enfants de leur construction intellectuelle et culturelle du paysage, avec l'évocation des différents sens (il faudrait y mettre davantage en évidence les saveurs et les sonorités), c'est alors une artialisation enrichie qui se produit.
Plus globalement, dans un premier temps, la lecture valorise la proximité et l'immersion dans les arbres mais les albums choisis interpellent également les jeunes lecteurs sur une « géographie des hauteurs » (Besse, 2009b). Celle-ci, à travers un belvédère, le dessin, une machine volante, rend possible à la fois une prise de recul, une abstraction ou encore une stabilisation nécessaires à la considération d'un paysage. Parfois, c'est précisément « l'arbre-observatoire » qui selon Alain Corbin serait un « topos » (Corbin, 2013, p. 298 sq.), un motif récurrent dans la littérature, qui constitue directement le support d'une attitude spectatoriale (Corbin, 2001, p. 20).
Enfin, il est important de mettre en évidence que dans ces trois œuvres, le jeune lecteur se trouve face à des personnages qui non seulement sont engagés auprès des arbres mais qui en outre mènent des activités dans lesquelles il pourrait lui-même (vouloir) être impliqué : construire un point de vue dans les hauteurs des frondaisons, élaborer un dessin avec une grande application ou prendre la responsabilité de plantations. Ainsi, ce travail de lecture peut enclencher un intérêt réel et engagé des enfants pour les arbres saisis dans leur complexité et leur éviter peut-être une attitude passive ou l'approche technique des paysages qui leur sont parfois imposées.

Finalement, à travers l'étude faite de ce corpus, ce sont d'une certaine manière les différents « paradigmes paysagers » élaborés par les sciences et les pensées du paysage (Besse, 2009, p. 15-69) qui peuvent être introduits auprès des enfants. Le travail sur des œuvres littéraires, sur des représentations (Mazas, 1995), participe d'une construction transversale, sensible et émotionnelle de leur culture paysagère. C'est ainsi un engagement personnel qui peut être provoqué, faisant advenir le paysage comme un lieu « habité » (Besse, 2013 p. 10-12).

Remerciements
L'auteur remercie vivement les relecteurs pour leurs commentaires et conseils.

Mots-clés

Arbre, paysage, apprentissage, enfants, littérature de jeunesse
Tree landscape, learning, children, children's books

Bibliographie

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Auteur

Fabienne Cavaillé

Elle est enseignante-chercheure au département de géographie de l'université de Toulouse 2 et membre du LISST - Dynamiques rurales. Ses recherches actuelles portent notamment sur des propositions d'apprentissage de la géographie et des thématiques liées à la spatialité par les enfants à partir de l'utilisation de la littérature de jeunesse.
Courriel : fabienne.cavaille@univ-tlse2.fr

Pour référencer cet article

Fabienne Cavaillé
De l'arbre au paysage d'arbres
publié dans Projets de paysage le 30/06/2017

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/de_l_arbre_au_paysage_d_arbres

  1. Cette démarche globale a notamment pour origine des interventions auprès d'étudiants d'une École supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE) et des échanges avec des enseignants du primaire.
  2. La promotion de la littérature de jeunesse est manifeste dans les programmes scolaires et les documents d'accompagnement à l'intention des enseignants (pour lesquels ont été produites des listes de référence, voir par exemple MEN-DGESCO, 2013), dans les bibliothèques publiques et sur de très nombreux sites Internet (qui proposent également des listes thématiques et des lectures critiques). Se constitue et se renouvelle ainsi, peut-être lentement mais sûrement, une culture littéraire pour les enfants.
  3. Sont ainsi associés à cette étude des matériaux concrets directement liés aux lectures (bibliographie, dossier documentaire, support d'activités manuelles, etc.) qui sont mis à disposition sur un blog dédié : blogs.univ-tlse2.fr/apprendre-la-geographie/des-activites-pour-les-enfants/de-l-arbre-aux-paysages-d-arbres/.
  4. Il existe une dizaine d'albums consacrés à la famille Souris qui, bien qu'anciens, sont pour la plupart encore disponibles en bibliothèque ou en librairie. La famille Souris, représentée de manière anthropomorphisée (sur deux pattes et habillée) est nombreuse et très soudée.
  5. Ce titre rappelle celui, très célèbre, de Jean Giono, L'Homme qui plantait des arbres (Giono, 1973). Le travail de Francis Hallé, botaniste, spécialiste des forêts tropicales et de l'architecture des arbres, et dessinateur, a donné lieu à différents documents destinés aux enfants ou pouvant intéresser les enfants, notamment : un film, Il était une forêt (de Luc Jacquet), un jeu (Toscano, 2013) ou encore un aperçu des engins pour atteindre la canopée tropicale mis au point par Hallé et ses collaborateurs (Bordet et al., 2009, p. 44-55).
  6. Wangari Maathai, à la fois scientifique et activiste (Maathai, 1996), est devenue très populaire car elle a initié à partir de 1977 un mouvement écologique et démocratique à la fois national et connu à l'étranger, le Green Belt Movement et surtout parce qu'elle a obtenu le prix Nobel de la paix en 2004.
  7. Cet album s'inspire très directement des écrits de Wangari Maathai (Maathai, 2011). Il a fait l'objet d'exploitations pédagogiques en classe en France (Thiebaut et Walraet, 2013) et dans d'autres pays (Smulders, 2016, p. 21). Il existe au moins deux autres œuvres en langue française pour la jeunesse sur la protectrice kenyane des arbres (Prévot et Fronty, 2011 ; Boni et Diallo, 2016).